Togo · Prendre sa retraite
Prendre sa retraite au Togo : séjour, fiscalité de la pension, santé et coût de la vie
L’essentiel
Prendre sa retraite au Togo se prépare en quatre volets : un visa en ligne sur voyage.gouv.tg puis la carte de séjour de la Direction générale de la documentation nationale (500 000 FCFA pour 3 ans, 800 000 FCFA pour 5 ans), la fiscalité de la pension, qui n’est imposable que dans l’État de résidence fiscale d’après la convention franco-togolaise du 24 novembre 1971, la preuve de vie exigée par les caisses de retraite et, surtout, la couverture santé. La convention de sécurité sociale de 1971 n’ouvre aucun droit au remboursement des soins reçus au Togo au titre d’une retraite française : le retraité choisit la CFE ou une assurance privée avec évacuation sanitaire. Lomé concentre les services, et la région des Savanes au nord est déconseillée sauf raison impérative par France Diplomatie.
- Carte de séjour : 200 000 FCFA (environ 305 €) pour 1 an, 500 000 FCFA (environ 762 €) pour 3 ans, 800 000 FCFA (environ 1 220 €) pour 5 ans ; délai de traitement de 30 à 45 jours (DGDN).
- Convention fiscale du 24 novembre 1971, article 21 : les pensions et rentes viagères ne sont imposables que dans l’État de résidence fiscale du bénéficiaire (impots.gouv.fr).
- Cotisation maladie sur la pension sans résidence fiscale en France : 3,2 % sur la base et 4,2 % sur la complémentaire, en remplacement de la CSG et de la CRDS (CLEISS).
- Soins en France lors de séjours : pension rémunérant au moins 15 ans d’assurance en France, régime de base français, aucune activité ; hospitalisation au-delà d’un mois soumise à reconnaissance médicale (CLEISS).
- Certificat de vie : à renvoyer dans le mois suivant l’avis de mise à disposition ; reconnaissance biométrique obligatoire à compter du 1er janvier 2028 (service-public.gouv.fr).
- AMU togolaise : prise en charge de 80 % du tarif de référence après 3 mois de carence ; soins à l’étranger exclus sauf disposition contraire (CNSS du Togo).
Repères économiques : Togo
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +6,3 %
- Inflation
- 0,4 %
- Taux de chômage
- 2,0 %
- PIB par habitant
- 1 384 $
- Population
- 8,6 millions
- Change
- 1 € = 655,957 XOF
- franc CFA (UEMOA), parité fixe avec l’euro
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Retraite au Togo : séjour, visa et carte de séjour
Un retraité français entre au Togo avec un visa demandé en ligne sur la plateforme officielle voyage.gouv.tg au moins 5 jours avant le départ, avec un passeport valide au moins 6 mois après la date de retour et le certificat de vaccination contre la fièvre jaune (France Diplomatie). Au-delà de 90 jours, un visa de long séjour avec carte de séjour est nécessaire. La carte de séjour se demande à la Direction générale de la documentation nationale (DGDN) à Lomé : le portail des services publics indique un délai de 30 à 45 jours, une demande remplie en ligne, un passeport valide, une photo d’identité, un extrait de casier judiciaire de moins de trois mois, un certificat médical et la preuve de ressources suffisantes.
La carte temporaire (1 an) coûte 200 000 FCFA, la carte ordinaire (3 ans) 500 000 FCFA et la carte privilégiée (5 ans) 800 000 FCFA. Les sources consultées ne décrivent pas de catégorie propre aux retraités ni de seuil de ressources chiffré : la DGDN précise, par la procédure en ligne, les justificatifs attendus, et un relevé de pension est un justificatif utile à prévoir. Pensez enfin à l’inscription au registre des Français établis hors de France. Le guide checklist des 90 premiers jours aide à ordonner l’installation, et la page vivre au Togo détaille les formalités et la vie quotidienne.
Fiscalité de la pension française : la convention franco-togolaise
La France et le Togo sont liés par une convention fiscale signée à Lomé le 24 novembre 1971, approuvée par la loi du 23 décembre 1972, entrée en vigueur le 1er avril 1975 et publiée par le décret du 23 juillet 1975. Elle évite les doubles impositions et organise l’assistance entre administrations. Son article 21 pose une règle simple : les pensions et les rentes viagères ne sont imposables que dans l’État contractant où le bénéficiaire a son domicile fiscal. Un retraité qui transfère sa résidence fiscale au Togo est donc imposé selon la loi togolaise sur sa pension française, et n’est plus imposé en France sur celle-ci ; un retraité qui conserve son domicile fiscal en France reste imposé en France.
Le CLEISS précise que, sans résidence fiscale en France, la CSG, la CRDS et la Casa ne s’appliquent plus à la pension et sont remplacées par une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la pension complémentaire. La convention ne distingue pas de règle particulière pour les pensions de la fonction publique : faites vérifier votre cas par le service des impôts des particuliers non-résidents avant de fixer votre résidence. Côté togolais, l’Office togolais des recettes publie le code général des impôts. Les guides toucher sa retraite à l’étranger et trimestres travaillés à l’étranger complètent ces repères.
Toucher sa pension et prouver son existence
Les caisses françaises versent la pension sur un compte, en France ou à l’étranger. Elles peuvent demander chaque année un certificat de vie aux retraités résidant hors de France, un seul certificat valant pour toutes les caisses. Il doit être renvoyé dans le mois qui suit l’avis de mise à disposition dans l’espace personnel, faute de quoi le paiement de la pension peut être suspendu (service-public.gouv.fr). Plusieurs voies existent : la reconnaissance biométrique avec l’application « Mon certificat de vie », installée grâce à un QR code reçu par courrier ou courriel, un échange automatique de données avec l’état civil du pays de résidence, un contrôle par un tiers de confiance agréé ou un certificat visé par le service consulaire. À compter du 1er janvier 2028, la preuve devra être fournie par reconnaissance biométrique.
Le franc CFA étant rattaché à l’euro à la parité fixe de 655,957 FCFA pour 1 €, les virements en euros se convertissent sans surprise de change. Gardez un compte en France pour les prélèvements français et un compte local pour les dépenses courantes.
Coût de la vie du retraité au Togo
Le budget d’un retraité varie selon la ville, le logement et le niveau de confort recherché. Les sources officielles consultées ne publient pas de grille de loyers ni de budget type : deux repères aident à construire le sien. La parité fixe de 655,957 FCFA pour 1 € rend les conversions stables. Le SMIG de 52 500 FCFA par mois depuis le 1er janvier 2023, soit environ 80 €, situe le niveau des salaires locaux, donc des services à la personne.
Comme le propose le guide budgétiser sa santé en expatriation, réservez une ligne distincte pour la cotisation d’assurance santé (CFE ou assurance privée), l’un des postes les plus importants d’un budget de retraité à l’étranger. La location pendant les premiers mois permet de tester le quartier avant tout achat ; pour un achat immobilier, faites vérifier le titre de propriété par un notaire ou un avocat local.
Santé du retraité : CFE, assurance privée et AMU
Le CLEISS le rappelle : la convention de sécurité sociale franco-togolaise de 1971 n’offre aucune prise en charge des soins au Togo à un retraité français. Le formulaire S1, qui permet à un retraité de transférer ses droits à la couverture d’un autre pays européen, ne s’applique pas (service-public.gouv.fr). Deux solutions, cumulables, existent :
- l’adhésion volontaire à la CFE, qui rembourse selon les règles de l’assurance maladie française et propose une offre dédiée aux retraités (voir le glossaire RetraitExpat), avec une couverture immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les 3 mois suivant l’installation ;
- une assurance privée, avec questionnaire médical, plafonds et évacuation selon le contrat (voir questionnaire médical et antécédents).
L’assurance maladie universelle (AMU) togolaise inclut les titulaires de pensions du secteur privé, avec une cotisation de 5 % de la pension mensuelle selon les conditions générales de la CNSS, une prise en charge de 80 % et une carence de 3 mois ; ses conditions d’accès pour un retraité étranger percevant une pension française ne sont pas détaillées, et les soins à l’étranger y sont exclus sauf disposition contraire : confirmez votre situation auprès de la CNSS. Les détails figurent sur la page remboursements des soins au Togo et dans le guide assurance maladie du retraité à l’étranger.
Lors de séjours temporaires en France, les soins sont pris en charge si la pension rémunère au moins 15 ans d’assurance en France, provient d’un régime de base français et si le retraité n’exerce aucune activité ; l’hospitalisation au-delà d’un mois suppose une reconnaissance médicale préalable, et le conjoint qui l’accompagne n’est pas couvert (CLEISS). Voir aussi assurance retraite à l’étranger.
Évacuation sanitaire : un enjeu majeur pour le retraité
France Diplomatie indique qu’il est impératif de disposer d’un contrat d’assistance ou d’une assurance couvrant tous les frais médicaux, l’hospitalisation et le rapatriement sanitaire, l’ambassade ne pouvant en prendre aucun en charge. Pour un retraité, l’âge et les antécédents augmentent la probabilité d’un transfert : vérifiez le plafond, la destination de transfert, l’accompagnant et la prise en charge d’une éventuelle hospitalisation prolongée.
Voir le guide déroulement d’un rapatriement sanitaire, la page rapatriement et assistance et l’organisation des soins décrite dans système de santé du Togo.
Villes et régions prisées par les retraités
Lomé, capitale et port, concentre l’ambassade de France, les établissements scolaires français et les hôpitaux de référence ; France Diplomatie y déconseille le front de mer, les abords des hôtels proches et la frontière avec le Ghana aux promeneurs, particulièrement le soir. Les autres villes principales sont Kara, Sokodé, Kpalimé, Atakpamé et Dapaong. Le français, langue officielle, facilite les démarches quotidiennes.
Pour le reste du territoire, lisez la page Sécurité de France Diplomatie : l’ensemble de la région des Savanes, y compris Dapaong, est déconseillé sauf raison impérative, avec autorisation écrite de déplacement pour les étrangers et un état d’urgence prolongé jusqu’au 13 mars 2027 ; la zone des Triples Frontières et le passage de la frontière à Sinkassé-Mandouri sont formellement déconseillés. Le reste du pays est en vigilance renforcée.
Retraité français au Togo : les repères en un coup d’œil
| Sujet | Ce que prévoient les sources officielles | Démarche clé |
|---|---|---|
| Séjour | Visa en ligne puis carte de séjour de 1, 3 ou 5 ans (200 000, 500 000 ou 800 000 FCFA) | Déposer le dossier à la DGDN, délai de 30 à 45 jours |
| Impôt sur la pension | Imposable seulement dans l’État de résidence fiscale (article 21) | Déclarer sa résidence fiscale et demander un avis aux impôts des non-résidents |
| Cotisation maladie sur la pension | 3,2 % sur la base et 4,2 % sur la complémentaire, sans résidence fiscale en France | Vérifier le prélèvement sur le relevé de pension |
| Soins au Togo | Aucun remboursement par la convention de 1971 | CFE ou assurance privée avant l’installation |
| Soins en France | 15 ans d’assurance en France, régime de base, aucune activité | Conjoint non couvert ; hospitalisation au-delà d’un mois soumise à reconnaissance médicale |
| Preuve de vie | Certificat à renvoyer dans le mois ; biométrie obligatoire à compter de 2028 | Activer l’application « Mon certificat de vie » |
Sources : CLEISS, impots.gouv.fr, service-public.gouv.fr, DGDN, CNSS du Togo.
Questions fréquentes
Existe-t-il un visa retraité pour le Togo ?
Les sources officielles consultées ne décrivent pas de visa spécifique aux retraités. Un Français entre avec un visa demandé en ligne sur voyage.gouv.tg, puis demande la carte de séjour à la DGDN, qui exige notamment la preuve de ressources suffisantes ; au-delà de 90 jours, un visa de long séjour avec carte de séjour est nécessaire.
Quel est le prix de la carte de séjour au Togo ?
La carte temporaire d’un an coûte 200 000 FCFA (environ 305 €), la carte ordinaire de 3 ans 500 000 FCFA (environ 762 €) et la carte privilégiée de 5 ans 800 000 FCFA (environ 1 220 €). Le portail indique un délai de 30 à 45 jours.
Où une pension de retraite française est-elle imposée quand on vit au Togo ?
Selon l’article 21 de la convention franco-togolaise du 24 novembre 1971, les pensions et rentes viagères ne sont imposables que dans l’État où le bénéficiaire a son domicile fiscal. Un retraité résident fiscal au Togo est imposé selon la loi togolaise sur sa pension française.
Un retraité français est-il remboursé de ses soins au Togo ?
Le CLEISS précise que la convention de 1971 n’offre aucune prise en charge des soins au Togo à un retraité français. Il adhère à la CFE ou souscrit une assurance privée. Les conditions d’accès à l’AMU togolaise pour une pension française ne sont pas détaillées : la CNSS est l’interlocuteur à interroger.
Que devient la CSG sur la pension quand on s’installe au Togo ?
Sans résidence fiscale en France, la CSG, la CRDS et la Casa ne s’appliquent plus. Une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée, selon le CLEISS.
Comment prouver son existence à sa caisse de retraite depuis le Togo ?
Le certificat de vie se renvoie dans le mois suivant l’avis de mise à disposition. Il peut passer par l’application « Mon certificat de vie », un échange avec l’état civil local, un tiers de confiance ou un certificat visé par le consulat ; la biométrie sera obligatoire à compter du 1er janvier 2028.
Les soins en France d’un retraité résidant au Togo sont-ils couverts ?
Oui, sous conditions : pension rémunérant au moins 15 ans d’assurance en France, régime de base français et aucune activité professionnelle. L’hospitalisation au-delà d’un mois suppose une reconnaissance médicale préalable et le conjoint accompagnant n’est pas couvert (CLEISS).
Les autres guides : Togo
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
