Togo · Système de santé
Le système de santé togolais : hôpitaux, assurance maladie universelle, vaccins et évacuation sanitaire
L’essentiel
Le système de santé togolais associe des hôpitaux publics, dont les centres hospitaliers universitaires de Lomé et de Kara, et des structures privées, placés sous l’autorité d’un ministère chargé de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances. L’assurance maladie universelle (AMU) est étendue depuis le 1er janvier 2024 aux travailleurs du secteur privé, avec une cotisation de 10 % des rémunérations et une prise en charge de 80 % du tarif de référence, gérée par la CNSS ; l’INAM gère la couverture des agents publics. France Diplomatie rend la vaccination contre la fièvre jaune obligatoire, indique qu’il est impératif de disposer d’une assurance couvrant tous les frais médicaux et le rapatriement, et précise que l’ambassade ne peut en prendre aucun en charge. Un contrat avec évacuation sanitaire est le complément naturel de l’offre locale.
- AMU : étendue depuis janvier 2024 aux travailleurs du secteur privé, indépendants et acteurs de l’économie informelle ; INAM pour les agents publics depuis 2011 (CLEISS).
- AMU des salariés : cotisation de 10 % des rémunérations, dont 5 % pour l’employeur et 5 % pour le salarié ; prise en charge de 80 % du tarif de référence, 20 % à la charge de l’assuré (CNSS du Togo).
- Carence de 3 mois à compter de l’immatriculation ; ayants droit : conjoint légal et enfants à charge de 21 ans au plus (CNSS du Togo).
- Dépenses de santé de 67,40 dollars par habitant, soit 6,1 % du PIB ; mortalité des moins de 5 ans de 69,5 pour 1 000 naissances vivantes (OMS, bureau Afrique).
- Fièvre jaune : vaccination obligatoire, à réaliser de préférence au moins 10 jours avant le départ (France Diplomatie).
- Région des Savanes : déplacements des étrangers soumis à autorisation écrite, état d’urgence prolongé jusqu’au 13 mars 2027, ce qui limite l’accès rapide aux soins (France Diplomatie).
Comment est organisé le système de santé togolais
Le système de santé du Togo repose sur un secteur public, qui comprend les centres hospitaliers universitaires et les formations sanitaires de proximité, et sur des structures privées. Il est placé sous l’autorité du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances. Le CLEISS indique que le régime d’assurance maladie universelle prend en charge des soins en structures publiques et privées, avec la gratuité pour les populations vulnérables et pour des services spécifiques liés au VIH, au paludisme et à la tuberculose.
L’OMS relève, pour le Togo, une espérance de vie de 61,5 ans pour les hommes et de 66,4 ans pour les femmes, une mortalité des moins de 5 ans de 69,5 pour 1 000 naissances vivantes et des dépenses de santé de 67,40 dollars par habitant, soit 6,1 % du PIB (page pays de l’OMS, indicateurs 2021-2023). Pour un résident français, l’enjeu est de savoir où se faire soigner et comment régler les frais. Notre fiche pays Togo récapitule les obligations d’entrée, la convention de sécurité sociale et les ordres de grandeur de coûts.
Hôpitaux publics de référence : Lomé et Kara
Les établissements publics de référence cités dans notre fiche pays sont le centre hospitalier universitaire Sylvanus-Olympio à Lomé, plus grand hôpital du pays avec un service d’urgence ouvert jour et nuit, le centre hospitalier universitaire Campus de Lomé et l’hôpital de Bè, hôpital de référence de la commune de Lomé. Un centre hospitalier universitaire existe aussi à Kara, dans le nord du pays. Les hôpitaux publics pratiquent des tarifs inférieurs à ceux de l’offre privée, mais leur plateau technique varie selon les spécialités.
France Diplomatie ne publie pas d’appréciation détaillée sur la qualité de l’équipement hospitalier togolais. L’ambassade rappelle que l’État français ne prend pas en charge les frais de santé de ses ressortissants à l’étranger, qu’il s’agisse d’hospitalisation, de soins ou de rapatriement. Demandez à la section consulaire de l’ambassade (+228 22 23 46 00) les informations pratiques disponibles avant de choisir un établissement.
Médecin de premier recours, secteur privé et urgences
Le premier contact se fait dans une formation sanitaire de proximité ou chez un médecin généraliste ; l’orientation vers un hôpital de référence s’organise ensuite selon la gravité. Le secteur privé complète l’offre publique, avec des consultations et des hospitalisations dont les tarifs et le confort varient selon les établissements. Les sources officielles consultées ne publient pas de grille de tarifs : demandez un devis détaillé pour tout acte programmé et conservez une facture détaillée pour le remboursement.
France Diplomatie ne publie pas de numéro d’urgence local sur sa page Santé du Togo. Avant l’installation, notez donc le numéro de votre assisteur, celui de l’ambassade de France à Lomé et les coordonnées de l’établissement le plus proche de votre domicile. Une assurance fonctionnant en prise en charge directe évite d’avancer des sommes importantes ; voir aussi vérifier un réseau conventionné.
L’assurance maladie universelle : INAM, CNSS et conditions d’accès
L’assurance maladie universelle (AMU) s’est déployée par étapes. L’Institut national d’assurance maladie (INAM) gère la couverture maladie obligatoire des agents publics depuis 2011 ; depuis 2021, l’AMU a couvert progressivement les fonctionnaires, les élèves du public, les enfants et les personnes âgées ; depuis janvier 2024, elle s’étend aux travailleurs du secteur privé, aux retraités du privé, aux indépendants, à l’économie informelle et aux secteurs agricoles (CLEISS). Les salariés et retraités du privé sont gérés par la CNSS.
Les conditions générales publiées par la CNSS précisent que les assurés comprennent les travailleurs régis par le code du travail, les titulaires de pensions du secteur privé, les indépendants et les opérateurs de l’économie informelle et agricole, et que les ayants droit sont le conjoint légal et les enfants à charge de 21 ans au plus. La cotisation des salariés est de 10 % des rémunérations, à parts égales entre employeur et salarié. L’assuré doit observer une carence de 3 mois à compter de son immatriculation, puis la prise en charge des actes de santé et des médicaments est de 80 % du prix de référence, 20 % restant à sa charge. Les soins liés aux accidents du travail, les soins à l’étranger, sauf disposition contraire, et la chirurgie esthétique sont exclus.
Les conditions générales ne traitent pas la situation des travailleurs étrangers : confirmez-la auprès de la CNSS. Pour un Français, l’AMU ne remplace pas une couverture adaptée à l’expatriation : la CFE ou une assurance santé expatrié complètent l’offre locale, comme détaillé sur la page remboursements des soins au Togo.
Médicaments et ordonnances
Pour un traitement au long cours, emportez la quantité nécessaire pour les premières semaines avec l’ordonnance en dénomination commune internationale, et demandez à votre médecin traitant une lettre résumant votre dossier. Faites ensuite préciser par un médecin local ou par votre assisteur les équivalents disponibles sur place, et achetez vos médicaments en pharmacie. Les conditions générales de l’AMU rattachent la prise en charge à un tarif de référence ; les médicaments essentiels y figurent, mais un expatrié finance l’essentiel de sa pharmacie par son contrat d’assurance.
Budgétez ce poste à part, comme le propose le guide budgétiser sa santé en expatriation.
Risques sanitaires et vaccinations
- Fièvre jaune : la vaccination est obligatoire pour entrer au Togo ; elle se réalise dans un centre de vaccination international, de préférence au moins 10 jours avant le départ.
- Vaccins recommandés selon la durée et les conditions du séjour : hépatite A, fièvre typhoïde, méningite ACWY (surtout en saison sèche), rage (en particulier pour les jeunes enfants en zone rurale) et tuberculose pour les enfants de moins de 15 ans lors d’un séjour prolongé. France Diplomatie recommande d’être à jour du calendrier vaccinal, rougeole comprise.
- Paludisme : un traitement préventif se décide avec un médecin ou un centre de médecine des voyages. Dengue, chikungunya et Zika, transmis eux aussi par les moustiques, appellent les mêmes protections : vêtements couvrants, répulsif, moustiquaire imprégnée.
- Méningite et choléra : des cas de méningite sont fréquemment signalés, et le choléra se transmet par l’eau et les aliments contaminés. Fièvre typhoïde et fièvre de Lassa : évitez le contact avec les rongeurs. Mpox : transmission par contact rapproché, hygiène des mains et évitement des personnes infectées.
- Eau et aliments : eau en bouteille ou bouillie, fruits et légumes pelés, aliments bien cuits, hygiène rigoureuse des mains. France Diplomatie rappelle aussi la prévalence notable du VIH et la nécessité de se protéger des infections sexuellement transmissibles.
Évacuation sanitaire et sécurité d’accès aux soins
France Diplomatie indique qu’il est impératif de disposer d’un contrat d’assistance ou d’une assurance couvrant tous les frais médicaux, l’hospitalisation et le rapatriement sanitaire, car ces frais ne peuvent en aucun cas être pris en charge par l’ambassade. Le déroulement d’une évacuation est détaillé dans le guide déroulement d’un rapatriement sanitaire et sur la page rapatriement et assistance.
Dans le nord du pays, la région des Savanes est déconseillée sauf raison impérative : un état d’urgence y a été prolongé jusqu’au 13 mars 2027 et les déplacements des étrangers y sont conditionnés à une autorisation écrite, les déplacements nocturnes y étant proscrits. Ces règles rendent les trajets, donc les évacuations, plus délicats : consultez la page Sécurité de France Diplomatie avant tout déplacement.
Les acteurs de la santé au Togo : qui fait quoi
| Acteur | Rôle | À retenir pour un Français |
|---|---|---|
| Ministère de la Santé | Politique de santé, hôpitaux publics, assurances | Le ministère inclut désormais la couverture sanitaire universelle et les assurances |
| Centres hospitaliers universitaires et hôpitaux | Référence et soins spécialisés | CHU de Lomé et de Kara ; tarifs inférieurs à ceux du privé |
| Secteur privé | Consultations et hospitalisations | Demander un devis ; vérifier le réseau de son assurance |
| INAM | Assurance maladie des agents publics | Pas d’affiliation pour un salarié du privé |
| CNSS (AMU) | Assurance maladie universelle des salariés et retraités du privé | 10 % de cotisation, prise en charge de 80 %, carence de 3 mois ; situation des étrangers à confirmer |
| Assisteur ou assureur du Français | Garantie de paiement, évacuation | Noter son numéro avant l’installation |
Sources : CNSS du Togo, CLEISS, France Diplomatie, OMS. Confirmez les modalités d’accès auprès de la CNSS.
Questions fréquentes
Comment est organisé le système de santé au Togo ?
Il associe des hôpitaux publics, dont les centres hospitaliers universitaires de Lomé et de Kara, et des structures privées, sous l’autorité du ministère chargé de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances. L’OMS relève 67,40 dollars de dépenses de santé par habitant.
Qu’est-ce que l’assurance maladie universelle au Togo ?
C’est un régime obligatoire étendu depuis janvier 2024 aux travailleurs du secteur privé, indépendants et acteurs de l’économie informelle. Pour les salariés, la cotisation est de 10 % des rémunérations, 5 % pour l’employeur et 5 % pour le salarié, avec une prise en charge de 80 % du tarif de référence et une carence de 3 mois.
Un expatrié français est-il couvert par l’AMU togolaise ?
Les conditions générales publiées par la CNSS ne traitent pas le cas des travailleurs étrangers. Un salarié détaché garde son régime français, et les autres profils s’appuient sur la CFE ou une assurance internationale ; l’interlocuteur à interroger est la CNSS.
Quels vaccins faut-il pour vivre au Togo ?
La fièvre jaune est obligatoire à l’entrée, de préférence au moins 10 jours avant le départ. France Diplomatie recommande aussi, selon le séjour, l’hépatite A, la typhoïde, la méningite ACWY, la rage et, pour les enfants de moins de 15 ans, la tuberculose.
Le paludisme est-il un risque pour les expatriés au Togo ?
Oui : France Diplomatie recommande une protection contre les piqûres de moustiques et un traitement préventif décidé avec un médecin. Dengue, chikungunya et Zika appellent les mêmes précautions.
Que faire en cas de problème de santé grave au Togo ?
France Diplomatie indique qu’il est impératif d’avoir un contrat couvrant l’hospitalisation et le rapatriement sanitaire, l’ambassade ne prenant en charge aucun frais. Dans la région des Savanes, l’autorisation écrite de déplacement limite en outre la rapidité des évacuations.
Qui rembourse les soins d’un Français au Togo ?
Cela dépend du statut : le régime français pour un salarié détaché, la CNSS et l’AMU pour un salarié en contrat local, la CFE ou une assurance privée pour un retraité. La page remboursements détaille chaque cas.
Les autres guides : Togo
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
