Togo · Travailler et économie
Travailler au Togo : emploi pour un Français, SMIG, cotisations, impôt et économie du pays
L’essentiel
Un Français qui souhaite travailler au Togo doit être recruté sur la base d’une autorisation d’embauchage et d’un contrat écrit visé par la direction générale du travail, puis demander sa carte de séjour à la Direction générale de la documentation nationale. Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) est de 52 500 FCFA par mois, soit environ 80 €, pour 40 heures par semaine, et sert de plancher à des rémunérations négociées selon le poste. Le salarié local relève de la CNSS togolaise, dont l’assurance maladie universelle est financée à 10 % du salaire, à parts égales entre employeur et salarié, tandis que le salarié détaché garde son régime français ; la convention de sécurité sociale franco-togolaise de 1971 ne coordonne ni l’assurance maladie ni le chômage. Côté économie, le port de Lomé et les services portent le pays, avec un secteur tertiaire à 57 % du PIB.
- SMIG et SMAG : 52 500 FCFA par mois (environ 80 €) pour 40 heures par semaine, depuis le 1er janvier 2023 (ministère des Finances, CLEISS).
- Cotisations CNSS au 1er janvier 2026 : pensions à 12,5 % pour l’employeur et 4 % pour le salarié ; prestations familiales 3 % et risques professionnels 2 % à la charge de l’employeur (CLEISS).
- Assurance maladie universelle : 10 % des rémunérations, dont 5 % pour l’employeur et 5 % pour le salarié ; prise en charge de 80 % du tarif de référence et carence de 3 mois (CNSS du Togo).
- Convention fiscale du 24 novembre 1971 : un salaire reçu pour un emploi exercé au Togo y est imposable, sauf séjour de 183 jours au plus et employeur établi hors du Togo (impots.gouv.fr).
- Port de Lomé : 4e port à conteneurs d’Afrique et 1er de la côte ouest-africaine ; l’agriculture occupe 65 % des emplois (DG Trésor).
- Échanges France-Togo : 236,3 M€ en 2024 ; 34 filiales françaises recensées en 2022 et plus de 3 000 emplois directs (DG Trésor).
Repères économiques : Togo
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +6,3 %
- Inflation
- 0,4 %
- Taux de chômage
- 2,0 %
- PIB par habitant
- 1 384 $
- Population
- 8,6 millions
- Change
- 1 € = 655,957 XOF
- franc CFA (UEMOA), parité fixe avec l’euro
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Travailler au Togo quand on est français : le cadre
Le code du travail togolais, dans le texte publié sur le site de l’Organisation internationale du travail, prévoit que le recrutement d’un travailleur de nationalité étrangère, au Togo ou hors du Togo, est précédé d’une autorisation d’embauchage et fait l’objet d’un contrat de travail écrit, visé par le directeur général du travail. La demande d’autorisation et la demande de visa incombent à l’employeur ; le visa est valable au plus 2 ans, renouvelable une fois, avec des dérogations possibles accordées par le ministre du Travail, et la demande de renouvellement se dépose au moins deux mois avant l’échéance. La version en vigueur du code se confirme auprès de l’administration du travail.
Le portail des services publics togolais décrit en outre une autorisation d’entrée sur le territoire aux fins de travailler, obligatoire pour toute activité professionnelle autre que le tourisme, valable trois mois et déposée en personne au ministère chargé de la Sécurité. Le dossier comprend la copie du passeport du demandeur, la pièce d’identité de l’inviteur et la carte d’opérateur économique ou l’autorisation d’installation de l’entreprise. Une fois sur place, le salarié demande sa carte de séjour à la Direction générale de la documentation nationale ; le guide pour vivre au Togo détaille ces formalités.
Contrat de travail : local, expatrié ou détaché
Trois situations se rencontrent. Le contrat local lie le salarié à un employeur togolais et le rattache à la CNSS : le CLEISS rappelle que tout Français qui exerce une activité professionnelle au Togo, hors détachement, est assujetti à la législation togolaise de sécurité sociale. Le contrat d’expatrié est un contrat visé par l’administration du travail, souvent assorti d’un package (logement, scolarité, billets d’avion, couverture santé). Le détachement maintient le salarié au régime français lorsque son employeur français l’envoie au Togo dans le cadre de la convention.
Le code du travail fixe la durée normale du travail à 40 heures par semaine, hors exploitations agricoles, et plafonne à 4 ans la durée d’un contrat à durée déterminée, renouvellement compris. Avant de signer, demandez par écrit la nature du contrat, la prise en charge des frais de santé et du rapatriement sanitaire, la couverture des ayants droit et la situation pendant vos séjours en France. Le guide détaché ou expatrié et le glossaire sur le contrat local expliquent les écarts entre ces statuts.
Salaires et SMIG au Togo
Le SMIG togolais et le salaire minimum agricole garanti sont de 52 500 FCFA par mois depuis le 1er janvier 2023, soit environ 80 euros au taux de 655,957 FCFA pour 1 euro, pour 40 heures de travail par semaine (CLEISS). Un arrêté rendu public le 2 janvier 2023 l’a porté à ce niveau à partir de 35 000 FCFA, après des discussions entre le secteur privé et les syndicats (ministère des Finances).
Les sources officielles consultées ne publient pas de grille de salaires par métier : au-delà du plancher du SMIG, les rémunérations des cadres et des techniciens se négocient poste par poste et selon le secteur. Pour comparer une offre, convertissez chaque élément à la parité fixe et demandez le détail de ce que l’employeur prend en charge, en particulier l’assurance santé et le rapatriement sanitaire.
CNSS, AMU et protection sociale du salarié
La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) administre les pensions, les risques professionnels et les prestations familiales et recouvre les cotisations. Le tableau ci-dessous reprend les taux publiés par le CLEISS au 1er janvier 2026 : la base de cotisation ne peut être inférieure au SMIG. S’y ajoute l’assurance maladie universelle (AMU), effective pour les travailleurs du secteur privé depuis le 1er janvier 2024 : selon les conditions générales publiées par la CNSS, la cotisation est de 10 % des rémunérations, 5 % à la charge de l’employeur et 5 % à celle du salarié. La prise en charge est de 80 % du tarif de référence de l’acte, après une période de carence de 3 mois à compter de l’immatriculation, et les soins à l’étranger sont exclus sauf disposition contraire.
Le CLEISS rappelle aussi que le code du travail, dans sa version de juin 2021, oblige tout employeur à souscrire pour ses travailleurs un contrat d’assurance couvrant la maladie et les accidents non professionnels, les cotisations étant à la charge conjointe de l’employeur et du travailleur sauf dispositions plus favorables. Les conditions générales de l’AMU ne traitent pas le cas des travailleurs étrangers : confirmez-le auprès de la CNSS. La page remboursements des soins au Togo reprend chaque situation.
Détachement, convention de sécurité sociale et impôt sur le revenu
La convention de sécurité sociale franco-togolaise, signée le 7 décembre 1971, coordonne l’invalidité, la vieillesse et les survivants, la maternité, les prestations familiales et les accidents du travail et maladies professionnelles. Elle ne prévoit aucune coordination pour la branche maladie ni pour l’assurance décès, hors un protocole qui maintient certaines prestations en espèces de l’assurance maladie pendant 6 mois lors d’un transfert de résidence, et elle exclut l’assurance chômage. Un salarié détaché conserve l’assurance maladie française et la prise en charge des soins reçus au Togo sans cotisation supplémentaire (CLEISS) ; la durée maximale du détachement ne figure pas dans les pages consultées, et se confirme auprès de la caisse d’affiliation.
La convention fiscale, signée à Lomé le 24 novembre 1971, est entrée en vigueur le 1er avril 1975 (impots.gouv.fr). Son article 22 prévoit que les salaires sont imposables dans l’État où l’emploi est exercé ; une exception les réserve à l’État de résidence lorsque le bénéficiaire séjourne dans l’autre État 183 jours au plus au cours de l’année fiscale, que l’employeur n’y est pas domicilié et que la rémunération n’est pas déduite des bénéfices d’un établissement stable. L’article 23 traite les professions libérales, imposables dans l’État de résidence sauf base fixe dans l’autre État. L’Office togolais des recettes publie le code général des impôts et gère les téléprocédures, dont la plateforme de la taxe professionnelle unique : les barèmes de l’impôt sur le revenu s’y consultent. Interrogez aussi le service des impôts des particuliers non-résidents avant de fixer votre résidence.
Indépendants et télétravail
- Indépendant : le CLEISS publie, au 1er janvier 2026, un taux global de 21,5 % pour les travailleurs indépendants (3 % de prestations familiales, 2 % de risques professionnels, 16,5 % de pensions), calculé sur le revenu déclaré, avec un plancher au SMIG, et de 19,5 % pour l’économie informelle. L’AMU est aussi ouverte aux travailleurs non salariés. L’adhésion volontaire à la CFE, qui conserve des droits à l’assurance maladie française, complète ce schéma (voir le guide CFE).
- Télétravail : aucun texte consulté ne traite spécifiquement le télétravail transfrontalier. La règle conventionnelle du lieu d’exercice s’applique : l’emploi exercé depuis le Togo entraîne l’imposition des salaires au Togo, sauf exception des 183 jours. Un télétravailleur qui s’installe pour plus de quelques semaines gagne à demander une attestation à sa caisse française et à son employeur.
L’économie togolaise : le port de Lomé, les services et les perspectives
Selon la DG Trésor, le secteur tertiaire (commerce, port, activités financières) représente 57 % du PIB, l’agriculture 20 % et l’agriculture occupe 65 % des emplois sans assurer l’autosuffisance alimentaire. Le port de Lomé est le 4eport à conteneurs d’Afrique et le 1er de la côte ouest-africaine, et France Diplomatie le décrit comme un hub de transit pour les pays enclavés du Sahel. Les trois principaux produits exportés sont les phosphates, les huiles de pétrole et les articles en plastique. La croissance s’est établie à 5,3 % en 2024 et le FMI projette 5,5 % pour 2026 ; l’inflation a été de 2,9 % en 2024.
Les finances publiques restent sous tension : déficit de 6,4 % du PIB et dette de 72,1 % du PIB en 2024 (DG Trésor), contre 62,2 % en 2020. La monnaie est le franc CFA, rattaché à l’euro à la parité fixe de 655,957 FCFA pour 1 €, ce qui simplifie les virements et la comparaison des offres.
La présence française se mesure à 236,3 M€ d’échanges bilatéraux en 2024 et à 34 filiales recensées en 2022, qui emploient plus de 3 000 personnes dans la logistique, l’énergie, la construction et l’agro-industrie (DG Trésor). Avant de signer, vérifiez la couverture santé prévue : voir notre page sur l’assurance santé expatrié et la présentation du système de santé togolais.
Cotisations sociales d’un salarié au Togo : taux de référence
| Branche | Employeur | Salarié |
|---|---|---|
| Prestations familiales | 3 % | Aucune cotisation |
| Risques professionnels | 2 % | Aucune cotisation |
| Pensions (vieillesse, invalidité, survivants) | 12,5 % | 4 % |
| Total des branches CNSS | 17,5 % | 4 % |
| Assurance maladie universelle | 5 % | 5 % |
Taux publiés par le CLEISS au 1er janvier 2026 (branches CNSS) et par la CNSS du Togo (AMU, 10 % des rémunérations). La base de cotisation ne peut être inférieure au SMIG.
Questions fréquentes
Quel est le SMIG au Togo ?
Le SMIG et le SMAG sont de 52 500 FCFA par mois depuis le 1er janvier 2023, soit environ 80 euros à la parité de 655,957 FCFA pour 1 euro, pour 40 heures de travail par semaine. Un arrêté l’a porté à ce niveau à partir de 35 000 FCFA.
Un Français a-t-il besoin d’une autorisation pour travailler au Togo ?
Oui : le recrutement d’un travailleur étranger est précédé d’une autorisation d’embauchage et d’un contrat écrit visé par le directeur général du travail, avec un visa valable au plus 2 ans, renouvelable une fois. Une autorisation d’entrée aux fins de travailler, valable trois mois, est également décrite sur le portail des services publics.
Quelles cotisations sociales paie un salarié au Togo ?
Au 1er janvier 2026, le CLEISS publie 12,5 % à la charge de l’employeur et 4 % à celle du salarié pour les pensions, 3 % de prestations familiales et 2 % de risques professionnels pour l’employeur. L’assurance maladie universelle s’y ajoute à hauteur de 10 % des rémunérations, à parts égales.
La convention franco-togolaise couvre-t-elle l’assurance maladie ?
Non : la convention de 1971 coordonne l’invalidité, la vieillesse, la maternité, les prestations familiales et les accidents du travail, mais pas la branche maladie ni l’assurance décès. Un protocole maintient certaines prestations en espèces pendant 6 mois lors d’un transfert de résidence.
Où un salaire perçu au Togo est-il imposé ?
Selon la convention fiscale franco-togolaise, un salaire reçu pour un emploi exercé au Togo y est imposable. L’exception de l’État de résidence suppose un séjour de 183 jours au plus par année fiscale, un employeur non domicilié au Togo et une rémunération non déduite d’un établissement stable.
Où en est l’économie du Togo ?
La DG Trésor décrit une économie portée par les services (57 % du PIB) et par le port de Lomé, avec une croissance de 5,3 % en 2024, une inflation de 2,9 % et une dette de 72,1 % du PIB. L’agriculture occupe 65 % des emplois.
Quelles sont les principales exportations du Togo ?
Selon la DG Trésor, les trois principaux produits exportés sont les phosphates, les huiles de pétrole et les articles en plastique. Le port de Lomé est le 4e port à conteneurs d’Afrique.
Les autres guides : Togo
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
