Suède · Remboursements des soins
Remboursement des soins en Suède : qui rembourse quoi selon votre situation
L’essentiel
En Suède, la carte Vitale ne sert pas chez le médecin : la coordination entre la France et la Suède repose sur les règlements européens, et c'est le statut qui désigne le payeur. Le salarié installé relève du système régional suédois, le détaché garde le régime français avec le formulaire A1, le retraité s'inscrit au système suédois avec le formulaire S1 et l'étudiant utilise la CEAM pour un séjour temporaire. Un adhérent CFE ou un assuré au premier euro complète ce socle selon son contrat. En 2026, le patient affilié paie une participation par consultation, plafonnée à 1 450 SEK sur douze mois pour les soins ambulatoires, et au plus 130 SEK par jour à l'hôpital.
- Aucune carte Vitale en Suède : le règlement (CE) 883/2004 organise la coordination, avec la CEAM pour un séjour temporaire et les formulaires A1 et S1 pour un séjour durable.
- 24 mois au plus : durée du détachement avec le formulaire A1, qui maintient le salarié au régime français (europa.eu).
- 1 450 SEK : plafond annuel de participation aux soins ambulatoires en 2026 ; hospitalisation à 130 SEK par jour au plus, hors de ce plafond (1177).
- 3 800 SEK sur douze mois : plafond de participation aux médicaments pour les périodes commencées à partir du 1er juillet 2025, avec un coût total jusqu'à 2 000 SEK (TLV).
- Soins dentaires gratuits jusqu'à l'année des 19 ans ; ensuite, 100 % jusqu'à 3 000 SEK, 50 % de 3 000 à 15 000 SEK et 15 % au-delà du prix de référence (1177).
- 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire : cotisation maladie prélevée sur les retraites françaises d'un retraité dont la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).
Le principe : le statut désigne le payeur
La France et la Suède étant membres de l’Union européenne, leurs régimes de sécurité sociale sont coordonnés par le règlement (CE) 883/2004 : un travailleur relève de la législation d’un seul pays, en principe celui de son lieu d’activité. La carte Vitale ne fonctionne pas chez un médecin suédois. La preuve de droits est le CEAM (appelé EU-kort en suédois) pour un séjour temporaire, ou un formulaire portable (A1, S1) pour un séjour durable. Le CEAM donne droit aux soins nécessaires et non programmés du système public, aux mêmes conditions que les assurés locaux ; il ne couvre ni les secours et le rapatriement, ni les soins privés, ni les traitements planifiés (europa.eu).
Les situations les plus fréquentes sont le salarié en contrat local, le salarié détaché, l’indépendant, le retraité et la personne sans activité, auxquelles s’ajoutent l’étudiant, la famille, l’adhérent CFE, l’assuré au premier euro et le touriste. Les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer les couvertures. Le fonctionnement du réseau de soins est décrit dans le guide du système de santé suédois.
Salarié en contrat local, salarié détaché et indépendant
Le salarié en contrat local relève du système suédois : les régions organisent les soins et facturent une participation par consultation, fixée par chaque région, avec un plafond national de 1 450 SEK sur douze mois pour les soins ambulatoires en 2026 (1177). Pour bénéficier du tarif régional et de la garantie de délais de soins, l’inscription au registre de la population est déterminante, comme l’explique la page vivre en Suède. Voir le glossaire du contrat local.
Le salarié détaché par un employeur français reste rattaché à la Sécurité sociale française, avec le formulaire A1 d’une validité maximale de 24 mois ; au-delà, le détachement peut être prolongé avec l’accord des autorités compétentes des deux pays, ou le salarié s’affilie au régime suédois (europa.eu). S’il réside en Suède pendant le détachement, il demande à sa caisse française le document S1 pour s’inscrire aux soins locaux, la caisse suédoise examinant la situation de sa famille. S’il réside en France, il demande la CEAM pour accéder directement aux soins (CLEISS). Si les soins ont été avancés sans CEAM, le formulaire S3125 permet de demander le remboursement à la caisse française. Les arrêts maladie se déclarent à la caisse française sous 48 heures (CLEISS). Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.
L’indépendant installé en Suède relève du système suédois, avec les mêmes soins régionaux que les salariés ; les cotisations personnelles et les délais de carence pour les indemnités de maladie sont présentés dans la page travailler en Suède. Un indépendant qui exerce seulement de façon temporaire en Suède se renseigne auprès du CLEISS sur son maintien éventuel au régime français.
Retraité, étudiant, famille et personne sans activité
Le retraité qui perçoit seulement une pension française, réside en Suède de façon permanente ou plus de six mois par an et n’y exerce aucune activité demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite (CLEISS). Selon la Försäkringskassan, le S1 donne droit aux soins du système public au tarif suédois de participation et au soutien d’État aux soins dentaires. Le retraité en envoie une copie au Skatteverket lors de la déclaration de son arrivée, puis les deux originaux à la Försäkringskassan une fois le personnummer reçu. Chaque membre de la famille a son propre S1. Si la résidence fiscale est hors de France, une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général ; la CSG et la CRDS ne s’appliquent qu’avec une résidence fiscale en France (CLEISS). Voir le guide formulaire S1 mode d’emploi et la page retraite en Suède.
L’étudiant européen est soigné au tarif suédois de participation lorsqu’il est inscrit au registre de la population. Sans inscription, les soins urgents sont facturés au tarif habituel de participation sur présentation de la CEAM, et les soins dentaires qui ne peuvent pas attendre le retour sont accessibles aux tarifs des résidents (Försäkringskassan). La Försäkringskassan apprécie le rattachement à l’assurance suédoise selon le pays qui verse les aides aux études, le lieu de vie de la famille, le logement et la durée du séjour ; il est impossible d’être couvert par deux systèmes à la fois. Voir l’assurance étudiant à l’étranger.
Le conjoint et les enfants d’un salarié résident accèdent aux soins par leur propre inscription au registre de la population, la protection suédoise reposant largement sur la résidence. Pour la famille d’un retraité, chaque membre dispose de son S1 ; pour celle d’un détaché qui réside en Suède, le S1 est examiné par la caisse locale (CLEISS). Voir l’assurance famille expatriée.
La personne sans activité qui s’installe pour plus de trois mois justifie de ressources suffisantes et d’une assurance maladie pour son droit de séjour, comme le détaille la page vivre en Suède. Elle s’inscrit au registre de la population pour accéder au tarif régional ; une couverture relais protège pendant le traitement de l’inscription.
Adhérent CFE, assurance au 1er euro et touriste
L’adhérent CFE cotise à un organisme de protection sociale volontaire des Français de l’étranger. Il peut conserver une couverture française en cotisant alors aux deux systèmes ; la CFE s’ajoute donc au régime suédois d’un salarié ou d’un résident inscrit, et sert d’appui pour les séjours en France et le retour. La CFE applique des conditions d’adhésion et des délais de carence, plus courts lorsque l’adhésion intervient avant le départ ou peu après l’expatriation ; ils se vérifient auprès de l’organisme. Voir le guide remboursements CFE.
L’assurance santé internationale au 1er euro rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, après franchise éventuelle, carences et exclusions. Elle ouvre l’accès aux prestataires privés sans contrat avec la région, dont le patient règle sinon l’intégralité des frais (CLEISS), avec une prise en charge directe selon le contrat, et peut inclure le rapatriement.
Le touriste présente sa CEAM et une pièce d’identité aux prestataires publics ; certains médecins privés sous contrat avec les régions l’acceptent aussi, ce qui se vérifie à l’avance. En cas de CEAM perdue ou oubliée, un certificat provisoire de remplacement valable trois mois donne les mêmes droits (CLEISS). Une assurance voyage qui couvre l’hospitalisation, le rapatriement et les secours complète utilement la CEAM. Voir l’assurance voyage longue durée.
Retour en France : rouvrir ses droits
Un expatrié qui rentre contacte la caisse d’assurance maladie dont il relevait avant son départ pour rouvrir ses droits ; le CLEISS indique de s’adresser à la dernière caisse. Sans activité à l’arrivée, il justifie en général d’une résidence stable en France ; avec un contrat de travail, l’affiliation intervient sans délai. Les adhérents CFE vérifient avec l’organisme les conditions de reprise sans carence. Voir le guide réduire le délai de carence et la page retour en France.
Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité
- Consultation : la participation est fixée par chaque région ; au total, un patient paie au plus 1 450 SEK de frais de visites en soins ambulatoires sur douze mois en 2026, puis reçoit un frikort valable jusqu’à la fin de la période. Les enfants jusqu’à 20 ans, selon l’âge retenu par la région, et les personnes de 85 ans ou plus ne paient rien en soins ambulatoires (1177). Le patient affilié au régime français paie les frais réels avancés, remboursés avec le formulaire S3125 selon les règles françaises.
- Hospitalisation : au plus 130 SEK par jour en 2026, hors plafond des soins ambulatoires (1177). Le détaché et le touriste munis de la CEAM paient le même tarif que les assurés locaux.
- Médicaments : pour les périodes de douze mois commencées à partir du 1er juillet 2025, le plafond de participation est de 3 800 SEK ; le patient paie le coût total jusqu’à 2 000 SEK, puis un prix réduit (TLV). Les médicaments du dispositif sont gratuits avant 18 ans (1177).
- Dentaire : les soins sont gratuits jusqu’à l’année des 19 ans. Pour un adulte, le soutien d’État comprend un forfait annuel de 600 SEK de 20 à 23 ans, de 300 SEK de 24 à 66 ans et de 600 SEK à partir de 67 ans, puis une protection de coût : 100 % à la charge du patient jusqu’à 3 000 SEK de prix de référence, 50 % de 3 000 à 15 000 SEK, 15 % au-delà. Le retraité muni du S1 a droit au soutien d’État aux soins dentaires, et le touriste muni de la CEAM aux soins nécessaires aux conditions locales (1177 ; Försäkringskassan).
- Optique : les sources officielles consultées ne décrivent pas de prise en charge générale des lunettes pour les adultes ; le montant se vérifie auprès de la région de résidence, et les contrats internationaux fixent un plafond par période.
- Maternité : la grossesse et la petite enfance passent par des centres dédiés, la mödravårdscentral pour la grossesse et la barnavårdscentral pour les enfants de 0 à 5 ans (ambassade de France). Les prestations parentales relèvent de la Försäkringskassan pour les personnes affiliées ; une CFE ou un contrat international prévoient en général des conditions d’ancienneté pour la maternité.
Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.
Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation
| Situation | Qui rembourse en priorité | Condition ou démarche | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Salarié en contrat local | Système régional suédois | Emploi en Suède ; inscription au registre pour un séjour d'au moins un an | Plafond de 1 450 SEK en soins ambulatoires ; 130 SEK par jour à l'hôpital |
| Salarié détaché | Régime français maintenu ; CEAM ou remboursement français | A1 pour 24 mois au plus ; S3125 si frais avancés | Famille résidente : S1 examiné par la caisse locale |
| Indépendant | Système régional suédois | Cotisations personnelles ; voir travailler en Suède | Délais de carence propres aux indemnités maladie |
| Retraité | Système suédois avec le S1 délivré par la caisse française | S1 avant le départ ; un S1 par membre de la famille | Cotisation maladie de 3,2 % et 4,2 % sur la pension si résidence fiscale hors de France |
| Étudiant | CEAM (séjour temporaire) ; tarif suédois si inscrit au registre | CEAM à demander avant le départ ; contrôle du rattachement par la Försäkringskassan | Impossible d'être couvert par deux systèmes à la fois |
| Conjoint et enfants | Selon le statut de l'assuré ; S1 pour la famille d'un retraité | Inscription au registre ; un S1 par personne | Statut du conjoint à confirmer auprès de la caisse locale |
| Personne sans activité | Système suédois après inscription au registre | Ressources suffisantes et assurance maladie pour le séjour de plus de 3 mois | Couverture relais pendant le traitement de l'inscription |
| Adhérent CFE | CFE en complément du régime suédois | Adhésion avant le départ ou peu après | Cotisation aux deux systèmes ; carence si adhésion tardive |
| Assurance au 1er euro | Assureur : frais réels dans les plafonds | Questionnaire médical, carences, exclusions | Accès aux prestataires privés sans contrat ; prise en charge directe |
| Touriste | CEAM auprès des prestataires publics ; assurance voyage | CEAM gratuite, à demander à sa caisse avant le départ | Pas de rapatriement ni de soins programmés avec la CEAM |
| Retour en France | Assurance Maladie, dernière caisse du régime français | Demande de réouverture des droits | CFE : reprise sans carence selon l'organisme |
Sources : CLEISS, Försäkringskassan, 1177, TLV, europa.eu. Les montants sont ceux de 2026 ; les participations varient selon la région et l'âge du patient.
Questions fréquentes
La carte Vitale fonctionne-t-elle en Suède ?
Non. Pour un séjour temporaire, la CEAM donne accès aux soins nécessaires du système public aux mêmes conditions que les assurés locaux. Pour une installation durable, la preuve de droits dépend du statut : inscription au système suédois, formulaire A1 pour un détaché ou formulaire S1 pour un retraité.
Combien paie un patient affilié pour ses soins en Suède ?
Une participation par consultation fixée par la région, plafonnée à 1 450 SEK sur douze mois pour les soins ambulatoires en 2026, puis un frikort. L'hospitalisation coûte au plus 130 SEK par jour, hors de ce plafond ; les médicaments ont leur propre plafond de 3 800 SEK.
Un retraité français peut-il se faire soigner en Suède ?
Oui, avec le formulaire S1 demandé à sa caisse de retraite avant le départ, puis envoyé à la Försäkringskassan une fois le personnummer obtenu. Il paie alors le tarif suédois de participation, et une cotisation maladie de 3,2 % et 4,2 % est prélevée sur ses pensions françaises si sa résidence fiscale est hors de France.
Que couvre la CEAM en Suède ?
Les soins nécessaires et non programmés du système public, aux mêmes conditions financières que pour les résidents. Elle ne couvre ni les secours et le rapatriement, ni les soins privés, ni les traitements planifiés. En cas de CEAM perdue, un certificat provisoire de remplacement valable trois mois donne les mêmes droits.
Comment un salarié détaché est-il couvert en Suède ?
Il reste au régime français avec le formulaire A1, valable 24 mois au plus. S'il réside en France, il demande la CEAM ; s'il réside en Suède, il demande un S1 à sa caisse. Les soins avancés sans CEAM se remboursent avec le formulaire S3125 ; les arrêts maladie se déclarent à la caisse française sous 48 heures.
Combien coûtent les soins dentaires en Suède ?
Ils sont gratuits jusqu'à l'année des 19 ans. Pour un adulte, le patient paie 100 % jusqu'à 3 000 SEK de prix de référence, 50 % de 3 000 à 15 000 SEK et 15 % au-delà, après un forfait annuel de 300 à 600 SEK selon l'âge.
Une assurance au premier euro évite-t-elle l'avance des frais ?
Souvent, grâce à une prise en charge directe organisée avec l'établissement. Les plafonds, franchises, carences et exclusions du contrat déterminent le reste à charge ; l'accès aux prestataires privés sans contrat avec la région fait partie des atouts de ce type de contrat.
Comment rouvrir ses droits au retour en France ?
En contactant la dernière caisse d'assurance maladie dont on relevait avant le départ. Sans activité, une résidence stable en France est en général exigée ; avec un contrat de travail, l'affiliation intervient sans délai. Un adhérent CFE vérifie avec l'organisme les conditions de reprise sans carence.
Les autres guides : Suède
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
