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Suède · Prendre sa retraite

Prendre sa retraite en Suède : séjour, fiscalité de la pension, formulaire S1 et coût de la vie

L’essentiel

Un retraité français s'installe en Suède sans visa ni titre de séjour : le séjour est libre pendant trois mois, puis le droit de résidence suppose des ressources suffisantes pour subvenir à ses besoins (Migrationsverket). La pension française du régime général ou complémentaire est imposable dans l'État de résidence selon l'article 18 de la convention fiscale du 27 novembre 1990, donc en Suède pour un retraité qui y réside ; la pension publique d'un ancien fonctionnaire reste imposable en France. Avec le formulaire S1 demandé à sa caisse de retraite, le retraité accède aux soins publics au tarif suédois de participation. Le loyer moyen d'un deux-pièces atteint 7 742 SEK par mois en 2026 (SCB).

  • 3 mois de séjour libre, puis ressources suffisantes pour un retraité ; droit de séjour permanent après 5 ans de résidence continue (Migrationsverket).
  • 11 988 SEK par mois pour une personne seule et 10 853 SEK pour une personne mariée : montant maximal de la pension de garantie suédoise en 2026, un repère du minimum de pension (Pensionsmyndigheten).
  • 20 % d'impôt d'État au-delà de 643 000 SEK de revenu imposable et 32,38 % de taux moyen d'impôt communal en 2026 (Skatteverket).
  • 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire : cotisation maladie prélevée sur la retraite française d'un retraité dont la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).
  • 1 450 SEK : plafond de participation aux soins ambulatoires sur douze mois en 2026 ; hospitalisation à 130 SEK par jour au plus (1177).
  • 7 742 SEK par mois : loyer moyen d'un deux-pièces en 2026, contre 9 528 SEK pour un trois-pièces (SCB).

Repères économiques : Suède

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+1,5 %
Inflation
0,7 %
Taux de chômage
8,7 %
PIB par habitant
63 133 $
Population
10,6 millions
Change
1 € = 11,29 SEK
couronne suédoise, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit de séjour du retraité : aucun visa, des ressources suffisantes après trois mois

Les ressortissants de l’Union européenne séjournent en Suède jusqu’à trois mois avec une carte d’identité ou un passeport en cours de validité. Au-delà, ils remplissent les conditions du droit de résidence s’ils travaillent, exercent une activité indépendante, étudient ou disposent de ressources suffisantes pour subvenir à leurs besoins (Migrationsverket). Le Skatteverket ajoute l’exigence d’une assurance maladie pour les personnes sans activité. Un citoyen européen qui exerce son droit de séjour n’a pas à solliciter de titre de séjour ; le droit de séjour permanent s’acquiert après cinq ans de résidence continue.

  • Inscription au registre de la population : un séjour prévu d’au moins un an impose de déclarer son déménagement au Skatteverket, par le service en ligne « Flytta till Sverige », jusqu’à 14 jours avant l’arrivée, avec la copie du passeport. Un contrôle d’identité en personne suit, et le personnummer est attribué à l’inscription.
  • Montant de référence : les pages officielles consultées ne fixent pas de montant minimum de ressources pour un retraité européen ; l’appréciation porte sur la capacité à subvenir à ses besoins. Pour situer l’ordre de grandeur, la pension de garantie, versée aux résidents dont la pension est faible, atteint au plus 11 988 SEK par mois pour une personne seule et 10 853 SEK pour une personne mariée en 2026, avant impôt (Pensionsmyndigheten). Ce montant sert de repère et ne constitue pas une condition de séjour.

Les formalités de l’arrivée sont détaillées dans la page vivre en Suède.

Fiscalité de la pension française : la convention franco-suédoise

Un résident inscrit au registre de la population est imposé en Suède sur ses revenus (ambassade de France). La convention entre la France et la Suède, signée à Stockholm le 27 novembre 1990 et en vigueur depuis le 1er avril 1992, répartit ensuite le droit d’imposer chaque revenu entre les deux États.

  • Pensions privées et de sécurité sociale (article 18) : les pensions et rémunérations similaires versées à un résident au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans l’État de résidence. Une pension du régime général ou une retraite complémentaire d’un retraité installé en Suède est donc imposée en Suède et échappe à l’impôt sur le revenu français (administration fiscale française).
  • Pensions publiques (article 19) : les pensions versées par un État ou une collectivité au titre de services rendus à cet État ne sont imposables que dans cet État ; elles ne le sont que dans l’autre État si le bénéficiaire y réside et en possède la nationalité. Un ancien fonctionnaire français reste donc imposé en France sur cette pension.
  • Double imposition (article 23) : la Suède accorde une déduction égale à l’impôt français payé sur les revenus imposables en France ; la France accorde un crédit d’impôt pour les revenus d’origine suédoise qu’elle prend en compte.
  • Barème suédois : en 2026, le taux moyen de l’impôt communal est de 32,38 % et l’impôt d’État de 20 % s’applique à la part du revenu imposable qui dépasse 643 000 SEK. Un abattement de base (grundavdrag), nettement plus élevé à partir de 66 ans, réduit le revenu imposable (Skatteverket). Le détail figure dans la page travailler en Suède.
  • Prélèvements français : pour un retraité dont la résidence fiscale est hors de France, la CSG et la CRDS ne s’appliquent pas ; une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général, et de 7,1 % sur celles des travailleurs indépendants (CLEISS).

Le guide toucher sa retraite à l’étranger détaille le versement des pensions hors de France. Un conseil individuel permet de vérifier les déclarations à déposer dans chaque pays.

Soins des retraités : le formulaire S1 et le tarif régional

Le retraité qui perçoit seulement une pension française, réside en Suède de façon permanente ou plus de six mois par an et n’y exerce aucune activité demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite (CLEISS). Il reçoit deux originaux : une copie est envoyée au Skatteverket avec la déclaration d’arrivée, puis les deux originaux sont adressés à la Försäkringskassan une fois le personnummer obtenu. Le S1 donne droit aux soins du système public au tarif suédois de participation, ainsi qu’au soutien d’État aux soins dentaires (Försäkringskassan). Chaque membre de la famille a besoin de son propre S1.

  • Participation : chaque région fixe son tarif par consultation. Au total, un patient paie au plus 1 450 SEK de frais de visites en soins ambulatoires sur douze mois en 2026 ; les personnes de 85 ans ou plus ne paient aucune participation en soins ambulatoires, et l’hospitalisation coûte au plus 130 SEK par jour (1177).
  • Séjours en France : le retraité s’adresse à la dernière caisse d’assurance maladie dont il relevait avant son départ pour ses démarches de retour (CLEISS).

Pour compléter ce dispositif avec une couverture au premier euro ou une prise en charge directe, Expavy aide à comparer les options ; voir aussi le guide assurance maladie du retraité à l’étranger, la page assurance retraite à l’étranger et le détail des remboursements des soins en Suède.

Coût de la vie et logement du retraité

SCB relève en 2026 un loyer mensuel moyen de 5 640 SEK pour une pièce, 7 742 SEK pour deux pièces, 9 528 SEK pour trois pièces et 12 158 SEK pour quatre pièces ou plus, soit une hausse moyenne de 3,3 % sur un an. Ces moyennes nationales varient selon la ville et le type de bail. Un retraité qui loue ajoute les charges, l’énergie et les frais de santé non couverts : le guide budgétiser sa santé en expatriation aide à chiffrer ce poste.

  • Accès au logement : l’ambassade de France décrit des files d’attente de plusieurs années pour les contrats de première main dans les grandes villes, tandis que la sous-location, de un à douze mois, domine la pratique pour un nouvel arrivant. Elle recommande de ne rien verser avant d’avoir visité le logement, signé le contrat et reçu les clés.
  • Repère de revenu : la pension de garantie maximale de 11 988 SEK par mois pour une personne seule en 2026 situe le minimum de pension suédois ; la pension de garantie diminue lorsque d’autres pensions de l’étranger s’y ajoutent (Pensionsmyndigheten).

Villes et régions prisées : Stockholm, Göteborg, Malmö et Uppsala

SCB dénombre 999 239 habitants à Stockholm, 613 278 à Göteborg, 367 924 à Malmö et 249 726 à Uppsala au 31 décembre 2025. Ces quatre communes sont les plus peuplées du pays et offrent l’éventail de services le plus large, y compris en matière de santé. À l’inverse, la population du pays a reculé dans 180 des 290 communes en 2025 ; les territoires plus isolés offrent un cadre calme, mais la distance aux services de santé augmente.

Pour un projet de retraite, il est utile de passer au moins un hiver sur place avant de s’engager dans un bail long, de vérifier la distance aux services de santé et de prévoir l’apprentissage du suédois pour les démarches courantes, que l’ambassade de France recommande même si l’anglais est courant dans certains secteurs.

Si vous avez aussi travaillé en Suède : la retraite suédoise

Le système suédois repose sur trois étages : la pension publique (allmänpension), financée par 18,5 % du salaire brut, la pension professionnelle (tjänstepension), d’environ 4,5 % du salaire brut, et l’épargne personnelle ; la Pensionsmyndigheten envoie chaque année une estimation individuelle dans l’enveloppe orange (ambassade de France).

  • Âge : l’âge de référence (riktålder) est de 67 ans pour la période 2026 à 2030. La pension de revenu et la pension par capitalisation se retirent au plus tôt à 64 ans en 2026, et la pension de garantie à partir de 67 ans (Pensionsmyndigheten).
  • Pension de garantie : elle exige au moins trois ans de résidence en Suède et 40 ans de résidence entre 16 ans et l’âge de la retraite pour son montant complet ; chaque année manquante la réduit de 1/40 (Pensionsmyndigheten).

Les périodes accomplies en France et en Suède se cumulent pour l’ouverture des droits : le guide trimestres travaillés à l’étranger explique le principe de la totalisation.

Démarches avant le départ et retour éventuel en France

  • Demander le S1 à sa caisse de retraite, pour soi et pour chaque membre de la famille, avant le départ.
  • Informer ses caisses de retraite du changement d’adresse et du compte bancaire de versement de la pension.
  • Déclarer son déménagement au Skatteverket, avec une copie du S1, pour obtenir le personnummer.
  • Envoyer les deux originaux du S1 à la Försäkringskassan avec le personnummer.
  • S’inscrire au registre consulaire de l’ambassade de France à Stockholm pour un séjour de plus de six mois.
  • Prévoir la déclaration de revenus en Suède, où la pension française est imposable.

En cas de retour en France, l’assuré contacte la dernière caisse d’assurance maladie dont il relevait : la page retour en France détaille les démarches.

Questions fréquentes

Faut-il un visa pour prendre sa retraite en Suède ?

Non. Un Français entre avec une carte d'identité ou un passeport et séjourne trois mois librement. Au-delà, il dispose du droit de résidence s'il a des ressources suffisantes pour subvenir à ses besoins ; aucun titre de séjour n'est à demander, et le droit de séjour permanent s'acquiert après cinq ans.

Quel revenu faut-il justifier pour s'installer en Suède à la retraite ?

Les pages officielles consultées ne fixent pas de montant précis ; l'appréciation porte sur la capacité à subvenir à ses besoins. La pension de garantie maximale, 11 988 SEK par mois pour une personne seule en 2026, donne un ordre de grandeur du minimum de pension suédois, sans valoir condition de séjour.

La pension française est-elle imposée en Suède ou en France ?

Selon l'article 18 de la convention franco-suédoise, une pension du régime général ou complémentaire est imposable dans l'État de résidence, donc en Suède pour un retraité qui y réside. La pension publique d'un ancien fonctionnaire reste imposable en France (article 19).

Comment fonctionne le formulaire S1 en Suède ?

Le retraité le demande à sa caisse de retraite avant le départ, en envoie une copie au Skatteverket, puis remet les deux originaux à la Försäkringskassan une fois le personnummer obtenu. Il accède alors aux soins publics au tarif suédois de participation et au soutien d'État aux soins dentaires.

Quelle cotisation maladie est prélevée sur la retraite française ?

Pour un retraité dont la résidence fiscale est hors de France, la CSG et la CRDS ne s'appliquent pas ; une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général.

Combien coûte un logement pour un retraité en Suède ?

En moyenne nationale, SCB relève en 2026 un loyer mensuel de 7 742 SEK pour un deux-pièces et de 9 528 SEK pour un trois-pièces, soit +3,3 % sur un an. Dans les grandes villes, les contrats de première main passent par des files d'attente et la sous-location est courante.

Combien paie un retraité pour ses soins en Suède ?

Une participation par consultation fixée par la région, plafonnée à 1 450 SEK sur douze mois pour les soins ambulatoires en 2026 ; à partir de 85 ans, aucune participation en soins ambulatoires. L'hospitalisation coûte au plus 130 SEK par jour.

À quel âge prend-on sa retraite en Suède ?

L'âge de référence est de 67 ans pour la période 2026 à 2030. La pension de revenu et la pension par capitalisation peuvent se retirer au plus tôt à 64 ans en 2026, et la pension de garantie se verse à partir de 67 ans.

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