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Suède · Travailler et économie

Travailler en Suède quand on est français : droit au travail, salaires, contrat, impôts et cotisations

L’essentiel

Un Français travaille en Suède sans permis ni autorisation, comme tout citoyen de l'Union européenne. Il n'existe pas de salaire minimum légal : les minima relèvent des conventions collectives, qui couvraient 88 % des salariés de 18 à 68 ans selon le Medlingsinstitutet. Le salaire mensuel moyen atteignait 42 900 SEK en 2025 et le salaire médian 38 300 SEK (SCB). En 2026, l'impôt comprend une taxe communale moyenne de 32,38 % et un impôt d'État de 20 % au-delà de 643 000 SEK de revenu imposable (Skatteverket). La Suède conserve sa monnaie, la couronne.

  • Aucun salaire minimum légal : les minima sont fixés par les conventions collectives, qui couvrent 88 % des salariés de 18 à 68 ans (Medlingsinstitutet).
  • 42 900 SEK : salaire mensuel moyen en 2025, et 38 300 SEK pour le salaire médian, tous secteurs confondus (SCB).
  • 32,38 % : taux moyen de l'impôt communal en 2026 ; 20 % d'impôt d'État au-delà de 643 000 SEK de revenu imposable (Skatteverket).
  • 31,42 % : cotisations patronales sur les salaires en 2026 ; 28,97 % pour les indépendants nés en 1959 ou après (Skatteverket).
  • 40 heures par semaine : durée normale d'un emploi à temps plein ; 25 jours de congés payés par an pour tous les salariés (Arbetsförmedlingen).
  • 3,7 % : progression de la valeur ajoutée des services au quatrième trimestre 2025 sur un an, contre -0,7 % pour l'industrie (SCB).

Repères économiques : Suède

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+1,5 %
Inflation
0,7 %
Taux de chômage
8,7 %
PIB par habitant
63 133 $
Population
10,6 millions
Change
1 € = 11,29 SEK
couronne suédoise, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail : un accès sans autorisation pour un Français

Les citoyens de l’Union européenne et de l’Espace économique européen travaillent en Suède sans permis de travail ni titre de séjour (Arbetsförmedlingen). Le Migrationsverket précise qu’un citoyen européen a le droit de commencer à travailler, de créer son activité ou d’étudier dès son arrivée, et qu’il n’a pas à s’adresser à l’agence quand son droit de séjour repose sur un emploi. Pour un séjour prévu d’au moins un an, l’inscription au registre de la population auprès du Skatteverket attribue le personnummer ; la page vivre en Suède détaille ces formalités.

La recherche d’emploi passe d’abord par l’Arbetsförmedlingen, le service public de l’emploi, qui publie les offres sur sa plateforme Platsbanken et assure le service EURES pour la mobilité européenne. L’ambassade de France cite aussi LinkedIn et des cabinets de recrutement spécialisés par secteur. Le suédois est recommandé, même si l’anglais est courant dans certains secteurs ; une fois le personnummer obtenu, les cours de suédois pour adultes (SFI) sont accessibles par la commune. Le guide travailler à l’étranger aide à préparer le départ côté français.

Salaire minimum et niveaux de salaire : le rôle des conventions collectives

Le Medlingsinstitutet, l’office national de médiation, l’écrit sans détour : il n’existe pas de salaires minimaux fixés par la loi en Suède. Les partenaires sociaux, syndicats et organisations d’employeurs, négocient les niveaux de rémunération par branche. Les dernières données publiées par l’office indiquent que 88 % des salariés de 18 à 68 ans sont couverts par une convention collective : tous les agents du secteur public, 83 % des salariés du secteur privé, 99 % dans les grandes entreprises et 44 % dans celles de moins de dix salariés. Dans le secteur privé, la couverture atteint 90 % chez les ouvriers et 76 % chez les employés administratifs et cadres.

Beaucoup de conventions contiennent des planchers de rémunération pour les nouveaux embauchés ou pour certaines catégories d’âge et de qualification, sans que toutes ne fixent un minimum chiffré. Le niveau réel dépend donc de la branche, du poste et de l’expérience. Pour une offre précise, la convention applicable se demande à l’employeur ou au syndicat de la branche.

  • Salaire moyen : 42 900 SEK par mois en 2025, tous secteurs confondus (40 600 SEK pour les femmes et 45 100 SEK pour les hommes) selon SCB.
  • Salaire médian : 38 300 SEK par mois en 2025 (36 800 SEK pour les femmes et 39 900 SEK pour les hommes), avec des écarts selon le secteur présentés dans le tableau de la page.

Pour comparer une offre suédoise avec un poste en France, le guide détaché ou expatrié rappelle les différences de statut qui changent le salaire net et la protection sociale.

Contrat, durée du travail et congés

Un salarié a droit à un contrat écrit précisant l’employeur, la durée de l’emploi, le poste, la rémunération et les missions (Arbetsförmedlingen). Le contrat à durée indéterminée (tillsvidareanställning) peut être précédé d’une période d’essai de six mois au plus ; les contrats à durée limitée existent aussi, avec des règles de transformation en emploi permanent après une certaine période d’emploi chez le même employeur. Un travail ne se fait jamais sans rémunération, même pendant un essai.

  • Durée du travail : un emploi à temps plein représente 40 heures par semaine ; une loi sur la durée du travail fixe les limites par jour, par semaine et par an.
  • Congés : tous les salariés ont droit à 25 jours de congés payés par an, quels que soient leur âge et leur forme d’emploi.
  • Maladie et enfants : le salarié malade reste chez lui en prévenant son employeur ; le congé parental court jusqu’aux 18 mois de l’enfant avec une allocation versée par la Försäkringskassan, trois mois étant réservés à chaque parent ; le congé pour enfant malade s’applique jusqu’aux 12 ans de l’enfant.
  • Chômage : l’inscription à l’Arbetsförmedlingen dès le premier jour sans emploi est essentielle pour les droits à indemnisation ; les caisses d’assurance chômage (a-kassa), souvent liées aux syndicats, complètent le régime de base (ambassade de France).

Impôt sur le revenu : barème, convention franco-suédoise et résidence fiscale

Dès l’inscription au registre de la population, un résident est imposé en Suède sur ses revenus (ambassade de France ; Skatteverket). L’impôt sur les revenus du travail comprend une taxe communale et régionale, d’un taux moyen de 32,38 % en 2026, et un impôt d’État de 20 % sur la part du revenu imposable qui dépasse 643 000 SEK (Skatteverket). Le taux communal exact varie selon la commune ; un abattement de base (grundavdrag) réduit le revenu imposable.

  • Convention franco-suédoise : signée à Stockholm le 27 novembre 1990 et en vigueur depuis le 1er avril 1992, elle prévoit que les salaires d’un résident d’un État sont imposables dans cet État, sauf si l’emploi est exercé dans l’autre État, où ils sont alors imposables (article 15). Un séjour qui ne dépasse pas 183 jours sur douze mois consécutifs, avec un employeur non résident de l’État d’activité et une charge non supportée par un établissement stable, maintient l’imposition dans l’État de résidence.
  • Double imposition (article 23) : la France calcule un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant aux revenus d’origine suédoise ; la Suède accorde une déduction égale à l’impôt français payé sur les revenus imposables en France, dans la limite de la part d’impôt correspondante.

En cas de doute sur la résidence fiscale ou sur un double emploi entre les deux pays, le service des impôts des particuliers non-résidents en France et le Skatteverket restent les interlocuteurs.

Cotisations sociales : salarié, employeur et indépendant

En 2026, les cotisations patronales s’élèvent à 31,42 % des salaires pour un salarié né en 1959 ou après, et les indépendants du même âge paient des cotisations personnelles de 28,97 % (Skatteverket). Selon la ventilation publiée par le CLEISS pour 2024, la part patronale comprend notamment 10,21 % pour la retraite, 3,55 % pour la maladie, 2,60 % pour l’assurance parentale, 2,64 % pour le chômage et une taxe générale sur les salaires de 11,62 %. Le salarié verse une cotisation retraite de 7 %, généralement compensée par une réduction d’impôt.

  • Salarié : le salarié est assuré dès le début de son emploi ; la sécurité sociale suédoise repose en grande partie sur la résidence et complète les droits liés au travail (CLEISS). En cas de maladie, l’employeur verse la rémunération pendant les 14 premiers jours, puis la Försäkringskassan prend le relais (CLEISS, données de 2021).
  • Indépendant : les dispositifs sont les mêmes que pour les salariés, avec des délais de carence différents pour les indemnités maladie : sept jours en règle générale, modulables selon la cotisation choisie (CLEISS, données de 2021).
  • Détaché depuis la France : le salarié détaché reste au régime français avec le formulaire A1, d’une durée maximale de 24 mois (europa.eu), et ne cotise pas en Suède.

Ces droits ouvrent l’accès aux soins régionaux décrits dans la page système de santé suédois.

Télétravail et travail pour un employeur étranger

Un télétravail régulier depuis un autre État membre, par exemple depuis la France pour un employeur suédois, peut modifier la législation de sécurité sociale applicable au salarié, qui dépend du lieu où il exerce une part substantielle de son activité. La situation se règle au cas par cas entre l’employeur, la caisse française et la Försäkringskassan. Avant de convenir d’un télétravail transfrontalier, le salarié demande à son employeur de vérifier sa situation auprès des deux organismes.

Les nomades numériques et les indépendants installés en Suède relèvent du régime suédois pour leur activité ; le guide assurance nomade digital présente les points d’attention de ce statut.

L'économie suédoise : secteurs, couronne et perspectives

SCB décrit une économie qui repose fortement sur les services. Au quatrième trimestre 2025, la valeur ajoutée des services progressait de 3,7 % sur un an et celle de la construction de 2,3 %, alors que celle de l’industrie reculait de 0,7 % ; les exportations augmentaient de 2,0 % sur un an. Sur l’ensemble de 2025, le produit intérieur brut a progressé de 1,5 %, la plus forte hausse depuis 2021, mais SCB note que le marché du travail ne montre pas encore de reprise : les chiffres de l’emploi et du chômage figurent dans le bloc « Repères économiques » ci-dessous.

  • Monnaie : la Suède conserve sa monnaie, la couronne suédoise (SEK), et n’utilise pas l’euro. Un revenu perçu en euros comporte donc un risque de change, dont l’évolution est suivie dans le bloc « Repères économiques ».
  • Perspectives : les prévisions de croissance, d’inflation et de chômage sont actualisées en continu dans le bloc « Repères économiques » de cette page.

Salaire mensuel médian par secteur

SecteurFemmesHommes
Secteur de l'État42 000 SEK45 000 SEK
Communes35 700 SEK35 600 SEK
Régions40 400 SEK45 100 SEK
Secteur privé, ouvriers30 800 SEK34 900 SEK
Secteur privé, employés et cadres44 400 SEK51 700 SEK

Source : SCB, salaires médians de 2025. Pour l'ensemble des secteurs : 36 800 SEK pour les femmes, 39 900 SEK pour les hommes, 38 300 SEK au total.

Questions fréquentes

Un Français a-t-il besoin d'un permis de travail en Suède ?

Non. En tant que citoyen de l'Union européenne, un Français travaille en Suède sans permis ni titre de séjour et peut commencer à travailler dès son arrivée. Pour un séjour prévu d'au moins un an, il s'inscrit au registre de la population auprès du Skatteverket.

Existe-t-il un salaire minimum en Suède ?

Il n'existe pas de salaire minimum fixé par la loi. Les minima sont négociés par branche dans les conventions collectives, qui couvrent 88 % des salariés de 18 à 68 ans selon le Medlingsinstitutet ; toutes ne fixent pas de plancher chiffré.

Quel est le salaire moyen en Suède ?

Selon SCB, le salaire mensuel moyen est de 42 900 SEK en 2025 (40 600 SEK pour les femmes, 45 100 SEK pour les hommes) et le salaire médian de 38 300 SEK. Les niveaux varient selon le secteur : de 30 800 SEK pour les ouvriers du privé à 51 700 SEK pour les hommes employés et cadres du privé.

Combien d'impôt sur le revenu paie-t-on en Suède ?

En 2026, le taux moyen de l'impôt communal est de 32,38 % et un impôt d'État de 20 % s'ajoute sur la part du revenu imposable qui dépasse 643 000 SEK. Le taux exact dépend de la commune de résidence.

Que prévoit la convention fiscale entre la France et la Suède pour les salaires ?

Le salaire d'un résident est imposable dans son État de résidence, sauf si l'emploi est exercé dans l'autre État. Un séjour de 183 jours au plus sur douze mois, avec un employeur non résident et sans charge pour un établissement stable, maintient l'imposition dans l'État de résidence ; la double imposition est évitée par un crédit d'impôt français et une déduction suédoise.

Quelles cotisations sociales sont dues sur un salaire suédois ?

L'employeur supporte 31,42 % de cotisations en 2026 et le salarié une cotisation retraite de 7 %, généralement compensée par une réduction d'impôt. Un indépendant né en 1959 ou après paie 28,97 % de cotisations personnelles.

Combien de jours de congés payés a-t-on en Suède ?

Tous les salariés ont droit à 25 jours de congés payés par an, quels que soient leur âge et leur forme d'emploi ; une semaine à temps plein compte 40 heures.

Un salarié détaché depuis la France cotise-t-il en Suède ?

Non, s'il détient le formulaire A1 : il reste rattaché au régime français pendant 24 mois au plus. Au-delà, le détachement peut être prolongé avec l'accord des autorités compétentes des deux pays ou le salarié s'affilie au régime suédois.

Les autres guides : Suède