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Fiche pays — Asie-Pacifique

Assurance expatrié et assurance santé aux Îles Pitcairn

Côte escarpée et verdoyante de l'île de Pitcairn, maisons isolées et bateau au mouillage

En 5 lignes

Les Îles Pitcairn sont un territoire britannique d'outre-mer du Pacifique Sud, habité par une cinquantaine de personnes selon le gouvernement local, sans aéroport : on y accède par le navire d'approvisionnement affrété par le gouvernement, depuis Mangareva (Polynésie française). Le FCDO précise qu'il n'y a pas d'ambassade britannique sur l'île et que le gouvernement de Pitcairn apporte son aide aux voyageurs ; la liste des conseils aux voyageurs de France Diplomatie ne comprend pas de fiche pour ce territoire et la page de l'ambassade de France en Nouvelle-Zélande ne le cite pas parmi ses compétences. Un séjour de 14 jours au plus, avec arrivée et départ sur le même navire, ne demande pas de visa préalable ; au-delà, un visa se demande avant le voyage, avec certificat médical, radiographie pulmonaire et certificats de police, et une assurance couvrant les soins et l'évacuation médicale est exigée dans tous les cas. Le CLEISS ne recense aucune convention de sécurité sociale avec Pitcairn, et les listes du BOFiP ne comprennent ni convention fiscale ni accord d'échange de renseignements pour ce territoire. Sur place, la clinique du gouvernement dispose d'un médecin et d'un infirmier ; les soins hospitaliers et spécialisés se font à Tahiti ou en Nouvelle-Zélande, et le financement public de ces soins est réservé aux résidents habituels.

Source : France Diplomatie : liste des conseils aux voyageurs (aucune fiche pour ce territoire)

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Chiffres clés

  • Population : une cinquantaine d'habitants, descendants des mutins du Bounty et de leurs compagnes tahitiennes (gouvernement des Îles Pitcairn).
  • Aucune convention de sécurité sociale France-Pitcairn : le territoire ne figure ni dans la liste des accords en vigueur ni dans la liste des régimes étrangers du CLEISS.
  • Aucune convention fiscale de non-double imposition ni accord d'échange de renseignements en matière fiscale pour Pitcairn dans les listes du BOFiP.
  • Entrée : 14 jours au plus sans visa préalable si l'on arrive et repart sur le même navire ; au-delà, visa à obtenir avant le voyage (FCDO, gouvernement des Îles Pitcairn).
  • Installation : visa d'établissement après un séjour préalable, puis résidence permanente après plus de deux ans de résidence légale (politique d'immigration).
  • Assurance : couverture des soins, de l'évacuation médicale d'urgence et du rapatriement de corps exigée pour tout visa ; le nouvel arrivant paie plein tarif à la clinique pendant deux ans (politiques de santé du gouvernement).

Système de santé local

Le système de santé des Îles Pitcairn repose sur un centre de santé public (Pitcairn Health Centre), financé et organisé par le gouvernement des Îles Pitcairn. Sa politique opérationnelle indique qu’il assure médecine générale, soins infirmiers, radiographie, pharmacie, soins urgents et prise en charge de la naissance à la vieillesse, pour les résidents comme pour les visiteurs. Le FCDO décrit une clinique avec un médecin généraliste et un infirmier, des médicaments sur ordonnance en quantité limitée, et une consultation possible hors des heures d’ouverture en appelant le médecin de l’île. Le médecin est recruté sous contrat par le gouvernement ; il peut aussi organiser des consultations de spécialistes à distance (télésanté) avec l’appui d’un prestataire d’assistance médicale mandaté par le gouvernement.

L’île ne dispose ni d’hôpital ni de soins spécialisés. La politique de financement de la santé parle de traitements « hors île », à Tahiti ou en Nouvelle-Zélande, sur recommandation du médecin de l’île et avec l’autorisation de l’Administrateur ; l’orientation vers Tahiti est généralement privilégiée. Le FCDO indique que les hôpitaux les plus proches sont à deux jours de mer au moins, qu’un patient grave est évacué par bateau jusqu’à Mangareva puis par avion jusqu’à Tahiti, ou par bateau ou avion vers la Nouvelle-Zélande, et que la rapidité d’une évacuation dépend du navire d’approvisionnement ou d’un autre bateau de passage.

Aucun régime d’assurance maladie obligatoire n’a été identifié dans les sources lues. Le gouvernement finance des soins pour les résidents habituels (consultations gratuites, médicaments à moitié prix en règle générale, soins hors île pris en charge aux deux tiers avec voyage et hébergement), mais le visiteur, le titulaire d’un visa de longue durée et le nouvel arrivant en période d’établissement paient eux-mêmes leurs soins, évacuation comprise. La Banque mondiale ne publie pas d’indicateur de santé pour ce territoire : aucune statistique de dépenses n’est donc donnée ici. Pour l’évacuation et l’assistance, voir assistance rapatriement.

Obligations légales et de visa

  • Séjour de 14 jours au plus : pas de visa préalable si l’on arrive et repart sur le même navire (FCDO). Le visa de visiteur de courte durée est délivré à l’arrivée à l’aide du formulaire combiné de déclaration d’immigration et de biosécurité ; tout voyageur remplit une carte de débarquement. Si l’une des réponses sur le casier, l’historique d’immigration ou la santé est « oui », le gouvernement demande de le contacter avant le voyage, car une dérogation peut être nécessaire.
  • Séjour de plus de 14 jours : le visa de visiteur de longue durée (six mois, prolongeable) se demande avant le voyage, avec le formulaire officiel, un examen médical avec certificat de santé général et certificat de radiographie pulmonaire, et des certificats de police du pays de nationalité et de tout pays où l’on a vécu plus de 12 mois. Pour un enfant de 15 ans ou moins, chaque enfant fait l’objet d’une demande d’autorisation d’entrée, avant la réservation du voyage. La décision revient au Gouverneur, après consultation du Conseil de l’île ; le montant des frais est fixé par un avis du gouvernement.
  • Assurance obligatoire : tout titulaire de visa doit maintenir une assurance voyage et santé valable pendant tout le séjour, couvrant les soins médicaux, l’évacuation médicale d’urgence et le rapatriement de corps, sans exclusions limitant de façon déraisonnable les activités prévues, émise par un assureur réputé (politique d’immigration). La preuve est demandée dès la réservation d’une couchette sur le navire.
  • Travail : un visiteur n’a pas le droit de travailler sans permis de travail. Le visa de travail temporaire (six mois, prolongeable) suppose une activité d’intérêt public, les compétences requises et une décision du Gouverneur après consultation du Conseil de l’île ; une activité rémunérée ou commerciale demande l’accord écrit du Conseil, sauf pour les titulaires d’un visa d’établissement ou les résidents permanents.
  • Résidence : le visa d’établissement (deux ans) suit deux voies, familiale (conjoint, enfant, parent ou frère ou sœur résidant légalement sur l’île) ou de compétences utiles à la communauté ; il suppose en principe trois mois de résidence légale dans les 12 mois précédant la demande. La résidence permanente est possible après plus de deux ans de résidence légale. Le visa de résident saisonnier permet de passer jusqu’à six mois par période de 12 mois, sans les avantages du résident permanent.
  • Santé et caractère : le candidat doit présenter un bon état de santé (pas de danger pour la santé publique, pas de charge importante pour les services de santé de l’île), une bonne moralité, et des moyens suffisants ou un garant.
  • Étudiant : la carte européenne d’assurance maladie n’existe pas pour ce territoire, situé hors de l’Union européenne ; une assurance étudiante ou l’offre jeunes de la CFE sont à comparer.
  • Salarié détaché : maintien au régime français, selon le CLEISS, pour trois ans renouvelables une fois, avec remboursement dans la limite de ce que prévoit le régime français sur factures acquittées (formulaire S 3125c). L’affiliation à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) reste une option de complément.
  • Retraité : le CLEISS oriente vers les institutions locales, l’adhésion volontaire à la CFE ou une assurance privée ; aucun formulaire S1 n’existe, le territoire n’étant pas dans l’Union européenne.
  • Importations : l’importation d’alcool sans licence, de miel ou de produits apicoles usagés est illégale, et les produits végétaux et animaux sont strictement contrôlés (FCDO).

Le gouvernement publie sa politique d’immigration et ses formulaires sur son site officiel ; les conditions de chaque catégorie de visa se lisent dans cette politique, que le Gouverneur peut adapter par dérogation individuelle.

Coût de quelques actes médicaux

Repères indicatifs, pas une grille tarifaire officielle : les tarifs varient selon l’établissement, demandez un devis avant les soins.

Coût de quelques actes médicaux en Pitcairn, secteur public et privé
ActeSecteur publicSecteur privé
Consultation au centre de santéGratuite pour les résidents habituels ; payante pour les visiteurs et les nouveaux arrivants en période d'établissement, au tarif affiché à la clinique—
Médicaments sur ordonnancePart à charge variable selon le statut (la moitié du prix pour un résident habituel, gratuité pour les retraités de l'île et les mineurs scolarisés) ; plein tarif pour les visiteurs et les nouveaux arrivants ; produits sans ordonnance à la charge du patient—
Soins dentaires et optiquesGratuits pour les mineurs et les retraités de l'île ; un tiers du coût pour les résidents habituels ; plein tarif pour les visiteurs et les nouveaux arrivants—
Traitement hors île (Tahiti ou Nouvelle-Zélande)Résidents habituels éligibles : un tiers du coût des soins à leur charge, voyage et hébergement pris en charge ; visiteurs et nouveaux arrivants : 100 % des coûtsAssurance avec évacuation exigée pour tout visa et tout nouvel arrivant
Évacuation médicale d'urgenceNon financée pour les visiteurs ni pour les nouveaux arrivants (100 % à leur charge)Assurance voyage et santé couvrant l'évacuation, preuve exigée dès la réservation du navire
Frais de visa et droits d'entréeFixés par un avis du gouvernement, avec dérogation possible du Gouverneur ; barème à consulter sur le site officiel—
Adhésion volontaire à la CFE (offres génériques)—Offre principale, offre jeunes et offre retraités selon l'âge et le profil, tarif sur devis (cfe.fr)

Accords de sécurité sociale avec la France

Le territoire est britannique et n’est pas dans l’Union européenne. Le CLEISS ne le cite ni dans la liste des accords de sécurité sociale en vigueur avec la France, ni dans sa liste des régimes étrangers ; la page consacrée au régime britannique ne le mentionne pas non plus. Pour un séjour temporaire, il relève de la catégorie « autres pays ou situations non visées » : sur place, le CLEISS indique qu’aucune prise en charge n’est possible sauf application d’un accord. Sans convention, aucune prise en charge n’est organisée entre les caisses.

  • Séjour temporaire : un remboursement au retour en France des seuls soins inopinés est une possibilité et non une obligation, le rapatriement sanitaire n’est pas pris en charge, et une assurance voyage adaptée au coût réel des soins est conseillée par le CLEISS.
  • Détachement : le salarié reste affilié au régime français, trois ans renouvelables une fois ; ses cotisations sont payées en France, mais il peut devoir aussi payer celles du pays d’accueil. Les soins sont couverts dans la limite de ce qu’il aurait reçu en France (formulaire S 3125c avec les factures acquittées).
  • Expatriation : le salarié relève du régime local et n’est plus assuré social en France ; il peut s’affilier volontairement à la CFE. Sans convention, les périodes d’assurance locales ne sont pas prises en compte pour le calcul de la pension française.
  • Retraité : le CLEISS recommande de vérifier la prise en charge locale, de choisir la CFE ou une assurance privée, et rappelle qu’un retraité qui n’est plus résident fiscal en France ne paie ni CSG, ni CRDS, ni Casa.
  • Fiscalité : la liste du BOFiP des conventions fiscales conclues par la France ne comprend pas Pitcairn, et l’entrée consacrée au Royaume-Uni ne mentionne aucune extension à un territoire. La liste des accords d’échange de renseignements en matière fiscale énumère plusieurs territoires britanniques mais pas Pitcairn. Le domicile fiscal reste défini par l’article 4 B du CGI (foyer ou lieu de séjour principal, activité professionnelle, centre des intérêts économiques) ; un seul critère suffit. La liste des ordonnances publiée par le gouvernement de Pitcairn ne comprend pas d’ordonnance sur l’impôt sur le revenu : le régime fiscal local se confirme auprès du Pitcairn Island Office à Auckland.

Quelle assurance selon mon profil

Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.

Quelle assurance selon le profil, pour Pitcairn
ProfilContrainte réglementairePoints d’attention
PVTAucun programme vacances-travail France-Pitcairn recensé dans les sources consultéesUn visiteur ne peut pas travailler sans permis ; le visa de travail suppose une activité d'intérêt public
ÉtudiantPas de carte européenne ; assurance étudiante ou offre jeunes de la CFE à examinerAssurance avec évacuation exigée pour tout visa ; soins à la charge de l'étudiant
Salarié détachéMaintien au régime français, trois ans renouvelables une fois (CLEISS)Factures acquittées avec le formulaire S 3125c ; évacuation non couverte par le régime français ; complémentaire conseillée
Salarié localVisa de travail temporaire de six mois, prolongeable, décidé par le Gouverneur après consultation du Conseil de l'îleSoins payés plein tarif pendant la période d'établissement ; assurance privée avec évacuation à maintenir
Indépendant / freelanceActivité rémunérée ou commerciale soumise à l'accord écrit du Conseil de l'île, sauf visa d'établissement ou résidence permanenteCFE en option pour la maladie et la maternité ; licences à confirmer auprès du gouvernement
RetraitéPas de visa retraité identifié ; visa de résident saisonnier ou d'établissement par la voie familiale ou des compétences ; pas de formulaire S1CFE ou assurance privée avec évacuation ; conjoint à assurer séparément

Hôpitaux et réseau de soins

  • Centre de santé de Pitcairn (Pitcairn Health Centre) : structure publique du gouvernement des Îles Pitcairn, avec un médecin et un infirmier ; médecine générale, soins infirmiers, radiographie, pharmacie et soins urgents. Il n'y a pas d'hôpital sur l'île.
  • Soins hospitaliers et spécialisés : assurés hors île, à Tahiti ou en Nouvelle-Zélande, sur recommandation du médecin de l'île ; les sources officielles lues ne désignent pas d'établissement par son nom.

Démarches

  1. Avant le départ : signaler son départ aux organismes français (CPAM, CAF, France Travail, caisses de retraite) et choisir sa couverture selon son statut.
  2. Séjour de plus de 14 jours : écrire à l’immigration du gouvernement des Îles Pitcairn avant tout projet de voyage, puis déposer le formulaire de visa avec certificat médical, certificat de radiographie pulmonaire et certificats de police. Prévoir ces pièces de longue date.
  3. Souscrire une assurance voyage et santé valable pour toute la durée du séjour, avec soins médicaux, évacuation médicale d’urgence et rapatriement de corps, et en garder la preuve : elle est demandée à la réservation.
  4. Réserver une couchette sur le navire d’approvisionnement au départ de Mangareva ; le site officiel du tourisme publie le calendrier des traversées, la durée de séjour proposée et les conditions du contrat de transport.
  5. Se renseigner avant la réservation sur les médicaments : le FCDO indique que la clinique n’a qu’un stock limité, et la politique du gouvernement invite les arrivants de longue durée à emporter leurs traitements ou à joindre le médecin à l’avance.
  6. Salarié détaché : demander le maintien au régime français auprès de l’employeur et de la caisse ; conserver les factures acquittées pour le formulaire S 3125c.
  7. Retraité : préparer, avant le départ, la couverture santé (CFE ou assurance privée) et interroger le gouvernement sur la voie de séjour envisagée.
  8. Inscription au registre des Français établis hors de France sur service-public, pour une installation de plus de six mois ; le poste consulaire d’inscription se confirme auprès de France Diplomatie.

Questions fréquentes

Faut-il un visa pour aller aux Îles Pitcairn ?

Un séjour de 14 jours au plus, avec arrivée et départ sur le même navire, ne demande pas de visa préalable (FCDO) : le visa de visiteur de courte durée est délivré à l'arrivée. Au-delà, un visa de visiteur de longue durée se demande avant le voyage. Dans tous les cas, une assurance couvrant les soins et l'évacuation médicale est exigée.

Comment se rend-on aux Îles Pitcairn ?

L'île n'a pas d'aéroport. Le gouvernement affrète un navire de ravitaillement qui embarque des passagers au départ de Mangareva, en Polynésie française, à environ 300 km. Le calendrier des traversées et les conditions de transport sont publiés sur le site officiel du tourisme.

La carte européenne d'assurance maladie fonctionne-t-elle à Pitcairn ?

Non. Le territoire n'est pas dans l'Union européenne. Le CLEISS le range, pour un séjour temporaire, dans les « autres pays ou situations non visées », où aucune prise en charge sur place n'est possible. Une assurance voyage ou une assurance internationale avec évacuation est à prévoir.

Existe-t-il une convention de sécurité sociale entre la France et Pitcairn ?

Le CLEISS n'en recense aucune : le territoire ne figure ni dans la liste des accords en vigueur ni dans celle des régimes étrangers. Le salarié détaché garde le régime français trois ans renouvelables une fois ; les autres statuts relèvent du régime local, de la CFE ou d'une assurance privée.

La France et Pitcairn ont-elles une convention fiscale ?

Les listes du BOFiP ne comprennent pas Pitcairn, ni pour les conventions de non-double imposition ni pour les accords d'échange de renseignements en matière fiscale. Le domicile fiscal se détermine selon l'article 4 B du CGI, et le régime fiscal local se confirme auprès du Pitcairn Island Office.

Qui paie les soins sur place ?

Le gouvernement finance des soins pour les résidents habituels. Le visiteur, le titulaire d'un visa de longue durée et le nouvel arrivant en période d'établissement paient plein tarif à la clinique, et la totalité des frais d'évacuation et de soins hors île. D'où l'assurance exigée avec évacuation médicale.

Que faire en cas d'urgence médicale ?

Le FCDO indique de joindre le médecin de l'île, par la ligne d'un habitant ou par radio VHF en demandant à un habitant de lancer l'appel ; l'évacuation se fait par bateau jusqu'à Mangareva puis par avion vers Tahiti, ou vers la Nouvelle-Zélande. Prévenir l'assureur dès qu'une orientation vers un établissement est décidée.

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