Aller au contenu principal
Expavy

Nouvelle-Calédonie · Prendre sa retraite

Prendre sa retraite en Nouvelle-Calédonie : retraite locale, pension métropolitaine, fiscalité et accès aux soins

L’essentiel

La Nouvelle-Calédonie étant un territoire de la République, un retraité français n'a pas de visa de retraité à demander pour s'y installer, mais il change de régime d'assurance maladie : il s'inscrit à la CAFAT avec le formulaire SE 988-06 délivré par sa caisse de retraite. Sa pension métropolitaine continue d'être versée, et pour un résident elle est exclusivement imposable en Nouvelle-Calédonie d'après la direction des services fiscaux. La retraite locale de la CAFAT s'ouvre à 62 ans depuis le 1er janvier 2026, avec un point de retraite revalorisé chaque année. Les cotisations versées localement ne sont pas transférables vers le régime métropolitain, et les soins en métropole supposent des démarches propres à chaque caisse. Un retraité de l'État peut percevoir l'indemnité temporaire de retraite, dont le plafond diminue jusqu'à 2028.

  • 62 ans : âge légal de la retraite CAFAT ; 59 ans et demi possible avec 37 ans d'assurance pour le taux plein.
  • Valeur du point de retraite CAFAT revalorisée chaque année ; le montant en vigueur est publié par la CAFAT.
  • Plafond de ressources du complément retraite de solidarité, plus élevé pour un foyer que pour une personne seule et revalorisé régulièrement ; montants publiés par la CAFAT.
  • Minimum de ressources garanti par le complément retraite de solidarité, revalorisé régulièrement ; montant publié par la CAFAT.
  • 75 % du montant principal de la pension : taux de l'indemnité temporaire de retraite en Nouvelle-Calédonie (décret n° 2009-114).
  • 14 % : taux de cotisation de l'assurance volontaire retraite de la CAFAT, après au moins 5 ans d'affiliation.

Service en cours de lancement : un conseiller étudie votre demande et vous recontacte pour préciser vos besoins.

S'installer comme retraité : ni visa ni condition financière

La Nouvelle-Calédonie fait partie de la République : la notion de visa retraité ne s’applique pas à un Français. Les services de l’État précisent que l’entrée est soumise à un contrôle de la police aux frontières à La Tontouta ou au port de Nouméa et que les règles diffèrent de celles de la métropole ; les pièces demandées à un Français ne sont pas détaillées sur la page lue, et se confirment auprès du haut-commissariat. Ce qui change vraiment est la couverture sociale et la fiscalité, qui relèvent du territoire. La page vivre en Nouvelle-Calédonie décrit l’installation, et le guide retraite à l’étranger les principes généraux.

Côté budget, l’ISEE mesure un niveau de prix en moyenne de l’ordre de 30 % plus élevé qu’en métropole ; l’inflation est généralement modérée. Le Fonds social de l’habitat étend son aide au logement aux retraités qui résident en maison de retraite agréée.

La retraite locale de la CAFAT : âge, conditions et montant

Les salariés du secteur privé relèvent de l’assurance vieillesse de la CAFAT, complétée par les régimes de retraite complémentaire Agirc-Arrco depuis le 1er janvier 1995, tandis que les fonctionnaires territoriaux relèvent de la caisse locale de retraite (DASS). Pour les travailleurs qui ont cotisé sur le territoire, la CAFAT retient les règles suivantes.

  • Âge légal : 62 ans depuis le 1er janvier 2026. Un départ à 59 ans et demi est possible ; il donne le taux plein avec 37 ans d’assurance, sinon un abattement définitif de 1,5 % par trimestre d’anticipation, dans la limite de 10 trimestres.
  • Carrières longues et cas particuliers : 39 ans d’activité permettent de partir avant l’âge légal sans abattement sous conditions ; l’inaptitude reconnue ouvre la retraite dès 50 ans ; dix ans d’activités pénibles à temps plein sur le territoire permettent de partir à 57 ans et 6 mois.
  • Conditions de dépôt : avoir cotisé au moins 5 ans, avoir cessé toute activité salariée cotisée, et déposer la demande au plus tôt deux mois avant la cessation d’activité ; aucune retraite n’est accordée automatiquement. La pension démarre au plus tôt le premier jour du mois suivant le dépôt.
  • Calcul : les cotisations de chaque année sont converties en points, et la pension annuelle est égale au nombre de points multiplié par la valeur du point, valeur revalorisée chaque 1er avril (à titre indicatif). Une estimation peut être demandée chaque année à partir de 56 ans (retraite@cafat.nc).

La CAFAT précise que son régime est indépendant du régime métropolitain et que les cotisations versées localement ne sont pas transférables vers celui-ci. Les périodes accomplies sur chaque territoire se totalisent toutefois pour ouvrir les droits, selon le décret de coordination de 2002 (CLEISS), avec un double calcul pour la retraite.

Complément retraite de solidarité et assurance volontaire retraite

Le complément retraite de solidarité (CRS) s’adresse aux retraités qui ont peu cotisé ou ont des revenus modestes. Il suppose d’avoir au moins 62 ans et de percevoir une pension de la CAFAT, d’avoir effectué cinq ans de travail salarié sur le territoire avec affiliation, de justifier de dix ans de résidence continue au moment de la demande, de garder une résidence stable et régulière sur le territoire et de rester sous un plafond de ressources, révisé régulièrement, qui diffère pour une personne seule et pour un foyer. Le CRS complète les ressources jusqu’à un minimum mensuel, révisé régulièrement, et ne peut pas les porter au-delà d’un plafond mensuel. Il se demande auprès du service retraite de la CAFAT, qui ne l’accorde pas automatiquement. Un retraité venu de métropole qui n’a pas cinq ans de cotisations locales ni dix ans de résidence continue n’y a donc pas accès.

L’assurance volontaire retraite concerne les personnes qui ne cotisent plus à un régime obligatoire : il faut avoir cotisé au moins cinq ans à la retraite CAFAT et ne pas relever d’un autre régime obligatoire comme l’Agirc-Arrco. La cotisation est de 14 % du dernier salaire cotisé (revalorisé selon l’indice des prix) ou du plafond de cotisation annuel revalorisé, payable par trimestre.

Pension métropolitaine : démarches et retraités de l'État

Un retraité du régime métropolitain (ou d’un département d’outre-mer) continue de percevoir sa pension depuis le territoire. Pour la couverture maladie, le formulaire SE 988-06 est rempli en partie A par la caisse de retraite et en partie B par la CAFAT. Pour le régime général, la demande passe par la caisse nationale d’assurance vieillesse, avec un questionnaire sur l’étude des droits aux soins à l’étranger ; pour les fonctionnaires et militaires retraités, il faut signaler le transfert de résidence au centre de gestion des retraites avant le départ. Depuis le 1er janvier 2023, le haut-commissariat indique que le centre de gestion des retraites de Rennes-Fougères gère les dossiers des retraités de l’État (messagerie sécurisée ENSAP, site retraitesdeletat.gouv.fr). Les ayants droit qui vivent avec le pensionné peuvent être inscrits en même temps.

Indemnité temporaire de retraite (ITR) : les pensionnés de l’État qui résident en Nouvelle-Calédonie peuvent prétendre à ce complément de pension, fixé à 75 % du montant principal de la pension par le décret n° 2009-114 du 30 janvier 2009 (version initiale lue sur Légifrance). Il faut une résidence effective de plus de 183 jours consécutifs, justifiée chaque année avec la déclaration des absences ; un cumul d’absences de plus de trois mois dans l’année suspend le paiement. Le texte prévoit un plafond annuel qui baisse de 800 € chaque année, de 7 200 € en 2019 à 800 € en 2027, puis 0 € en 2028, selon l’année de première mise en paiement : l’indemnité décroît pour les nouveaux bénéficiaires. La version consolidée du texte et les conditions de services s’examinent auprès du centre de retraite.

Fiscalité de la pension française : une imposition sur place

La direction des services fiscaux de la Nouvelle-Calédonie indique que toute personne domiciliée fiscalement sur le territoire déclare l’ensemble de ses pensions sur place, y compris celles versées depuis la métropole, qu’elles arrivent sur un compte calédonien ou métropolitain, à la ligne PA de la déclaration : elles sont « exclusivement imposables en Nouvelle-Calédonie ». Le BOFiP rattache cette règle à l’article 17 de la convention fiscale franco-calédonienne de 1983, qui réserve l’imposition des pensions publiques ou privées au territoire de résidence ; il précise que les pensions de source métropolitaine versées à un résident échappent à toute retenue à la source en France. Le service des retraites de l’État confirme que les pensionnés de l’État résidant en Nouvelle-Calédonie relèvent d’une imposition locale.

Le CLEISS ajoute que, si la résidence fiscale n’est plus en France, la CSG, la CRDS et la Casa ne sont pas prélevées sur la pension ; une cotisation d’assurance maladie peut en revanche être retenue si le retraité relève encore d’un régime français, par exemple pour ses droits lors de séjours en France. Le barème de l’impôt sur le revenu calédonien figure à l’article 136 I du code des impôts local.

Accès aux soins des retraités, en Nouvelle-Calédonie et en métropole

Sur le territoire, le retraité inscrit avec le SE 988-06 reçoit les soins par la CAFAT. Le CLEISS précise qu’il peut les recevoir au titre de sa pension à condition de ne pas avoir de droits au régime calédonien, et que pour être pleinement couvert il faut s’inscrire à la CAFAT. Un retraité qui a aussi travaillé sur place relève du RUAMM comme assuré local ; un indépendant retraité du territoire conserve ses droits s’il est radié du rôle des patentes, a 62 ans et cinq ans d’activité sur place. Le formulaire de CAFAT indique que le dispositif des affections de longue durée métropolitain ne s’applique pas : la longue maladie se demande auprès du contrôle médical de la CAFAT. Les évacuations sanitaires sont organisées par la CAFAT sur avis d’une commission médicale.

En séjour en métropole, les soins sont remboursés par la caisse qui verse la pension, sur présentation du titre de pension, et une hospitalisation de plus d’un mois demande un accord préalable. Le conjoint non pensionné n’est pas couvert en France : une assurance est conseillée. Les adhérents de la CFE qui résident sur le territoire envoient leurs demandes de remboursement des soins reçus en France à la CPAM de Seine-et-Marne, selon l’Assurance Maladie et le CLEISS ; l’éligibilité d’un résident à la CFE se confirme auprès de la caisse. Voir aussi l’assurance maladie du retraité à l’étranger et la page remboursement des soins en Nouvelle-Calédonie.

Où vivre, quel budget et quelles précautions

Le Grand Nouméa (Nouméa, Mont-Dore, Dumbéa, Païta) concentre les services : le centre hospitalier territorial occupe le Médipôle de Koutio, à Dumbéa-sur-Mer, avec urgences, réanimation et blocs opératoires, et l’appel d’urgence est le 15. Les provinces Nord et des Îles sont plus éloignées de ce plateau technique, ce qui compte pour une personne qui suit un traitement régulier. Le recensement compte près de 265 000 habitants, avec environ trois habitants sur quatre en province Sud.

Pour un budget de retraite, le SMG, de l’ordre de 169 000 F CFP brut par mois, donne un repère du niveau des rémunérations de base du territoire, et la parité fixe du franc Pacifique avec l’euro facilite la conversion d’une pension libellée en euros. La DASS invite à se protéger de la dengue pendant la saison des pluies. Enfin, un retraité qui projette de revenir en métropole demande à la CAFAT son numéro de sécurité sociale avant de partir, et signale son départ définitif aux organismes concernés. Le guide assurance retraite à l’étranger complète ces repères ; Expavy propose un diagnostic pour comparer les options de complémentaire.

Retraite : à qui s'adresser selon l'origine de la pension

Origine de la pensionInterlocuteurDémarche ou règlePoint d'attention
Retraite CAFAT (salarié local)Service retraite de la CAFATDemande au plus tôt 2 mois avant la fin d'activité ; 62 ans, 5 ans de cotisation minimumValeur du point revalorisée chaque année ; pas de transfert des cotisations vers le régime métropolitain
Retraite complémentaire du secteur privéCaisse Agirc-ArrcoEnvoyer la notification CAFAT à la caisse complémentaireRégimes obligatoires depuis 1995
Régime général métropolitainCaisse nationale d'assurance vieillesseSE 988-06 pour l'inscription à la CAFATConjoint non pensionné non couvert en France
Pension de l'ÉtatCentre de gestion des retraites de Rennes-Fougères (ENSAP)Signaler le transfert de résidence avant le départ ; SE 988-06Indemnité temporaire de retraite à 75 % du principal, plafond en baisse jusqu'à 0 € en 2028
Indépendant calédonien retraitéCAFATRadiation du rôle des patentes, 62 ans, 5 ans d'activitéBulletin d'immatriculation retraité
Ressources modestesService retraite de la CAFATComplément retraite de solidarité sur demande10 ans de résidence continue et 5 ans de travail salarié sur place
Pension imposableDirection des services fiscauxDéclaration à la ligne PA, imposition exclusive sur placePas de retenue à la source en France pour un résident

Sources : CAFAT, CLEISS, DSF, BOFiP, haut-commissariat, Légifrance.

Questions fréquentes

Faut-il un visa pour prendre sa retraite en Nouvelle-Calédonie ?

Non : le territoire fait partie de la République et la notion de visa retraité ne s'applique pas à un Français. Les services de l'État indiquent que l'entrée est contrôlée à La Tontouta ou au port de Nouméa et que les règles diffèrent de celles de la métropole ; les pièces demandées à un Français sont à confirmer.

À quel âge peut-on prendre sa retraite CAFAT ?

L'âge légal est de 62 ans depuis le 1er janvier 2026. Un départ à 59 ans et demi est possible, au taux plein avec 37 ans d'assurance et sinon avec un abattement de 1,5 % par trimestre manquant, dans la limite de 10 trimestres.

Ma pension de retraite française est-elle imposée en France ?

Pour un résident fiscal de la Nouvelle-Calédonie, la direction des services fiscaux indique que les pensions de source métropolitaine sont exclusivement imposables sur le territoire. Le BOFiP rattache cette règle à l'article 17 de la convention de 1983 et précise qu'aucune retenue à la source n'est exigible en France.

Comment bénéficier des soins avec une pension métropolitaine ?

En demandant à sa caisse de retraite le formulaire SE 988-06, qui est complété par la CAFAT pour inscrire le pensionné et ses ayants droit qui vivent avec lui. Le retraité reçoit alors ses soins par la CAFAT.

Qu'est-ce que l'indemnité temporaire de retraite ?

C'est un complément de pension pour les retraités de l'État qui résident dans certains territoires d'outre-mer. Le décret n° 2009-114 la fixe à 75 % du montant principal en Nouvelle-Calédonie, avec une résidence effective de plus de 183 jours consécutifs et un plafond qui diminue jusqu'à 0 € en 2028.

Qui peut recevoir le complément retraite de solidarité ?

Une personne d'au moins 62 ans qui perçoit une pension de la CAFAT, a travaillé cinq ans comme salariée sur le territoire, justifie de dix ans de résidence continue et reste sous un plafond de ressources de 1 650 270 F CFP par an pour une personne seule.

Les cotisations versées en Nouvelle-Calédonie comptent-elles pour la retraite en métropole ?

La CAFAT précise que ses cotisations ne sont pas transférables vers le régime métropolitain. Le CLEISS indique cependant que les périodes d'assurance se totalisent entre les deux territoires pour ouvrir des droits, selon le décret de coordination de 2002.

Les autres guides : Nouvelle-Calédonie