Malte · Travailler et économie
Travailler à Malte quand on est français : droit au travail, salaire minimum, contrat, impôts et cotisations
L’essentiel
Un Français travaille à Malte sans permis ni visa, au titre de la libre circulation dans l'Union européenne ; l'employeur enregistre l'embauche auprès de Jobsplus. Le salaire minimum est de 229,44 € par semaine pour les 18 ans et plus depuis le 1er janvier 2026, soit 994 euros par mois selon Eurostat. L'impôt sur le revenu suit un barème progressif de 0 % à 35 %, et le salarié comme l'employeur versent chacun 10 % de cotisation sociale, plafonnée à 55,93 € par semaine pour les personnes nées à partir de 1962. La convention franco-maltaise du 25 juillet 1977 évite la double imposition, et la monnaie est l'euro.
- 229,44 € par semaine : salaire minimum des 18 ans et plus depuis le 1er janvier 2026, soit 994 euros par mois au second semestre 2026 selon Eurostat, contre 1 867 euros en France (arrêté 289 de 2025).
- 0 %, 15 %, 25 % puis 35 % au-delà de 60 000 € : barème de l'impôt sur le revenu d'une personne seule en 2026 ; la première tranche à 0 % s'arrête à 12 000 € (MTCA).
- 10 % de cotisation pour le salarié et 10 % pour l'employeur sur le salaire hebdomadaire de base, soit au plus 55,93 € par semaine chacun pour les personnes nées à partir de 1962 (MTCA).
- 2 282 € par mois : salaire de base moyen des salariés au deuxième trimestre 2026, de 1 412 € pour les professions élémentaires à 3 657 € pour les cadres dirigeants (NSO).
- 192 heures de congés payés par an pour une semaine de 40 heures, soit quatre semaines et 32 heures (DIER).
- 183 jours : durée de présence au-delà de laquelle une personne est considérée comme résidente fiscale à Malte pour l'année (MTCA).
Repères économiques : Malte
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +4,0 %
- Inflation
- 2,4 %
- Taux de chômage
- 2,9 %
- PIB par habitant
- 47 907 $
- Population
- 579 704
- Monnaie
- Euro
- pas de frais de change
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail : un accès sans permis pour un Français
Identità, l’agence maltaise des documents de résidence, indique qu’un ressortissant de l’Union européenne n’a pas besoin de permis pour résider et travailler à Malte. Un Français peut donc commencer à travailler avant de recevoir sa carte de résidence, à condition que l’emploi soit toujours enregistré auprès de Jobsplus, le service public de l’emploi. Pour chaque embauche, l’employeur remplit un formulaire d’engagement en ligne sur le portail de Jobsplus et, à la fin du contrat, un formulaire de cessation.
Pour un séjour de plus de trois mois, le salarié enregistre sa résidence auprès d’Identità et justifie d’une inscription active auprès de Jobsplus, avec son contrat de travail ou une fiche de paie récente ; la page vivre à Malte détaille ces formalités. Le guide travailler à l’étranger aide à préparer le départ côté français.
Salaire minimum et niveaux de salaire
L’arrêté ministériel 289 de 2025, entré en vigueur le 1er janvier 2026, fixe le salaire minimum national hebdomadaire, pour une semaine de travail normale, à 229,44 € à partir de 18 ans, 222,66 € à 17 ans et 219,82 € avant 17 ans. Pour les salariés à temps partiel, le calcul est proportionnel au même taux horaire que celui d’un salarié à temps plein comparable, ou, à défaut de barème sectoriel, au minimum national divisé par 40. Eurostat, qui convertit les salaires minimums nationaux en euros, retient 994 euros par mois à Malte au second semestre 2026, contre 1 867 euros en France.
- Salaire moyen : selon l’enquête sur les forces de travail du deuxième trimestre 2026, le salaire mensuel de base moyen des salariés est estimé à 2 282 € ; il varie de 1 412 € pour les professions élémentaires à 3 657 € pour les cadres dirigeants (NSO, 11 septembre 2026).
- Secteurs : le salaire de base le plus élevé par secteur est relevé dans les activités financières et d’assurance, à 3 021 € par mois.
- Durée du travail : les actifs occupés travaillent en moyenne 35,3 heures par semaine, 37,3 heures pour les temps plein et 20,5 heures pour les temps partiel (NSO).
Contrat, congés, arrêts maladie et maternité
Le département des relations professionnelles (DIER) précise qu’un salarié à 40 heures par semaine a droit à des congés payés au moins égaux à quatre semaines et 32 heures, soit 192 heures par an. Les jours fériés et les fêtes nationales sont payés intégralement ; lorsqu’un jour férié tombe un jour de repos, un jour de congé supplémentaire s’ajoute. Jusqu’à 50 % des congés peuvent être reportés sur l’année suivante avec l’accord de l’employeur, et les quatre semaines minimales (160 heures) ne peuvent pas être remplacées par une indemnité, sauf à la fin du contrat.
- Arrêt maladie : l’indemnité journalière de la sécurité sociale suppose 50 semaines de cotisations sur la carrière et 20 cotisations hebdomadaires sur les deux dernières années ; elle est servie après trois jours de carence pendant lesquels l’employeur continue de payer, pendant 156 jours au plus, à raison de 14,92 € par jour en 2023 (CLEISS, page de 2023). L’employeur verse la différence avec le salaire habituel.
- Maternité : 14 semaines de congé payé à plein salaire par l’employeur, dont au moins six après l’accouchement, puis une indemnité forfaitaire de la sécurité sociale pour quatre semaines supplémentaires, soit 18 semaines en tout (CLEISS, 2023). Le congé de paternité dure 10 jours depuis le 2 août 2022 ; le congé parental est de quatre mois par parent, dont deux indemnisés.
- Chômage : l’indemnité suppose 50 semaines de cotisations et l’inscription à Jobsplus ; elle atteint 9,13 € par jour en 2023 et dure au plus 156 jours (CLEISS).
Le statut contrat local ouvre l’accès à ce régime ; les droits en nature (soins) sont décrits dans la page remboursements des soins à Malte.
Impôt sur le revenu et convention franco-maltaise
L’administration fiscale maltaise (MTCA) publie des barèmes distincts pour les personnes seules, les couples mariés et les parents. Pour 2026, le barème d’une personne seule est de 0 % jusqu’à 12 000 € de revenu imposable, 15 % de 12 001 à 16 000 €, 25 % de 16 001 à 60 000 € et 35 % au-delà ; le barème des couples mariés commence à 0 % jusqu’à 15 000 € et celui des parents jusqu’à 13 000 €, avec des tranches plus larges pour un ou deux enfants et plus.
- Résidence fiscale : la résidence ne dépend pas de la nationalité mais des faits. Une personne présente plus de 183 jours au cours d’une année est résidente pour cette année ; une personne qui s’installe pour établir sa résidence l’est dès son arrivée. Les personnes domiciliées et résidentes habituelles à Malte déclarent leurs revenus de toute source ; celles qui ne sont pas domiciliées ou pas résidentes habituelles déclarent leurs revenus maltais et ceux transférés à Malte (MTCA, page mise à jour le 29 août 2025).
- Salarié de passage : un ressortissant d’un pays lié à Malte par une convention n’est pas imposable à Malte sur les rémunérations d’un travail exercé à Malte si sa présence n’excède pas 183 jours sur 12 mois, si l’employeur n’est pas résident de Malte et si la charge n’en est pas supportée par un établissement stable maltais (MTCA).
- Convention franco-maltaise : signée à La Valette le 25 juillet 1977, en vigueur depuis le 1er octobre 1979, elle a été modifiée par les avenants des 8 juillet 1994 et 29 août 2008 (en vigueur depuis le 1er juin 2010) (BOFiP, impots.gouv.fr). Elle prévoit un crédit d’impôt pour éviter la double imposition ; la page retraite à Malte détaille le sort des pensions.
Cotisations sociales : salarié, employeur et indépendant
Les cotisations de classe 1 des salariés sont payées pour moitié par le salarié et pour moitié par l’employeur. Pour 2026, le MTCA publie les barèmes suivants. Pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1962, un salaire hebdomadaire de base entre 229,45 € et 559,30 € donne lieu à une cotisation de 10 % pour chacune des deux parties, puis à un montant fixe de 55,93 € au-delà ; pour les personnes nées avant 1962, la tranche s’arrête à 490,38 € et le montant fixe est de 49,04 €. Jusqu’à 229,44 € par semaine, la cotisation est de 22,94 € pour un adulte, ou de 10 % du salaire si le salarié le choisit, ce qui ouvre alors des droits contributifs au prorata. L’employeur verse en outre une cotisation maternité de 0,30 % ou de 1,68 € par semaine.
- Indépendant : la classe 2 concerne toute personne dont le revenu d’une activité économique dépasse 910 € par an. Pour 2026, la cotisation est de 36,18 € par semaine pour un revenu net annuel entre 910 € et 12 543,72 €. Pour les personnes nées à partir de 1962, elle est de 15 % du revenu de 12 543,73 € à 29 083,35 €, puis de 83,89 € par semaine ; le revenu pris en compte est celui de l’année précédente.
- Détaché : un salarié envoyé par un employeur français reste rattaché au régime français avec le formulaire A1, pour 24 mois au plus (Your Europe). Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.
Télétravail et indépendants
Les pages officielles consultées ne décrivent pas de régime propre au télétravail. Le salarié qui travaille à distance depuis Malte pour un employeur établi dans un autre pays vérifie deux points : sa résidence fiscale, qui dépend notamment des 183 jours de présence (MTCA), et l’État dont relève sa protection sociale, selon les règles de coordination européennes décrites par le CLEISS. Un conseil individuel permet d’éviter une double affiliation.
L’indépendant s’immatricule auprès de l’administration fiscale et de la sécurité sociale maltaises, cotise en classe 2 et obtient son document de résidence sur la base d’une activité indépendante (Identità). Les nomades numériques trouveront un point de départ dans la page assurance nomade digital.
L'économie maltaise : emploi, euro et perspectives
Malte utilise l’euro, et ses indicateurs de croissance, de prix et de chômage sont suivis dans le bloc « Repères économiques » de cette page. Au deuxième trimestre 2026, le NSO estime l’emploi à 339 935 personnes, 3,4 % de plus qu’un an plus tôt ; les travailleurs indépendants représentent 13,5 % des personnes ayant un emploi principal et 41,1 % des actifs occupés ont un diplôme de l’enseignement supérieur.
Pour un salarié, la couverture santé dépend de l’immatriculation à la sécurité sociale ; la page système de santé maltais décrit l’accès aux soins.
Prélèvements sur un salaire à Malte
| Prélèvement | Qui paie | Taux ou montant | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Impôt sur le revenu, personne seule | Salarié | 0 % jusqu'à 12 000 € ; 15 % de 12 001 à 16 000 € ; 25 % de 16 001 à 60 000 € ; 35 % au-delà | Barèmes distincts pour les couples mariés et les parents |
| Cotisation sociale de classe 1 | Salarié | 10 % du salaire hebdomadaire de base, 55,93 € par semaine au plus (né à partir de 1962) | 49,04 € au plus pour les personnes nées avant 1962 |
| Cotisation sociale de classe 1 | Employeur | 10 % du salaire hebdomadaire de base, 55,93 € par semaine au plus, plus 0,30 % ou 1,68 € de maternité | Même plafond que le salarié |
| Cotisation sociale de classe 2 | Indépendant | 36,18 € par semaine de 910 € à 12 543,72 € de revenu ; 15 % de 12 543,73 € à 29 083,35 € ; 83,89 € par semaine au-delà | Revenu net de l'année précédente |
| Salaire minimum | Employeur | 229,44 € par semaine à partir de 18 ans | Proportionnel pour un temps partiel |
Sources : MTCA (barèmes 2026), CLEISS, arrêté 289 de 2025. Les déductions et crédits personnels modifient l'impôt effectivement dû.
Questions fréquentes
Un Français a-t-il besoin d'un permis de travail à Malte ?
Non : un ressortissant de l'Union européenne n'a pas besoin de permis pour travailler à Malte, selon Identità. L'employeur enregistre l'embauche auprès de Jobsplus par un formulaire d'engagement, et le salarié enregistre sa résidence au-delà de trois mois.
Quel est le salaire minimum à Malte ?
229,44 € par semaine pour les personnes de 18 ans et plus depuis le 1er janvier 2026, 222,66 € à 17 ans et 219,82 € avant 17 ans, selon l'arrêté 289 de 2025. Eurostat retient 994 euros par mois au second semestre 2026.
Quel est le barème de l'impôt sur le revenu à Malte ?
Pour une personne seule, le MTCA publie pour 2026 un taux de 0 % jusqu'à 12 000 €, 15 % de 12 001 à 16 000 €, 25 % de 16 001 à 60 000 € et 35 % au-delà. Les couples mariés et les parents disposent de barèmes distincts.
Quelles cotisations sociales un salarié paie-t-il à Malte ?
10 % du salaire hebdomadaire de base, plafonnés à 55,93 € par semaine pour les personnes nées à partir de 1962 ; l'employeur verse le même montant. La cotisation d'un salarié gagnant au plus 229,44 € par semaine est de 22,94 € ou de 10 % s'il le choisit.
Combien de congés payés a-t-on à Malte ?
Un salarié à 40 heures par semaine a droit à au moins quatre semaines et 32 heures de congés payés, soit 192 heures par an, selon le DIER. Les jours fériés sont payés, et un jour de congé s'ajoute lorsqu'un jour férié tombe un jour de repos.
Combien de temps un salarié détaché reste-t-il au régime français ?
Avec le formulaire A1, un salarié détaché reste rattaché à la sécurité sociale française pour 24 mois au plus, selon Your Europe. La CEAM lui donne accès aux soins publics maltais et la famille résidente demande un formulaire S1 à la caisse française.
Quelles cotisations un indépendant paie-t-il à Malte ?
En 2026, 36,18 € par semaine pour un revenu net annuel entre 910 € et 12 543,72 €, puis 15 % du revenu jusqu'à 29 083,35 € et 83,89 € par semaine au-delà pour les personnes nées à partir de 1962 (MTCA). Les cotisations de classe 2 reposent sur le revenu de l'année précédente.
Les autres guides : Malte
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
