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Malte · Prendre sa retraite

Prendre sa retraite à Malte : séjour, fiscalité de la pension, programmes pour retraités, formulaire S1 et coût de la vie

L’essentiel

Un retraité français s'installe à Malte sans visa : au-delà de trois mois, il enregistre son séjour auprès d'Identità en justifiant de ressources suffisantes et d'une assurance maladie, d'un formulaire S1 ou d'un certificat d'entitlement. La convention fiscale du 25 juillet 1977 réserve à la France, par son article 18, l'imposition des pensions de sécurité sociale, tandis que les autres pensions privées sont imposables dans l'État de résidence. Avec le S1 enregistré à l'Entitlement Unit, le retraité accède aux soins publics sans cotisation locale. Un nouveau cadre fiscal pour retraités entre en vigueur le 1er janvier 2027, avec un impôt minimum de 15 000 € par an.

  • 15 % : taux forfaitaire sur les revenus étrangers reçus à Malte pour les bénéficiaires du statut de retraité, avec un impôt minimum de 15 000 € par an à compter du 1er janvier 2027 (arrêté 195 de 2026).
  • 700 000 € d'achat ou 14 000 € de loyer annuel : valeur du bien exigé pour le statut de retraité à partir du 1er janvier 2027 ; frais de dossier de 8 500 € (arrêté 195 de 2026).
  • 31 décembre 2031 : date jusqu'à laquelle restent applicables les statuts accordés, ou dont la demande a été reçue, au plus tard le 31 décembre 2026 (arrêté 195 de 2026).
  • Article 18, paragraphe 2, de la convention franco-maltaise : les pensions de sécurité sociale ne sont imposables que dans l'État qui les verse (impots.gouv.fr).
  • 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire : cotisation maladie prélevée sur les retraites françaises d'un retraité dont la résidence fiscale est hors de France ; 7,1 % pour les indépendants (CLEISS).
  • 64 ans pour les personnes nées de 1959 à 1961, puis 65 ans à partir de 1962 : âge légal de la retraite maltaise (CLEISS, page de 2023).

Repères économiques : Malte

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+4,0 %
Inflation
2,4 %
Taux de chômage
2,9 %
PIB par habitant
47 907 $
Population
579 704
Monnaie
Euro
pas de frais de change

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit de séjour du retraité : ressources, assurance et enregistrement

Les citoyens de l’Union européenne séjournent à Malte jusqu’à trois mois avec une carte d’identité ou un passeport en cours de validité (France Diplomatie, 15 septembre 2026). Au-delà, un retraité s’enregistre auprès d’Identità au titre de la personne économiquement autonome. Il prouve qu’il dispose de ressources suffisantes pour ne pas devenir une charge pour le système d’aide sociale maltais : les ressources sont jugées suffisantes si elles égalent le minimum qui ouvre droit à l’aide sociale pour les ressortissants maltais. Les pages consultées ne publient pas de montant ; la preuve peut être un justificatif de pension, des relevés bancaires ou un document de l’administration fiscale (Identità).

  • Assurance : Identità demande une assurance maladie complète à Malte, ou le certificat S1 délivré par le pays d’origine, ou le certificat d’entitlement. Seuls les bénéficiaires d’une pension du gouvernement maltais sont dispensés d’assurance maladie complète.
  • Document délivré : l’eResidence document est gratuit ; il est généralement valable cinq ans et l’instruction dure environ 30 jours ouvrés. Après cinq ans de séjour légal et continu, une carte de séjour permanent, valable dix ans, peut être demandée (Identità).
  • Formalités : la page vivre à Malte détaille les pièces, le registre consulaire et la scolarité.

Fiscalité de la pension française : la convention franco-maltaise

La convention entre la France et Malte, signée à La Valette le 25 juillet 1977 et en vigueur depuis le 1er octobre 1979, a été modifiée par des avenants des 8 juillet 1994 et 29 août 2008. Elle répartit le droit d’imposer chaque revenu entre les deux États, et sa règle sur les pensions dépend de la nature de la pension.

  • Pensions de sécurité sociale (article 18, paragraphe 2) : les pensions et autres versements faits en application de la législation sur la sécurité sociale d’un État ne sont imposables que dans cet État. Pour la France, le BOFiP range dans cette catégorie les régimes de base et les régimes complémentaires obligatoires, dont l’AGIRC et l’ARRCO : ces pensions restent imposables en France, selon les règles applicables aux non-résidents (impots.gouv.fr).
  • Autres pensions privées (article 18, paragraphe 1) : les pensions, rémunérations similaires et rentes versées à un résident au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans son État de résidence, donc à Malte pour un retraité qui y réside, sous réserve du paragraphe 2 de l’article 19. Une retraite supplémentaire facultative relève en principe de cette catégorie ; son classement se vérifie contrat par contrat.
  • Pensions publiques (article 19, paragraphe 2) : les pensions versées par un État ou une collectivité au titre de services rendus ne sont imposables que dans cet État, sauf si le bénéficiaire est résident de l’autre État et en possède la nationalité ; un ancien fonctionnaire français résidant à Malte reste imposé en France.
  • Double imposition (article 24) : la France accorde un crédit d’impôt pour les revenus de source maltaise imposables à Malte, et Malte accorde un crédit sur l’impôt français perçu sur des revenus de source française inclus dans l’assiette maltaise.
  • Prélèvements français : pour un retraité dont la résidence fiscale est hors de France, une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général, et de 7,1 % sur celles des travailleurs indépendants ; avec une résidence fiscale en France, la CSG, la CRDS et la CASA s’appliquent (CLEISS).

Le guide toucher sa retraite à l’étranger détaille le versement des pensions hors de France. Un conseil individuel permet de vérifier les déclarations à déposer dans chaque pays.

Impôt à Malte et programmes pour retraités

L’administration fiscale maltaise (MTCA) rappelle qu’une personne domiciliée et résidente habituelle à Malte déclare ses revenus de toute source, tandis qu’une personne non domiciliée ou non résidente habituelle déclare ses revenus maltais et ceux qui sont transférés à Malte. Les barèmes progressifs de droit commun sont détaillés dans la page travailler à Malte.

Les programmes spéciaux ouvrent le droit de payer un impôt forfaitaire de 15 % sur les revenus de source étrangère transférés à Malte, les autres revenus, dont ceux de source maltaise, étant imposés à 35 %, avec un impôt annuel minimal (MTCA). Le programme de retraite s’adresse aux personnes sans emploi dont la pension constitue la source régulière de revenu.

  • Nouveau cadre au 1er janvier 2027 : l’arrêté 195 de 2026, publié à la Gazette du gouvernement du 14 juillet 2026, institue des règles individuelles unifiées. Le statut de retraité exige notamment : une pension, justifiée par des documents, intégralement reçue à Malte et représentant au moins 75 % du revenu imposable ; un logement en propriété acheté pour au moins 700 000 € ou loué pour au moins 14 000 € par an, occupé comme résidence principale ; des ressources stables et régulières ; une assurance maladie couvrant tous les risques pris en charge pour les Maltais dans l’Union ; l’absence de domicile à Malte et de projet d’y établir son domicile dans les cinq ans ; une aptitude à communiquer dans une langue officielle de Malte et la moralité requise.
  • Coût et durée : un impôt minimum de 15 000 € par année d’imposition, des frais de dossier non remboursables de 8 500 €, un statut de cinq ans renouvelable moyennant 2 500 € par période, et le recours obligatoire à un mandataire agréé (avocat, procureur légal, notaire ou comptable).
  • Transition : les statuts accordés avant le 31 décembre 2026, ainsi que les demandes reçues jusqu’à cette date, continuent de s’appliquer jusqu’au 31 décembre 2031. Les conditions du cadre en vigueur jusqu’à la fin de 2026 figurent dans les lignes directrices de l’administration, non consultées pour cette page.
  • Cessation : le statut prend fin notamment si le bénéficiaire passe plus de 183 jours dans une autre juridiction sur une année civile, s’il n’a plus de logement qualifiant ou s’il n’a plus d’assurance médicale privée couvrant les risques normalement pris en charge. Le texte parle d’assurance « privée » : il revient au MTCA de préciser si un formulaire S1 suffit.

Pour un retraité du régime général et de l’AGIRC-ARRCO, l’article 18, paragraphe 2, laisse l’imposition de la pension à la France : un programme maltais ne change pas le lieu d’imposition de cette pension, et son intérêt se mesure sur les autres revenus. Les règles désignent désormais le « Commissioner for Tax and Customs », c’est-à-dire le MTCA. Un conseil individuel s’impose avant toute demande.

Soins des retraités : le formulaire S1 et l'Entitlement Unit

Le retraité qui perçoit seulement une pension française, s’installe de façon permanente ou plus de six mois par an dans l’Union et n’y exerce aucune activité demande le S1 à sa caisse de retraite ; aucune cotisation du régime local n’est retenue (CLEISS). Il présente à l’Entitlement Unit l’original du S1, son passeport, son document de résidence et des photocopies, et reçoit un certificat d’entitlement à présenter à chaque consultation à l’hôpital ou au centre de santé. Chaque ayant droit peut avoir son propre S1.

  • Parcours de soins : le patient choisit librement un médecin généraliste, qui le dirige vers un spécialiste du secteur public si nécessaire ; voir le guide du système de santé maltais.
  • Participation : les soins publics sont gratuits ; les médicaments sont payés en totalité hors hospitalisation, sauf pour les maladies chroniques d’une liste, et le dentaire est très peu couvert. Le détail par poste figure dans la page remboursements des soins à Malte.
  • Retour en France : avec un S1, le retraité peut se faire soigner en France pour tous les soins, médicalement nécessaires ou programmés (CLEISS).

Pour compléter ce dispositif avec le dentaire ou un accès plus rapide aux prestataires privés, Expavy aide à comparer les options ; voir aussi le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page assurance retraite à l’étranger.

Coût de la vie et logement du retraité

Le logement est le principal poste à surveiller : l’indice des prix des logements résidentiels a progressé de 6,7 % sur un an au premier trimestre 2026 (NSO), et le statut de retraité du nouveau cadre fiscal suppose un achat d’au moins 700 000 € ou une location d’au moins 14 000 € par an. Les niveaux de salaire et le salaire minimum, qui situent le coût de la vie local, figurent dans la page travailler à Malte.

Les pages officielles consultées ne publient pas de loyer moyen. Un retraité qui loue ajoute les charges, l’énergie et les frais de santé non couverts : le guide budgétiser sa santé en expatriation aide à chiffrer ce poste. La monnaie est l’euro, ce qui supprime le risque de change sur la pension française.

Villes et régions : où s'installer à la retraite

Le choix du lieu dépend de la proximité des soins et du budget logement. Le Mater Dei Hospital, hôpital public de soins aigus, se trouve à Msida, et l’île de Gozo dispose de son propre hôpital général (CLEISS).

Il est utile de passer au moins une saison chaude sur place avant de s’engager dans un bail long ou un achat, de vérifier la distance aux centres de santé et de s’informer sur l’état du marché immobilier.

Si vous avez aussi travaillé à Malte : la retraite maltaise

Pour les périodes travaillées à Malte, la pension se demande à la Direction de la sécurité sociale maltaise. Selon le CLEISS, l’âge légal est de 64 ans pour les personnes nées de 1959 à 1961 et de 65 ans pour celles nées à partir de 1962 ; une pension aux deux tiers suppose au moins 10 ans de cotisations avec une moyenne de 15 cotisations par an, et une pension à taux plein une moyenne de 50 cotisations par an. La retraite anticipée est possible dès 61 ans sous conditions de durée de cotisation, et la pension de vieillesse maximale atteignait 261,85 € par semaine en 2023 (CLEISS, page de 2023).

Les périodes accomplies en France et à Malte se cumulent pour l’ouverture des droits : le guide trimestres travaillés à l’étranger explique le principe de la totalisation.

Démarches avant le départ et retour éventuel en France

  • Demander le S1 à sa caisse de retraite, pour soi et pour chaque ayant droit, avant le départ.
  • Informer ses caisses de retraite du changement d’adresse et du compte bancaire de versement de la pension.
  • Enregistrer son séjour auprès d’Identità après trois mois, avec les justificatifs de ressources et d’assurance.
  • Faire enregistrer le S1 à l’Entitlement Unit pour obtenir le certificat d’entitlement.
  • S’inscrire au registre consulaire de l’ambassade de France à La Valette, gratuit et valable cinq ans.
  • Continuer de déclarer sa pension de sécurité sociale en France, où elle reste imposable selon la convention.

En cas de retour en France, l’assuré contacte la dernière caisse d’assurance maladie dont il relevait : la page retour en France détaille les démarches.

Questions fréquentes

Faut-il un visa pour prendre sa retraite à Malte ?

Non. Un Français entre avec une carte d'identité ou un passeport en cours de validité et séjourne trois mois sans formalité. Au-delà, il enregistre son séjour auprès d'Identità en justifiant de ressources suffisantes et d'une assurance maladie, d'un S1 ou d'un certificat d'entitlement.

Quelles ressources faut-il justifier pour s'installer à Malte à la retraite ?

Des ressources au moins égales au minimum qui ouvre droit à l'aide sociale pour les Maltais, prouvées par un justificatif de pension, des relevés bancaires ou un document de l'administration fiscale. Les pages d'Identità consultées ne publient pas de montant.

La pension française est-elle imposée à Malte ou en France ?

Selon l'article 18, paragraphe 2, de la convention franco-maltaise, les pensions de sécurité sociale, y compris les régimes complémentaires obligatoires comme l'AGIRC-ARRCO d'après l'administration française, ne sont imposables que dans l'État qui les verse, donc en France. Les autres pensions privées sont imposables dans l'État de résidence.

Une retraite supplémentaire privée est-elle imposée à Malte ?

En principe oui pour un résident : l'article 18, paragraphe 1, réserve l'imposition des pensions privées à l'État de résidence. Le classement exact d'un contrat se vérifie auprès de l'administration fiscale française et du MTCA.

Que change le nouveau programme fiscal pour retraités à Malte ?

À compter du 1er janvier 2027, le statut de retraité suppose un impôt minimum de 15 000 € par an, un taux de 15 % sur les revenus étrangers reçus à Malte, un logement acheté pour au moins 700 000 € ou loué pour au moins 14 000 € par an et des frais de dossier de 8 500 €. Les statuts accordés, ou demandés, au plus tard le 31 décembre 2026 continuent de s'appliquer jusqu'au 31 décembre 2031.

Comment fonctionne le formulaire S1 à Malte ?

Le retraité le demande à sa caisse de retraite avant le départ et le fait enregistrer à l'Entitlement Unit avec son passeport et son document de résidence. Il reçoit un certificat d'entitlement et est soigné comme un assuré maltais, sans cotisation locale.

Quelle cotisation maladie est prélevée sur la retraite française ?

Pour un retraité dont la résidence fiscale est hors de France, une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général, et de 7,1 % sur celles des indépendants. Avec une résidence fiscale en France, la CSG, la CRDS et la CASA s'appliquent.

À quel âge prend-on sa retraite à Malte ?

L'âge légal est de 64 ans pour les personnes nées de 1959 à 1961 et de 65 ans à partir de 1962, selon le CLEISS (page de 2023). Une retraite anticipée dès 61 ans est possible sous conditions de durée de cotisation.

Les autres guides : Malte