Kenya · Travailler et économie
Travailler au Kenya : permis de travail, salaire minimum, impôt sur le revenu, cotisations et économie pour un Français
L’essentiel
Pour travailler au Kenya, un Français obtient un permis de la Direction de l'immigration : Class D pour un emploi précis chez un employeur, Class G pour une activité indépendante ou une consultance, Class N pour télétravailler pour une société étrangère. Le salaire minimum légal d'un employé non qualifié atteint 18 047,40 KES par mois (environ 123 €) à Nairobi, Mombasa, Kisumu, Nakuru et Eldoret, et l'impôt sur le revenu suit un barème de 10 % à 35 %, auquel s'ajoutent la cotisation santé SHIF de 2,75 %, la taxe logement de 1,5 % et la cotisation NSSF de 6 %. Une convention fiscale lie la France et le Kenya depuis le 1er novembre 2010, alors qu'aucune convention de sécurité sociale n'existe : le CLEISS ne recense pas le Kenya.
- 18 047,40 KES par mois (environ 123 €) : salaire minimum d'un employé non qualifié (employé de maison, jardinier, gardien de jour) dans cinq grandes villes ; 9 268,07 KES (environ 63 €) hors zones urbaines (Regulation of Wages Order).
- 10 % jusqu'à 24 000 KES par mois, 35 % au-delà de 800 000 KES par mois, avec un crédit d'impôt personnel de 2 400 KES par mois (KRA, barème du 1er juillet 2023).
- Retenues sur salaire : SHIF 2,75 % du revenu brut, taxe logement 1,5 % (autant pour l'employeur), NSSF 6 % dans la limite de 6 480 KES par mois (SHA, KRA, NSSF).
- Permis Class D : 20 000 KES de frais de dossier (environ 137 €), puis 500 000 KES par an (environ 3 420 €) de frais de délivrance ; délai annoncé de 21 jours ouvrés (Direction de l'immigration).
- Class N (télétravail) : 1 000 USD par an (environ 890 €) ; Class G (activité indépendante) : preuve d'un capital à investir d'au moins 100 000 USD (environ 88 800 €).
- 21 jours ouvrés de congés payés par an et 3 mois de congé de maternité à plein salaire (Employment Act).
Repères économiques : Kenya
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +4,6 %
- Inflation
- 4,1 %
- Taux de chômage
- 5,4 %
- PIB par habitant
- 2 363 $
- Population
- 57,5 millions
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail et choix du permis
Un visiteur muni d’une autorisation électronique de voyage ne travaille pas : l’activité professionnelle passe par un permis délivré par la Direction de l’immigration, au titre de la loi de 2011 sur la citoyenneté et l’immigration. Les demandes se déposent en ligne sur le portail eFNS, et le dossier imprimé est ensuite présenté dans un bureau d’immigration pour validation. Les classes qui intéressent un Français sont les suivantes.
- Class D (emploi) : pour une personne engagée dans un emploi précis par un employeur déterminé, qui possède des compétences ou des qualifications introuvables au Kenya et dont l’emploi profite au pays. Le dossier de l’employeur comprend notamment le détail d’un successeur kényan (understudy), les diplômes certifiés et un certificat de conformité fiscale de la KRA.
- Class G (activité spécifique) : pour une personne qui entend exercer, seule ou en association, une activité commerciale, une consultance ou une profession précise ; la fiche de la classe demande la preuve d’un capital investi d’au moins 100 000 USD (environ 88 800 €), un certificat d’immatriculation de la société et les certificats fiscaux.
- Autres classes : la charte de service cite aussi les classes C, F, K et R ; la Class K, réservée aux résidents disposant d’un revenu garanti, interdit toute activité (voir retraite au Kenya).
Selon la charte de service de la Direction de l’immigration, les frais de dossier s’élèvent à 20 000 KES pour les classes courantes (environ 137 €), puis les frais de délivrance annuels à 500 000 KES pour les classes A et D (environ 3 420 €) et à 250 000 KES pour les classes B, C, F, G et K (environ 1 710 €). Le délai annoncé est de 21 jours ouvrés pour une première délivrance et de 10 jours pour un renouvellement. L’inscription des étrangers coûte 5 000 KES par an et le Dependant’s Pass 10 000 KES. Ces montants évoluent : la charte reste la référence avant tout dépôt. Les conversions de cette page utilisent le cours de la Banque centrale du Kenya du 5 octobre 2026 : 146,20 KES pour 1 € et 129,76 KES pour 1 USD.
Télétravail : le permis Class N pour travailleurs à distance
La Class N s’adresse à une personne qui travaille à distance depuis le Kenya pour une société immatriculée à l’étranger. Elle couvre le salarié sous contrat avec une société étrangère, l’actionnaire ou représentant d’une entreprise internationale et l’indépendant dont les clients sont à l’étranger ; elle est délivrée pour un ou deux ans, renouvelable. La charte de service fixe les frais de délivrance à 1 000 USD par an (environ 890 €), auxquels s’ajoutent des frais de dossier non remboursables, de 200 USD selon la fiche de la classe (la charte indique 20 000 KES pour les classes courantes).
Le dossier comprend le formulaire en ligne, une lettre de présentation de l’employeur, trois mois de relevés bancaires ou de bulletins de paie, un justificatif de logement et une lettre de non-objection de l’ambassade du pays d’origine, celle de France pour un Français. Ce permis donne le droit de résider et de télétravailler, sans ouvrir de droit à une couverture santé locale : voir le guide visas pour nomades numériques et la page assurance nomade digital.
Salaire minimum et niveaux de salaire
Le salaire minimum légal n’est pas national : il dépend de la profession et de la zone, selon l’annexe de l’ordonnance sur la régulation des salaires (Regulation of Wages (General) Order), dans sa version consolidée au 1er mai 2026. Pour un employé non qualifié (employé de maison, nounou, jardinier, gardien de jour, messager), le minimum mensuel s’établit à 18 047,40 KES (environ 123 €) à Nairobi, Mombasa, Kisumu, Nakuru et Eldoret, à 16 650,95 KES (environ 114 €) dans les anciennes communes de Mavoko, Ruiru et Limuru et à 9 268,07 KES (environ 63 €) ailleurs.
Le barème progresse avec la qualification, dans les cinq grandes villes : 24 358,73 KES (environ 167 €) pour un chauffeur de voiture ou de camionnette, 27 796,51 KES (environ 190 €) pour un employé de bureau général ou un réceptionniste, 33 820,24 KES (environ 231 €) pour un vendeur et 40 724,23 KES (environ 279 €) pour un caissier ou un chauffeur de poids lourd. Ces chiffres sont des planchers : les postes qualifiés et les emplois ouverts à un Français se négocient dans le contrat, en regard d’un poste équivalent sur place. Le détail par métier figure dans l’annexe de l’ordonnance.
Contrat de travail, congés et protection du salarié
L’Employment Act fixe le socle des droits du salarié. Un contrat d’une durée égale ou supérieure à trois mois, ou portant sur un travail qui ne peut raisonnablement être terminé en moins de trois mois, est écrit. Chaque salarié dispose d’au moins un jour de repos tous les sept jours et, après douze mois consécutifs, d’au moins 21 jours ouvrés de congés payés ; la salariée a droit à trois mois de congé de maternité à plein salaire et au retour sur son poste ou un poste équivalent.
- Maladie : après deux mois de service, au moins sept jours de congé maladie à plein salaire, puis sept jours à demi-salaire, sur présentation d’un certificat médical.
- Préavis : un contrat dont le salaire est versé à intervalles d’un mois ou plus est résiliable par l’une ou l’autre partie à l’issue d’un préavis écrit de vingt-huit jours, sauf clause contraire.
- Santé : l’employeur veille à fournir les médicaments nécessaires pendant la maladie et, si possible, une assistance médicale en cas de maladie grave ; beaucoup de contrats y ajoutent une couverture santé, dont la prime n’est pas imposée au salarié (KRA).
Le guide travailler à l’étranger aide à relire un contrat, et la page détaché ou expatrié compare les deux statuts.
Impôt sur le revenu, cotisations et convention fiscale franco-kényane
L’employeur retient l’impôt à la source (PAYE) et le reverse à la KRA avant le 9 du mois suivant. Le barème mensuel en vigueur depuis le 1er juillet 2023 est de 10 % sur les 24 000 premiers KES (environ 164 €), de 25 % sur les 8 333 suivants, de 30 % sur les 467 667 suivants, de 32,5 % sur les 300 000 suivants et de 35 % au-delà de 800 000 KES (environ 5 470 €). Un crédit d’impôt personnel de 2 400 KES par mois (environ 16 €), accordé aux personnes résidentes, s’impute sur l’impôt, et un crédit de 15 % des primes d’assurance vie, santé ou éducation est plafonné à 60 000 KES par an.
- SHIF : 2,75 % du revenu mensuel brut, retenus par l’employeur, avec un minimum de 300 KES par mois ; les cotisations sont déductibles du revenu imposable (SHA, KRA).
- Taxe logement (Affordable Housing Levy) : 1,5 % du salaire brut mensuel pour le salarié, 1,5 % pour l’employeur, reversés ensemble à la KRA dans les 9 jours ouvrés suivant la fin du mois ; le prélèvement du salarié est déductible du revenu imposable (KRA).
- NSSF : 6 % pour le salarié et 6 % pour l’employeur sur les gains compris entre 9 000 KES (environ 62 €) et 108 000 KES (environ 739 €) depuis février 2026, soit au plus 6 480 KES (environ 44 €) pour le salarié et 12 960 KES (environ 89 €) pour les deux parts réunies (NSSF).
À titre d’illustration, un salaire brut de 100 000 KES par mois (environ 684 €) donne, avant déductions admises, environ 22 383 KES d’impôt (environ 153 €) après le crédit personnel, 2 750 KES de SHIF, 1 500 KES de taxe logement et 6 000 KES de NSSF : calcul indicatif à partir des barèmes, l’impôt réel étant plus faible dès que la SHIF, la taxe logement ou une cotisation à un fonds de pension enregistré sont déduites du revenu imposable.
La convention fiscale franco-kényane, signée à Nairobi le 4 décembre 2007 et en vigueur depuis le 1er novembre 2010, évite la double imposition. L’article 4 départage la double résidence (foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité). L’article 15 réserve l’imposition du salaire à l’État de résidence quand le séjour dans l’autre État n’excède pas 183 jours sur douze mois, que l’employeur n’y est pas résident et que la rémunération n’est pas supportée par un établissement stable ; l’article 16 rattache les rémunérations des dirigeants et les jetons de présence à l’État de la société. L’article 22 élimine la double imposition : la France accorde un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant aux revenus imposables au Kenya (impots.gouv.fr).
Indépendants et entrepreneurs
L’indépendant qui s’installe au Kenya pour exercer une activité commerciale ou de conseil relève de la Class G : la fiche demande la preuve d’un capital à investir d’au moins 100 000 USD (environ 88 800 €), un relevé bancaire pour un nouveau dossier, des comptes audités pour un renouvellement et les licences et immatriculations utiles à l’activité. Une profession réglementée relève de la Class C. Hors de ces cas, un travailleur à distance dont les clients sont à l’étranger demande la Class N.
Sans employeur, la couverture santé et la protection sociale se choisissent soi-même : la SHIF, à 2,75 % du revenu du ménage déterminé par un test de ressources pour les non-salariés, la CFE ou une assurance internationale. Le guide CFE ou assurance privée compare ces voies, et la page remboursement des soins au Kenya les détaille.
Sécurité sociale : aucune convention entre la France et le Kenya
Le CLEISS ne recense pas le Kenya parmi les pays liés à la France par une convention bilatérale de sécurité sociale. Les périodes d’assurance au Kenya ne se totalisent donc pas avec les périodes françaises, et le salarié suit les règles générales : le détachement hors convention dure 3 ans, renouvelable une fois, avec maintien du régime français et cotisations payées en France ; le salarié sous contrat local relève des régimes kényans (NSSF, SHIF, taxe logement).
Pour les retraites, le guide trimestres travaillés à l’étranger explique l’effet des années passées hors de France, et la page toucher sa retraite à l’étranger présente les formalités.
L'économie kényane : secteurs, shilling et perspectives
L’enquête économique 2026 du Bureau national des statistiques (KNBS, avril 2026) fait état d’une croissance réelle de 4,6 % en 2025, contre 4,7 % en 2024, avec des progrès dans tous les secteurs. L’agriculture, la sylviculture et la pêche, qui pèsent plus de vingt pour cent de l’économie, progressent de 3,1 %. La construction rebondit de 6,8 % après un recul de 0,7 %, les mines remontent de 14,9 % après une contraction de 7,8 %, l’hébergement et la restauration gagnent 15,6 %, l’administration publique 8,3 %, la finance et l’assurance 6,5 %, l’information et la communication 4,8 %, les transports 3,7 % et le commerce 3,6 %.
La monnaie est le shilling kényan (KES) : 146,20 KES pour 1 € le 5 octobre 2026, selon la banque centrale. Les indicateurs de croissance, de chômage, d’inflation et de change actualisés figurent dans le bloc des repères économiques de cette page ; les perspectives se suivent sur les publications du KNBS et de la banque centrale. Voir aussi vivre au Kenya pour l’installation et le coût de la vie.
Questions fréquentes
Un Français peut-il travailler au Kenya avec une eTA ou un visa de tourisme ?
Non : l'eTA et le visa de tourisme autorisent la visite. Une activité salariée suppose un permis de la Direction de l'immigration, en général la Class D ; l'indépendant demande la Class G et le télétravailleur la Class N.
Quel permis faut-il pour être salarié au Kenya ?
La Class D, délivrée à une personne engagée dans un emploi précis chez un employeur déterminé, dont les compétences ne sont pas disponibles localement. Les frais de dossier sont de 20 000 KES, puis 500 000 KES par an de frais de délivrance, avec un délai annoncé de 21 jours ouvrés.
Quel est le salaire minimum au Kenya ?
Il dépend de la profession et de la zone : 18 047,40 KES par mois (environ 123 €) pour un employé non qualifié à Nairobi, Mombasa, Kisumu, Nakuru et Eldoret, et 9 268,07 KES (environ 63 €) hors zones urbaines, selon l'annexe de l'ordonnance sur la régulation des salaires.
Comment l'impôt sur le revenu est-il prélevé au Kenya ?
L'employeur retient l'impôt à la source (PAYE) selon un barème mensuel de 10 % à 35 %, avec un crédit d'impôt personnel de 2 400 KES par mois, et le reverse à la KRA avant le 9 du mois suivant.
Existe-t-il une convention fiscale entre la France et le Kenya ?
Oui : signée à Nairobi le 4 décembre 2007 et en vigueur depuis le 1er novembre 2010, elle départage la double résidence, réserve l'imposition du salaire à l'État de résidence sous conditions (183 jours) et prévoit un crédit d'impôt français.
Existe-t-il une convention de sécurité sociale entre la France et le Kenya ?
Non : le CLEISS ne recense pas le Kenya dans la liste des conventions de la France. Le salarié détaché garde en principe le régime français hors convention, le salarié local relève des régimes kényans, et la CFE ou une assurance internationale complète.
Quelles retenues figurent sur la fiche de paie d'un salarié ?
L'impôt PAYE, la cotisation santé SHIF de 2,75 % du revenu brut, la taxe logement de 1,5 % du salaire brut (autant pour l'employeur) et la cotisation NSSF de 6 % dans la limite des plafonds, soit au plus 6 480 KES par mois pour la NSSF.
Un nomade numérique peut-il obtenir un permis au Kenya ?
Oui, la Class N est conçue pour travailler à distance pour une société immatriculée à l'étranger : un ou deux ans, renouvelable, 1 000 USD par an de frais de délivrance, avec justificatifs financiers et lettre de non-objection de l'ambassade du pays d'origine.
Les autres guides : Kenya
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
