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Kenya · Remboursements des soins

Remboursement des soins au Kenya : qui rembourse quoi selon votre situation

L’essentiel

Au Kenya, la carte Vitale ne fonctionne pas : la France n'a conclu aucune convention de sécurité sociale avec ce pays, absent de la liste du CLEISS, et c'est votre statut qui désigne le payeur. Le salarié local est prélevé de la cotisation SHIF de 2,75 % au profit de la Social Health Authority, le détaché garde en principe le régime français hors convention, et l'indépendant, le retraité, l'étudiant ou le conjoint choisit entre l'inscription à la SHA, la CFE et une assurance internationale. La SHA rembourse dans ses tarifs et dans ses établissements contractés, la CFE sur des barèmes propres au pays de soins et l'assurance au premier euro les frais réels dans ses plafonds. Le tableau récapitulatif résume chaque cas, puis la page détaille consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique et maternité.

  • Aucune convention de sécurité sociale France-Kenya : le pays ne figure pas dans la liste des conventions bilatérales publiée par le CLEISS.
  • Détachement hors convention : 3 ans renouvelables une fois, soins remboursés sur factures acquittées (imprimé S 3125c) dans la limite des prestations françaises (CLEISS).
  • SHIF : 2,75 % du revenu mensuel brut, minimum de 300 KES (environ 2 €) par mois ; résidents étrangers admis avec un Alien ID (SHA).
  • CFE : MondExpat dès 87 € par mois (30 ans et plus), JeunExpat dès 57 € (moins de 30 ans), SeniorExpat dès 147 € ; carence de 3 mois avant 45 ans et de 6 mois à partir de 45 ans en cas d'adhésion tardive (CFE).
  • Retraité à charge d'un régime français : cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire ; 15 ans d'assurance en France pour les séjours temporaires (CLEISS).
  • Retour en France : maintien gratuit des droits CFE pendant 3 mois sous conditions ; carence de 3 mois en principe sans activité (CLEISS).

Le principe : aucune convention, un payeur selon le statut

Le CLEISS ne recense pas le Kenya parmi les pays qui ont conclu avec la France une convention bilatérale de sécurité sociale. Aucune coordination n’existe donc entre les régimes : pas de formulaire de maintien de droits entre les deux pays, pas de totalisation des périodes, pas de prise en charge croisée. France Diplomatie juge impérative la souscription d’un contrat d’assistance ou d’une assurance couvrant tous les frais médicaux (chirurgie et hospitalisation comprises) et le rapatriement : les frais d’hospitalisation peuvent être très élevés et l’ambassade ne les prend jamais en charge.

Quatre acteurs peuvent intervenir selon le statut : la Social Health Authority (SHA) pour le système kényan, le régime français maintenu pour le détaché, la CFE et une assurance santé internationale. Les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer les offres. Le fonctionnement des établissements est présenté dans la page système de santé du Kenya. Les conversions utilisent le cours du 5 octobre 2026 de la Banque centrale du Kenya : 146,20 shillings (KES) pour 1 €.

Salarié en contrat local et salarié détaché

Le salarié en contrat local relève des régimes kényans. Son employeur prélève la cotisation SHIF de 2,75 % du salaire brut et la reverse à la SHA ; le salarié peut ensuite se faire soigner dans les établissements contractés, dans les limites des prestations de la SHA. Le contrat précise si l’employeur ajoute une couverture complémentaire ; les obligations de l’employeur et la fiscalité de cette couverture sont présentées dans la page travailler au Kenya. Voir le glossaire du contrat local.

Le salarié détaché par un employeur français reste affilié au régime obligatoire français pour 3 ans renouvelables une fois, avec des cotisations payées en France comme s’il y exerçait son activité ; des cotisations locales peuvent s’y ajouter. Il est couvert pour ses soins dans la limite des prestations qu’il aurait reçues en France pour les mêmes soins, sur factures acquittées envoyées à sa caisse avec l’imprimé S 3125c « soins reçus à l’étranger ». Les ayants droit qui l’accompagnent suivent la même procédure, ceux qui restent en France continuent de s’adresser à la caisse ; un arrêt de travail est notifié à la caisse dans les 48 heures et un accident du travail à l’employeur dans les 24 heures (CLEISS). Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.

Indépendant, étudiant, conjoint et enfants

L’indépendant ne dispose pas d’un employeur qui l’affilie. S’il réside au Kenya et possède un Alien ID, il peut s’inscrire à la SHA, où les non-salariés cotisent 2,75 % du revenu de leur ménage, déterminé par un test de ressources, avec un minimum de 300 KES par mois. Il peut aussi adhérer à la CFE ou souscrire une assurance internationale ; voir l’assurance nomade digital pour les travailleurs à distance.

L’étudiant de moins de 30 ans peut adhérer à l’offre JeunExpat de la CFE (dès 57 € par mois) ou souscrire une assurance étudiante internationale ; l’inscription à la SHA reste possible pour un résident muni d’un Alien ID. Voir l’assurance étudiant à l’étranger.

Le conjoint et les enfants suivent le statut du titulaire : ayants droit du détaché pour le régime français, membres du ménage dans une inscription à la SHA, bénéficiaires d’un contrat famille à la CFE ou chez un assureur. La famille restée en France continue de s’adresser à la caisse d’affiliation ; les enfants qui accompagnent le détaché ne donnent plus droit aux prestations familiales françaises. Voir l’assurance famille expatriée et le guide couverture des enfants à l’étranger.

Retraité, adhérent de la CFE et assurance au 1er euro

Le retraité ne relève pas du formulaire S1, valable dans l’Union européenne. Le CLEISS indique trois solutions dans un pays sans accord : le régime local, l’adhésion volontaire à la CFE et une assurance privée. Lors de ses séjours temporaires en France, il est pris en charge s’il perçoit une pension de vieillesse rémunérant au moins 15 ans d’assurance en France et n’exerce pas d’activité professionnelle. Hors de France, il n’acquitte ni CSG, ni CRDS, ni Casa lorsque sa résidence fiscale n’est plus en France ; une cotisation d’assurance maladie est retenue sur ses pensions s’il est à charge d’un régime français : 3,2 % sur la pension de base, 4,2 % sur la pension complémentaire et 7,1 % pour une retraite de travailleur indépendant. Voir le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page retraite au Kenya.

La CFE rembourse selon le pays de soins, par des taux ou des forfaits appliqués aux dépenses réelles, sans questionnaire de santé ; elle couvre consultations de généraliste, médicaments, analyses, hospitalisation, maternité, soins dentaires, transport d’urgence et vaccins, y compris lors de séjours de moins de trois mois en France, avec tiers payant dans les hôpitaux publics et privés français. La couverture est immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l’expatriation ; au-delà, la prise en charge débute après trois mois avant 45 ans et six mois à partir de 45 ans. Les offres démarrent à 87 € par mois (MondExpat), 57 € (JeunExpat) et 147 € (SeniorExpat). Le guide remboursements CFE détaille ce mécanisme.

L’assurance santé internationale au 1er euro rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, après franchise éventuelle, délais de carence et exclusions. Avec une prise en charge directe, l’assureur règle l’établissement, ce qui évite d’avancer des frais d’hospitalisation que France Diplomatie qualifie de potentiellement très élevés. Les contrats se comparent sur le plafond annuel, la zone de couverture, l’évacuation et la gestion des antécédents médicaux ; voir le guide zone de couverture.

Touriste et retour en France

Le touriste souscrit avant le départ une assurance couvrant frais médicaux et rapatriement, que France Diplomatie qualifie d’impérative. Hors Union européenne, l’Assurance Maladie peut prendre en charge, à son retour, des soins urgents et imprévus : l’assuré adresse les factures acquittées avec le formulaire S3125 à sa caisse, qui rembourse sur la base et dans la limite des tarifs forfaitaires français en vigueur, et non sur les dépenses réelles ; le médecin-conseil apprécie l’urgence et les indemnités journalières ne sont pas versées en cas d’arrêt de travail hors d’Europe. Voir l’assurance voyage longue durée.

Au retour en France, la reprise d’une activité professionnelle ouvre l’affiliation dès la première heure travaillée, sans délai de carence. Sans activité, la protection universelle maladie s’ouvre sur critère de résidence stable, avec en principe une carence de 3 mois ; l’adhérent CFE accède, sous conditions, au régime des expatriés pendant les 3 mois qui suivent son retour (CLEISS). Voir réduire le délai de carence et la page retour en France.

Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité

  • Consultation : le fonds de soins primaires de la SHA couvre consultations, diagnostics, analyses, radiographies et échographies dans les établissements contractés ; règles françaises sur factures acquittées pour le détaché ; bases du pays de soins pour la CFE ; frais réels dans les plafonds pour un contrat au 1er euro.
  • Hospitalisation : la SHIF couvre séjours, chirurgie, dialyse, santé mentale et oncologie dans les établissements contractés, avec des plafonds annuels, par exemple 400 000 KES par personne et par an pour les soins du cancer (environ 2 740 €) ; régime français pour le détaché, qui avance les frais ; couverte par la CFE ; prise en charge directe possible avec un contrat international.
  • Médicaments : la SHA couvre les médicaments prescrits en consultation dans les établissements contractés ; remboursés selon les barèmes de la CFE ou les plafonds d’un contrat international.
  • Dentaire : la SHA prévoit une limite de 2 000 KES par ménage et par an pour la santé bucco-dentaire (environ 14 €), avec un déploiement soumis à la disponibilité des ressources ; inclus à la CFE selon ses barèmes et dans la plupart des contrats internationaux, avec un plafond annuel.
  • Optique : la SHA inclut examens de la vue et lunettes dans son fonds de soins primaires, dans la limite de 1 000 KES par ménage et par an (environ 7 €), le traitement des erreurs de réfraction étant réservé aux moins de 18 ans lors de la première année de mise en œuvre ; poste absent de la liste des soins cités par la CFE, et couvert par certains contrats internationaux avec des plafonds par période.
  • Maternité : la SHA prend en charge le suivi prénatal et postnatal, l’accouchement normal ou assisté et la césarienne ; la CFE exige une conception postérieure à l’adhésion ; les contrats internationaux appliquent en général un délai de carence.

Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.

Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation

SituationQui rembourse en prioritéCondition ou démarchePoint d'attention
Salarié en contrat localSHA (cotisation SHIF prélevée par l'employeur) et employeurRetenue de 2,75 % ; couverture complémentaire selon le contratPrestations plafonnées, établissements contractés
Salarié détachéRégime français maintenu, prestations équivalentes en France3 ans renouvelables une fois ; factures acquittées et imprimé S 3125cÉcart avec les prix locaux ; assurance complémentaire utile
IndépendantSHA (revenu du ménage), CFE ou assurance internationaleAlien ID pour la SHA ; test de ressources ; minimum de 300 KES par moisHospitalisation et rapatriement à prévoir
RetraitéCFE (SeniorExpat), SHA ou assurance privéePas de S1 ; 15 ans d'assurance en France pour les séjours temporairesCotisation maladie sur la pension si régime français ; antécédents
ÉtudiantCFE JeunExpat ou assurance étudiante, SHA possibleMoins de 30 ans pour JeunExpat ; Alien ID pour la SHADroits français à vérifier auprès de la caisse
Conjoint et enfantsSelon le statut du titulaireAyants droit, ménage SHA ou contrat familleFamille restée en France : droits français seuls
Adhérent CFECFE : bases du pays de soins, tiers payant en FranceAdhésion avant le départ ou sous 3 moisReste à charge ; carence si adhésion tardive
Assurance au 1er euroAssureur : frais réels dans les plafondsQuestionnaire médical, prise en charge directe selon contratFranchise, carence, exclusions, antécédents
TouristeAssurance voyage ; caisse française au retour (S3125) pour l'urgenceSouscription avant le départSoins urgents et imprévus ; tarifs forfaitaires français
Retour en FranceRégime français ; CFE maintenue 3 moisActivité ou résidence stableCarence de 3 mois en principe sans activité

Sources : CLEISS, SHA, CFE, Assurance Maladie, France Diplomatie. Conversions au cours de la Banque centrale du Kenya du 5 octobre 2026 (146,20 KES pour 1 €).

Questions fréquentes

La carte Vitale fonctionne-t-elle au Kenya ?

Non : aucune convention de sécurité sociale ne lie la France et le Kenya. Un salarié détaché est remboursé selon les règles françaises sur factures acquittées ; les autres profils passent par la SHA, la CFE ou une assurance privée.

Que rembourse la Social Health Authority à un résident étranger ?

Dans ses établissements contractés et dans ses tarifs : consultations, médicaments prescrits, hospitalisation, chirurgie, maternité, soins du cancer, urgences et ambulance, par trois fonds. L'inscription demande un Alien ID, et la cotisation SHIF est de 2,75 % du revenu.

Un salarié détaché est-il remboursé de ses soins au Kenya ?

Oui, dans la limite des prestations qu'il aurait reçues en France pour les mêmes soins : il envoie ses factures acquittées à sa caisse avec l'imprimé S 3125c. Le détachement hors convention dure 3 ans, renouvelable une fois.

Un retraité français peut-il utiliser le formulaire S1 au Kenya ?

Non : le S1 vaut dans l'Union européenne. Le retraité choisit entre le régime local, la CFE (offre SeniorExpat) et une assurance privée ; ses séjours temporaires en France sont pris en charge s'il a cotisé au moins 15 ans.

Comment la CFE rembourse-t-elle les soins au Kenya ?

Sur des taux ou des forfaits propres au pays de soins, appliqués aux dépenses réelles ; l'écart avec le prix facturé reste à la charge de l'adhérent. MondExpat débute à 87 € par mois et JeunExpat à 57 € par mois.

Quel est le délai de carence de la CFE ?

Aucun si l'adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l'expatriation. Au-delà, la prise en charge débute après trois mois avant 45 ans et six mois à partir de 45 ans. La maternité suppose une conception postérieure à l'adhésion.

Que se passe-t-il pour la santé au retour en France ?

La reprise d'une activité ouvre l'affiliation dès la première heure travaillée ; sans activité, la protection universelle maladie prévoit en principe 3 mois de carence. L'adhérent CFE peut, sous conditions, conserver ses droits pendant 3 mois.

Les soins d'un touriste français sont-ils remboursés par la France au retour ?

Seuls les soins urgents et imprévus peuvent l'être, sur factures acquittées et formulaire S3125, sur la base des tarifs forfaitaires français. Une assurance voyage avec assistance reste impérative, selon France Diplomatie.

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