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Kenya · Système de santé

Système de santé du Kenya : Social Health Authority, hôpitaux, urgences, médicaments et vaccinations

L’essentiel

Le Kenya compte plus de 10 000 établissements publics, privés, confessionnels ou d'ONG sous contrat avec la Social Health Authority (SHA), répartis dans les 47 comtés, du dispensaire (niveau 2) à l'hôpital de référence (niveau 6). La SHA, qui a succédé au NHIF, gère trois fonds : soins primaires, assurance maladie sociale (SHIF) et urgences, maladies chroniques et critiques ; la SHIF se finance par une cotisation de 2,75 % du revenu mensuel brut, avec un minimum de 300 KES par mois. Tout résident, y compris un étranger muni d'un certificat de résident (Alien ID), peut s'y inscrire en ligne ou par le code *147#. France Diplomatie juge impérative une assurance couvrant soins, hospitalisation et rapatriement, car les frais d'hospitalisation peuvent être très élevés et l'ambassade ne les prend jamais en charge.

  • Plus de 10 000 établissements sous contrat avec la SHA dans les 47 comtés (5 862 publics, 3 828 privés, 519 confessionnels, 19 d'ONG) ; 738 à Nairobi, dont 126 publics et 555 privés (SHA).
  • SHIF : 2,75 % du revenu mensuel brut, minimum de 300 KES par mois (environ 2 €), sans plafond de cotisation (SHA).
  • Trois fonds : soins primaires (niveaux 2 et 3), SHIF (spécialités, hospitalisation, niveaux 4 à 6) et fonds urgences, maladies chroniques et critiques (SHA).
  • 999 ou 112 pour la police et les secours ; ambulance de la Croix-Rouge kényane : 1199 ou +254 700 395 395 (France Diplomatie).
  • Paludisme : risque faible à Nairobi, significativement élevé autour du lac Victoria et sur la côte ; fièvre jaune endémique au centre et à l'ouest (France Diplomatie).
  • Choléra : épidémie déclarée le 8 octobre 2022 et encore active dans 9 comtés dont Nairobi ; 1,4 million de personnes vivant avec le VIH en 2022 (France Diplomatie).

Organisation du système : public, privé, confessionnel

Le système kényan est un réseau mixte. La Social Health Authority (SHA) publie, pour chacun des 47 comtés, la liste de ses établissements contractés, classés du niveau 2 au niveau 6 selon leur taille et leur plateau technique, et répartis en quatre catégories : établissements du gouvernement, privés, confessionnels et d’ONG. En additionnant les 47 comtés de son tableau, elle recense plus de 10 000 établissements : 5 862 publics, 3 828 privés, 519 confessionnels et 19 d’ONG, soit des dispensaires, des centres de santé, des cliniques et des hôpitaux, avec 18 établissements de niveau 6 et 108 de niveau 5. Le comté de Nairobi en compte à lui seul 738, dont 126 publics, 555 privés, 50 confessionnels et 7 d’ONG. Ces établissements sont régulés par le conseil des médecins et dentistes (KMPDC) et par le conseil des officiers cliniques (COC).

Pour un résident étranger, cette organisation conduit à un choix : un établissement public, confessionnel ou privé, contracté ou non avec la SHA, ou une combinaison avec une assurance. Le guide systèmes de santé dans le monde compare ces modèles, et la page assurance santé au Kenya présente le cadre général.

La SHA, la SHIF et les trois fonds

La SHA est l’organisme chargé de gérer les fonds collectés en application de la loi sur l’assurance maladie sociale : elle réunit les cotisations, passe contrat avec des prestataires agréés et paie les soins, y compris ceux des personnes vulnérables. Les pages de la SHA parlent du NHIF comme d’un régime disparu dont elle traite les dossiers en suspens. Trois fonds structurent les prestations.

  • Primary Healthcare Fund (soins primaires) : consultations, diagnostics, analyses, radiographies, échographies, médicaments, vaccinations, santé maternelle et infantile, dépistage des cancers du sein, du col de l’utérus, de la prostate et du côlon, santé optique (examens, lunettes) et prise en charge de fin de vie.
  • Social Health Insurance Fund (SHIF) : consultations spécialisées et hospitalisation, chirurgie mineure, majeure et spécialisée, maternité et néonatologie (accouchement normal, assisté et césarienne), dialyse, santé mentale, oncologie (chimiothérapie, radiothérapie) et imagerie (IRM, scanner).
  • Emergency, Chronic and Critical Illness Fund : évacuation en ambulance, urgences, soins intensifs (réanimation, néonatologie, pédiatrie, unité des brûlés), soins palliatifs et maladies chroniques comme le diabète, le cancer et les troubles mentaux.

Les cotisations de la SHIF représentent 2,75 % du revenu mensuel brut, avec un minimum de 300 KES par mois (environ 2 € au cours du 5 octobre 2026 : 146,20 KES pour 1 €), sans plafond. Les salariés sont prélevés par leur employeur, qui reverse à la SHA ; les non-salariés cotisent 2,75 % de leur revenu de ménage, déterminé par un test de ressources renseigné en ligne sur le portail Afya Yangu (SHA).

L'accès au système pour un étranger résident

Selon la SHA, tous les résidents du Kenya, qu’ils soient citoyens, réfugiés ou autres non-citoyens, peuvent s’inscrire. Pièce demandée pour un résident étranger : le certificat de résident étranger (Foreign Resident Certificate, ou Alien ID). L’inscription se fait sur le site de la SHA, par une auto-inscription en ligne, ou en composant le code *147# sur un téléphone mobile. Ce certificat se demande à la Direction de l’immigration, dont la charte de service prévoit l’enregistrement des étrangers : voir vivre au Kenya pour les formalités.

L’inscription locale donne accès au réseau kényan contracté, avec des prestations plafonnées et des tarifs définis par la SHA ; elle ne remplace ni une couverture reconnue en France, ni le rapatriement sanitaire. Le visiteur sans statut de résident se tourne vers une assurance voyage ou santé : France Diplomatie rappelle qu’un contrat d’assistance ou une assurance couvrant tous les frais médicaux (chirurgie et hospitalisation comprises) et le rapatriement est impératif, les frais d’hospitalisation pouvant être très élevés et n’étant jamais pris en charge par l’ambassade. Aucune convention bilatérale de sécurité sociale ne lie la France au Kenya, absent de la liste du CLEISS.

Médecin de premier recours et consultations

Le premier recours se situe aux niveaux 2 et 3 : dispensaires et centres de santé financés par le fonds de soins primaires, qui prend en charge les consultations, analyses, vaccinations et médicaments prescrits. Pour consulter un médecin généraliste ou un spécialiste, un résident s’adresse aussi à un cabinet ou à une clinique du secteur privé, très nombreux à Nairobi, qu’il choisit selon son assurance et la prise en charge directe proposée.

La SHA met en ligne un outil de vérification de l’éligibilité et la liste des établissements par comté. Avant de consulter, vérifier que l’établissement est contracté, que son agrément professionnel est en règle et que le contrat d’assurance en précise les conditions de remboursement évite les mauvaises surprises ; les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer.

Hôpitaux et urgences

Le Kenyatta National Hospital, à Nairobi, est l’hôpital national de référence, un établissement public placé sous la tutelle du ministère de la Santé. Il propose des services de chirurgie, de médecine (pédiatrie, cardiologie, cancérologie, néphrologie, maladies infectieuses), de diagnostic (radiologie, laboratoire) et de pharmacie. Les établissements publics, confessionnels ou privés contractés, classés du niveau 2 au niveau 6, complètent l’offre dans les autres comtés ; le niveau de l’établissement renseigne sur son plateau technique.

  • Urgences : police et secours au 999 ou 112 ; Croix-Rouge kényane (ambulance) au +254 700 395 395, au +254 738 395 395 ou au 1199 ; pompiers de Nairobi au 020 222 2181, 2182 ou 2183 (France Diplomatie).
  • Transport sanitaire : le fonds des urgences de la SHA finance l’évacuation en ambulance depuis le lieu de l’incident vers l’établissement le plus proche ; une évacuation médicale internationale relève d’un contrat d’assistance ; voir le guide déroulement d’un rapatriement sanitaire.
  • Saison des pluies : France Diplomatie signale que les inondations soudaines et glissements de terrain d’octobre à décembre perturbent les déplacements ; anticiper le trajet vers l’établissement choisi.

Médicaments et pharmacies

L’autorité de régulation (Pharmacy and Poisons Board) invite les patients à acheter leurs médicaments dans une pharmacie agréée et à demander l’avis d’un professionnel de santé avant tout usage, en s’inquiétant du niveau élevé d’automédication. Elle met à disposition un portail pour signaler les effets indésirables et les médicaments de mauvaise qualité, ainsi qu’une rubrique d’alertes et de rappels de lots. Les médicaments prescrits à l’occasion d’une consultation d’un établissement du fonds de soins primaires sont couverts par ce fonds.

France Diplomatie conseille de n’emporter que les médicaments strictement nécessaires, dans leur emballage d’origine, avec une ordonnance portant le nom des molécules en dénomination commune internationale, de vérifier qu’ils sont autorisés dans le pays et de ne jamais consommer de médicaments achetés dans la rue, en raison du risque de contrefaçons. Le guide questionnaire médical et antécédents explique l’effet d’une pathologie préexistante sur l’assurance.

Risques sanitaires et vaccinations

France Diplomatie rappelle d’abord d’être à jour du calendrier vaccinal français (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, rougeole). Des vaccinations complémentaires s’y ajoutent selon les conditions de séjour : la fièvre jaune, endémique au centre et à l’ouest du pays, est fortement recommandée et en principe exigée pour les personnes en provenance d’un pays d’endémie ou ayant transité plus de 12 heures par l’un d’eux ; l’hépatite A et la fièvre typhoïde dépendent des conditions et de la durée du séjour ; l’hépatite B concerne les séjours fréquents ou prolongés ; la méningite ACWY la saison sèche ou une épidémie signalée ; la tuberculose, les enfants de moins de 15 ans en cas de séjours fréquents ou prolongés ; la rage, notamment les jeunes enfants et le milieu rural ; chikungunya, dengue et mpox s’ajoutent selon les épidémies ou l’exposition. Une consultation en centre de vaccination avant le départ fixe le programme.

  • Paludisme : endémique, avec un risque de transmission faible à Nairobi et significativement élevé autour du lac Victoria et sur la côte ; un traitement préventif est recommandé après avis médical.
  • Choléra : l’épidémie déclarée le 8 octobre 2022 se poursuit ; elle s’est propagée dans 20 comtés et reste active dans 9, dont les plus touchés sont Nairobi, Garissa et Mandera, avec des cas signalés dans plusieurs quartiers de la capitale, y compris des hôtels ; l’hygiène des mains et de l’alimentation et l’eau en bouteille s’imposent. Tuberculose : le Kenya figure parmi les 30 pays de forte prévalence, et la maladie reste l’une des principales causes de décès. VIH : 1,4 million de personnes vivent avec le virus (chiffre de 2022), troisième cause de décès du pays.
  • Autres maladies : la fièvre de la vallée du Rift, surtout animale, se prévient par la protection contre les moustiques et la cuisson des produits d’origine animale ; la prophylaxie post-exposition au VIH est disponible au Kenya.
  • Pluies : d’octobre à décembre, les précipitations accentuées par El Niño favorisent la résurgence de maladies ; prévoir des protections contre les moustiques.

Le détail des remboursements, du salarié local au retraité, figure dans la page remboursement des soins au Kenya ; la page assurance santé expatrié donne des repères pour comparer les contrats, et Expavy aide à confronter ces options à votre situation.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la SHA et a-t-elle remplacé le NHIF au Kenya ?

La Social Health Authority gère les fonds de l'assurance maladie sociale : soins primaires, SHIF et fonds des urgences et maladies chroniques. Ses pages traitent le NHIF comme un régime disparu dont elle suit les dossiers en suspens.

Un Français résident peut-il s'inscrire à la SHA ?

Oui : la SHA indique que tous les résidents, y compris les non-citoyens, peuvent s'inscrire avec leur certificat de résident étranger (Alien ID), en ligne ou par le code *147# sur un mobile. Cette inscription ne remplace pas une assurance reconnue en France.

Combien coûte la cotisation à la SHIF ?

2,75 % du revenu mensuel brut, avec un minimum de 300 KES par mois et sans plafond. Les salariés sont prélevés par leur employeur ; les non-salariés cotisent selon le revenu de leur ménage, déterminé par un test de ressources.

Où se faire soigner à Nairobi en cas de problème sérieux ?

Le Kenyatta National Hospital est l'hôpital public national de référence ; Nairobi compte aussi des établissements privés et confessionnels contractés avec la SHA. En urgence, appeler le 999 ou le 112, ou l'ambulance de la Croix-Rouge kényane au 1199.

Quels numéros d'urgence composer au Kenya ?

Police et secours : 999 ou 112. Ambulance de la Croix-Rouge kényane : +254 700 395 395, +254 738 395 395 ou 1199. Pompiers de Nairobi : 020 222 2181, 2182 ou 2183 (France Diplomatie).

Quels vaccins faut-il pour vivre au Kenya ?

France Diplomatie demande d'abord un calendrier vaccinal français à jour, puis recommande fortement la fièvre jaune et, selon la durée et les conditions du séjour, l'hépatite A, la fièvre typhoïde, l'hépatite B, la méningite ACWY, la rage et, pour les enfants de moins de 15 ans, la tuberculose.

Le paludisme est-il un risque à Nairobi ?

Le risque de transmission y est faible, mais significativement élevé autour du lac Victoria et sur la côte. Un traitement préventif est recommandé après avis médical, avec une protection contre les piqûres de moustiques.

Où acheter des médicaments au Kenya ?

Dans une pharmacie agréée : le Pharmacy and Poisons Board recommande d'acheter les médicaments dans une pharmacie licenciée et de demander conseil avant usage, et propose un portail de signalement des médicaments de mauvaise qualité.

Les autres guides : Kenya