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Santé internationaleExpavy

Fiche pays — Asie-Pacifique

Assurance expatrié et assurance santé au Kazakhstan

Rue résidentielle calme d'Almaty bordée de grands arbres à l'ombre dense, immeubles bas d'époque soviétique, silhouette des montagnes du Tian Chan en arrière-plan

En 5 lignes

Le Kazakhstan et la France n'étant liées par aucune convention bilatérale de sécurité sociale, il n'existe ni carte européenne d'assurance maladie (le Kazakhstan n'appartient ni à l'UE ni à l'EEE) ni formulaire de coordination applicable. Depuis le 1er janvier 2022, les citoyens français n'ont pas besoin de visa pour un séjour touristique ou d'affaires n'excédant pas 30 jours calendaires par visite, dans la limite de 90 jours sur une période de 180 jours ; l'hôte ou l'hôtel doit toutefois déclarer l'arrivée du voyageur aux autorités migratoires dans les 3 jours ouvrés. Le pays a engagé depuis 2020 une réforme profonde de son système de santé avec la mise en place progressive d'une assurance maladie sociale obligatoire, l'OSMS (Obязательное Cоциальное Mедицинское Cтрахование), financée par des cotisations employeurs, salariés et indépendants et par une prise en charge étatique pour certaines catégories, mais son accès reste en pratique réservé aux citoyens et aux résidents permanents disposant d'un titre de séjour, et non aux expatriés en séjour temporaire. Un salarié étranger en mission ou en contrat local doit donc en règle générale souscrire une assurance santé internationale privée, le secteur privé concentré à Almaty et à Astana restant la référence pour un accès rapide aux soins aux standards internationaux. Un salarié envoyé au Kazakhstan par un employeur français peut être maintenu au régime français par la voie du détachement unilatéral prévu par le droit français, en l'absence de convention.

Source : France Diplomatie — Kazakhstan, Entrée / séjour

Chiffres clés

  • 294 Français inscrits au registre consulaire en 2025 (registre mondial des Français établis hors de France, MEAE).
  • Espérance de vie à la naissance : 74,53 ans en 2024 (Banque mondiale).
  • Dépenses de santé courantes : 3,77 % du PIB en 2023 (Banque mondiale), dont 27,64 % financés par les paiements directs des ménages la même année.
  • Régime sans visa pour les citoyens français depuis le 1er janvier 2022 : 30 jours par visite, 90 jours maximum sur 180 jours.

Système de santé local

Le Kazakhstan a engagé depuis 2020 une transition vers un système d’assurance maladie sociale obligatoire, l’OSMS (en russe : Обязательное социальное медицинское страхование, littéralement « assurance sociale médicale obligatoire »), qui remplace progressivement le financement budgétaire pur hérité du système soviétique. L’OSMS est financé par des cotisations des employeurs, des salariés et des travailleurs indépendants, complétées par une prise en charge par l’État pour les enfants, les personnes sans emploi, les femmes enceintes, les retraités et d’autres catégories vulnérables. Le dispositif distingue un panier de soins garanti par l’État, accessible à tous (urgences, soins primaires, prise en charge du VIH et de la tuberculose notamment), et un panier complémentaire réservé aux personnes affiliées à l’OSMS (soins diagnostiques, prise en charge des maladies chroniques, une partie des soins dentaires et un accès élargi aux médicaments). Selon les sources disponibles, plus de 84 % de la population était couverte par l’OSMS début 2024.

Une nouvelle réforme de l’OSMS, promulguée le 14 juillet 2025 et entrée en vigueur le 1er janvier 2026, révise les plafonds de calcul des cotisations (jusqu’à 40 salaires minimums pour la part employeur, jusqu’à 20 salaires minimums pour la part salariale) sans modifier le principe général du dispositif.

L’accès des étrangers à l’OSMS reste limité en pratique : selon les sources consultées, seuls les étrangers résidant de façon permanente au Kazakhstan et titulaires d’un titre de séjour permanent (ВНЖ) peuvent en principe y être affiliés, tandis que les étrangers en séjour temporaire (visa de travail, mission, tourisme) n’y ont généralement pas accès et doivent recourir à une assurance santé privée. Les personnes en séjour temporaire, y compris les demandeurs d’asile, conservent néanmoins un droit d’accès aux soins d’urgence gratuits pour les pathologies présentant un danger pour autrui (maladies contagieuses notamment), financés hors OSMS par le budget de l’État.

Le secteur privé, concentré à Almaty et à Astana, s’est développé pour répondre à la demande des expatriés et d’une partie de la population locale, avec des cliniques et centres médicaux aux standards internationaux, certains accrédités par des organismes internationaux, à la charge du patient ou de son assurance santé internationale.

Obligations légales et de visa

  • Aucun visa requis pour un séjour touristique ou d’affaires n’excédant pas 30 jours calendaires par visite, depuis le 1er janvier 2022, dans la limite cumulée de 90 jours sur une période de 180 jours, sur présentation d’un passeport valide pour la durée du séjour.
  • Déclaration d’arrivée obligatoire : l’hôte, l’employeur ou l’hôtel doit signaler l’arrivée du voyageur étranger aux autorités migratoires dans les 3 jours ouvrés, y compris pour un séjour sans visa ; tout changement d’adresse doit également être signalé.
  • Autorisation électronique de voyage (ETA) en cours de déploiement : une loi promulguée le 24 juin 2026 instaure un cadre légal pour une autorisation électronique applicable aux ressortissants des pays dispensés de visa, dont la France ; son entrée en vigueur est fixée au 25 août 2026, avec un déploiement progressif annoncé entre août et décembre 2026 (recommandée pendant la phase pilote avant de devenir obligatoire) — à vérifier sur France Diplomatie avant tout départ, les modalités pouvant encore évoluer.
  • Aucune assurance santé légalement exigée à l’entrée du territoire pour un séjour sans visa, mais une couverture des frais médicaux, d’hospitalisation et de rapatriement sanitaire est vivement recommandée par France Diplomatie, aucune prise en charge de ces frais n’étant assurée par l’ambassade de France.
  • Absence de carte européenne d’assurance maladie : le Kazakhstan n’étant membre ni de l’Union européenne ni de l’Espace économique européen, la CEAM n’y a pas cours, quelle que soit la durée du séjour.
  • Affiliation à l’OSMS : réservée en pratique aux citoyens kazakhs et aux étrangers titulaires d’un titre de séjour permanent ; un salarié étranger en contrat local ou en mission de longue durée doit vérifier son statut d’affiliation auprès de son employeur ou des autorités locales, les modalités précises n’étant pas détaillées publiquement de façon uniforme.
  • Salarié détaché : en l’absence de convention franco-kazakhe, le maintien au régime français relève du seul droit français (détachement unilatéral), pour une durée de 3 ans renouvelable une fois, sans dispense des cotisations éventuellement dues au Kazakhstan.

Hors couverture par l’OSMS et hors assurance privée, les soins sont facturés au tarif plein par l’établissement, public comme privé, tarif variable selon établissement et non communiqué publiquement de façon uniforme ; le risque reste avant tout financier, sans aide de l’ambassade de France pour les frais médicaux.

Coût de quelques actes médicaux

Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.

Coût de quelques actes médicaux en Kazakhstan, secteur public et privé
ActeSecteur publicSecteur privé
Consultation médecin généraliste, citoyen/résident affilié à l'OSMSPrise en charge dans le panier garanti par l'État ou le panier complémentaire selon affiliation—
Consultation médecin généraliste, sans affiliation à l'OSMS ni assurance privéeTarif plein facturé par l'établissement, tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement—
Consultation en clinique privée internationale (Almaty, Astana)—Tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement
Hospitalisation hors couverture (OSMS ou assurance privée)Paiement direct majoritaire, tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement—
Soins d'urgence pour pathologie présentant un danger pour autrui, séjour temporaireGratuits, financés par le budget de l'État hors OSMS—
Soins dentaires et spécialisés hors panier de baseExclus ou partiellement exclus selon le panier OSMS applicableTarif variable selon établissement, non communiqué publiquement

Accords de sécurité sociale avec la France

La France et le Kazakhstan ne sont liés par aucune convention bilatérale de sécurité sociale : le CLEISS classe le Kazakhstan parmi les pays ne figurant ni dans la liste des États où les règlements européens s’appliquent, ni dans celle des États ayant conclu un accord bilatéral avec la France. Il n’existe donc ni carte européenne d’assurance maladie, ni formulaire A1 ou S1 opposable aux autorités kazakhes, ni mécanisme de remboursement direct entre les deux systèmes.

  • Séjour temporaire : aucune coordination européenne ni bilatérale ne s’applique ; seule une assurance santé/rapatriement souscrite avant le départ couvre les frais sur place, le CLEISS recommandant de demander le remboursement des soins inopinés auprès de sa caisse française au retour, dans la limite des tarifs français.
  • Détachement depuis la France : en l’absence de convention, le droit français prévoit un détachement unilatéral de 3 ans renouvelable une fois. Le salarié reste affilié au régime français, avec des cotisations versées en France, mais sans dispense des cotisations éventuellement dues au Kazakhstan au titre de l’OSMS. Les soins reçus sur place sont remboursés a posteriori par la caisse française, dans la limite des tarifs français, sur présentation de justificatifs et du formulaire S3125.
  • Installation durable : l’affiliation à l’OSMS dépend du statut de résidence au Kazakhstan (titre de séjour permanent) ; aucun transfert de droits depuis la France n’est prévu, retraité compris.
  • Retraité : aucun mécanisme de coordination ne permet de faire valoir des droits acquis en France ; une assurance santé internationale reste nécessaire, l’accès à l’OSMS étant en pratique conditionné à l’obtention d’un titre de séjour permanent.

Quelle assurance selon mon profil

Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.

Quelle assurance selon le profil, pour Kazakhstan
ProfilContrainte réglementairePoints d’attention
Tourisme / séjour de moins de 30 joursPas de visa requis (30 jours par visite, 90 jours max sur 180 jours) ; autorisation électronique de voyage en cours de déploiement à partir d'août 2026Assurance santé/rapatriement fortement recommandée par France Diplomatie, aucune prise en charge par l'ambassade en cas d'urgence médicale
ÉtudiantPas de CEAM (Kazakhstan hors UE/EEE) ; pas d'affiliation automatique à l'OSMS sans titre de séjour permanentAssurance étudiante ou assurance voyage complète à souscrire avant le départ, pour toute la durée du séjour
Salarié détachéDétachement unilatéral français (3 ans renouvelable une fois), sans dispense des cotisations kazakhes éventuellesRemboursement des soins locaux limité aux tarifs français (formulaire S3125) ; complémentaire recommandée pour l'accès rapide au privé à Almaty ou Astana
RetraitéAucun transfert de droits depuis la France, aucune convention bilatérale applicable, affiliation à l'OSMS conditionnée à un titre de séjour permanentAssurance santé internationale indispensable en l'absence de statut de résident permanent

Hôpitaux et réseau de soins

  • Astana : University Medical Center (UMC), centre hospitalo-universitaire lié à Nazarbayev University, comprenant plusieurs centres spécialisés (mère-enfant, cardiologie, diagnostic), accrédité par la Joint Commission International.
  • Almaty et Astana : cliniques International SOS, centres médicaux familiaux ouverts 24h/24, avec laboratoire, imagerie, pharmacie et personnel médical anglophone formé aux standards internationaux, fréquentés par la communauté expatriée.
  • Almaty : Mediker, clinique privée pluridisciplinaire régulièrement citée par la communauté expatriée pour son éventail de spécialistes.

Démarches

  1. Avant le départ : signaler son départ aux organismes français (CPAM, CAF, France Travail, caisses de retraite).
  2. Avant le départ : souscrire une assurance santé/rapatriement couvrant les frais médicaux et l'hospitalisation, valable sur le territoire kazakh — non exigée pour l'entrée en séjour sans visa, mais indispensable en pratique.
  3. Vérifier avant le départ, sur France Diplomatie, l'état de déploiement de l'autorisation électronique de voyage (ETA) prévue à partir du 25 août 2026.
  4. À l'arrivée : s'assurer que l'hôte, l'employeur ou l'hôtel effectue la déclaration d'arrivée auprès des autorités migratoires dans les 3 jours ouvrés.
  5. Salarié détaché : organiser avec l'employeur le détachement unilatéral auprès de sa caisse française avant le départ (durée maximale 3 ans renouvelable une fois).
  6. Salarié en contrat local ou résident durable : vérifier auprès de l'employeur ou des autorités locales les conditions d'obtention d'un titre de séjour permanent et d'affiliation à l'OSMS.
  7. Conserver les justificatifs de soins et le formulaire S3125 pour toute demande de remboursement a posteriori auprès de la caisse française (cas du détachement).
  8. Inscription au registre des Français établis hors de France (ambassade de France à Astana).

Questions fréquentes

Existe-t-il une convention de sécurité sociale entre la France et le Kazakhstan ?

Non. Aucune convention bilatérale de sécurité sociale ne lie la France et le Kazakhstan. Le CLEISS classe le pays parmi ceux ne figurant ni dans la liste des règlements européens, ni dans celle des accords bilatéraux, sans carte européenne d'assurance maladie ni formulaire de coordination applicable.

Un citoyen français a-t-il besoin d'un visa pour le Kazakhstan ?

Non, pour un séjour touristique ou d'affaires n'excédant pas 30 jours calendaires par visite, dans la limite de 90 jours sur une période de 180 jours, depuis le 1er janvier 2022. Une autorisation électronique de voyage est en cours de déploiement à partir du 25 août 2026 et pourrait devenir obligatoire à terme.

La carte européenne d'assurance maladie (CEAM) fonctionne-t-elle au Kazakhstan ?

Non. Le Kazakhstan n'est membre ni de l'Union européenne ni de l'Espace économique européen, la CEAM n'y a donc pas cours, quelle que soit la durée du séjour.

Qu'est-ce que l'OSMS, le système d'assurance maladie kazakh ?

L'OSMS (assurance sociale médicale obligatoire) est le système d'assurance maladie mis en place progressivement depuis 2020, financé par des cotisations des employeurs, des salariés et des indépendants, complétées par une prise en charge de l'État pour certaines catégories. Il distingue un panier de soins garanti par l'État, accessible à tous, et un panier complémentaire réservé aux personnes affiliées.

Un expatrié français peut-il être affilié à l'OSMS ?

En pratique, l'affiliation reste réservée aux citoyens kazakhs et aux étrangers titulaires d'un titre de séjour permanent. Un expatrié en séjour temporaire (mission, contrat local sans résidence permanente, tourisme) n'y a généralement pas accès et doit souscrire une assurance santé internationale privée, sous réserve d'un droit aux soins d'urgence gratuits pour les pathologies présentant un danger pour autrui.

Comment un salarié détaché depuis la France est-il couvert au Kazakhstan ?

En l'absence de convention, il peut bénéficier du détachement unilatéral prévu par le droit français (jusqu'à 3 ans renouvelable une fois). Il reste affilié au régime français, avec des soins remboursés a posteriori sur présentation du formulaire S3125, mais sans dispense des cotisations éventuellement dues au Kazakhstan au titre de l'OSMS.

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