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Retraite à l'étranger

Prendre sa retraite aux Îles Caïmans quand on est français : séjour, fiscalité et santé

L’essentiel

Les Îles Caïmans n'ont pas de visa retraité dédié : la loi prévoit un certificat de résidence pour les personnes disposant de moyens indépendants, sans droit de travailler, valable 25 ans renouvelables, avec 50 000 dollars des Îles Caïmans de frais d'émission, une bonne santé et une assurance santé adéquate. La France n'a conclu avec ce territoire ni convention fiscale ni convention de sécurité sociale : la pension française reste régie par le droit interne, tandis que le territoire ne lève aucun impôt direct. Côté santé, il n'existe pas de formulaire S1 ; les choix sont le contrat standard local, l'offre retraités de la CFE ou une assurance internationale. Le coût de la vie est supérieur à celui des États-Unis et du Royaume-Uni d'après le gouvernement local.

  • Certificat de résidence des personnes disposant de moyens indépendants : 25 ans renouvelables, sans droit de travailler, 50 000 dollars des Îles Caïmans (CI$) de frais d'émission, contre 20 000 CI$ auparavant.
  • Personne à charge : redevance à l'émission puis redevance annuelle ; déclaration annuelle du titulaire également payante, selon le barème en vigueur.
  • Pension française de source française d'un non-résident : retenue à la source de 0 %, 12 % ou 20 % après abattement de 10 %, selon des seuils de revenu révisés chaque année (impots.gouv.fr).
  • Offre retraités de la CFE : cotisation variable selon le pays, l'âge et la famille (cfe.fr).
  • Contrat standard local : maximum annuel de 100 000 CI$ ; droit de timbre de 7,5 % sur l'achat immobilier dans la plupart des zones.
  • Indice des prix des copropriétés : hausse de plus de 180 % sur une dizaine d'années, dont plus de 200 % sur Seven Mile Beach côté océan (Economics and Statistics Office).

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Repères chiffrés : Caïman, Îles

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+3,8 %
Inflation
-0,6 %
PIB par habitant
104 293 $
Population
75 844
Espérance de vie
80,5 ans
Médecins pour 1 000 hab.
1,94
Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
3,0

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit de séjour du retraité : le certificat de résidence sans droit de travailler

Les formulaires publiés par WORC (Workforce Opportunities & Residency Cayman) ne comportent pas de titre dédié aux retraités. La loi sur l’immigration (Immigration (Transition) Act, rebaptisée Caymanian Protection Act et modifiée en 2025 et 2026) prévoit en revanche, à l’article 41, un certificat de résidence pour les personnes disposant de moyens indépendants. Il s’adresse aux personnes de 18 ans et plus, ne donne pas le droit de travailler et est valable 25 ans, renouvelable à la discrétion du directeur de WORC si le demandeur n’a aucune condamnation grave, est en bonne santé et possède une assurance santé adéquate, et justifie de la situation financière prescrite. Le texte mentionne aussi, à l’article 46, d’anciens certificats de résidence pour retraités hérités de la loi de 2003.

Le barème en vigueur fixe les frais d’émission à 50 000 CI$, ajoute 3 000 CI$ par personne à charge à l’émission, puis 3 000 CI$ par personne et par an, et crée une déclaration annuelle de 500 CI$ pour les titulaires. L’article 42 prévoit en outre un certificat de résidence permanente pour les personnes disposant de moyens indépendants : il suppose un investissement de la somme prescrite dans l’immobilier bâti, est soumis à un quota fixé par le Cabinet et ne donne pas non plus le droit de travailler ; le guide de la réforme précise que le titulaire le détient dix ans et demande dans la neuvième année un certificat à durée indéfinie. Les seuils de revenu et d’investissement sont fixés par règlement et n’ont pas été lus sur une source officielle : ils se confirment auprès de WORC (worc@gov.ky) avant tout engagement. Un simple séjour de visiteur dure au plus six mois, prolongeable à la demande (50 CI$ pour la première demande), et ne tient pas lieu de résidence.

Fiscalité de la pension française sans convention

La liste BOFiP des conventions fiscales en vigueur ne comprend pas les Îles Caïmans. Seul un accord d’échange de renseignements en matière fiscale, signé à Paris le 16 septembre 2009 et à George Town le 30 septembre 2009 et entré en vigueur le 13 octobre 2010, lie les deux États : il ne répartit pas les droits d’imposer. Le gouvernement des Îles Caïmans indique de son côté qu’il n’existe aucun impôt direct sur place (ni impôt sur le revenu, ni plus-values, ni successions, ni impôt foncier). Pour un retraité, deux situations se distinguent en France.

  • Domicile fiscal maintenu en France (foyer ou lieu de séjour principal, activité professionnelle ou centre des intérêts économiques, article 4 B du CGI, BOFiP) : la France reste le pays d’imposition, sans convention pour départager les États.
  • Domicile fiscal transféré hors de France : la pension de source française supporte la retenue à la source des non-résidents. impots.gouv.fr indique un barème de trois tranches, à 0 %, 12 % puis 20 %, aux seuils révisés chaque année, après un abattement de 10 % ; les tranches de 0 % et 12 % sont libératoires, la tranche de 20 % s’impute sur l’impôt dû, et plusieurs caisses de retraite peuvent entraîner une régularisation sur l’avis d’impôt. Un retraité qui n’est plus résident fiscal ne paie ni CSG, ni CRDS, ni Casa (CLEISS).

Le barème applicable aux revenus des années suivantes et la situation exacte de chaque foyer se confirment auprès de l’administration fiscale.

Accès aux soins du retraité : pas de S1, trois voies

Les Îles Caïmans n’étant pas dans l’Union européenne, le formulaire S1 ne s’applique pas. Le CLEISS indique que le retraité doit vérifier la prise en charge locale, adhérer volontairement à la CFE ou souscrire une assurance privée. Trois voies existent donc.

  • Contrat standard local : la loi impose un contrat à toute personne résidente, le conjoint retraité sans emploi étant rangé parmi les personnes à charge. La Health Insurance Commission rappelle que les assureurs ne peuvent pas refuser ce contrat, que les affections traitées dans les 12 mois précédents sont considérées comme préexistantes, et cite une prime standard d’environ 167 CI$ par mois, sans date. Le maximum annuel est de 100 000 CI$ et les soins ambulatoires sont limités à 400 CI$ par an.
  • CFE : l’offre retraités a un prix dépendant du pays, de l’âge et de la composition familiale.
  • Assurance internationale au 1er euro : à comparer sur le niveau de plafond, les exclusions et l’évacuation sanitaire.

Voir le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page remboursements des soins aux Îles Caïmans. Pour les établissements de santé, la page système de santé des Îles Caïmans détaille les hôpitaux publics.

Pensions : française, locale et formalités

Sans convention, le CLEISS précise que les droits à pension sont examinés séparément par chaque pays, que la France ne compte pas les périodes de travail à l’étranger pour calculer le taux de la pension française et que le retraité demande lui-même sa pension à chaque pays. Aux Îles Caïmans, le régime obligatoire des salariés (National Pensions Act) prévoit des cotisations d’au moins 10 % des gains, dont au moins 5 % à la charge de l’employeur, sur des gains plafonnés à 87 000 CI$ par an, et assujettit les non-Caïmaniens après neuf mois d’emploi dans les îles. Le détail de ses prestations pour un ancien salarié étranger se demande au National Pensions Office : les sources consultées ne le publient pas. Le retraité s’inscrit enfin au registre des Français établis hors de France, gratuit, valable cinq ans et vivement recommandé, auprès du consulat général de France à Miami, dont la circonscription comprend les Îles Caïmans.

Coût de la vie et logement

Le gouvernement local indique que l’ensemble des prix est supérieur à celui des États-Unis et du Royaume-Uni, car la plupart des biens sont importés ; que les loyers des quartiers prisés dépassent ceux de biens comparables américains ou britanniques ; et que l’électricité et l’eau courante peuvent coûter plus cher. L’absence d’impôt sur le revenu et d’impôt foncier compense en partie ce niveau de prix. L’Economics and Statistics Office (ESO) publie l’évolution semestrielle des prix, avec des hausses pour la santé et pour les restaurants et hôtels, tandis que l’indice du logement et des services collectifs peut reculer.

L’achat d’un bien donne lieu à un droit de timbre de 7,5 % dans la plupart des zones, avec des frais d’hypothèque de 1 % sous 300 000 CI$ et de 1,5 % au-delà, selon la page Finance et économie du gouvernement (version archivée), qui indique qu’il n’y a pas de contrôle de la propriété étrangère des terres. L’ESO relève que l’indice des prix des copropriétés a fortement progressé sur longue période ; les transferts de propriété se comptent par milliers pour des centaines de millions de CI$. La monnaie locale, le dollar des Îles Caïmans, est arrimée au dollar américain. Le guide assurance santé expatrié aide à intégrer le coût de la couverture dans le budget.

Où s'installer quand on est retraité

Les sources officielles consultées ne classent pas les lieux de vie selon leur attractivité pour les retraités. Trois critères factuels aident à choisir. D’abord l’accès aux soins : l’hôpital Anthony S. Eden et les cinq centres de santé de district se trouvent à Grand Cayman, l’hôpital Faith à Cayman Brac et un centre de santé à Little Cayman. Ensuite l’exposition aux cyclones : Hazard Management Cayman Islands classe Little Cayman, l’extrémité ouest de Cayman Brac et la zone de Prospect à West Bay parmi les secteurs particulièrement vulnérables, et les bords de mer et de canal parmi les plus exposés. Enfin les prix : l’indice résidentiel de l’ESO distingue George Town, Seven Mile Beach, West Bay et les autres zones, avec des évolutions contrastées d’une zone à l’autre.

Retour définitif en France

Au retour, un adhérent CFE peut, sous conditions, conserver ses prestations pendant trois mois. Pour un retraité, service-public indique que la couverture dépend de la convention de sécurité sociale entre la France et le pays de provenance, à vérifier sur le site du CLEISS ; le CLEISS précise que, pour un pays sans convention, la demande de pension se fait auprès de la caisse où l’on a cotisé en dernier ou de celle de sa résidence, et que la couverture santé du retraité suit la même voie. La Health Insurance Commission publie un service en ligne de résiliation de police pour mettre fin au contrat local. Voir la page retour en France.

Certificats de résidence sans droit de travailler : repères officiels

TitreConditions luesDurée et frais
Certificat de résidence des personnes disposant de moyens indépendants (article 41)18 ans et plus ; aucune condamnation grave ; bonne santé et assurance santé adéquate ; situation financière prescrite25 ans renouvelables ; 50 000 CI$ d'émission ; 3 000 CI$ par personne à charge, puis 3 000 CI$ par an ; déclaration annuelle de 500 CI$
Certificat de résidence permanente des personnes disposant de moyens indépendants (article 42)Investissement de la somme prescrite dans l'immobilier bâti ; casier vierge ; bonne santé et assurance adéquate ; ressources prescrites ; quotaDix ans, puis certificat indéfini à demander la neuvième année (guide de la réforme)
Séjour de visiteurPasseport valable au-delà du billet retour ; billet retour ; ressources suffisantesJusqu'à six mois, prolongation possible (50 CI$ la première demande, 100 CI$ les suivantes)

Sources : Immigration (Transition) Act (révision 2022), barème des frais, Customs and Border Control. Les seuils financiers sont fixés par règlement et non lus : à confirmer auprès de WORC.

Questions fréquentes

Existe-t-il un visa retraité aux Îles Caïmans ?

Les formulaires de WORC consultés n'en comportent pas. La loi prévoit un certificat de résidence pour les personnes disposant de moyens indépendants, sans droit de travailler, valable 25 ans renouvelables, avec 50 000 CI$ de frais d'émission, une bonne santé et une assurance santé adéquate. Les seuils financiers se confirment auprès de WORC.

La pension française est-elle imposée aux Îles Caïmans ?

Le gouvernement indique qu'il n'existe aucun impôt direct sur place. En France, la pension reste imposable selon le domicile fiscal (article 4 B du CGI), sans convention fiscale avec les Îles Caïmans ; si le domicile fiscal est transféré, une retenue à la source des non-résidents s'applique (barème de 0 %, 12 % et 20 % après abattement, aux seuils révisés chaque année).

Peut-on utiliser le formulaire S1 aux Îles Caïmans ?

Non, le S1 vaut dans l'Union européenne. Le CLEISS oriente le retraité vers le régime local, la CFE ou une assurance privée.

Combien coûte la CFE pour un retraité ?

Le prix de l'offre retraités dépend du pays, de l'âge et de la composition familiale.

Peut-on acheter un bien immobilier en tant qu'étranger ?

Le gouvernement indique qu'il n'existe pas de contrôle de la propriété étrangère des terres et que l'achat donne lieu à un droit de timbre de 7,5 % dans la plupart des zones (version archivée de sa page Finance et économie). Un certificat de résidence permanente suppose un investissement immobilier de la somme prescrite.

Quel hôpital pour un retraité installé aux Îles Caïmans ?

L'hôpital Anthony S. Eden à George Town pour Grand Cayman, l'hôpital Faith à Cayman Brac et le Little Cayman Health Centre sont gérés par la Health Services Authority. Le numéro d'urgence est le 911.

Les autres guides : Caïman, Îles