Aller au contenu principal
Expavy

Corée du Sud · Prendre sa retraite

Retraite en Corée du Sud : visa, fiscalité de la pension française, santé et coût de la vie

L’essentiel

La Corée du Sud n’a pas de visa retraité classique : le guide officiel de l’immigration cite le statut de résident F-2 pour les investisseurs retraités de 55 ans et plus (plus de 300 millions de KRW, environ 198 000 €) et une catégorie F-5 de « pensionnés » dont les conditions se confirment auprès du service d’immigration. La pension française reste versée à l’étranger grâce à la convention de sécurité sociale franco-coréenne, avec un certificat de vie annuel. La convention fiscale de 1979 laisse imposables dans l’État qui les verse les pensions de sécurité sociale, et dans l’État de résidence les pensions privées. Côté santé, le retraité s’affilie au NHIS après 6 mois de résidence, sauf exemption, car le formulaire S1 ne vaut qu’en Europe.

  • Aucun visa retraité dédié : le statut F-2 d’investisseur retraité s’adresse aux 55 ans et plus, avec plus de 300 millions de KRW (environ 198 000 €) investis ; le F-5 permanent s’obtient après 5 ans de maintien de l’investissement (Visa Navigator).
  • 90 jours : séjour sans visa pour un Français ; au-delà, enregistrement comme étranger résident dans les 90 jours suivant l’entrée (France Diplomatie, immigration coréenne).
  • Convention de sécurité sociale en vigueur depuis le 01/06/2007 : invalidité, vieillesse et survivants, avec versement des pensions quel que soit le lieu de résidence (CLEISS).
  • Convention fiscale franco-coréenne : signée le 19/06/1979, en vigueur le 01/02/1981, avenant en vigueur le 01/03/1992 ; article 18 sur les pensions (administration fiscale française).
  • NHIS : affiliation obligatoire pour 6 mois de résidence ou plus ; exclusion à demander dans les 14 jours et à renouveler chaque année pour un adhérent de la CFE ou un titulaire d’une assurance privée (NHIS, ambassade de France).
  • Certificat de vie : à renvoyer dans les 2 mois, faute de quoi le paiement de la pension est suspendu (Assurance retraite).

Repères économiques : Corée du Sud

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+1,0 %
Inflation
2,1 %
Taux de chômage
2,7 %
PIB par habitant
36 227 $
Population
51,7 millions
Change
1 € = 1 513 KRW
won, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Pas de visa retraité : les voies de séjour possibles

Le guide Visa Navigator de l’immigration coréenne ne décrit pas de visa de retraité au sens courant : les statuts liés à la retraite passent par l’investissement, la résidence permanente ou la famille. Un Français séjourne 90 jours sans visa, sous le contrôle des autorités, qui peuvent refuser l’entrée en cas de « visa runs » répétés (France Diplomatie) : des séjours courts successifs ne forment donc pas un projet de résidence. Pour un séjour plus long, les sources officielles dessinent quatre voies :

  • F-2 pour investisseur retraité : réservé aux personnes de 55 ans et plus qui investissent plus de 300 millions de KRW (environ 198 000 €) dans le dispositif d’immigration par l’investissement, avec les membres de la famille qui les accompagnent.
  • F-5, résident permanent : la liste officielle cite une catégorie de « pensionnés » (Pensioners), ainsi que le retraité investisseur qui a maintenu son investissement plus de 5 ans en statut F-2. Les conditions de la catégorie « pensionnés », notamment le montant de pension et l’âge, ne figurent pas dans le guide : elles se confirment auprès du service d’immigration (1345).
  • Statuts familiaux : le conjoint d’un Coréen (F-6) séjourne sans restriction d’emploi ; le visiteur familial (F-1) séjourne jusqu’à 2 ans pour vivre avec sa famille, sans droit de travailler.
  • Autres statuts F-2 : investisseurs dans un projet public (plus de 500 millions de KRW, environ 330 000 €) ou dans l’immobilier (plus de 700 millions de KRW, environ 462 500 €), résidents de longue durée.

Tout séjour de plus de 90 jours suppose l’enregistrement comme étranger résident dans les 90 jours suivant l’entrée et la carte de résident ; pour un F-5, la carte est valable 10 ans et la permission de réentrée est dispensée pour un retour dans les 2 ans. Les formalités sont détaillées dans la page vivre en Corée du Sud. Le guide retraite à l’étranger et la page assurance retraite à l’étranger replacent ce choix parmi les autres destinations.

Conditions financières : ce que disent les sources officielles

Les montants cités par le guide de l’immigration concernent les investisseurs : plus de 300 millions de KRW pour le retraité investisseur de 55 ans et plus, plus de 500 millions pour l’investisseur dans un projet public, plus de 700 millions pour l’investisseur immobilier. Le statut F-2 est accordé pour 5 ans avec des restrictions partielles d’emploi, et le passage à la résidence permanente suppose de maintenir l’investissement plus de 5 ans. Les conversions de cette page s’appuient sur le cours de référence de la BCE du 02/10/2026 : 1 513,44 KRW pour 1 €.

Pour la catégorie « pensionnés » du statut F-5, le guide ne publie ni seuil de pension, ni durée de séjour préalable : aucun montant n’est donc avancé ici. Une demande de renseignements écrite au centre de contact de l’immigration (1345, ou +82-2-1345 depuis l’étranger) précise les critères en vigueur avant tout engagement financier. Les conditions de séjour évoluent régulièrement : le guide Visa Navigator et le site HiKorea restent la référence.

Pension française et pension coréenne : versement, certificat de vie, totalisation

La convention de sécurité sociale franco-coréenne, signée le 6 décembre 2004 et en vigueur depuis le 1er juin 2007, coordonne l’invalidité, la vieillesse et les survivants. Elle lève les clauses de résidence : chaque pension peut être perçue depuis n’importe quel pays. Chaque État reconnaît les périodes d’assurance accomplies dans l’autre, selon un mécanisme de totalisation et de proratisation qui permet d’ouvrir des droits. Un Français qui a cotisé en Corée peut aussi demander le remboursement forfaitaire de ses cotisations coréennes, au prix de l’exclusion de ces périodes de la totalisation ultérieure (CLEISS).

Un retraité qui perçoit une pension de l’Assurance retraite depuis l’étranger reçoit chaque année un certificat de vie, à faire remplir par l’autorité locale compétente (mairie, commissariat) puis à retourner dans les 2 mois, sans quoi le paiement est suspendu ; un service en ligne permet de le transmettre à tous les régimes à la fois. Selon le CLEISS, une personne qui n’a plus sa résidence fiscale en France ne paie plus la CSG, la CRDS et la CASA sur sa pension ; une cotisation d’assurance maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur les pensions complémentaires est prélevée si elle relève d’un régime français. Voir le guide toucher sa retraite à l’étranger et celui sur les trimestres travaillés à l’étranger.

Fiscalité de la pension française selon la convention fiscale

La convention fiscale franco-coréenne a été signée à Paris le 19 juin 1979 et est entrée en vigueur le 1er février 1981 ; elle a été modifiée par un avenant signé le 9 avril 1991, en vigueur depuis le 1er mars 1992, puis par la convention multilatérale BEPS, appliquée en France depuis le 1er janvier 2019 et en Corée depuis le 1er septembre 2020 (administration fiscale française). Son article 18 répartit ainsi le droit d’imposer les pensions :

  • les pensions et rémunérations similaires versées au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans l’État de résidence du bénéficiaire ;
  • par exception, les pensions et sommes versées en application de la législation de sécurité sociale d’un État sont imposables dans cet État ;
  • les pensions de la fonction publique (article 19) ne sont imposables que dans l’État qui les verse.

Le classement de chaque pension (régime de base, retraite complémentaire, pension privée ou publique) détermine donc l’État qui l’impose : il se vérifie auprès de l’administration fiscale, qui précise aussi le traitement d’un résident de Corée. Pour éviter la double imposition, la Corée accorde un crédit d’impôt à ses résidents pour l’impôt payé en France, dans la limite de la fraction de l’impôt coréen correspondant au revenu de source française. La résidence fiscale se détermine par le droit de chaque État et par l’article 4 de la convention. Un conseil fiscal individualisé reste utile avant le départ.

Santé du retraité : NHIS, CFE et formulaire S1

Le formulaire S1 ne s’applique qu’en Europe : la convention franco-coréenne ne contient aucune disposition qui permette de faire rembourser en Corée des soins au titre de la pension française. Le CLEISS recommande une affiliation volontaire à la CFE ou une assurance privée. Parallèlement, tout étranger résidant 6 mois ou plus doit s’affilier au NHIS, comme assuré régional, avec une cotisation fondée sur le revenu et le patrimoine ; l’ambassade de France cite parmi les catégories pouvant demander l’exemption les adhérents de la CFE et les titulaires d’une assurance privée reconnue, la demande se renouvelant chaque année. En cas de retard de paiement, les prestations peuvent être limitées, des restrictions peuvent toucher les prolongations de visa et des saisies sont possibles.

La CFE propose aux retraités une offre réservée aux personnes sans activité professionnelle et titulaires d’une pension du régime de base français, sans questionnaire de santé. L’adhésion dans les trois mois de l’expatriation évite la carence ; ensuite, elle est de trois mois avant 45 ans et de six mois à partir de 45 ans. À l’étranger, la CFE rembourse selon des taux ou des forfaits du pays de soins, appliqués aux dépenses réelles. Pour un séjour temporaire en France, un retraité qui perçoit une pension justifiant d’au moins 15 ans d’assurance en France est couvert, avec un accord médical préalable pour une hospitalisation de plus d’un mois. L’ambassade de France relève que les soins de santé sont très onéreux en Corée du Sud. Voir le guide assurance maladie du retraité à l’étranger, la page remboursement des soins en Corée du Sud et la complémentaire CFE.

Coût de la vie, logement et villes prisées

France Diplomatie qualifie le coût de la vie en Corée du Sud de notablement élevé. Le logement fonctionne par jeonse, un dépôt important confié au propriétaire pour 1 à 2 ans et restitué en fin de bail, ou par wolse, un dépôt plus modeste, en général de 10 à 20 fois le loyer mensuel, assorti d’un loyer. Un retraité qui ne souhaite pas immobiliser un gros dépôt compare ces formules ; le centre pour résidents étrangers de Séoul propose un conseil immobilier en sept langues pour prévenir les litiges et les fraudes au jeonse.

Pour le choix de la ville, un retraité regarde la proximité d’un hôpital doté d’un centre pour patients internationaux, la facilité de déplacement et le budget logement. Séoul concentre les centres de santé internationaux et les services pour étrangers, Incheon et sa région se trouvent près de l’aéroport, et Busan ou Jeju, plus au sud, appellent à s’informer sur la saison des typhons. France Diplomatie précise que la conduite exige un permis international ou coréen et que les étrangers impliqués dans un accident sont souvent tenus pour responsables. La page vivre en Corée du Sud détaille les villes, le climat et la sécurité.

Préparer son départ à la retraite en Corée du Sud

  • Avant le départ : confirmer le statut de séjour visé auprès du service d’immigration, prévenir les caisses de retraite de la nouvelle adresse et préparer le certificat de vie annuel.
  • À l’arrivée : s’enregistrer comme étranger résident dans les 90 jours, déclarer tout changement d’adresse sous 15 jours et s’affilier au NHIS ou déposer la demande d’exemption dans les 14 jours suivant la déclaration d’affiliation.
  • Chaque année : renouveler la demande d’exemption du NHIS si elle a été accordée, répondre au certificat de vie et vérifier la situation fiscale de chaque pension.
  • Pour les urgences médicales : retenir le 119 (pompiers, ambulance), le 1339 (urgence médicale) et le 112 (police).

Le guide checklist des 90 premiers jours détaille l’installation, et la page assurance santé expatrié compare les couvertures ; Expavy aide à les confronter à votre situation.

Voies de séjour pour un retraité français

VoieCondition de baseDurée ou statutTravail
Séjour sans visaPasseport français valide, séjour temporaire90 joursNon autorisé
F-2 investisseur retraité55 ans et plus, plus de 300 millions de KRW investis5 ans, prolongeableRestrictions partielles
F-5 résident permanentCatégorie « pensionnés » ou 5 ans de maintien de l’investissement en F-2 ; conditions à confirmerPermanent, carte de 10 ansSans restriction
F-6 conjoint d’un CoréenMariage avec un ressortissant coréen3 ansSans restriction
F-1 visiteur familialVivre auprès de sa famille2 ansNon autorisé

Source : Visa Navigator de l’immigration coréenne, France Diplomatie. Conversions au cours de référence de la BCE du 02/10/2026 (1 € = 1 513,44 KRW). Les conditions se confirment auprès du service d’immigration (1345).

Questions fréquentes

Existe-t-il un visa retraité en Corée du Sud ?

Le guide officiel de l’immigration ne décrit pas de visa retraité classique. Il cite un statut de résident F-2 pour l’investisseur retraité de 55 ans et plus (plus de 300 millions de KRW) et une catégorie F-5 de « pensionnés », dont les conditions se confirment auprès du service d’immigration (1345).

Un retraité français peut-il rester plus de 90 jours en Corée du Sud ?

Il faut un statut de séjour adapté : l’entrée sans visa vaut 90 jours et les autorités contrôlent le motif du séjour. Un séjour plus long exige un visa, puis l’enregistrement comme étranger résident dans les 90 jours suivant l’entrée.

La pension française est-elle versée en Corée du Sud ?

Oui : la convention de sécurité sociale lève les clauses de résidence, et chaque pension peut être perçue depuis la Corée. Un certificat de vie est à renvoyer chaque année dans les 2 mois, faute de quoi le paiement est suspendu.

Comment la pension française est-elle imposée pour un résident de Corée ?

Selon l’article 18 de la convention fiscale, les pensions de sécurité sociale sont imposables dans l’État qui les verse et les pensions privées dans l’État de résidence ; les pensions publiques restent imposables dans l’État payeur. Le classement de chaque pension se vérifie auprès de l’administration fiscale.

Le formulaire S1 fonctionne-t-il en Corée du Sud ?

Non : le S1 ne vaut qu’en Europe, et la convention franco-coréenne ne rembourse aucun soin reçu en Corée au titre de la pension française. Le CLEISS recommande une affiliation volontaire à la CFE ou une assurance privée.

Un retraité doit-il s’affilier à l’assurance maladie coréenne ?

Oui après 6 mois de résidence, comme assuré régional, avec une cotisation fondée sur le revenu et le patrimoine. Une exemption annuelle peut être demandée au NHIS, dans les 14 jours suivant la déclaration d’affiliation, avec une couverture équivalente comme celle de la CFE.

Quel est le coût de la vie pour un retraité en Corée du Sud ?

France Diplomatie le juge notablement élevé. Le logement passe par un bail jeonse, avec un dépôt important restitué en fin de bail, ou wolse, avec un dépôt de 10 à 20 fois le loyer mensuel. La santé s’ajoute au budget, les soins étant très onéreux selon l’ambassade de France.

Les autres guides : Corée du Sud