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Corée du Sud · Système de santé

Système de santé en Corée du Sud : assurance maladie NHIS, hôpitaux, urgences et accès pour un étranger

L’essentiel

Le système de santé sud-coréen repose sur un assureur public unique, le National Health Insurance Service (NHIS), qui couvre tous les résidents, étrangers compris. Un salarié d’un employeur couvert y est affilié dès l’embauche, les autres étrangers après 6 mois de résidence, sauf exemption demandée au NHIS pour les adhérents de la CFE, les détachés ou les titulaires d’une assurance privée reconnue. Le patient garde à sa charge de 30 % en clinique à 60 % en hôpital tertiaire pour les soins ambulatoires, et 20 % en hospitalisation. En cas d’urgence, le 119 appelle les pompiers et l’ambulance, et le 1339 l’urgence médicale.

  • Couverture : 36 millions d’assurés salariés et personnes à charge (68,5 %), 15 millions d’assurés régionaux (28,5 %) et 1,5 million de bénéficiaires de l’aide médicale (3 %) en avril 2024 (NHIS).
  • Étrangers : affiliation obligatoire pour 6 mois de résidence ou plus depuis juillet 2019 ; dès l’embauche pour un salarié d’un employeur couvert ; demande d’exclusion à déposer sous 14 jours (NHIS).
  • Cotisation du salarié : 7,19 % du salaire en 2026, partagés à parts égales avec l’employeur (3,595 % chacun), à régler avant le 10 du mois suivant (NHIS).
  • Participation aux frais ambulatoires : 30 % en clinique, 40 % en hôpital, 45 à 50 % en hôpital général, 60 % en hôpital tertiaire ; 20 % en hospitalisation (NHIS).
  • Plafonds annuels de reste à charge : d’environ 870 000 KRW (environ 575 €) à 8,26 millions de KRW (environ 5 460 €) selon le revenu et la durée d’hospitalisation (NHIS).
  • Urgences : 119 pour les pompiers et l’ambulance, 1339 pour l’urgence médicale, 112 pour la police (ambassade de France en Corée).

Organisation du système : un assureur public, des soins publics et privés

Le système de santé coréen associe l’assurance maladie obligatoire et une aide médicale pour les plus modestes. Trois acteurs se partagent les rôles : le ministère de la Santé et des Affaires sociales fixe la politique, le NHIS gère l’assurance, perçoit les cotisations et négocie les tarifs avec les établissements, et le Health Insurance Review & Assessment Service (HIRA) évalue les services. Le NHIS est un assureur unique : l’adhésion est obligatoire pour tous les résidents, les cotisations dépendent du revenu et du patrimoine du foyer, et les établissements ne peuvent pas refuser un patient assuré.

Les soins s’organisent en deux niveaux. Le premier recours se fait en clinique ou en hôpital ; les hôpitaux tertiaires sont réservés aux cas spécialisés, avec une lettre de recommandation du médecin consulté en premier. Les établissements sont publics et privés : le National Medical Center, à Séoul, et l’hôpital universitaire national de Séoul sont des établissements publics dotés de centres de santé internationaux. En avril 2024, environ 97 % de la population relevait de l’assurance maladie et 3 % de l’aide médicale. Le reste à charge croît avec le niveau de l’établissement, un mécanisme présenté plus bas.

Assurance maladie locale : conditions d’accès pour un étranger

Depuis juillet 2019, tout étranger qui réside en Corée depuis 6 mois ou plus doit être affilié au NHIS et bénéficie des mêmes prestations qu’un Coréen, y compris l’hospitalisation, les consultations, les bilans de santé et les traitements. Les conditions varient selon le profil :

  • Salarié d’un employeur couvert : affiliation obligatoire, déclarée par l’employeur dès l’embauche, sans condition de durée de séjour. La cotisation est de 7,19 % du salaire en 2026, partagée à parts égales avec l’employeur.
  • Assuré régional (indépendant, retraité, sans emploi) : affiliation après 6 mois de résidence, avec une cotisation calculée par points sur le revenu et le patrimoine, à régler avant le 25 de chaque mois. Les étudiants D-2 et D-4 sont assujettis depuis mars 2021 ; les titulaires d’un visa de résident permanent (F-5) ou de conjoint de Coréen (F-6) s’inscrivent dès leur arrivée. Les visas diplomatique, de tourisme, de court séjour et G-1 sont exclus.
  • Personnes à charge : le conjoint, les ascendants en ligne directe et les frères et sœurs non mariés peuvent être rattachés s’ils respectent des seuils de revenu (moins de 20 millions de KRW par an, environ 13 200 €) et de patrimoine ; le lien familial se prouve par des documents authentifiés par le ministère coréen des Affaires étrangères, avec traduction en coréen. Depuis le 3 avril 2024, l’inscription d’une personne à charge étrangère exige en principe 6 mois de résidence ; pour les assurés titulaires d’un visa D-2, D-4-3, E-9, F-5 ou F-6, les mineurs de moins de 19 ans et le conjoint étranger sont inscrits sans ce délai (Korea.net). Les situations se confirment auprès du NHIS.

Exemption : l’ambassade de France cite trois catégories pouvant demander l’exclusion du NHIS : les travailleurs détachés, les adhérents de la CFE et les titulaires d’une assurance privée reconnue ; la demande se renouvelle chaque année. Le NHIS précise que l’étranger doit prouver une couverture équivalente, fondée sur une loi étrangère, une assurance étrangère ou un contrat d’employeur, et déposer sa demande dans les 14 jours suivant la déclaration d’affiliation. En cas de retard de paiement, l’ambassade signale des prestations limitées à l’hôpital et en clinique, des restrictions sur les demandes de visa ou de prolongation et des saisies possibles sur salaire ou sur biens. La page remboursement des soins détaille chaque situation.

Médecin de premier recours, hôpitaux et urgences

Le premier recours se fait en clinique ou en hôpital ; l’accès à un hôpital tertiaire passe par une lettre de recommandation si l’état du patient le demande. France Diplomatie observe que les médecins anglophones restent peu nombreux, les grands hôpitaux de Séoul et quelques établissements des grandes villes proposant des services internationaux. Le National Medical Center propose ainsi un centre de santé international avec interprétation en anglais, chinois, russe et japonais et délivrance de documents en anglais, et l’hôpital universitaire national de Séoul dispose d’un centre créé en 1999 avec des interprètes anglais, chinois, mongol, russe, arabe et espagnol (Korea.net).

Urgences : le 119 joint les pompiers et l’ambulance, le 1339 l’urgence médicale et le 112 la police. L’application Emergency Ready, en anglais, permet d’appeler les secours et de localiser les centres d’urgence médicale. Une ligne consulaire d’urgence de l’ambassade de France est réservée aux situations immédiates ; les questions courantes passent par la messagerie consulaire en semaine. France Diplomatie rappelle que les frais d’hospitalisation et de santé peuvent être très élevés à l’étranger et que l’ambassade ne les prend pas en charge.

Cotisations, participation aux frais et plafonds

Pour les soins ambulatoires, le reste à charge dépend du type d’établissement : 30 % en clinique et en pharmacie, 40 % en hôpital, 50 % en hôpital général en zone urbaine (45 % en zone rurale) et 60 % en hôpital tertiaire. Pour l’hospitalisation, la participation est de 20 % du coût, ramenée à 5 % pour un cancer enregistré et à 10 % pour une maladie rare ou incurable. Voir le glossaire du ticket modérateur et du reste à charge.

Un plafond annuel limite la participation cumulée : le NHIS publie un tableau de plafonds de 870 000 KRW à 8,26 millions de KRW environ (2025, soit environ 575 € à 5 460 €), selon le décile de revenu et la durée d’hospitalisation ; les implants dentaires sont exclus du calcul. Les services non couverts sont facturés au patient pour la totalité de leur prix. Les cotisations sont décrites sur la page du NHIS : pour un salarié, 7,19 % du salaire en 2026, partagés à parts égales avec l’employeur et dus avant le 10 du mois suivant ; pour un assuré régional, un score multiplié par une valeur de 211,5 KRW par point, avec une cotisation minimale équivalente à la prime moyenne des assurés régionaux étrangers. Des réductions de 10 à 50 % existent pour les publics fragiles et les zones isolées. Les conversions de cette page s’appuient sur le cours de référence de la BCE du 02/10/2026 : 1 513,44 KRW pour 1 €.

Médicaments, dentaire, maternité et dépistages

  • Médicaments : les médicaments prescrits se délivrent en pharmacie avec une participation de 30 % du patient.
  • Dentaire : les soins dentaires suivent le principe de participation par type d’établissement ; les implants sont exclus du calcul du plafond annuel.
  • Maternité : le NHIS verse une aide de 1 million de KRW (environ 660 €) par grossesse à fœtus unique, majorée en cas de naissance multiple ou de zone mal desservie.
  • Dépistages : le bilan de santé général est gratuit ; les dépistages de cancers sont pris en charge à 90 % par le NHIS, certains sans participation du patient.
  • Optique : les lunettes et lentilles ne figurent pas parmi les prestations décrites par le NHIS ; leur prise en charge se lit dans les garanties d’un contrat complémentaire ou international.

Le guide systèmes de santé à l’étranger replace ces mécanismes parmi ceux des autres pays.

Risques sanitaires et vaccinations

France Diplomatie recommande d’être à jour du calendrier vaccinal français, notamment diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche et rougeole. Selon la durée et les conditions du séjour, d’autres vaccins peuvent s’ajouter : hépatite A, fièvre typhoïde, rage pour les jeunes enfants et les séjours en zone rurale, encéphalite japonaise pour les séjours ruraux de mai à octobre, encéphalite à tiques en zone forestière, tuberculose pour les enfants de moins de 15 ans en séjours fréquents ou prolongés.

Les maladies transmises par les moustiques (dengue, encéphalite japonaise et, dans quelques zones rurales du nord, paludisme) appellent des vêtements couvrants, un répulsif et des logements protégés. La pollution de l’air aux particules fines, accrue au printemps par les « vents jaunes », touche surtout les grandes villes et les régions industrielles : France Diplomatie conseille de réduire les activités extérieures, de s’hydrater et de porter un masque à fort pouvoir filtrant, surtout pour les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes souffrant de maladies respiratoires, cardiaques ou d’asthme. Le guide vivre en Corée du Sud complète ces repères sur le climat.

Compléter la couverture publique : CFE et assurance internationale

Le NHIS couvre les soins en Corée, selon des tarifs nationaux et avec un reste à charge. Un résident qui souhaite une couverture mondiale, un accès direct aux services internationaux, l’évacuation sanitaire ou le rapatriement peut la compléter par la CFE ou par une assurance santé internationale. La CFE et l’assurance privée reconnue ouvrent aussi la possibilité de demander l’exclusion du NHIS, avec les conditions rappelées plus haut. Les pages assurance santé expatrié et rapatriement et assistance présentent ces options ; Expavy aide à les confronter à votre situation.

Participation aux frais selon le type de soins

Type de soinsReste à charge du patientRemarque
Clinique30 %Premier recours
Hôpital40 %Premier recours
Hôpital général50 % en zone urbaine, 45 % en zone ruraleTaux selon la zone
Hôpital tertiaire60 %Lettre de recommandation
Pharmacie30 %Médicaments prescrits
Hospitalisation20 %5 % pour un cancer enregistré, 10 % pour une maladie rare ou incurable
Dépistage de cancer10 %Certains dépistages sans participation

Source : NHIS, prestations d’assurance. Les services non couverts sont facturés en totalité. Les plafonds annuels de reste à charge dépendent du revenu.

Questions fréquentes

Un étranger doit-il s’affilier à l’assurance maladie coréenne ?

Oui : tout étranger résidant 6 mois ou plus doit s’affilier au NHIS depuis juillet 2019, et un salarié d’un employeur couvert l’est dès l’embauche. Une exemption annuelle peut être demandée au NHIS avec une couverture équivalente, pour les adhérents de la CFE, les détachés ou les titulaires d’une assurance privée reconnue.

Combien coûte la cotisation NHIS pour un salarié ?

7,19 % du salaire mensuel en 2026, partagés à parts égales entre le salarié et l’employeur, soit 3,595 % pour le salarié, à régler avant le 10 du mois suivant. Pour un assuré régional, la cotisation se calcule par points sur le revenu et le patrimoine, avec un minimum.

Peut-on consulter un spécialiste sans lettre de recommandation ?

Dans une clinique ou un hôpital, oui, avec une participation de 30 à 50 % selon l’établissement. Les hôpitaux tertiaires, réservés aux cas spécialisés, demandent une lettre de recommandation du médecin vu en premier et appliquent une participation de 60 %.

Quels numéros appeler en cas d’urgence en Corée du Sud ?

Le 119 pour les pompiers et l’ambulance, le 1339 pour l’urgence médicale et le 112 pour la police. L’application Emergency Ready, en anglais, permet d’appeler les secours et de repérer les centres d’urgence médicale.

Trouve-t-on des médecins parlant anglais en Corée du Sud ?

Les médecins anglophones sont peu nombreux hors des grands hôpitaux. Le National Medical Center et l’hôpital universitaire national de Séoul disposent de centres de santé internationaux avec interprètes. Un séjour long invite à apprendre quelques mots de coréen.

Quels vaccins sont recommandés pour vivre en Corée du Sud ?

Le calendrier vaccinal français à jour, dont la rougeole, et selon la durée et les conditions du séjour l’hépatite A, la fièvre typhoïde, la rage, l’encéphalite japonaise de mai à octobre en zone rurale et l’encéphalite à tiques. Un avis médical avant le départ précise la liste.

Les soins dentaires et l’optique sont-ils couverts par le NHIS ?

Les soins dentaires suivent la participation par établissement, avec les implants exclus du calcul du plafond annuel. Les lunettes et lentilles ne figurent pas parmi les prestations décrites par le NHIS : elles dépendent d’un contrat complémentaire ou international.

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