Bulgarie · Remboursements des soins
Remboursement des soins en Bulgarie : qui rembourse quoi selon votre situation
L’essentiel
En Bulgarie, la carte Vitale ne sert pas chez le médecin : la coordination entre la France et la Bulgarie repose sur les règlements européens, et c'est le statut qui désigne le payeur. Le salarié local est assuré par la NZOK grâce à la cotisation de santé de 8 %, le détaché garde le régime français avec le formulaire A1, le retraité enregistre son formulaire S1 et le touriste ou l'étudiant en séjour court utilise la CEAM. Une personne sans autre statut règle elle-même une cotisation minimale de 24,81 euros par mois depuis le 1er août 2026, et la prise en charge des soins suppose 3 mois de cotisations sur les 36 derniers mois. Un adhérent CFE ou un assuré au premier euro complète ce socle selon son contrat. Le tableau récapitulatif résume chaque situation, puis la page détaille les postes de soins.
- Aucune carte Vitale en Bulgarie : le règlement (CE) 883/2004 organise la coordination, avec la CEAM (EZOK en Bulgarie) pour un séjour temporaire et les formulaires A1 et S1 pour un séjour durable (CLEISS ; NZOK).
- 24 mois au plus : durée du détachement avec le formulaire A1, qui maintient le salarié au régime français (Your Europe).
- 2,90 leva par consultation et 5,80 leva par jour d'hospitalisation, dans la limite de 10 jours par an : participation de l'assuré, ou de la CEAM, chez un prestataire conventionné ; 1 euro vaut 1,95583 lev (CLEISS, page de 2021 ; Banque nationale de Bulgarie).
- 3 mois de cotisations au cours des 36 derniers mois : condition de prise en charge des soins par la NZOK (CLEISS, page de 2025).
- 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire : cotisation maladie prélevée sur les retraites françaises d'un retraité dont la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).
- 24,81 euros par mois : cotisation de santé minimale d'une personne sans autre base d'assurance du 1er août au 31 décembre 2026 (Agence nationale des recettes).
Le principe : le statut désigne le payeur
La France et la Bulgarie étant membres de l’Union européenne, leurs régimes de sécurité sociale sont coordonnés par le règlement (CE) 883/2004 : aucune convention bilatérale n’est à consulter, et un travailleur relève de la législation d’un seul pays, en principe celui de son lieu d’activité. La carte Vitale ne fonctionne pas chez un médecin bulgare. La preuve de droits est la CEAM pour un séjour temporaire, ou un formulaire portable (A1, S1) pour un séjour durable. La CEAM ouvre droit aux soins nécessaires auprès des prestataires du système public, aux mêmes conditions que les assurés bulgares ; elle ne couvre ni les secours et le rapatriement, ni les soins privés, ni les traitements programmés (Your Europe).
Les situations les plus fréquentes sont le salarié en contrat local, le salarié détaché, l’indépendant, le retraité et la personne sans activité, auxquelles s’ajoutent l’étudiant, la famille, l’adhérent CFE, l’assuré au premier euro et le touriste. Les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer les couvertures. Le fonctionnement du réseau de soins est décrit dans le guide du système de santé bulgare.
Salarié en contrat local, salarié détaché et indépendant
Le salarié en contrat local est déclaré par son employeur et assuré par la NZOK, grâce à la cotisation de santé de 8 % du revenu assuré, dont 3,2 % à sa charge (CLEISS). En cas d’arrêt maladie, l’employeur indemnise les trois premiers jours à 70 % du salaire brut journalier moyen, puis l’Institut national d’assurance sociale verse 80 % de ce salaire ; l’indemnité suppose 6 mois d’assurance (CLEISS, page de 2025). Les consultations du généraliste conventionné, les soins spécialisés sur orientation et l’hospitalisation entrent dans le panier de la NZOK. Voir le glossaire du contrat local.
Le salarié détaché par un employeur français reste rattaché à la Sécurité sociale française, avec le formulaire A1 d’une durée maximale de 24 mois, que l’employeur obtient avant le départ (Your Europe). La CEAM garantit un accès direct aux prestataires de l’État de détachement ; l’arrêt maladie se transmet à la caisse française sous 48 heures ; si la famille réside en Bulgarie, elle demande à la caisse française le document S1 (CLEISS). Les frais avancés peuvent se rembourser au retour avec le formulaire S3125, selon les tarifs bulgares ou français, sans dépasser la dépense réelle ; les soins reçus de prestataires privés, non pris en charge par le régime bulgare, sont examinés d’après les tarifs français. Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.
L’indépendant installé en Bulgarie est obligatoirement couvert pour les pensions et pour les soins de santé ; il cotise 8 % de santé sur un revenu qu’il choisit entre un minimum et un maximum mensuels, et peut s’assurer en plus pour l’indemnité de maladie-maternité (CLEISS, page de 2025 ; NRA). Les cotisations sont détaillées dans la page travailler en Bulgarie.
Retraité, étudiant, famille et personne sans activité
Le retraité qui perçoit seulement une pension française, s’installe de façon permanente ou plus de six mois par an dans un État de l’Union et n’y exerce aucune activité demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite, puis s’inscrit à la NZOK en choisissant un médecin généraliste. Si la résidence fiscale est hors de France, une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général, et de 7,1 % sur celles des travailleurs indépendants ; avec une résidence fiscale en France, la CSG, la CRDS et la CASA s’appliquent. Le conjoint et les mineurs qui l’accompagnent ont chacun leur S1 (CLEISS). La participation des retraités est ramenée à 1 lev par consultation (CLEISS, page de 2025). Voir le guide formulaire S1 mode d’emploi et la page retraite en Bulgarie.
L’étudiant en séjour temporaire reçoit les soins nécessaires avec la CEAM. Un étudiant étranger inscrit dans un établissement bulgare relève de l’assurance maladie obligatoire (NRA). Voir l’assurance étudiant à l’étranger.
Le conjoint et les enfants : les enfants de moins de 18 ans et les membres de famille sans emploi sont exemptés de participation aux frais (CLEISS). Les pages officielles consultées ne décrivent pas de statut d’ayant droit de la NZOK : un conjoint sans activité règle sa propre cotisation minimale, ou dispose d’un S1 si la situation du couple le permet. Voir l’assurance famille expatriée.
La personne sans activité qui séjourne plus de trois mois justifie, selon Your Europe, de ressources suffisantes et d’une assurance maladie complète. Si elle est titulaire d’un permis de séjour de longue durée, elle est soumise à l’assurance maladie obligatoire et règle une cotisation minimale de 24,81 euros par mois du 1er août au 31 décembre 2026, après 22,03 euros de janvier à juillet (NRA). Sans trois mois de cotisations sur les 36 derniers mois, elle règle les frais de soins au prestataire et ne peut demander de remboursement (CLEISS) : une couverture relais protège pendant le traitement de l’affiliation.
Adhérent CFE, assurance au 1er euro et touriste
L’adhérent CFE cotise à un organisme de protection sociale volontaire des Français de l’étranger, qui propose une assurance maladie, une assurance retraite et une assurance accidents du travail. Selon l’Assurance Maladie, un expatrié qui s’affilie au régime du pays d’accueil n’est plus pris en charge par le régime français et rend sa CEAM ; la CFE permet de conserver une couverture française, au prix de cotisations versées aux deux systèmes. Les conditions d’adhésion et les délais de carence se vérifient auprès de l’organisme. Voir le guide remboursements CFE.
L’assurance santé internationale au 1er euro rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, après franchise éventuelle, carences et exclusions. Elle ouvre l’accès aux prestataires privés, que la CEAM ne couvre pas, avec une prise en charge directe selon le contrat, et peut inclure le rapatriement. Un patient qui consulte sans orientation de son généraliste règle l’intégralité des frais ou fait appel à l’assurance volontaire (CLEISS).
Le touriste présente sa CEAM aux professionnels de santé conventionnés par la NZOK, qui le prennent en charge dans les mêmes conditions que les assurés locaux : il règle 2,90 leva par consultation chez un médecin ou un dentiste conventionné et 5,80 leva par jour d’hospitalisation, dans la limite de 10 jours par an. La plupart des traitements dentaires ne sont pas couverts et restent à la charge du patient ; une consultation de spécialiste intervient sur prescription d’un généraliste (CLEISS, page de 2021). Sans CEAM, le formulaire S3125 permet de demander le remboursement au retour. Une assurance voyage qui couvre l’hospitalisation, le rapatriement et les secours complète utilement la CEAM. Voir l’assurance voyage longue durée.
Retour en France : rouvrir ses droits
Un expatrié qui rentre demande la réouverture de ses droits à sa caisse d’assurance maladie avec le formulaire S1106 (Assurance Maladie). Un retraité muni d’un S1 peut se faire soigner en France quel qu’en soit le motif (CLEISS). Les adhérents CFE vérifient avec l’organisme les conditions de reprise sans carence. Voir le guide réduire le délai de carence et la page retour en France.
Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité
- Consultation : le médecin généraliste conventionné est financé par la NZOK, avec une participation de 2,90 leva ; un spécialiste est accessible sur orientation du généraliste. Un prestataire privé hors contrat se paie au tarif plein, avec remboursement selon le contrat pour une assurance internationale (CLEISS).
- Hospitalisation : elle exige une prescription hors urgence ; le patient paie 5,80 leva par jour, jusqu’à 10 jours par an, et des frais supplémentaires peuvent s’ajouter. Les urgences sont gratuites pour tous, quel que soit le statut d’assurance (CLEISS).
- Médicaments : la NZOK rembourse en tout ou en partie jusqu’à trois produits par maladie de la liste du ministère de la Santé ; le patient règle une participation variable selon le traitement, dans une pharmacie sous contrat (CLEISS).
- Dentaire : chaque consultation donne lieu à une participation de 2,90 leva ; la prise en charge est limitée à 1 examen et 4 soins par an avant 18 ans, 1 examen et 2 soins ensuite, et les prothèses dentaires sont entièrement à la charge du patient (CLEISS).
- Optique : le CLEISS cite les prothèses optiques et auditives parmi les prestations couvertes en tout ou en partie par l’assurance maladie ; les contrats internationaux fixent un plafond par période.
- Maternité : les soins de grossesse sont exonérés de participation jusqu’à 45 jours après l’accouchement ; le congé dure 410 jours par enfant, dont 45 jours avant la date présumée d’accouchement, avec une indemnité de 90 % du revenu journalier moyen sous condition de 12 mois d’assurance (CLEISS, page de 2025). Une CFE ou un contrat international prévoient en général des conditions d’ancienneté pour la maternité.
Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.
Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation
| Situation | Qui rembourse en priorité | Condition ou démarche | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Salarié en contrat local | NZOK, financée par la cotisation de santé de 8 % | Déclaration par l'employeur ; choix d'un médecin généraliste | Participation de 2,90 leva par consultation ; indemnités maladie versées dès le 4e jour par l'institut d'assurance sociale |
| Salarié détaché | Régime français maintenu ; CEAM ou remboursement français | A1 pour 24 mois au plus ; S3125 si frais avancés | Famille résidente : S1 demandé à la caisse française |
| Indépendant | NZOK après cotisation de 8 % | Revenu choisi entre un minimum et un maximum mensuels | Indemnité de maladie-maternité facultative, assurance supplémentaire |
| Retraité | NZOK avec le S1 délivré par la caisse de retraite française | S1 avant le départ ; un S1 par ayant droit | Cotisation de 3,2 % et 4,2 % si résidence fiscale hors de France |
| Étudiant | CEAM (séjour temporaire) ; assurance obligatoire pour un étudiant étranger inscrit | CEAM à demander à sa caisse avant le départ | Au-delà de 3 mois : ressources suffisantes et assurance maladie |
| Conjoint et enfants | Selon le statut ; mineurs exemptés de participation ; S1 pour la famille d'un retraité | Documents européens de la caisse française | Pas de statut d'ayant droit décrit par la NZOK |
| Personne sans activité | NZOK après cotisation personnelle minimale | 24,81 euros par mois au minimum du 1er août au 31 décembre 2026 | 3 mois de cotisations sur 36 pour être pris en charge |
| Adhérent CFE | CFE en complément du régime bulgare | Adhésion avant le départ ou peu après | Cotisation aux deux systèmes ; carence si adhésion tardive |
| Assurance au 1er euro | Assureur : frais réels dans les plafonds | Questionnaire médical, carences, exclusions | Accès aux prestataires privés ; prise en charge directe |
| Touriste | CEAM auprès des prestataires conventionnés ; assurance voyage | CEAM gratuite, à demander à sa caisse avant le départ | Pas de rapatriement, de soins privés ni de soins programmés |
| Retour en France | Assurance Maladie, dernière caisse du régime français | Formulaire S1106 pour rouvrir les droits | CFE : reprise sans carence selon l'organisme |
Sources : CLEISS, NZOK, NRA, Assurance Maladie, Your Europe. Les participations varient selon le prestataire ; les montants chiffrés du CLEISS portent sur les années indiquées et sont exprimés en leva (1,95583 lev pour 1 euro).
Questions fréquentes
La carte Vitale fonctionne-t-elle en Bulgarie ?
Non. Pour un séjour temporaire, la CEAM (EZOK en Bulgarie) donne accès aux soins nécessaires du système public bulgare, aux mêmes conditions que les assurés locaux. Pour une installation durable, la preuve de droits dépend du statut : affiliation à la NZOK, formulaire A1 pour un détaché ou formulaire S1 pour un retraité.
Que rembourse la NZOK à un salarié français ?
Les consultations du généraliste conventionné, les soins spécialisés sur orientation et l'hospitalisation sont pris en charge, avec une participation de 2,90 leva par consultation et de 5,80 leva par jour d'hospitalisation. Les médicaments sont remboursés en tout ou en partie pour les maladies de la liste, jusqu'à trois produits par maladie.
Un retraité français peut-il se faire soigner en Bulgarie ?
Oui, avec le formulaire S1 demandé à sa caisse de retraite avant le départ, puis son inscription à la NZOK auprès d'un médecin généraliste. Si la résidence fiscale est hors de France, une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général.
Que couvre la CEAM en Bulgarie ?
Les soins médicalement nécessaires auprès des prestataires conventionnés par la NZOK, aux mêmes conditions que les assurés locaux. Elle ne couvre ni les secours et le rapatriement, ni les soins privés, ni les traitements programmés ; la plupart des soins dentaires restent à la charge du patient.
Comment un salarié détaché est-il couvert en Bulgarie ?
Il reste au régime français avec le formulaire A1, valable 24 mois au plus. La CEAM lui donne accès direct aux prestataires bulgares ; l'arrêt maladie se transmet à la caisse française sous 48 heures et la famille résidente demande un S1.
Que se passe-t-il si l'on n'a ni emploi ni droit aux soins en Bulgarie ?
Une personne titulaire d'un permis de séjour de longue durée est soumise à l'assurance maladie obligatoire et règle une cotisation minimale de 24,81 euros par mois du 1er août au 31 décembre 2026. Sans trois mois de cotisations sur les 36 derniers mois, elle règle les frais de soins elle-même, hors soins d'urgence.
Les soins dentaires sont-ils remboursés en Bulgarie ?
Partiellement : une participation de 2,90 leva s'applique à chaque consultation, la prise en charge est limitée à 1 examen et 4 soins par an avant 18 ans, et à 1 examen et 2 soins ensuite. Les prothèses dentaires sont entièrement à la charge du patient.
Comment rouvrir ses droits au retour en France ?
En envoyant le formulaire S1106 à la caisse d'assurance maladie dont on relevait avant le départ. Un adhérent CFE vérifie avec l'organisme les conditions de reprise sans carence.
Les autres guides : Bulgarie
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
