Belgique · Prendre sa retraite
Prendre sa retraite en Belgique quand on est Français : séjour, S1, impôts et coût de la vie
L’essentiel
Un retraité français s'installe en Belgique grâce à la libre circulation européenne, avec une assurance maladie complète et des ressources suffisantes, pension comprise ; une inscription à la commune intervient après trois mois. Avec une pension française seule, le formulaire S1, demandé à la caisse de retraite, ouvre l'accès à l'assurance maladie belge via une mutualité ou la CAAMI, et la France prélève 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire. Selon la convention fiscale franco-belge de 1964, les pensions privées, dont celles du régime général, sont imposées dans l'État de résidence, donc en Belgique, alors que les pensions publiques restent imposées en France pour un retraité de nationalité française. Les prix belges dépassent d'environ 10 % les prix français (Eurostat, 2024), avec un reste à charge santé plus élevé.
- Séjour : assurance maladie complète et ressources suffisantes ; droit de séjour permanent après 5 ans de séjour légal ininterrompu (Your Europe).
- S1 : 3,2 % de cotisation maladie sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire du régime général si la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).
- Convention franco-belge du 10 mars 1964 : pensions privées imposées dans l'État de résidence (article 12), pensions publiques dans l'État payeur (article 10) (BOFiP).
- Additionnel communal à l'impôt des personnes physiques en Wallonie en 2026 : de 5,5 % à 8,8 %, 7,98 % en moyenne ; Namur 8,5 %, Liège et Mons 8,0 % (UVCW).
- Niveau des prix 2024 (UE27 = 100) : 118,7 en Belgique contre 107,9 en France ; santé 120,8 contre 98,9 (Eurostat).
- Sans S1 ni pension belge : cotisation personnelle de 931,12 € par trimestre en 2026, réduite à 465,55 € sous 46 716,82 € de revenu annuel (INAMI).
Repères économiques : Belgique
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +1,0 %
- Inflation
- 2,5 %
- Taux de chômage
- 5,9 %
- PIB par habitant
- 60 750 $
- Population
- 11,9 millions
- Monnaie
- Euro
- pas de frais de change
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit de séjour du retraité français
Un ressortissant de l’Union vit dans le pays de son choix à condition de disposer d’une assurance maladie complète dans le pays d’accueil et d’un revenu suffisant pour y vivre sans demander d’aide financière ; ce revenu peut provenir d’une pension (Your Europe). Les trois premiers mois de séjour s’effectuent sans demande de document de séjour, certains pays exigeant toutefois de signaler sa présence. Ensuite, l’administration locale peut demander un enregistrement auprès de la commune, avec une carte d’identité ou un passeport valide, la preuve d’une assurance maladie complète et la preuve de ressources suffisantes, quelle qu’en soit la source (Your Europe).
Après cinq ans de séjour légal ininterrompu, le droit de séjour devient permanent : le retraité peut alors rester aussi longtemps qu’il le souhaite. Les absences temporaires de moins de six mois par an préservent cette continuité (Your Europe). Le droit de séjour demeure tant que les conditions de ressources et d’assurance restent remplies. Le guide vivre en Belgique détaille l’installation, le logement et les écoles.
Santé du retraité : formulaire S1, mutualité et CAAMI
Le retraité qui perçoit uniquement une pension française, réside de façon permanente en Belgique (ou plus de six mois par an) et n’y exerce aucune activité demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite de base. Pour le régime général, il remplit le questionnaire d’étude des droits aux soins de santé à l’étranger et l’adresse à la Cnav ; pour une pension civile ou militaire, il s’adresse au centre de gestion des retraites de l’État. Le S1 se demande de préférence avant le départ, avec un document pour chaque membre de la famille ayant droit (CLEISS).
Le retraité remet le S1 à une mutualité ou à la CAAMI, qui l’inscrit : il bénéficie alors des prestations belges aux conditions locales. Les retenues sociales sont opérées uniquement en France, la pension française les supportant déjà ; si la résidence fiscale est hors de France, la CSG et la CRDS sont écartées et une cotisation d’assurance maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la pension complémentaire du régime général est prélevée (7,1 % pour les retraites des indépendants) (CLEISS).
Lors d’un séjour en France, le retraité retrouve l’intégralité de ses droits à l’assurance maladie française ; il peut conserver sa carte Vitale et s’adresse à sa dernière caisse (CLEISS, ameli). La CEAM, délivrée par sa caisse française, couvre ses séjours temporaires dans un autre pays européen. Un retraité qui perçoit aussi une pension belge est soigné par la Belgique, et celui qui travaille en Belgique relève du régime local au titre de son activité (CLEISS, ameli). Voir le mode d’emploi du formulaire S1, le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page assurance retraite à l’étranger.
Fiscalité de la pension : la convention fiscale franco-belge
La convention du 10 mars 1964 répartit le droit d’imposer les pensions selon leur nature. Les pensions de source privée et les rentes viagères, y compris toutes les prestations vieillesse prévues par la législation sociale, comme celles de la Cnav ou des régimes complémentaires, ne sont imposables que dans l’État dont le bénéficiaire est résident : la Belgique pour un retraité installé en Belgique (article 12). Les pensions versées par l’État ou une personne morale de droit public ne se livrant pas à une activité industrielle ou commerciale, en rémunération de services rendus, relèvent de l’article 10 : elles sont imposables dans l’État débiteur, la France, sauf si le bénéficiaire réside dans l’autre État et en possède la nationalité (BOFiP).
Un accord amiable du 4 août 2008 précise que les pensions exclues du champ de l’article 10 par cette exception sont imposables dans l’État de résidence ; il ne s’applique pas aux bénéficiaires de la double nationalité, dont la pension publique reste imposable en France (BOFiP). Lorsque la France exonère un revenu au profit de la Belgique, elle peut le prendre en compte pour déterminer le taux applicable aux autres revenus imposables en France, selon la règle du taux effectif (Assemblée nationale, réponse du 5 juillet 2016).
Côté belge, la pension imposable entre dans l’impôt des personnes physiques, calculé par un barème progressif, auquel s’ajoute un additionnel communal. En Wallonie, il varie de 5,5 % à 8,8 % selon la commune en 2026, pour une moyenne régionale de 7,98 % (UVCW). La convention prévoit aussi un cas particulier : une personne isolée sans foyer permanent en France qui séjourne en maison de repos en Belgique est considérée comme résidente de Belgique (BOFiP). Une vérification auprès de l’administration fiscale concernée complète toujours cette lecture générale.
Coût de la vie et budget santé du retraité
Le niveau des prix de la consommation individuelle réelle atteint 118,7 en Belgique contre 107,9 en France en 2024 (UE27 = 100), soit environ 10 % de plus. Le logement se situe à 130,8 contre 122,5, la santé à 120,8 contre 98,9, les restaurants et hôtels à 124,2 contre 110,0, tandis que l’alimentation (105,3 contre 110,1) revient environ 4 % moins cher (Eurostat). La page vivre en Belgique détaille ces indices.
Pour la santé, les ménages assument 21,8 % des dépenses courantes en Belgique en 2024, contre 10,2 % en France (Eurostat). Plusieurs dispositifs allègent la facture d’un retraité : l’intervention majorée, que les pensionnés peuvent demander à leur mutualité sous condition de revenus du ménage, étrangers compris, et le maximum à facturer, qui plafonne les parts personnelles annuelles (INAMI). Un retraité qui ne relève ni d’un S1 ni d’une pension belge règle la cotisation personnelle : 931,12 € par trimestre en 2026, ou 465,55 € si son revenu annuel reste sous 46 716,82 € (INAMI).
Choisir sa région et sa commune
La Belgique offre trois cadres de vie. La Wallonie et Bruxelles permettent de vivre en français ; la Flandre fonctionne en néerlandais. La fiscalité locale pèse sur le choix de la commune : en Wallonie, 188 des 262 communes appliquent un additionnel d’au moins 8 %, 55 communes 8,5 % et 35 communes 8,8 %, tandis que la moyenne provinciale du Brabant wallon s’établit à 7,55 % (UVCW, 2026). Namur applique 8,5 %, Liège et Mons 8,0 %.
Pour un retraité qui a travaillé en Belgique, l’âge légal belge de départ est de 66 ans en 2026 et passera à 67 ans en 2030 ; chaque pays verse sa part de pension au prorata de la carrière (Frontaliers Grand Est). Une carrière franco-belge génère ainsi deux pensions, et une pension belge change la caisse compétente pour la santé, comme indiqué plus haut.
Compléments : CFE, hospitalisation et assistance
La CFE propose RetraitExpat Santé, une offre dédiée aux retraités du régime de base français sans activité, qui complète ou prolonge la couverture sociale à l’étranger. Une assurance hospitalisation ou une assurance au premier euro prend le relais pour les suppléments de chambre individuelle, les honoraires non conventionnés et les postes moins bien couverts. L’assistance et le rapatriement s’ajoutent selon les besoins (CFE).
Pour choisir, la page complément CFE, le guide CFE ou assurance privée et la page rapatriement et assistance comparent les options. Expavy aide à les confronter à votre profil : diagnostic personnalisé.
Les démarches pas à pas
- Avant le départ. Informer la caisse de retraite et la caisse d’assurance maladie du départ et de la nouvelle adresse ; demander le S1 à la caisse de retraite ; conserver sa carte Vitale ; demander la CEAM au moins 15 jours avant tout voyage (ameli).
- À l’arrivée. S’enregistrer auprès de la commune après trois mois de séjour, avec une pièce d’identité, la preuve d’assurance maladie et la preuve de ressources (Your Europe).
- Santé. Remettre le S1 à une mutualité ou à la CAAMI, choisir un médecin généraliste et ouvrir un dossier médical global.
- Impôts. Déclarer la pension privée en Belgique, ou la pension publique en France selon la convention, et vérifier sa situation auprès de l’administration fiscale compétente.
- Revenus modestes. Demander l’intervention majorée à la mutualité lorsque les conditions de revenus du ménage sont remplies (INAMI).
La checklist des 90 premiers jours regroupe ces étapes, et la page remboursement des soins en Belgique détaille les prises en charge par situation.
Où est imposée la pension d'un retraité français résidant en Belgique ?
| Type de revenu | Pays d'imposition | Fondement | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Retraite du régime général (Cnav) et retraites complémentaires | Belgique (État de résidence) | Article 12 de la convention de 1964 | La France exonère ces revenus et peut les prendre en compte pour le taux effectif d'autres revenus |
| Rente viagère de source privée | Belgique (État de résidence) | Article 12 | Imposition belge selon le barème progressif et l'additionnel communal |
| Pension civile ou militaire française, retraité de nationalité française | France (État payeur) | Article 10, paragraphe 1 | Déclaration en France ; règles applicables aux non-résidents |
| Même pension, retraité de double nationalité franco-belge | France (État payeur) | Article 10, paragraphe 1 | L'accord amiable du 4 août 2008 ne s'applique pas aux binationaux |
| Même pension, retraité de nationalité belge seule | Belgique (État de résidence) | Article 10, paragraphe 3 et accord amiable du 4 août 2008 | Imposition belge de la pension |
| Personne isolée en maison de repos belge, sans foyer en France | Considérée résidente de Belgique | BOFiP, règle de résidence | Règles particulières si le conjoint reste résident en France |
Source : BOFiP-Impôts (BOI-INT-CVB-BEL-10-30), consulté le 01/10/2026. Lecture générale : la situation individuelle (nationalité, nature de la pension, résidence du foyer) peut modifier le résultat.
Questions fréquentes
Un retraité français a-t-il besoin d'un visa pour la Belgique ?
La libre circulation européenne ouvre le séjour sans visa. Après trois mois, un enregistrement auprès de la commune peut être demandé, avec une pièce d'identité, une assurance maladie complète et la preuve de ressources suffisantes (Your Europe).
Quelles conditions pour résider en Belgique en tant que retraité ?
Il faut disposer d'une assurance maladie complète et d'un revenu suffisant, pension comprise. Après 5 ans de séjour légal ininterrompu, le droit de séjour devient permanent (Your Europe).
Comment un retraité français est-il couvert en Belgique ?
Avec une pension française seule, il demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite et le remet à une mutualité ou à la CAAMI, qui le soigne aux conditions belges. La France prélève 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire si la résidence fiscale est à l'étranger (CLEISS).
Où sont imposées mes pensions de retraite si je vis en Belgique ?
Les pensions privées, dont celles du régime général et des régimes complémentaires, sont imposables dans l'État de résidence, donc en Belgique (article 12 de la convention du 10 mars 1964). Les pensions publiques relèvent de l'article 10 et sont imposables en France pour un retraité de nationalité française (BOFiP).
Que devient ma pension de fonctionnaire si je m'installe en Belgique ?
Elle reste imposable en France, État payeur, pour un retraité de nationalité française ou de double nationalité franco-belge. La Belgique l'impose lorsque le retraité réside en Belgique avec la seule nationalité belge (BOFiP).
Combien coûte la vie en Belgique pour un retraité ?
Le niveau des prix dépasse d'environ 10 % celui de la France en 2024 (118,7 contre 107,9) : logement et santé sont plus chers, l'alimentation environ 4 % moins chère. Les ménages assument 21,8 % des dépenses de santé, contre 10,2 % en France (Eurostat).
Puis-je me faire soigner en France en résidant en Belgique ?
Oui : avec une pension française, le retraité retrouve ses droits français lors d'un séjour en France et peut conserver sa carte Vitale. Avec une pension belge, c'est le système belge qui prend en charge les soins, y compris lors des séjours temporaires (CLEISS, ameli).
Que faire si je perçois aussi une pension belge ou si je travaille encore ?
Un polypensionné résidant en Belgique est soigné par la Belgique. Un retraité qui exerce une activité en Belgique relève du régime local au titre de cette activité : il s'adresse à la mutualité pour s'affilier (CLEISS, ameli).
Les autres guides : Belgique
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.