Aller au contenu principal
Expavy

Autriche · Prendre sa retraite

Prendre sa retraite en Autriche : séjour, fiscalité de la pension, formulaire S1 et coût de la vie

L’essentiel

Un retraité français s'installe en Autriche sans visa : le séjour est libre pendant trois mois, puis l'Anmeldebescheinigung se demande dans les 4 mois, sur preuve de ressources suffisantes et d'une assurance maladie complète. La pension française de base ou complémentaire est imposable en Autriche, État de résidence, selon l'article 18 de la convention fiscale du 26 mars 1993 ; la pension publique d'un ancien fonctionnaire reste imposable en France. Avec le formulaire S1 demandé à sa caisse de retraite, le retraité s'inscrit à l'ÖGK et reçoit les soins aux frais de la France. Le loyer moyen atteint 10,5 € par m² charges comprises, et l'abonnement annuel de transports de Vienne coûte 294 € à partir de 65 ans. Le montant de ressources à justifier se confirme auprès de l'autorité de séjour.

  • 3 mois de séjour libre, puis Anmeldebescheinigung à demander dans les 4 mois : 44 € en 2026, validité illimitée ; séjour permanent après 5 ans.
  • 1 308,39 € par mois pour une personne seule et 2 064,12 € pour un couple : allocation compensatoire (Ausgleichszulage) de 2026, minimum de pension autrichien versé 14 fois par an.
  • 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire : cotisation maladie prélevée sur la retraite française d'un retraité dont la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).
  • 0 % jusqu'à 13 539 € de revenu imposable annuel, puis 20 % à 50 % : barème autrichien de 2026 applicable à la pension française imposable en Autriche.
  • 10,5 € par m² : loyer moyen charges comprises au 2e trimestre 2026, soit 694,7 € par logement (Statistik Austria).
  • 294 € : abonnement annuel de transports publics de Vienne en 2026 pour les plus de 65 ans, contre 461 € pour un adulte.

Repères économiques : Autriche

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+0,6 %
Inflation
3,5 %
Taux de chômage
5,6 %
PIB par habitant
62 930 $
Population
9,2 millions
Monnaie
Euro
pas de frais de change

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit de séjour du retraité : aucun visa, une Anmeldebescheinigung après trois mois

Les ressortissants de l’Union européenne entrent en Autriche sans visa et séjournent trois mois sans autre formalité. Au-delà, un retraité qui ne travaille pas a le droit de rester s’il dispose de ressources suffisantes et d’une assurance maladie complète pour lui-même et sa famille, de sorte qu’il n’ait recours ni à l’aide sociale ni à l’allocation compensatoire (oesterreich.gv.at, ministère fédéral de l’Intérieur). La preuve se fait avec l’Anmeldebescheinigung, à demander dans les 4 mois suivant l’arrivée : 44 € en 2026, validité sans limite de durée, attestation de séjour permanent après cinq ans de résidence régulière et continue, également à 44 €. La déclaration de domicile (Meldezettel) reste exigée dans les 3 jours suivant l’emménagement, comme expliqué dans la page vivre en Autriche.

  • Pièces usuelles : pièce d’identité, relevés de pension et justificatifs de ressources, preuve d’assurance maladie (le S1 accepté par l’ÖGK, une Selbstversicherung ou une assurance équivalente). Le dépôt se fait en personne après prise de rendez-vous auprès de la MA 35 à Vienne (Ville de Vienne).
  • Montant de référence : l’allocation compensatoire garantit aux pensionnés autrichiens 1 308,39 € par mois pour une personne seule et 2 064,12 € pour un couple en 2026, versés 14 fois par an (oesterreich.gv.at). Les textes officiels consultés ne fixent pas de montant de ressources à justifier pour un retraité européen ; ce seuil donne un ordre de grandeur, à confirmer auprès de l’autorité de séjour.

Fiscalité de la pension française : la convention franco-autrichienne

Toute personne qui dispose d’un logement en Autriche ou qui y séjourne de façon habituelle est imposable en Autriche sur l’ensemble de ses revenus mondiaux ; la résidence fiscale s’acquiert rétroactivement après six mois de séjour (ministère fédéral des Finances). La convention entre la France et l’Autriche, signée à Vienne le 26 mars 1993, en vigueur depuis le 1er septembre 1994 et modifiée par un avenant signé en 2011, fixe ensuite l’État qui peut imposer chaque revenu.

  • Pensions privées et de sécurité sociale (article 18) : les pensions payées à un résident au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans l’État de résidence. Une pension du régime général ou une retraite complémentaire versée à un retraité installé en Autriche est donc imposée en Autriche et échappe à l’impôt français (administration fiscale française).
  • Pensions publiques (article 19) : les pensions payées par un État ou une collectivité au titre de services rendus à cet État ne sont imposables que dans cet État. Un ancien fonctionnaire français reste donc imposé en France sur cette pension, sauf s’il possède uniquement la nationalité autrichienne.
  • Double imposition (article 23) : l’Autriche exempte les revenus imposables en France, en les prenant en compte pour le taux applicable au reste du revenu ; la France accorde un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant aux revenus imposables en Autriche.
  • Barème autrichien : 0 % jusqu’à 13 539 € de revenu imposable annuel, puis 20 %, 30 %, 40 %, 48 % et 50 % par tranches (ministère fédéral des Finances). Le tableau complet figure dans la page travailler en Autriche.
  • Prélèvements français : pour un retraité dont la résidence fiscale est hors de France, la CSG et la CRDS ne s’appliquent pas ; une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée dans le régime général (CLEISS).

Un conseil individuel auprès du service des impôts des particuliers non-résidents ou d’un conseiller fiscal permet de vérifier les déclarations à déposer dans chaque pays. Le guide toucher sa retraite à l’étranger détaille le versement des pensions hors de France.

Soins des retraités : le formulaire S1 et l'inscription à l'ÖGK

Un retraité français qui vit en Autriche et ne perçoit que des pensions françaises demande avant le départ le document portable S1 auprès de sa caisse de retraite, puis l’adresse à l’ÖGK. Il s’inscrit ainsi à l’assurance maladie de son lieu de résidence et reçoit les soins selon la législation autrichienne, comme un assuré local, avec une prise en charge financière de la France. Chaque membre de la famille a besoin de son propre S1. Si le retraité touche aussi une pension autrichienne, c’est le système autrichien qui prend en charge les soins locaux (Assurance Maladie).

  • Séjours en France : le retraité conserve l’ensemble de ses droits auprès de sa caisse française et ne rend pas sa carte Vitale ; la couverture se rétablit par un appel au 36 46 à son retour (ameli).
  • Voyages dans un autre pays européen : la CEAM, valable deux ans au plus, se demande au moins 15 jours avant le départ. Des soins programmés dans un autre pays exigent l’autorisation préalable du pays de résidence (formulaire S2).
  • Participations : un assuré ÖGK supporte notamment une participation par produit prescrit et une participation journalière à l’hôpital, présentées dans la page remboursements des soins en Autriche.

Pour compléter ce dispositif avec une couverture au premier euro ou un accès aux praticiens non conventionnés, Expavy aide à comparer les options ; voir aussi le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page assurance retraite à l’étranger.

Coût de la vie et logement du retraité

Statistik Austria relève un loyer moyen de 10,5 € par m² charges comprises au deuxième trimestre 2026, soit 694,7 € par logement, avec des écarts selon la région, la surface et le segment locatif. Un retraité qui loue prévoit en outre les charges, l’énergie et les frais de santé non couverts : le guide budgétiser sa santé en expatriation aide à chiffrer ce poste.

  • Transports : la Jahreskarte de Vienne coûte 294 € en 2026 pour les plus de 65 ans, contre 461 € pour un adulte (transports publics de la Ville de Vienne).
  • Logement à Vienne : la ville combine logements municipaux, coopératifs et marché privé ; la recherche s’appuie sur les règles de commission décrites dans la page vivre en Autriche.
  • Repère de revenu : l’allocation compensatoire de 1 308,39 € par mois pour une personne seule en 2026 situe le minimum de pension autrichien, que les retraités européens comparent à leur propre pension avant de s’installer.

Villes et régions prisées : Vienne, Graz, Salzbourg, Innsbruck et Linz

Le choix du lieu dépend du climat, de l’altitude, de la proximité des hôpitaux et du budget logement. Vienne regroupe l’offre culturelle, les hôpitaux universitaires et le réseau de transports le plus dense du pays. Graz et Linz offrent une taille de ville plus modeste, avec des universités et des services complets. Salzbourg et Innsbruck se situent au pied des Alpes : l’environnement y séduit, mais les hivers sont plus longs, la neige plus présente et le risque d’avalanche impose de consulter les bulletins avant toute sortie en montagne.

Pour un projet de retraite, il est utile de passer au moins une saison hivernale sur place avant de s’engager dans un bail long, de vérifier la distance aux services de santé et de prévoir l’apprentissage de l’allemand pour les démarches courantes.

Si vous avez aussi travaillé en Autriche : la retraite autrichienne

Pour les périodes travaillées en Autriche, la pension se demande auprès de la caisse autrichienne (PVA). L’âge légal est fixé à 65 ans pour les hommes et à 60 ans pour les femmes, avec un relèvement progressif à 65 ans pour les femmes entre 2024 et 2033. Pour les assurés nés après 1955, la pension se calcule à partir d’un compte de pension (Pensionskonto) crédité de 1,78 % du revenu assuré par an. Elle est versée 14 fois par an. Une retraite anticipée à 62 ans est possible avec une réduction de 4,2 % par année d’anticipation, et le report du départ augmente la pension de 5,1 % par an dans certaines limites (CLEISS).

Les périodes accomplies en France et en Autriche se cumulent pour l’ouverture des droits : le guide trimestres travaillés à l’étranger explique le principe de la totalisation.

Démarches avant le départ et retour éventuel en France

  • Demander le S1 à sa caisse de retraite pour soi et pour chaque membre de la famille, avant le départ.
  • Informer ses caisses de retraite du changement d’adresse et du compte bancaire de versement de la pension.
  • Déclarer son domicile dans les 3 jours après l’arrivée, puis demander l’Anmeldebescheinigung dans les 4 mois.
  • Présenter le S1 à l’ÖGK pour obtenir la e-card.
  • S’inscrire au registre consulaire de l’ambassade de France à Vienne pour un séjour de plus de six mois.
  • Prévoir la déclaration de revenus en Autriche, où la pension française est imposable.

En cas de retour en France, l’assuré rouvre ses droits en contactant sa caisse d’assurance maladie : la page retour en France détaille les démarches.

Questions fréquentes

Faut-il un visa pour prendre sa retraite en Autriche ?

Non. Un Français entre avec une carte d'identité ou un passeport et séjourne trois mois librement. Au-delà, il demande l'Anmeldebescheinigung dans les 4 mois, sur preuve de ressources suffisantes et d'une assurance maladie complète : 44 € en 2026, validité illimitée.

Quels revenus faut-il justifier pour s'installer en Autriche à la retraite ?

Les textes officiels consultés exigent des ressources suffisantes pour ne pas recourir à l'aide sociale, sans fixer de montant unique. Le seuil de l'allocation compensatoire, 1 308,39 € par mois pour une personne seule et 2 064,12 € pour un couple en 2026, donne un ordre de grandeur à confirmer auprès de l'autorité de séjour.

La pension française est-elle imposée en Autriche ou en France ?

Selon l'article 18 de la convention fiscale franco-autrichienne, une pension du régime général ou complémentaire est imposable dans l'État de résidence, donc en Autriche pour un retraité qui y réside. La pension publique d'un ancien fonctionnaire reste imposable en France (article 19).

Comment fonctionne le formulaire S1 en Autriche ?

Le retraité demande le S1 à sa caisse de retraite avant le départ et le remet à l'ÖGK, qui l'inscrit comme assuré. Les soins suivent la législation autrichienne et sont pris en charge par la France ; chaque membre de la famille a son propre S1.

Un retraité peut-il garder sa carte Vitale en Autriche ?

Oui : il ne la rend pas. Elle sert lors de ses séjours en France, où il conserve tous ses droits ; en Autriche, c'est la e-card de l'ÖGK qui ouvre l'accès aux médecins conventionnés.

Quelle cotisation maladie est prélevée sur la retraite française ?

Pour un retraité dont la résidence fiscale est hors de France, la CSG et la CRDS ne s'appliquent pas ; une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée dans le régime général.

Quel est le coût de la vie pour un retraité en Autriche ?

Le loyer moyen atteint 10,5 € par m² charges comprises, soit 694,7 € par logement au deuxième trimestre 2026. À Vienne, l'abonnement annuel de transports coûte 294 € à partir de 65 ans. Le budget varie selon la ville, le logement et la santé.

À quel âge prend-on sa retraite en Autriche ?

L'âge légal est de 65 ans pour les hommes et de 60 ans pour les femmes, avec un relèvement progressif à 65 ans entre 2024 et 2033 ; une retraite anticipée à 62 ans est possible avec une réduction de 4,2 % par année d'anticipation.

Les autres guides : Autriche