Autriche · Travailler et économie
Travailler en Autriche quand on est français : droit au travail, salaire, contrat, impôts et cotisations
L’essentiel
Un Français travaille en Autriche sans permis ni autorisation, avec les mêmes droits qu'un Autrichien. Il n'existe pas de salaire minimum légal général : les minima sont fixés par plus de 800 conventions collectives (Kollektivvertrag) qui couvrent environ 95 % des salariés, la plupart à 1 700 € brut par mois au moins, versés 14 fois par an. Le revenu brut annuel médian des salariés à temps plein toute l'année atteignait 55 678 € en 2024. L'impôt sur le revenu est progressif, de 0 % jusqu'à 13 539 € à 50 % au-delà de 104 859 € de revenu imposable, et les cotisations sociales du salarié représentent 18,07 % du brut. Les services produisent 71,3 % de la valeur ajoutée du pays, qui utilise l'euro.
- Plus de 800 conventions collectives et environ 95 % des salariés couverts, sans salaire minimum légal général (ministère fédéral du Travail, août 2025).
- 1 700 € brut par mois, versés 14 fois par an : minimum prévu par la plupart des conventions ; salaire mensuel moyen de 1 983 € brut dans ce cadre.
- 55 678 € : revenu brut annuel médian des salariés à temps plein toute l'année en 2024, contre 38 043 € pour l'ensemble des salariés (Statistik Austria).
- 0 % jusqu'à 13 539 € puis 20 %, 30 %, 40 %, 48 % et 50 % : barème de l'impôt sur le revenu en 2026, avec 55 % au-delà d'un million d'euros.
- 18,07 % du salaire brut : cotisations sociales du salarié en 2026, dont 3,87 % pour la maladie, 10,25 % pour la pension et 2,95 % pour le chômage.
- 8 heures par jour et 40 heures par semaine : durée normale du travail avant le déclenchement des heures supplémentaires.
Repères économiques : Autriche
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +0,6 %
- Inflation
- 3,5 %
- Taux de chômage
- 5,6 %
- PIB par habitant
- 62 930 $
- Population
- 9,2 millions
- Monnaie
- Euro
- pas de frais de change
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail : un accès sans autorisation pour un Français
Les ressortissants de l’Union européenne et de l’Espace économique européen bénéficient de la libre circulation des travailleurs : ils ne demandent aucune autorisation d’accès au marché du travail autrichien (Unternehmensserviceportal). Le même droit s’étend aux membres de leur famille, quelle que soit leur nationalité. Il n’existe donc ni visa de travail ni permis à obtenir avant de signer un contrat. Pour un séjour de plus de trois mois, une Anmeldebescheinigung se demande auprès de l’autorité de séjour.
La recherche d’emploi passe par le service public de l’emploi (AMS), les offres des entreprises et les réseaux professionnels. La maîtrise de l’allemand ouvre le marché le plus large ; plusieurs secteurs internationaux de Vienne fonctionnent aussi en anglais. Pour une profession réglementée, la reconnaissance des qualifications relève de l’organisme compétent. Le guide travailler à l’étranger aide à préparer le départ côté français.
Salaire minimum et niveaux de salaire : le rôle des conventions collectives
L’Autriche fixe les minima par secteur plutôt que par la loi. Le ministère fédéral du Travail recense plus de 800 conventions collectives, qui couvrent environ 95 % des salariés. Le minimum conventionnel s’impose à l’employeur : un contrat de travail ou un accord d’entreprise ne peut pas descendre en dessous, et le salarié peut saisir le tribunal du travail pour réclamer la différence, dans un délai de trois ans. La plupart des conventions prévoient au moins 1 700 € brut par mois, versés 14 fois par an, ce qui représente un salaire mensuel moyen de 1 983 € brut (ministère, août 2025).
- Revenu médian : 55 678 € brut par an en 2024 pour les salariés à temps plein toute l’année, en hausse de 8,1 % sur un an ; 38 043 € pour l’ensemble des salariés, temps partiels compris, en hausse de 7,7 % (Statistik Austria).
- Comment lire une offre : l’annonce mentionne le plus souvent le minimum de la convention collective applicable. Le salaire annuel brut se calcule sur 14 mensualités, ce qui explique les écarts apparents avec un salaire français exprimé sur 12 mois.
- Convention applicable : elle dépend de la branche de l’employeur ; elle précise la grille de classification, les primes et les majorations, et se consulte auprès de l’employeur, des chambres professionnelles ou des syndicats.
Pour comparer une offre avec un poste en France, le guide détaché ou expatrié rappelle les différences de statut qui changent le salaire net et la protection sociale.
Contrat, durée du travail et treizième et quatorzième mois
La durée normale du travail est de 8 heures par jour et de 40 heures par semaine ; au-delà, les heures sont comptées comme heures supplémentaires. Beaucoup de conventions collectives fixent une semaine plus courte, et des aménagements existent : semaine de quatre jours jusqu’à 10 heures par jour, horaires flexibles ou travail en équipes avec une moyenne de 40 heures (Unternehmensserviceportal).
Les 14 mensualités comprennent 12 salaires ordinaires, un treizième mois lié aux vacances (Urlaubszuschuss) et un quatorzième mois de fin d’année (Weihnachtsremuneration). Ces paiements spéciaux (Sonderzahlungen) résultent de la convention collective ou du contrat. Un salarié qui arrive ou quitte l’entreprise en cours d’année en perçoit une part proportionnelle. Ils bénéficient d’un taux d’impôt réduit, présenté dans la section suivante.
Impôt sur le revenu : barème, paiements spéciaux et convention fiscale
L’impôt autrichien est progressif. Pour 2026, les seuils ont été relevés de 1,733 % pour neutraliser l’inflation : 0 % jusqu’à 13 539 € de revenu imposable annuel, puis 20 %, 30 %, 40 %, 48 % et 50 % par tranches, avec un taux de 55 % au-delà d’un million d’euros, valable jusqu’en 2029 (ministère fédéral des Finances). Un revenu imposable de 40 000 € donne ainsi, avant crédits d’impôt, 1 690,60 € sur la tranche à 20 %, 4 339,80 € sur la tranche à 30 % et 1 416,80 € sur la tranche à 40 %, soit environ 7 447 € (calcul à partir du barème).
- Treizième et quatorzième mois : dans la limite du « sixième annuel » (deux mensualités moyennes), ils sont imposés à 6 % après une franchise de 620 € et jusqu’à 24 380 €, puis à 27 % au-delà (WKO).
- Résidence fiscale : toute personne qui dispose d’un logement en Autriche ou y séjourne de façon habituelle est imposable sur l’ensemble de ses revenus mondiaux ; la qualité de résident s’acquiert rétroactivement après six mois de séjour (ministère fédéral des Finances).
- Convention franco-autrichienne : signée à Vienne le 26 mars 1993, elle prévoit que les salaires sont imposables dans l’État où l’emploi est exercé. Un résident d’un État qui travaille moins de 183 jours sur douze mois dans l’autre État, pour un employeur établi hors de cet État, reste imposé dans son pays de résidence. Pour éviter la double imposition, la France accorde un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant aux revenus autrichiens, tandis que l’Autriche exempte les revenus imposables en France, en les prenant en compte pour déterminer le taux applicable au reste du revenu.
En cas de doute sur sa résidence fiscale ou sur un double emploi entre les deux pays, l’administration fiscale française (service des impôts des particuliers non-résidents) et le centre des impôts autrichien compétent restent les interlocuteurs.
Cotisations sociales : salarié, employeur et indépendant
Pour un employé (Angestellter) en 2026, les cotisations du salarié totalisent 18,07 % du salaire brut : 3,87 % pour la maladie, 10,25 % pour la pension, 2,95 % pour le chômage, auxquels s’ajoutent les contributions annexes. L’employeur supporte 20,98 % de cotisations sociales, dont 3,78 % pour la maladie et 12,55 % pour la pension, plus d’autres prélèvements sur la masse salariale. La base de cotisation est plafonnée à 6 930 € par mois, et à 13 860 € par an pour les paiements spéciaux ; en dessous de 551,10 € par mois, l’activité est dite marginale (WKO).
- Indépendant : affiliation obligatoire à la SVS, avec 18,50 % pour la pension, 6,80 % pour la maladie et 1,53 % pour la prévoyance indépendante, soit 26,83 % de cotisations en 2026. La base mensuelle va de 551,10 € (6 613,20 € par an) à 8 085 €, ce qui représente environ 1 930 € à 26 186 € de cotisations par an (WKO).
- Nouveaux indépendants : les activités qui ne requièrent pas de licence commerciale (auteur, conférencier, par exemple) relèvent du statut de « nouveau travailleur indépendant » et se déclarent à la SVS à partir de 6 613,20 € de revenu annuel brut en 2026.
Ces cotisations ouvrent droit à l’assurance maladie de l’ÖGK ou de la SVS, détaillée dans la page système de santé autrichien. Un salarié détaché depuis la France reste soumis au régime français avec le formulaire A1 et ne cotise pas en Autriche.
Télétravail et indépendants
Le télétravail se convient avec l’employeur. Lorsqu’un salarié d’une entreprise autrichienne travaille à distance depuis la France, la part de télétravail compte pour la protection sociale : à partir de 25 % du temps de travail, la compétence en matière de sécurité sociale peut passer au pays de résidence. Un accord-cadre multilatéral, applicable depuis le 1er juillet 2023, prévoit une procédure simplifiée pour une part de télétravail comprise entre 25 % et moins de 50 %, avec un certificat PD A1 délivré par l’assureur social autrichien (Sozialversicherung).
Les indépendants et les nomades numériques installés en Autriche relèvent de la SVS pour leur activité ; le guide assurance nomade digital présente les points d’attention de ce statut.
L'économie autrichienne : secteurs, euro et perspectives
Selon les comptes nationaux de Statistik Austria, les services ont produit 316,1 milliards d’euros de valeur ajoutée en 2024, soit 71,3 % du total, contre 121,5 milliards d’euros pour le secteur productif (27,4 %) et 1,4 % pour l’agriculture et la sylviculture. Le pays comptait 4,7 millions de personnes en emploi, dont 0,6 million d’indépendants. Au sein du secteur productif, l’industrie manufacturière pèse 61,6 % de la valeur ajoutée, la construction 23,4 % et l’énergie 10,9 %. Dans les services, le commerce représente 15,0 %, les services aux entreprises 14,0 % et l’administration publique 7,4 %.
- Contraste récent : en 2024, la valeur ajoutée réelle du secteur productif a reculé de 4,8 %, tandis que celle des services a progressé de 0,6 % ; les branches orientées vers l’exportation et l’investissement ont été les plus touchées.
- Monnaie : l’euro, qui supprime tout risque de change pour un revenu français.
- Perspectives : les prévisions de croissance, d’inflation et de chômage sont actualisées en continu dans le bloc « Repères économiques » de cette page.
Tranches du barème de l'impôt sur le revenu
| Revenu imposable annuel | Taux marginal |
|---|---|
| Jusqu'à 13 539 € | 0 % |
| De 13 539 € à 21 992 € | 20 % |
| De 21 992 € à 36 458 € | 30 % |
| De 36 458 € à 70 365 € | 40 % |
| De 70 365 € à 104 859 € | 48 % |
| De 104 859 € à 1 000 000 € | 50 % |
| Au-delà de 1 000 000 € | 55 % (taux temporaire jusqu'en 2029) |
Source : ministère fédéral des Finances ; seuils de 2026 relevés de 1,733 %. Montants avant crédits d'impôt et déductions.
Questions fréquentes
Un Français a-t-il besoin d'un permis de travail en Autriche ?
Non. En tant que citoyen de l'Union européenne, un Français accède au marché du travail autrichien sans autorisation, comme les membres de sa famille. Pour un séjour de plus de trois mois, il demande l'Anmeldebescheinigung auprès de l'autorité de séjour.
Existe-t-il un salaire minimum en Autriche ?
Il n'existe pas de salaire minimum légal général. Plus de 800 conventions collectives, qui couvrent environ 95 % des salariés, fixent les minima par branche ; la plupart prévoient au moins 1 700 € brut par mois, versés 14 fois par an.
Que sont le treizième et le quatorzième mois ?
Il s'agit de deux paiements spéciaux annuels, un lié aux vacances et un de fin d'année, prévus par la convention collective ou le contrat. Ils sont imposés à 6 % dans la limite du sixième annuel, après une franchise de 620 € et jusqu'à 24 380 €.
Combien d'impôt sur le revenu paie-t-on en Autriche ?
Le barème est progressif : 0 % jusqu'à 13 539 € de revenu imposable, puis 20 %, 30 %, 40 %, 48 % et 50 % par tranches. Un revenu imposable de 40 000 € représente environ 7 447 € avant crédits d'impôt, selon le calcul à partir du barème.
Quelles cotisations sociales retenues sur le salaire ?
En 2026, le salarié supporte 18,07 % du salaire brut : 3,87 % pour la maladie, 10,25 % pour la pension, 2,95 % pour le chômage et des contributions annexes. L'assiette est plafonnée à 6 930 € par mois.
Combien de cotisations pour un indépendant ?
L'indépendant relève de la SVS : 18,50 % pour la pension, 6,80 % pour la maladie et 1,53 % pour la prévoyance indépendante, soit 26,83 % en 2026. La base mensuelle minimale est de 551,10 € et la base maximale de 8 085 €.
Peut-on télétravailler depuis la France pour un employeur autrichien ?
C'est possible si l'employeur l'accepte. À partir de 25 % de télétravail depuis la France, la compétence en matière de sécurité sociale peut passer au pays de résidence ; un accord-cadre multilatéral prévoit une procédure simplifiée entre 25 % et moins de 50 %, avec un certificat PD A1.
Les autres guides : Autriche
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
