Autriche · Remboursements des soins
Remboursement des soins en Autriche : qui rembourse quoi selon votre situation
L’essentiel
En Autriche, la carte Vitale n'est pas utilisée : la coordination entre la France et l'Autriche repose sur les règlements européens, et c'est votre statut qui désigne la caisse compétente. Le salarié local est couvert par l'ÖGK, le détaché garde le régime français grâce au formulaire A1, le retraité s'inscrit à l'ÖGK avec le formulaire S1 et l'étudiant utilise la CEAM pour un séjour temporaire. Une personne sans activité souscrit une affiliation volontaire à l'ÖGK ou une assurance équivalente, et un adhérent CFE ou un assuré au premier euro complète le dispositif selon son contrat. Le tableau récapitulatif résume chaque cas, puis la page détaille les postes de soins.
- Aucune carte Vitale en Autriche : le règlement (CE) 883/2004 organise la coordination, avec la CEAM pour un séjour temporaire et les formulaires A1 et S1 pour un séjour durable.
- 24 mois au plus : durée du détachement avec le formulaire A1, qui maintient le salarié au régime français (CLEISS).
- 80 % du tarif conventionné : remboursement par l'ÖGK d'une consultation chez un Wahlarzt, sur facture acquittée déposée dans les 3,5 ans.
- 7,55 € par produit prescrit en 2026, et 10,18 € à 23,50 € par jour d'hospitalisation selon le Land, pendant 28 jours au plus par année civile.
- 565,25 € par mois : affiliation volontaire (Selbstversicherung) à l'ÖGK en 2026, et 78,84 € pour les étudiants.
- 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire : cotisation maladie prélevée sur les retraites françaises d'un retraité dont la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).
Le principe : le statut désigne le payeur
La France et l’Autriche étant membres de l’Union européenne, leurs régimes de sécurité sociale sont coordonnés par le règlement (CE) 883/2004 : un travailleur relève de la législation d’un seul pays, en principe celui de son lieu d’activité, et ses périodes d’assurance se cumulent. La carte Vitale ne fonctionne pas chez un médecin autrichien : la preuve de droits est la e-card autrichienne pour un assuré local, la CEAM pour un séjour temporaire, ou un formulaire portable (A1, S1) pour un séjour durable. Les deux pays n’ont pas de frontière commune : le statut de frontalier n’a pas de portée pratique entre eux.
Cinq cas se distinguent : le salarié en contrat local, le salarié détaché, l’indépendant, le retraité et la personne sans activité, auxquels s’ajoutent l’étudiant, la famille, l’adhérent CFE, l’assuré au premier euro et le touriste. Les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer les couvertures. Le fonctionnement du réseau de soins est décrit dans le guide du système de santé autrichien.
Salarié en contrat local, salarié détaché et indépendant
Le salarié en contrat local est déclaré par son employeur à l’assurance sociale et reçoit les soins de l’ÖGK. Une consultation chez un médecin conventionné est couverte intégralement sur présentation de la e-card. Il verse une participation de 7,55 € par produit prescrit et une participation journalière à l’hôpital (10,18 € à 23,50 € selon le Land, 28 jours au plus par année civile). Les indemnités de maladie atteignent 50 % du dernier salaire, puis 60 % à partir du 43e jour (CLEISS). Voir le glossaire du contrat local.
Le salarié détaché par un employeur français reste rattaché à la Sécurité sociale française jusqu’à 24 mois, avec le formulaire A1. Il peut demander la CEAM pour accéder directement aux praticiens locaux, ou avancer les frais et en demander le remboursement à sa caisse française avec le formulaire S3125. Si la famille réside en Autriche, elle peut s’inscrire aux soins locaux avec un S1. Les arrêts maladie se déclarent à la caisse française sous 48 heures et les indemnités journalières viennent de France (CLEISS). Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.
L’indépendant exerçant en Autriche relève de la SVS, dont les cotisations sont présentées dans la page travailler en Autriche. Un indépendant français qui exerce seulement temporairement en Autriche peut, sous conditions, rester au régime français avec un certificat A1.
Retraité, étudiant, famille et personne sans activité
Le retraité qui perçoit une pension française demande avant le départ le formulaire S1 à sa caisse de retraite, puis le remet à l’ÖGK : il reçoit alors les soins selon la législation autrichienne, aux frais de la France. Chaque membre de la famille a son propre S1. Il garde sa carte Vitale et conserve ses droits complets en France lors d’un séjour (ameli). Si le résident fiscal est établi hors de France, une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur ses retraites françaises (CLEISS). Voir le guide formulaire S1 mode d’emploi et la page retraite en Autriche.
L’étudiant en séjour temporaire (type Erasmus) utilise la CEAM, qui reste valable jusqu’à deux ans, se commande au moins 15 jours avant le départ et couvre les soins médicalement nécessaires ; elle ne couvre ni les soins programmés ni les résidents permanents (CLEISS). Pour une installation durable sans droit dérivé, la Selbstversicherung étudiante coûte 78,84 € par mois en 2026. Voir l’assurance étudiant à l’étranger.
Le conjoint et les enfants sont couverts comme ayants droit de l’assuré : le conjoint, le partenaire d’une union enregistrée et, sous conditions, le cohabitant à charge, ainsi que les enfants jusqu’à la majorité, et jusqu’à 27 ans pour des études (CLEISS). Voir l’assurance famille expatriée.
La personne sans activité et sans droit dérivé souscrit une Selbstversicherung auprès de l’ÖGK : 565,25 € par mois en 2026, avec une réduction possible selon les ressources. Les prestations commencent en principe après six mois, ou immédiatement avec 26 semaines d’assurance sur les 12 derniers mois ; les indemnités en espèces en sont exclues (oesterreich.gv.at).
Adhérent CFE, assurance au 1er euro et touriste
L’adhérent CFE cotise à un organisme de protection sociale volontaire des Français de l’étranger. L’Assurance Maladie précise qu’un expatrié peut conserver une couverture française par la CFE, en cotisant alors aux deux systèmes. La CFE s’ajoute donc au régime autrichien obligatoire d’un salarié ou d’un indépendant ; elle sert d’appui aux séjours en France et au retour. Aucune carence ne s’applique si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l’expatriation ; au-delà, la carence est de trois mois avant 45 ans et de six mois ensuite. Il n’y a pas de questionnaire médical, et la conception d’un enfant doit être postérieure à l’adhésion pour la maternité (CFE). Voir le guide remboursements CFE.
L’assurance santé internationale au 1er euro rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, après franchise éventuelle, carences et exclusions. Elle ouvre l’accès aux praticiens non conventionnés et aux hôpitaux privés, avec une prise en charge directe selon le contrat, et peut inclure le rapatriement.
Le touriste présente sa CEAM aux médecins et hôpitaux de l’assurance sociale ; chez un Wahlarzt ou dans un hôpital privé sans contrat, il avance les frais comme un patient privé. Une assurance voyage qui couvre l’hospitalisation, le rapatriement et les secours en montagne complète utilement la CEAM. Voir l’assurance voyage longue durée.
Retour en France : rouvrir ses droits
Un expatrié qui rentre demande à sa caisse d’assurance maladie la réouverture de ses droits avec le formulaire S1106 (Assurance Maladie). Sans activité à l’arrivée, il justifie de trois mois de résidence stable en France ; avec un contrat de travail, l’affiliation intervient sans délai de carence. Les adhérents CFE bénéficient, selon la CFE, d’une reprise sans délai de carence, sous les conditions de l’organisme. Voir le guide réduire le délai de carence et la page retour en France.
Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité
- Consultation : gratuite chez un médecin conventionné avec la e-card. Chez un Wahlarzt, l’ÖGK rembourse 80 % du tarif qu’elle aurait versé à un médecin conventionné, dans la limite des frais réels, sur facture acquittée déposée dans les 3,5 ans : le montant reçu est souvent inférieur à 80 % de la facture. Frais réels pour un contrat au premier euro.
- Hospitalisation : l’ÖGK dans son réseau, avec une participation journalière de 10,18 € à 23,50 € selon le Land ; régime français pour le détaché ; CEAM pour un séjour temporaire dans un établissement conventionné ; contrat international avec prise en charge directe.
- Médicaments : 7,55 € par produit prescrit en 2026 pour un assuré ÖGK ; remboursement selon le contrat pour un contrat international ; la CEAM donne droit aux mêmes conditions que les assurés locaux.
- Dentaire : chez un Wahlzahnarzt, l’ÖGK rembourse 80 % du tarif conventionné. Les prothèses amovibles sont subventionnées sur la base du tarif conventionné, avec une quote-part de l’assuré de 20 à 30 % du tarif depuis mai 2026 ; les couronnes, bridges et implants relèvent en principe d’une prestation privée, sauf indication médicale particulière (ÖGK).
- Optique : l’ÖGK verse une participation sur ordonnance, calculée sur un tarif conventionné, avec une part minimale à la charge de l’assuré ; les montants se vérifient auprès de l’ÖGK, et les contrats internationaux fixent un plafond par période.
- Maternité : les examens du passeport parent-enfant (Eltern-Kind-Pass) sont gratuits chez les médecins conventionnés : cinq consultations gynécologiques, deux bilans sanguins et trois échographies pendant la grossesse, puis dix examens de l’enfant. Une résidente sans assurance peut obtenir un bon de prise en charge auprès de la caisse de son domicile. L’indemnité de maternité correspond à 100 % du salaire net moyen des trois derniers mois (CLEISS). La CFE exige une conception postérieure à l’adhésion, et les contrats internationaux appliquent en général un délai de carence à la maternité.
Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.
Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation
| Situation | Qui rembourse en priorité | Condition ou démarche | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Salarié en contrat local | ÖGK, médecins conventionnés avec la e-card | Déclaration par l'employeur | 7,55 € par produit prescrit ; hôpital 10,18 € à 23,50 € par jour |
| Salarié détaché | Régime français maintenu ; CEAM ou remboursement français | A1 pour 24 mois au plus ; formulaire S3125 si frais avancés | Famille résidente : S1 ; écart possible avec les tarifs locaux |
| Indépendant | SVS | Affiliation obligatoire | Cotisation sur une base minimale mensuelle de 551,10 € |
| Retraité | ÖGK avec le S1 délivré par la caisse de retraite française | S1 avant le départ ; un S1 par membre de la famille | Cotisation maladie de 3,2 % et 4,2 % sur la pension si résidence fiscale hors de France |
| Étudiant | CEAM (séjour temporaire) ou Selbstversicherung étudiante à 78,84 €/mois | CEAM à demander 15 jours avant, valable 2 ans au plus | Pas de soins programmés ni de résidence permanente avec la CEAM |
| Conjoint et enfants | Ayants droit de l'assuré ; S1 pour la famille d'un retraité ou d'un détaché | Enfants jusqu'à la majorité, 27 ans pour études | Statut du conjoint à confirmer auprès de l'ÖGK |
| Personne sans activité | Selbstversicherung ÖGK : 565,25 €/mois | Six mois de carence sauf 26 semaines d'assurance sur 12 mois | Pas d'indemnités en espèces |
| Adhérent CFE | CFE en complément du régime autrichien | Adhésion avant le départ ou sous 3 mois | Cotisation aux deux systèmes ; carence si adhésion tardive |
| Assurance au 1er euro | Assureur : frais réels dans les plafonds | Questionnaire médical, carences, exclusions | Accès aux praticiens non conventionnés ; prise en charge directe |
| Touriste | CEAM auprès des médecins conventionnés ; assurance voyage | CEAM gratuite, à demander 15 jours avant | Wahlarzt et hôpital privé payés comme patient privé |
| Retour en France | Assurance Maladie via le formulaire S1106 | 3 mois de résidence stable sans activité ; sans carence avec un contrat | CFE : reprise sans carence selon l'organisme |
Sources : CLEISS, ÖGK, oesterreich.gv.at, Assurance Maladie, CFE. Les montants s'entendent pour 2026 ; les participations varient selon le Land et la situation.
Questions fréquentes
La carte Vitale fonctionne-t-elle en Autriche ?
Non. Pour un séjour temporaire, la CEAM donne accès aux médecins et hôpitaux de l'assurance sociale autrichienne. Pour une installation durable, la preuve de droits est la e-card d'un salarié ou d'un indépendant, ou le formulaire A1 ou S1 selon le statut.
Que rembourse l'ÖGK à un salarié français ?
Chez un médecin conventionné, la consultation est couverte avec la e-card ; l'assuré verse 7,55 € par produit prescrit en 2026 et une participation journalière à l'hôpital de 10,18 € à 23,50 € selon le Land, pendant 28 jours au plus par année civile.
Comment se faire rembourser chez un Wahlarzt ?
Le patient paie la facture, puis l'ÖGK rembourse 80 % du tarif conventionné correspondant, dans la limite des frais réels, sur facture acquittée déposée dans les 3,5 ans. Le montant reçu est souvent inférieur à 80 % de la facture.
Un retraité français peut-il se faire soigner en Autriche ?
Oui, avec le formulaire S1 demandé à sa caisse de retraite avant le départ et remis à l'ÖGK. Les soins suivent la législation autrichienne, aux frais de la France ; une cotisation maladie de 3,2 % et 4,2 % est prélevée sur les pensions si la résidence fiscale est hors de France.
Que couvre la CEAM pour un étudiant ?
Les soins médicalement nécessaires pendant un séjour temporaire, auprès des médecins et hôpitaux de l'assurance sociale. Elle est valable jusqu'à deux ans, se demande 15 jours avant le départ et ne couvre ni les soins programmés ni un séjour permanent.
Quel est le délai de carence de la CFE ?
Aucun si l'adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l'expatriation. Au-delà, la carence est de trois mois avant 45 ans et de six mois à partir de 45 ans. La maternité suppose une conception postérieure à l'adhésion.
Une assurance au premier euro évite-t-elle l'avance des frais ?
Souvent, grâce à une prise en charge directe organisée avec l'établissement. Les plafonds, franchises, carences et exclusions du contrat déterminent le reste à charge ; l'accès aux praticiens non conventionnés fait partie des atouts de ce type de contrat.
Comment rouvrir ses droits au retour en France ?
En adressant le formulaire S1106 à sa caisse d'assurance maladie. Sans activité, il faut justifier de trois mois de résidence stable ; avec un contrat de travail, l'affiliation se fait sans délai de carence. Un adhérent CFE bénéficie d'une reprise sans carence selon l'organisme.
Les autres guides : Autriche
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
