Autriche · Système de santé
Système de santé autrichien : assurance sociale, médecins, hôpitaux, urgences et accès pour un Français
L’essentiel
L'Autriche organise sa santé autour d'une assurance sociale obligatoire liée au statut professionnel, qui couvre 99,9 % de la population ; l'ÖGK en est la caisse principale pour les salariés. L'assuré présente sa e-card chez un médecin conventionné (Kassenarzt), sans avance de frais, et choisit librement son généraliste ou son spécialiste. Un médecin sans contrat avec la caisse (Wahlarzt) fixe ses honoraires librement, et la caisse rembourse 80 % du tarif conventionné. En cas d'urgence, le 144 déclenche l'ambulance et le 1450 oriente les situations non vitales. Un Français accède au système par son emploi, par une affiliation volontaire ou par un document européen (S1, CEAM) selon sa situation.
- 99,9 % de la population couverte par l'assurance maladie sociale (ministère fédéral de la Santé, édition 2022).
- 7,65 % du salaire brut : cotisation maladie du salarié en 2026, dont 3,87 % à sa charge et 3,78 % à celle de l'employeur.
- 7,55 € : participation par produit prescrit (Rezeptgebühr) depuis le 1er janvier 2026, plafonnée à 2 % du revenu net annuel.
- 80 % du tarif conventionné : remboursement d'une consultation chez un Wahlarzt, sur facture acquittée, dans un délai de 3,5 ans.
- 565,25 € par mois : affiliation volontaire (Selbstversicherung) à l'ÖGK en 2026, et 78,84 € pour les étudiants.
- 271 hôpitaux et 64 805 lits en 2017 (ministère fédéral de la Santé), avec 7,4 lits pour 1 000 habitants.
Une assurance sociale obligatoire : ÖGK, SVS et BVAEB
L’Autriche finance sa santé par des cotisations sociales prélevées sur l’activité professionnelle, avec un cadre fixé par l’État fédéral et une gestion des hôpitaux par les neuf Länder. Selon le ministère fédéral de la Santé, l’assurance sociale couvre 99,9 % des personnes vivant dans le pays. Cinq institutions assurent la protection sociale : l’ÖGK (assurance maladie des salariés), la SVS (travailleurs indépendants), la BVAEB (fonctionnaires et agents assimilés), l’AUVA (accidents du travail) et la PVA (pensions) selon le CLEISS.
- Cotisation : 7,65 % du salaire brut pour l’assurance maladie en 2026, répartie entre 3,87 % pour le salarié et 3,78 % pour l’employeur (WKO).
- Libre choix : l’assuré choisit son médecin ; hormis quelques exceptions, il n’a pas à consulter d’abord un généraliste avant un spécialiste conventionné ou une consultation hospitalière externe, ni à demander l’accord de la caisse (ministère fédéral de la Santé).
- Fonds régionaux : dans chaque Land, un fonds de santé associe le Land, l’État et l’assurance sociale pour piloter les hôpitaux et les moyens financiers.
Qui est assuré : salarié, indépendant, non-actif et famille
Les salariés dont la rémunération mensuelle dépasse 551,10 € en 2026 sont assurés d’office pour la maladie, la pension et les accidents ; en dessous de ce seuil, seule l’assurance accidents s’applique, avec une option d’assurance volontaire à 83,49 € par mois (CLEISS). Les indépendants relèvent de la SVS. Le conjoint et les enfants à charge sont couverts comme ayants droit : les enfants jusqu’à leur majorité, et jusqu’à 27 ans en cas d’études (CLEISS).
Les personnes sans activité et sans droit dérivé peuvent s’assurer volontairement auprès de l’ÖGK (Selbstversicherung) : 565,25 € par mois en 2026, avec une réduction possible sur demande en cas de difficulté financière (oesterreich.gv.at), et 78,84 € par mois pour les étudiants (CLEISS). La couverture comprend les soins, l’hôpital et les médicaments, mais pas les prestations en espèces comme les indemnités de maladie. Les prestations débutent en principe après six mois ; elles s’ouvrent immédiatement pour une personne qui a été assurée pendant au moins 26 semaines au cours des 12 derniers mois, ou pendant au moins 6 semaines juste avant la demande.
Les situations selon le statut (détaché, retraité, étudiant, touriste) sont détaillées dans la page remboursements des soins en Autriche.
Médecin de premier recours : Kassenarzt, Wahlarzt et centres de soins primaires
Le premier contact avec le système se fait chez un généraliste, en cabinet individuel, en cabinet de groupe ou dans une unité de soins primaires (Primärversorgungseinheit), où des médecins et d’autres professionnels de santé travaillent en équipe près du domicile (ministère fédéral de la Santé). Chez un médecin conventionné, l’assuré ne paie rien pour les actes pris en charge qui sont facturés par la e-card ; certaines caisses demandent une petite participation (Selbstbehalt) (gesundheit.gv.at).
- Kassenarzt : médecin sous contrat avec la caisse. En 2017, 61 % des généralistes en exercice libéral avaient un contrat, contre 34 % des spécialistes et 76 % des dentistes (ministère fédéral de la Santé).
- Wahlarzt : médecin sans contrat, qui fixe ses honoraires librement. Le patient avance les frais, puis demande à l’ÖGK le remboursement de 80 % du montant que la caisse aurait versé à un médecin conventionné, dans la limite des frais réels. La facture se dépose dans les 3,5 ans, via l’espace Meine ÖGK ou par courrier ; les Wahlärzte qui suivent au moins 300 patients par an transmettent la demande par le système WAHonline depuis le 1er juillet 2024 (ÖGK).
La carte européenne de l’assurance maladie (CEAM) n’est acceptée que par les médecins et hôpitaux liés à l’assurance sociale. Chez un Wahlarzt ou dans un hôpital privé sans contrat, un voyageur paie la facture comme un patient privé (ÖGK). Le guide vérifier le réseau conventionné explique comment contrôler le statut d’un praticien avant la consultation.
Hôpitaux et urgences : 144, 112, 141 et 1450
En 2017, l’Autriche comptait 271 hôpitaux et 64 805 lits, soit 7,4 lits pour 1 000 habitants, dont 5,2 dans les hôpitaux aigus d’intérêt général (ministère fédéral de la Santé). Les urgences et les consultations externes sont assurées par les ambulances hospitalières (Spitalsambulanzen), généralement complétées par des consultations spécialisées ; à Vienne, l’AKH est l’hôpital universitaire public de référence.
- 144 : ambulance (Rettung), pour les urgences vitales. 112 : numéro européen. 133 : police. 122 : pompiers. 140 : secours en montagne (gesundheit.gv.at).
- 141 : médecin de garde (Ärztenotdienst), la nuit et le week-end. 1450 : conseil téléphonique de santé, utile lorsque la situation n’est pas une urgence vitale. Le centre antipoison répond au 01 406 43 43.
- Participation à l’hôpital : un assuré verse une participation journalière qui varie selon le Land, de 10,18 € à 23,50 € en 2026, pendant 28 jours au plus par année civile (CLEISS).
France Diplomatie recommande une assurance couvrant les frais d’hospitalisation et le rapatriement, car ces frais peuvent être très élevés pour une personne non assurée localement. La page rapatriement et assistance présente ces garanties.
Médicaments, ordonnances et participation aux frais
Depuis le 1er janvier 2026, la participation par produit prescrit (Rezeptgebühr) est de 7,55 €. Dès qu’un assuré a payé 2 % de son revenu net annuel en Rezeptgebühren, il en est automatiquement exonéré pour le reste de l’année, sans demande à effectuer ; la limite exige donc au minimum 41 ordonnances à 7,55 €, soit environ 310 €. Le compte des frais de médicaments tenu par l’assurance sociale enregistre les montants payés. Certains publics sont exonérés, notamment les titulaires de l’allocation compensatoire de pension (oesterreich.gv.at).
- Ordonnance : l’ordonnance de la caisse (Kassenrezept) doit être présentée à la pharmacie dans le mois qui suit son émission, au format papier ou électronique (ÖGK).
- Avance de frais : lorsqu’un médicament remboursable est payé d’avance, la caisse rembourse 80 % du tarif habituel, moins la Rezeptgebühr, et non 80 % du ticket de caisse (ÖGK).
- Dossier de santé : l’e-médication, composante du dossier électronique ELGA, mémorise les médicaments prescrits pendant un an pour éviter les interactions et les doublons.
Risques sanitaires et vaccinations
La vaccination contre l’encéphalite à tiques (FSME) est recommandée à toutes les personnes qui vivent en Autriche, car aucun Land n’en est exempt ; elle ne fait pas partie du programme de vaccination gratuit. Le schéma de base compte trois doses (la deuxième 1 à 3 mois après la première, la troisième 5 à 12 mois après la deuxième), avec un premier rappel trois ans plus tard, puis tous les 5 ans avant 60 ans et tous les 3 ans ensuite. Les cas surviennent désormais dès mars-avril, d’où l’intérêt de vacciner en janvier ou en février (gesundheit.gv.at).
- France Diplomatie signale aussi le virus du Nil occidental, transmis par les moustiques, et publie une alerte sur la hausse des cas de rougeole depuis le 13 mars 2026 : le point sur les vaccins courants est à faire avant le départ.
- Avant un séjour temporaire : la CEAM se demande à son organisme d’assurance maladie au moins 15 jours avant le départ ; une assurance voyage avec rapatriement reste recommandée, notamment pour les frais de secours en montagne.
Accéder aux soins quand on est français : repères par situation
L’Autriche appliquant les règles européennes de coordination, le statut professionnel décide de la caisse compétente. Un salarié local relève de l’ÖGK, un indépendant de la SVS, un retraité muni du formulaire S1 s’inscrit à l’ÖGK, et un salarié détaché garde le régime français avec le formulaire A1. Un étudiant en séjour d’études temporaire utilise la CEAM.
Pour une personne qui souhaite compléter ces droits avec une couverture au premier euro, une prise en charge directe ou un accès aux praticiens non conventionnés, Expavy aide à comparer les options à partir de votre situation, avec la page assurance santé expatrié. La fiche pays Autriche rassemble les coûts et les accords de coordination.
Questions fréquentes
Le système de santé autrichien est-il public ou privé ?
Il repose sur une assurance sociale obligatoire financée par les cotisations, qui couvre 99,9 % de la population selon le ministère fédéral de la Santé. Les hôpitaux sont organisés par les Länder, et des médecins et cliniques privés coexistent avec les praticiens conventionnés.
Un Français peut-il s'affilier à l'assurance maladie autrichienne ?
Oui. Un salarié est affilié d'office par son employeur, un indépendant par la SVS. Une personne sans activité peut souscrire une Selbstversicherung à l'ÖGK : 565,25 € par mois en 2026, avec un délai de carence de six mois sauf couverture antérieure suffisante.
Faut-il un médecin traitant pour consulter un spécialiste ?
Non obligatoirement : l'assuré choisit librement son médecin et, hormis de rares exceptions, n'a pas à passer d'abord par le généraliste ni à demander l'accord de la caisse. Le généraliste reste le premier interlocuteur pour la prévention et le suivi.
Qu'est-ce qu'un Wahlarzt et comment se faire rembourser ?
C'est un médecin sans contrat avec la caisse, qui fixe ses honoraires. Le patient paie, puis l'ÖGK rembourse 80 % du tarif conventionné correspondant, dans la limite des frais réels, sur facture acquittée déposée dans les 3,5 ans.
Quels numéros appeler en cas d'urgence en Autriche ?
Le 144 pour l'ambulance, le 112 pour le numéro européen, le 133 pour la police, le 141 pour le médecin de garde la nuit et le week-end, et le 1450 pour un conseil de santé en dehors des urgences vitales.
Combien coûte une ordonnance en Autriche ?
La participation est de 7,55 € par produit prescrit depuis le 1er janvier 2026. Elle est plafonnée à 2 % du revenu net annuel : au-delà, l'assuré est exonéré automatiquement jusqu'à la fin de l'année.
Faut-il se faire vacciner contre les tiques en Autriche ?
La vaccination contre l'encéphalite à tiques est recommandée à tous les résidents, car aucun Land n'est exempt. Elle n'entre pas dans le programme gratuit ; le schéma de base compte trois doses, avec des rappels tous les 3 à 5 ans selon l'âge.
Combien coûte une journée d'hôpital pour un assuré ?
Une participation journalière, qui varie selon le Land de 10,18 € à 23,50 € en 2026, est due pendant 28 jours au plus par année civile. Le montant exact dépend du Land de l'établissement et se vérifie auprès de l'hôpital ou de la caisse.
Les autres guides : Autriche
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
