Tchad · Prendre sa retraite
Prendre sa retraite au Tchad : séjour, pension française, fiscalité et santé
L’essentiel
Un retraité français qui s'installe au Tchad prépare trois dossiers : le séjour, la pension et la santé. Le visa est obligatoire et se demande avant le départ auprès d'une représentation tchadienne ; France Diplomatie ne décrit pas de visa spécifique aux retraités. La pension du régime français continue d'être versée à l'étranger sur présentation d'un certificat de vie annuel, mais le Tchad ne figure ni sur la liste des accords de sécurité sociale du CLEISS ni sur celle des conventions fiscales d'impots.gouv.fr. Il n'existe donc ni formulaire S1 ni coordination des soins : la santé repose sur la CFE ou sur une assurance internationale incluant l'évacuation sanitaire.
- Aucune convention de sécurité sociale France-Tchad : le pays est absent de la liste des accords du CLEISS, donc pas de formulaire S1 pour le retraité.
- Aucune convention fiscale France-Tchad sur la page des conventions d'impots.gouv.fr ni dans l'annexe du BOFiP.
- Retenue à la source sur une pension française de non-résident : taux de 0 %, 12 % et 20 % par tranches, après abattement de 10 %.
- Offre CFE pour les retraités à cotisation variable, sans questionnaire de santé ni exclusion possible (page d'accueil de la CFE).
- Certificat de vie annuel à renvoyer sous 2 mois, faute de quoi le paiement de la retraite est suspendu (Assurance retraite).
- Visa obligatoire avant le départ, aucun visa délivré à la frontière ; fièvre jaune obligatoire (France Diplomatie).
Service en cours de lancement : un conseiller étudie votre demande et vous recontacte pour préciser vos besoins.
Repères chiffrés : Tchad
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +5,6 %
- Inflation
- -3,9 %
- Taux de chômage
- 1,1 %
- PIB par habitant
- 1 022 $
- Population
- 21,0 millions
- Espérance de vie
- 55,2 ans
- Dépense de santé (% du PIB)
- 5,0 %
- Médecins pour 1 000 hab.
- 0,09
- Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
- 0,2
- Change
- 1 € = 655,957 XAF
- franc CFA (CEMAC), parité fixe avec l’euro
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Séjour du retraité : visa, enregistrement et conduite
France Diplomatie rappelle que l’entrée au Tchad exige un visa, à obtenir auprès d’une représentation diplomatique ou consulaire tchadienne ; aucun visa ne peut être délivré à la frontière. L’arrivée par voie aérienne, au poste frontière de N’Djamena, est fortement recommandée, et le passeport doit être porté sur soi lors des déplacements interurbains. La page ne mentionne ni visa de retraité ni titre de séjour de longue durée : les conditions d’un séjour prolongé, notamment les justificatifs de ressources, se demandent par écrit à l’ambassade du Tchad à Paris et aux services de l’immigration tchadiens. Ces règles n’ont pas pu être lues sur une source officielle tchadienne pour ce guide.
Pour les voyages d’affaires, France Diplomatie indique un délai ordinaire de trois jours pour un visa et un enregistrement obligatoire auprès des services d’immigration dans les 48 heures suivant l’arrivée ; un résident de longue durée a intérêt à confirmer auprès de l’ambassade si cette formalité s’applique aussi à lui. Le permis de conduire français est reconnu pendant les trois premiers mois du séjour. Le réseau routier est en mauvais état et le recours à un chauffeur tchadien est vivement recommandé ; le carburant, disponible dans les grandes villes, peut manquer hors agglomérations.
L’ambassade de France à N’Djamena recommande l’inscription au registre des Français établis hors de France pour tout séjour de plus de six mois : elle facilite l’assistance consulaire et les démarches de nationalité ou d’état civil.
Pension française : versement, certificat de vie et prélèvements
L’Assurance retraite verse la pension chaque mois dans plus de 180 pays, sur un compte français ou, sur demande, sur un compte à l’étranger ; il faut signaler son départ et ses nouvelles coordonnées à sa caisse régionale avant de partir. L’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) et l’allocation supplémentaire d’invalidité ne sont plus versées en cas de départ à l’étranger, car elles exigent une résidence en France.
Chaque année, un certificat de vie doit être complété par l’autorité locale compétente de son pays de résidence, puis renvoyé en ligne ou par courrier au centre de traitement retraite à l’étranger de Tours, dans un délai de deux mois ; sans transmission, le paiement est suspendu. Pour le Tchad, la carte interactive du site de l’Assurance retraite indique l’autorité habilitée. Voir aussi toucher sa retraite à l’étranger.
Lorsque le domicile fiscal est hors de France, la CSG, la CRDS et la Casa ne sont pas prélevées. Une cotisation d’assurance maladie de 3,20 % peut l’être si le retraité relève d’un régime français obligatoire, ou s’il est de nationalité étrangère avec 15 ans d’assurance vieillesse en France (Assurance retraite). Le guide assurance retraite à l’étranger détaille ces règles.
Aucune convention de sécurité sociale : ce que cela change
Le CLEISS précise que la France est liée à une quarantaine d’États et territoires par des accords de sécurité sociale ; le Tchad n’en fait pas partie. Pour un retraité, cela signifie qu’aucune totalisation des périodes n’est organisée entre le régime français et le régime tchadien : chaque pension se calcule selon les seules règles de l’institution qui la verse. Le régime local est géré par la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), dont le site présente cinq branches, parmi lesquelles les pensions et la retraite (vieillesse, invalidité, survivants) ; ni l’âge de départ ni les taux de cotisation n’y sont publiés, et ils se demandent directement à la caisse (assistance@cnps-tchad.com).
Un retraité qui a aussi travaillé au Tchad conserve donc deux dossiers distincts, à instruire séparément. Sur ce point, le CLEISS invite à vérifier auprès des institutions locales dans quelle mesure le régime du pays prend en charge les soins.
Fiscalité de la pension française sans convention fiscale
La page des conventions fiscales internationales d’impots.gouv.fr ne liste aucune convention avec le Tchad, et l’annexe du BOFiP, qui ne signale que les accords en vigueur, ne la mentionne pas non plus. Les deux sources renvoient à la base « Traités et accords » du ministère des Affaires étrangères pour une vérification définitive. En l’absence de convention, le droit interne de chaque pays s’applique : un risque de double imposition ne peut pas être exclu et se mesure avant le départ.
Le domicile fiscal se détermine selon l’article 4 B du code général des impôts. Pour une personne non domiciliée en France, les pensions versées par un débiteur établi en France restent soumises à la retenue à la source de l’article 182 A. La base est le montant versé après un abattement de 10 %, et le barème applique 0 %, 12 % ou 20 % selon des tranches de revenus révisées chaque année ; aucune retenue n’est opérée si elle ne dépasse pas 8 € par mois pour un même pensionné. Un retraité qui perçoit plusieurs pensions peut voir une régularisation intervenir par voie de rôle.
Du côté tchadien, les règles d’imposition des pensions de source étrangère n’ont pas pu être lues sur un site officiel de l’administration fiscale du Tchad : une consultation écrite de cette administration, complétée par un échange avec le service des impôts des non-résidents français, évite les mauvaises surprises.
Santé du retraité : pas de S1, CFE ou assurance internationale
Selon l’Assurance retraite, l’attestation de droits aux soins de santé n’est possible que pour un retraité du régime général qui vit dans l’Union européenne ou dans un pays lié à la France par une convention ; l’Assurance Maladie ajoute qu’en résidence permanente hors de ces espaces et hors convention, les frais de santé ne sont plus couverts par le régime français. Au Tchad, le retraité choisit donc entre la CFE et une assurance privée.
L’offre de la CFE pour les retraités a une cotisation variable selon le pays et l’âge (cfe.fr) ; elle s’adresse aux titulaires d’une pension d’un régime de base français qui n’exercent plus d’activité, sans questionnaire médical ni exclusion une fois adhérent. La prise en charge est immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l’installation ; au-delà, la carence est de trois mois avant 44 ans et de six mois à partir de 45 ans. Voir le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page CFE.
Sur place, France Diplomatie juge indispensable un contrat d’assistance couvrant tous les frais médicaux, l’hospitalisation et le rapatriement sanitaire : sans lui, l’accès aux soins peut être refusé, y compris en urgence vitale, et l’ambassade ne prend aucun frais en charge. Le pays ne dispose pas d’infrastructures médicales et hospitalières aux normes européennes ; l’hôpital de la Renaissance, à N’Djamena, est le mieux équipé, notamment en imagerie, sans atteindre les normes européennes. Une garantie d’évacuation sanitaire avec un plafond élevé complète donc la CFE. Le guide système de santé du Tchad présente l’offre de soins.
Lors d’un séjour temporaire en France, un retraité du régime général peut s’affilier au Cnarefe (ameli-rfe.fr), à condition d’être en situation régulière et de justifier de 15 ans de cotisations à des régimes obligatoires français (10 ans pour les affiliés d’avant le 1er juillet 2019). Le conjoint n’est pas couvert : une assurance soins de santé et hospitalisation souscrite avant le séjour est conseillée (CLEISS).
Coût de la vie et vie quotidienne du retraité
Aucun budget moyen n’est avancé : les prix se comparent sur place, et l’inflation figure dans le bloc « Repères économiques » ci-dessus. La monnaie est le franc CFA, dont 100 unités valent 0,15 € selon France Diplomatie. Les postes qui pèsent le plus sont l’assurance santé, le logement sécurisé, les déplacements en voiture avec chauffeur et la connexion internet : France Diplomatie cite un abonnement de qualité autour de 150 à 200 € par mois. Les motos-taxis sont déconseillés, et le réseau téléphonique fonctionne correctement (deux opérateurs principaux).
Côté hygiène, la fiche santé recommande de ne boire que de l’eau en bouteille ou rendue potable, de bien cuire les aliments, d’éviter les crudités et de ne jamais acheter de médicaments dans la rue. Le paludisme est présent : une protection contre les piqûres et un traitement préventif se décident avec un médecin de médecine des voyages. La fièvre jaune est la vaccination obligatoire ; la méningite ACWY est vivement conseillée, des épidémies survenant chaque année de fin février à fin mai. Le ministère signale aussi des alertes sanitaires ponctuelles (choléra, rougeole) : les vaccins se vérifient avant le départ.
Villes prisées et conseils de sécurité pour les seniors
La capitale N’Djamena concentre l’ambassade, le centre médico-social de l’ambassade (abonnement annuel), l’hôpital de la Renaissance et le lycée français Montaigne (851 élèves, de la toute petite section à la terminale, selon l’AEFE). Les autres villes principales citées par France Diplomatie sont Abéché et Moundou.
France Diplomatie classe l’intégralité du territoire en zone orange ou rouge et précise que les déplacements en région requièrent une organisation spécifique ; les personnes âgées y sont fortement déconseillées en région. Les conseils pratiques sont de privilégier le transport aérien, de s’inscrire sur Fil d’Ariane, de prévoir un hébergement sécurisé et de garder sur soi la carte consulaire. Un projet de retraite au Tchad s’inscrit donc, selon les sources officielles, dans un cadre restreint à la capitale et à ses environs, à valider avec l’ambassade.
Récapitulatif : séjour, pension, impôt et santé du retraité
| Sujet | Ce que disent les sources officielles | Démarche conseillée |
|---|---|---|
| Visa et séjour | Visa obligatoire avant le départ ; aucun visa à la frontière ; pas de visa retraité décrit | Écrire à l'ambassade du Tchad à Paris pour un séjour prolongé |
| Pension française | Versée à l'étranger chaque mois ; Aspa et ASI supprimées au départ | Prévenir la caisse régionale avant le départ |
| Certificat de vie | Annuel, à renvoyer sous 2 mois, sinon paiement suspendu | Faire compléter par l'autorité locale indiquée par l'Assurance retraite |
| Pension tchadienne (CNPS) | Branche pensions et retraite ; âge et taux non publiés sur le site | Contacter la CNPS pour son dossier |
| Sécurité sociale | Aucun accord avec la France ; pas de totalisation | Instruire chaque pension séparément |
| Convention fiscale | Aucune listée par impots.gouv.fr ni par le BOFiP | Simulation écrite avant le départ |
| Retenue à la source | 0 % jusqu'à 17 275 €, 12 % jusqu'à 50 112 €, 20 % au-delà, après abattement de 10 % | Vérifier son domicile fiscal (article 4 B) |
| Santé sur place | Pas de S1 ; assurance indispensable selon France Diplomatie | CFE ou assurance avec évacuation |
| Santé en France | Cnarefe avec 15 ans de cotisations ; conjoint non couvert | Affiliation sur ameli-rfe.fr |
Sources : France Diplomatie, CLEISS, impots.gouv.fr, BOFiP, Assurance retraite, Assurance Maladie, CFE, CNPS du Tchad.
Questions fréquentes
Existe-t-il un visa spécifique pour les retraités au Tchad ?
France Diplomatie décrit uniquement le visa d'entrée, obligatoire et à demander avant le départ auprès d'une représentation tchadienne. Aucun visa de retraité n'y figure : pour un séjour prolongé, les conditions se demandent par écrit à l'ambassade du Tchad à Paris et aux services d'immigration.
Ma pension française est-elle versée au Tchad ?
Oui : l'Assurance retraite verse la pension chaque mois dans plus de 180 pays, sur un compte français ou à l'étranger. Un certificat de vie annuel est à renvoyer sous deux mois, sinon le paiement est suspendu. L'Aspa et l'ASI ne sont plus versées après un départ à l'étranger.
Le formulaire S1 est-il possible pour un retraité installé au Tchad ?
Non. L'attestation de droits aux soins de santé est réservée aux retraités du régime général qui vivent dans l'Union européenne ou dans un pays lié à la France par une convention. Le Tchad n'est pas dans la liste des accords du CLEISS : la CFE ou une assurance privée prend le relais.
Ma pension est-elle imposée en France quand je vis au Tchad ?
Aucune convention fiscale n'est listée avec le Tchad. Pour un non-résident, une pension de source française reste soumise à la retenue à la source : base après abattement de 10 %, puis 0 %, 12 % ou 20 % selon les tranches du barème, révisées chaque année. Le domicile fiscal se vérifie avec le service des non-résidents.
Combien coûte la CFE pour un retraité au Tchad ?
L'offre des retraités a une cotisation qui dépend de l'âge et de la situation familiale (montants sur cfe.fr). Il n'y a ni questionnaire de santé ni exclusion, et la carence est évitée si l'on adhère avant le départ ou dans les trois mois.
Que se passe-t-il pour mes soins lors d'un séjour en France ?
Un retraité du régime général peut s'affilier au Cnarefe s'il est en situation régulière et justifie de 15 ans de cotisations (10 ans pour les affiliés d'avant le 1er juillet 2019). Sans ces conditions, il faut contacter l'organisme payeur de la pension ou souscrire une assurance privée.
Les autres guides : Tchad
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
