Sri Lanka · Travailler et économie
Travailler au Sri Lanka quand on est français : visa, salaire minimum, impôt et cotisations
L’essentiel
Un Français ne peut pas travailler au Sri Lanka avec une simple ETA : l'emploi salarié suppose un visa de résidence rattaché à un employeur et à une recommandation de l'autorité compétente, et l'entrée en tant que touriste ne se convertit pas sur place en visa de résidence. Le télétravailleur dispose d'un visa dédié, réservé aux revenus de source étrangère, tandis que l'indépendant local relève du droit du travail et de l'impôt srilankais. Le salaire minimum légal du secteur privé est de l'ordre de 30 000 roupies par mois, relevé par étapes par le gouvernement. L'impôt sur le revenu applique un barème progressif de 6 % à 36 % après un abattement personnel de 1,8 million de roupies.
- Salaire minimum mensuel du secteur privé fixé par le Cabinet des ministres et revalorisé par paliers ; le montant en vigueur est publié par les autorités.
- Impôt sur le revenu des résidents : barème progressif par tranches, avec des taux de 6 % à 36 % ; les seuils en roupies sont revus régulièrement.
- Abattement personnel de 1 800 000 roupies par an pour les résidents (Inland Revenue Department).
- Cotisations EPF : au moins 12 % à la charge de l'employeur et 8 % du salarié, soit 20 % du salaire brut mensuel (Banque centrale du Sri Lanka).
- Visa de télétravailleur : 2 000 USD de revenus de source étrangère à remettre chaque mois, 500 USD de frais par an et par personne.
- Détachement hors convention de sécurité sociale : 3 ans renouvelables une fois (CLEISS).
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Repères chiffrés : Sri Lanka
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +5,0 %
- Inflation
- -4,8 %
- Taux de chômage
- 4,0 %
- PIB par habitant
- 5 002 $
- Population
- 21,8 millions
- Espérance de vie
- 77,7 ans
- Dépense de santé (% du PIB)
- 3,7 %
- Médecins pour 1 000 hab.
- 1,14
- Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
- 3,9
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail et visa de résidence pour un salarié
France Diplomatie rappelle que, pour tout motif autre que le tourisme, le visa doit être demandé avant le départ, et que la conversion sur place d’un visa touristique en visa de résidence est illégale et peut entraîner l’expulsion. Un Français qui souhaite exercer une activité salariée doit donc être recruté en amont par un employeur qui engage la procédure.
Le Department of Immigration and Emigration publie quatre catégories de résidence liées à l’emploi : les professionnels intervenant dans des projets approuvés par l’État, le personnel expatrié de projets relevant du Board of Investment (BOI), le personnel des banques et le personnel des entreprises du secteur privé, chacun avec ses personnes à charge. Le dossier comprend en général une lettre de l’employeur, le certificat d’enregistrement de la société, la composition de son conseil, ses statuts, une recommandation de l’autorité de tutelle (BOI, ministère de rattachement ou Banque centrale selon le cas), la copie de la page d’identité du passeport et un plan de protection santé. Le visa de résidence est valable un an, ou pour la période recommandée par l’autorité, et se renouvelle chaque année ; le séjour prévu doit se terminer au moins deux mois avant l’expiration du passeport. Les listes de pièces, délais et frais évoluent : l’employeur confirme le dossier à jour auprès du département.
Salaire minimum et niveaux de rémunération
Le Cabinet des ministres a approuvé la mise en œuvre de la loi sur le salaire minimum national : le salaire minimum mensuel du secteur privé est relevé par étapes, de 17 500 roupies à environ 30 000 roupies. Ce plancher s’applique aux prestations légales calculées sur le salaire (fonds de prévoyance, heures supplémentaires, congés, indemnités). Il s’agit d’un minimum pour les salariés du secteur privé, non d’un repère pour les postes qualifiés ou d’encadrement recrutés à l’international.
Le Sri Lanka ne publie pas de grille officielle de salaires pour les expatriés : les niveaux varient fortement selon le secteur, la ville et la nature du poste. Un Français recruté en contrat local négocie sa rémunération avec son employeur ; demandez que le contrat précise le salaire brut, la devise de paiement, les avantages en nature (logement, scolarité, assurance santé) et la prise en charge du rapatriement. Pour comparer un contrat local à un détachement, voir le guide détaché ou expatrié.
Impôt sur le revenu : barème, abattement et déclaration
L’Inland Revenue Department indique qu’un résident est imposable sur ses revenus de source srilankaise et sur ceux d’origine étrangère, alors qu’un non-résident n’est imposé que sur les revenus de source locale. Le barème des résidents est le suivant : 6 % sur la première tranche d’un million de roupies, 18 % sur les 500 000 suivantes, 24 % sur les 500 000 suivantes, 30 % sur les 500 000 suivantes et 36 % sur le solde. L’abattement personnel est de 1 800 000 roupies par an, déduit du revenu imposable .
Les contribuables qui paient par acomptes versent leurs échéances aux 15 août, 15 novembre, 15 février et 15 mai, et la déclaration annuelle se dépose en ligne au plus tard le 30 novembre de l’année d’imposition suivante. Pour un Français, la question de la double imposition se règle par la convention fiscale franco-srilankaise, signée à Colombo le 17 septembre 1981 et entrée en vigueur le 18 novembre 1982 : la page retraite au Sri Lanka en résume les effets sur les pensions. Les règles de résidence fiscale et le traitement des revenus de source étrangère ont été modifiés en 2025 : confirmez votre situation avec l’administration fiscale ou un professionnel local.
Cotisations sociales : EPF et sécurité sociale française
Le régime obligatoire des salariés du secteur privé est le fonds de prévoyance Employees’ Provident Fund (EPF) : la Banque centrale du Sri Lanka, qui le gère, indique des cotisations minimales de 20 % du salaire brut mensuel, dont 12 % à la charge de l’employeur et 8 % à la charge du salarié. Les droits sont versés à la retraite, fixée à 50 ans pour les femmes et 55 ans pour les hommes, et dans certains cas de migration, d’invalidité ou de décès du membre. Le champ d’application du régime aux salariés étrangers et les éventuelles contributions patronales complémentaires se confirment auprès du Department of Labour.
Aucune convention de sécurité sociale ne lie la France au Sri Lanka : le CLEISS ne l’inscrit pas dans sa liste des accords en vigueur. Un salarié envoyé par son employeur français peut rester affilié au régime français dans le cadre du détachement hors convention : la durée est de trois ans, renouvelable une fois, les cotisations sont versées en France comme si le salarié y travaillait, et le maintien ne dispense pas des cotisations éventuellement dues au Sri Lanka. L’employeur effectue les formalités. Les soins sont remboursés, sur factures acquittées, au plus dans la limite de ce que la France aurait remboursé : un complément est utile. La page remboursement des soins au Sri Lanka détaille chaque statut.
Indépendants, télétravailleurs et séjours d'affaires
Le télétravailleur peut demander le visa « Digital Nomad Visa » : il s’adresse aux personnes de 18 ans et plus qui travaillent à distance, en freelance ou via une entreprise non enregistrée au Sri Lanka pour des clients situés à l’étranger. Le candidat remet au moins 2 000 USD par mois, plus 500 USD par personne à charge au-delà de deux, fournit une assurance santé internationale couvrant les soins au Sri Lanka, un certificat de police de moins de trois mois, un certificat médical et une recommandation du ministère de l’Économie numérique. Les frais sont de 500 USD par an pour le titulaire, le conjoint et chaque personne à charge ; le visa dure un an et son renouvellement exige la preuve d’une immatriculation fiscale. Le titulaire ne peut pas occuper d’emploi local. Voir le guide visas nomades numériques et la page assurance nomade digital.
L’indépendant qui souhaite facturer des clients locaux n’entre pas dans ce cadre : l’exercice d’une activité sur place suppose un statut de résidence adapté et une immatriculation auprès des administrations compétentes, à confirmer avec le Department of Immigration and Emigration et le BOI. Les séjours d’affaires de courte durée relèvent de l’ETA, qui couvre un séjour touristique ou d’affaires de 30 jours selon France Diplomatie.
L'économie : secteurs, monnaie et perspectives
Selon France Diplomatie, l’économie srilankaise a connu une forte contraction, avant de renouer avec la croissance grâce aux réformes, au redressement du tourisme et aux transferts de fonds des Srilankais de l’étranger, avec le soutien d’un programme du FMI. La France copréside, avec le Japon et l’Inde, le comité des créanciers publics, qui a conclu un accord avec le pays en juin 2024 ; l’accord bilatéral français a été finalisé en juin 2025. Le tourisme et les envois de fonds sont donc deux moteurs mis en avant par l’administration française.
Le pays utilise la roupie srilankaise. Son taux de change, l’inflation, le chômage et le PIB par habitant sont affichés dans le bloc de repères économiques de cette page. Pour un projet d’emploi ou de création d’activité, l’ambassade de France à Colombo constitue l’interlocuteur de premier niveau.
Quel que soit le statut, prévoyez votre protection santé dès la signature du contrat : Expavy aide à confronter les options d’assurance santé expatrié à votre situation.
Questions fréquentes
Un Français peut-il travailler au Sri Lanka avec l'ETA ?
Non : l'ETA couvre un séjour touristique ou d'affaires de 30 jours. Pour exercer une activité salariée, il faut un visa de résidence demandé par l'employeur, avec une recommandation de l'autorité de tutelle. La conversion d'un visa touristique en visa de résidence sur place est illégale selon France Diplomatie.
Quel est le salaire minimum au Sri Lanka ?
Le salaire minimum mensuel du secteur privé est relevé par étapes, de l'ordre de 30 000 roupies. Vérifiez auprès du ministère du Travail le montant en vigueur au moment de votre contrat.
Comment est imposé un salarié résident au Sri Lanka ?
Un résident est imposé sur ses revenus de source locale et étrangère. Le barème va de 6 % sur la première tranche d'un million de roupies à 36 % sur le solde, après un abattement personnel de 1 800 000 roupies. La déclaration se dépose en ligne avant le 30 novembre suivant.
Quelles cotisations sociales un salarié paie-t-il au Sri Lanka ?
Le fonds de prévoyance EPF prévoit au minimum 12 % à la charge de l'employeur et 8 % à la charge du salarié, soit 20 % du salaire brut mensuel. L'application aux salariés étrangers se confirme auprès du Department of Labour. Aucune convention de sécurité sociale ne lie la France au Sri Lanka.
Peut-on télétravailler au Sri Lanka pour un employeur français ?
Oui, avec le visa de télétravailleur : 2 000 USD de revenus à remettre chaque mois, 500 USD de frais annuels par personne, une assurance santé internationale valable au Sri Lanka et une validité d'un an renouvelable sur preuve d'immatriculation fiscale. Le titulaire ne peut pas occuper d'emploi local.
Combien de temps un salarié détaché reste-t-il affilié à la Sécurité sociale française ?
En l'absence de convention, le détachement fondé sur le droit interne dure trois ans, renouvelables une fois selon le CLEISS. Les cotisations dues au Sri Lanka restent à payer sur place, et l'employeur effectue les formalités auprès de l'Urssaf.
Les autres guides : Sri Lanka
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
