- Accueil
- Pays
- Martinique
- Système de santé
Martinique · Système de santé
Le système de santé en Martinique : organisation, hôpitaux, urgences, évacuations sanitaires et risques sanitaires
L’essentiel
Le système de santé de la Martinique est celui de la France : la Sécurité sociale de droit commun s'applique, la CGSS de la Martinique verse les prestations et l'Agence régionale de santé pilote l'offre de soins, dominée par le secteur public avec le CHU de la Martinique à Fort-de-France. L'île compte 14 établissements de santé publics et 4 privés, dont 3 avec une maternité (ARS, via l'IEDOM). Les soins qui ne peuvent pas être réalisés sur place donnent lieu à un transfert ou à une évacuation sanitaire, pris en charge sur accord préalable par l'Assurance Maladie. Le territoire est la région la plus âgée de France et fait face à plusieurs risques sanitaires, des arboviroses à la leptospirose, ainsi qu'à l'héritage de la pollution à la chlordécone.
- 14 établissements de santé publics (5 centres hospitaliers régionaux ou universitaires, 8 centres hospitaliers, 1 établissement de santé mentale) et 4 privés (ARS et STATISS, via l'IEDOM).
- Près de 470 médecins généralistes, plus de 200 chirurgiens-dentistes et environ 70 ergothérapeutes (IEDOM).
- Prestations d'assurance maladie versées par la CGSS de l'ordre de 1,8 milliard d'euros par an ; dépense moyenne de santé par habitant supérieure d'environ un tiers à celle de l'Hexagone (IEDOM).
- Environ 43 places d'hébergement permanent en EHPAD pour 1 000 habitants de 75 ans et plus, contre environ 88 dans l'Hexagone (ARS et STATISS, via l'IEDOM).
- Leptospirose : environ 70 cas probables ou confirmés notifiés, soit une vingtaine de cas pour 100 000 habitants (Santé publique France).
Service en cours de lancement : un conseiller étudie votre demande et vous recontacte pour préciser vos besoins.
Organisation du système de santé
La Martinique relève de l’organisation sanitaire nationale. L’Agence régionale de santé (ARS) de la Martinique, installée à Fort-de-France, met en œuvre le projet régional de santé 2023-2028, qui cible notamment le manque de ressources humaines en santé, le vieillissement accéléré de la population et la forte prévalence des maladies chroniques (IEDOM). La Collectivité territoriale de Martinique, qui a hérité des compétences du département, est le chef de file de l’action sociale : protection de l’enfance et protection maternelle et infantile, prestation de compensation du handicap, allocation personnalisée d’autonomie, insertion.
L’offre hospitalière est surtout publique. Le tableau ci-dessous compare les taux d’équipement de la Martinique à ceux des départements français d’Amérique et de l’Hexagone. L’IEDOM note que les capacités de court séjour ont nettement diminué en médecine, en chirurgie et en gynécologie-obstétrique.
Assurance maladie locale et conditions d'accès
Le titre V du livre VII du Code de la sécurité sociale rend la législation générale applicable à la Martinique (article L. 751-1) et prévoit une caisse générale de sécurité sociale (CGSS) propre au territoire (article L. 752-1). Le CLEISS précise que, dans les départements d’outre-mer, les prestations sont versées par les CGSS et non par les CPAM. La CGSS de la Martinique, installée au Lamentin, regroupe l’assurance maladie, la retraite, l’Urssaf et les risques professionnels.
- Condition générale : travailler ou résider en France de manière stable et régulière ouvre le droit à la prise en charge des frais de santé. Un salarié n’a pas de durée minimale à justifier ; un indépendant est couvert dès le début de son activité (Assurance Maladie).
- Personne sans activité : la couverture repose sur la résidence ; en cas de contrôle, la preuve de 6 mois de résidence en France sur les 12 derniers mois est demandée (Assurance Maladie). Le formulaire Cerfa S1106 se dépose à la caisse du lieu de résidence quand l’ouverture des droits n’est pas automatique (CLEISS).
- Complémentaire santé solidaire : gratuite jusqu’à un plafond de ressources annuelles, révisé chaque année, pour une personne seule dans les départements d’outre-mer, et avec participation financière jusqu’à un second plafond (service-public.gouv.fr).
- Pas de formalité d’expatriation : ni convention de sécurité sociale, ni carte européenne d’assurance maladie, ni Caisse des Français de l’Étranger pour résider en Martinique.
Médecin traitant et professionnels de santé
La Martinique compte près de 470 médecins généralistes, environ 230 chirurgiens-dentistes et environ 70 ergothérapeutes. Les densités pour 100 000 habitants des professionnels libéraux ou mixtes sont de 130 pour les généralistes, 188 pour les spécialistes, 64 pour les chirurgiens-dentistes et 43 pour les orthophonistes, des niveaux comparables à ceux de l’Hexagone (123 généralistes, 186 spécialistes, 67 chirurgiens-dentistes) (ARS et STATISS, via l’IEDOM).
Le parcours de soins est celui du droit commun : choix d’un médecin traitant, carte Vitale et compte ameli, la caisse locale étant la CGSS. Pour les soins en dehors des horaires d’ouverture, la rubrique « permanence des soins » de l’ARS présente la permanence des soins ambulatoires et la permanence des soins en pharmacie ; en cas d’urgence médicale, on appelle le 15.
Hôpitaux et urgences
Le CHU de la Martinique, établissement public aux missions de soins, d’enseignement et de recherche, présente 7 hôpitaux. L’hôpital Pierre Zobda-Quitman, à Fort-de-France, accueille les urgences adultes (05 96 55 20 00) et pédiatriques (05 96 55 11 82) ; le SAMU est joignable au 15. Ses pôles couvrent notamment les urgences et la réanimation, les femmes, mères et enfants, la gériatrie, la cancérologie, la cardiologie et les neurosciences. Le CHU héberge un centre régional de pathologies professionnelles et environnementales.
Trois établissements disposent d’une maternité. Le plan Ségur de la santé finance en Martinique des reconstructions pour 251 millions d’euros de crédits de l’État, complétés par une seconde enveloppe de 108 millions d’euros pour 2026-2029 : le complexe hospitalier du Saint-Esprit (hôpital et EHPAD), la reconstruction du CHU Pierre Zobda-Quitman et celle de l’hôpital de La Trinité. Un pôle universitaire de santé, destiné aux étudiants en médecine, soins infirmiers, maïeutique et kinésithérapie, est annoncé.
Numéros d’urgence nationaux : 15 (SAMU), 17 (police secours), 18 (sapeurs-pompiers), 112 (numéro européen), 114 (personnes sourdes ou malentendantes), 196 (sauvetage en mer) et 3114 (prévention du suicide) (ministère de l’Intérieur).
Évacuations sanitaires et déplacements pour soins
Lorsqu’un soin ne peut pas être réalisé sur place, l’Assurance Maladie distingue deux cas : le transfert sanitaire, déplacement depuis le domicile vers un lieu de soins éloigné, et l’évacuation sanitaire, déplacement médicalisé depuis le lieu d’hospitalisation. La Martinique figure parmi les territoires concernés, avec la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion, Mayotte, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et la Corse ; la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie, Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna n’en font pas partie.
- Transport : pris en charge sur « accord préalable valant prescription médicale », donné par le professionnel de santé si l’état de santé le justifie et sous certaines conditions.
- Frais médicaux : remboursés en partie ou en totalité si les conditions d’exonération sont remplies.
- Accompagnant : ses frais de transport peuvent être pris en charge, sous conditions fixées avec le médecin qui suit le patient.
- Arrêt de travail : des indemnités journalières peuvent être versées par la caisse si le médecin prescrit un arrêt.
- Interlocuteurs : le service social ou la permanence d’accès aux soins de santé (PASS) de l’établissement pendant une hospitalisation ; hors hospitalisation, le référent administratif ou social de la caisse de résidence. L’Assurance Maladie publie un passeport des déplacements sanitaires.
Les sources consultées ne détaillent pas la prise en charge de l’hébergement. Un contrat d’assistance peut compléter ce que l’Assurance Maladie ne couvre pas.
Médicaments et taux de remboursement
Les médicaments sont remboursés à 65 % lorsque leur service médical rendu est majeur ou important, à 30 % lorsqu’il est modéré, à 15 % lorsqu’il est faible et à 100 % pour les médicaments irremplaçables et particulièrement coûteux ; une franchise médicale de 1 € s’applique par boîte (Assurance Maladie). Les consultations de généralistes sont remboursées à 70 % et l’hospitalisation à 80 % ; le détail par situation figure dans le guide qui rembourse quoi en Martinique.
Les sources consultées ne publient pas de taux de remboursement des médicaments propre à la Martinique : ce sont les taux nationaux qui s’appliquent.
Risques sanitaires et vaccinations
- Dengue : Santé publique France suit la situation par phases du dispositif d’alerte (par exemple « foyers isolés »). La Haute Autorité de santé a recommandé en décembre 2024 le vaccin Qdenga dans les territoires français d’Amérique pour les enfants de 6 à 16 ans ayant déjà eu la dengue et les adultes de 17 à 60 ans présentant des comorbidités, en deux doses espacées de trois mois et en période inter-épidémique.
- Leptospirose : des cas probables ou confirmés sont notifiés, avec une recrudescence en saison des pluies ; les activités à risque sont le jardinage, l’agriculture, l’élevage, la randonnée, la baignade en rivière et la pêche en eau douce (Santé publique France).
- Chlordécone : les résultats de l’étude Kannari 2 relèvent de la chlordécone détectable chez la grande majorité des adultes de Martinique, dont une part importante au-dessus de la valeur toxicologique de référence interne (0,4 µg/L). L’exposition est associée à la consommation de poissons et de crustacés les plus contaminés et aux aliments issus de circuits informels ; Santé publique France souhaite renforcer les messages de prévention.
- Sargasses : les échouages dégagent des gaz nocifs (IEDOM) ; l’ARS consacre une rubrique aux algues sargasses. Selon la préfecture, un réseau de capteurs exploité avec Madininair mesure l’hydrogène sulfuré et l’ammoniac dans les zones urbaines touchées depuis septembre 2015, et des médecins sentinelles signalent chaque semaine les consultations possiblement liées à ces gaz.
- Infections respiratoires : Santé publique France publie des bulletins réguliers sur la grippe, la bronchiolite et la COVID-19, avec des hausses saisonnières des cas.
Les autres recommandations vaccinales relèvent du calendrier vaccinal national ; la rubrique « vaccination » de l’ARS de la Martinique oriente vers les documents à jour. Les consignes en cas de cyclone, de séisme ou d’activité volcanique figurent dans le guide vivre en Martinique.
Taux d'équipement hospitalier : lits et places pour 1 000 habitants
| Discipline | Martinique | Départements français d'Amérique | France hexagonale |
|---|---|---|---|
| Médecine | 1,6 | 1,7 | 1,7 |
| Chirurgie | 0,6 | 0,6 | 0,8 |
| Gynécologie-obstétrique (pour 1 000 femmes de 15 ans et plus) | 0,5 | 1,1 | 0,5 |
| Hospitalisation à domicile | 0,6 | 1,7 | 0,3 |
| Soins de suite et de réadaptation | 1,6 | 1,4 | 1,5 |
| Psychiatrie générale (pour 1 000 habitants de plus de 16 ans) | 0,5 | Non disponible | 0,9 |
| EHPAD (pour 1 000 habitants de 75 ans et plus) | 43,4 | 32,8 | 87,7 |
Sources : ARS et STATISS, repris par l'IEDOM (rapport annuel économique de la Martinique).
Questions fréquentes
Le système de santé de la Martinique est-il le même qu'en métropole ?
Oui pour l'essentiel : la législation générale de sécurité sociale s'applique (article L. 751-1 du Code de la sécurité sociale), avec la CGSS de la Martinique à la place d'une CPAM. L'ARS de la Martinique organise l'offre de soins.
Quel est le principal hôpital de la Martinique ?
Le CHU de la Martinique, établissement public de soins, d'enseignement et de recherche, dont l'hôpital Pierre Zobda-Quitman à Fort-de-France accueille les urgences adultes (05 96 55 20 00) et pédiatriques (05 96 55 11 82). Pour une urgence médicale, on appelle le 15.
Que se passe-t-il si un soin n'est pas disponible sur l'île ?
Le patient peut bénéficier d'un transfert ou d'une évacuation sanitaire. Selon l'Assurance Maladie, le transport est pris en charge sur accord préalable valant prescription médicale, et les frais médicaux sont remboursés en partie ou en totalité si les conditions d'exonération sont remplies.
Faut-il se faire vacciner contre la dengue en Martinique ?
La Haute Autorité de santé recommande le vaccin Qdenga pour les enfants de 6 à 16 ans ayant déjà eu la dengue et pour les adultes de 17 à 60 ans présentant des comorbidités, en deux doses. La décision se prend avec un médecin ; la protection contre les piqûres de moustiques reste nécessaire.
La chlordécone est-elle un risque pour les nouveaux arrivants ?
Selon les premiers résultats de l'étude Kannari 2 de Santé publique France, l'exposition est associée à la consommation de poissons et de crustacés les plus contaminés et à des aliments issus de circuits informels. L'ARS et Santé publique France publient des messages de prévention.
Où trouver les urgences en dehors de Fort-de-France ?
L'île compte 5 centres hospitaliers régionaux ou universitaires et 8 centres hospitaliers publics, et 3 établissements disposent d'une maternité (ARS, via l'IEDOM). Le plan Ségur finance notamment la reconstruction de l'hôpital de La Trinité. En cas d'urgence, le 15 oriente vers l'établissement adapté.
Les autres guides : Martinique
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
