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Madagascar · Prendre sa retraite

Retraite à Madagascar : visa retraité, fiscalité de la pension française, santé et coût de la vie

L’essentiel

Un Français prend sa retraite à Madagascar avec un visa long séjour transformable de la catégorie « retraités », délivré d'abord pour un mois par l'ambassade de Madagascar, puis une carte de résident à demander dans le mois qui suit l'arrivée. Côté impôt, la convention franco-malgache du 22 juillet 1983 réserve à l'État de résidence l'imposition des pensions privées, et à la France celle des pensions publiques. Côté santé, le formulaire S1 ne vaut pas pour Madagascar et la convention de sécurité sociale ne rembourse pas les soins reçus sur place : la CFE, avec son offre pour retraités, ou une assurance internationale avec évacuation sanitaire comble ce manque. Les villes d'Antananarivo, de Nosy Be, de Tamatave, de Majunga, de Diego-Suarez et de Tuléar accueillent la communauté française.

  • 1 mois : durée initiale du visa long séjour transformable des retraités ; la carte de résident se demande dans le mois suivant l'arrivée (ambassade de Madagascar).
  • 22 juillet 1983 : date de la convention fiscale franco-malgache, en vigueur depuis le 1er octobre 1984 ; les pensions privées ne sont imposables que dans l'État de résidence.
  • 147 € par mois : tarif de départ de l'offre SeniorExpat de la CFE pour les retraités du régime de base français, sans questionnaire médical.
  • 15 ans d'assurance en France : seuil de la pension française pour être pris en charge lors d'un séjour temporaire en France, hors pays à convention maladie (Assurance Maladie).
  • 60 ans : âge normal de la retraite à la CNaPS, avec 15 ans d'affiliation et 28 trimestres de cotisation sur les dix dernières années (CLEISS).
  • 300 000 Ar par mois : salaire minimum d'embauche du régime général depuis le 1er mars 2026, repère officiel pour situer les niveaux de prix locaux.

Repères économiques : Madagascar

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+3,0 %
Inflation
8,1 %
Taux de chômage
3,0 %
PIB par habitant
599 $
Population
32,7 millions

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Retraite à Madagascar : droit de séjour et visa retraité

Le séjour touristique, limité à 90 jours au total, reste distinct de l’installation : le visa délivré à l’arrivée est non renouvelable, non transformable en long séjour et n’autorise pas de travail rémunéré (France Diplomatie). Pour s’installer, l’ambassade de Madagascar à Paris propose une catégorie dédiée, le visa long séjour transformable pour « retraité expatrié », dont le formulaire porte l’intitulé « Demande de visa transformable en long séjour pour retraite expatrié ». Ce visa est délivré pour un mois, à titre provisoire et révocable, jamais à l’aéroport ni au port ; son titulaire dispose d’un mois à compter de l’arrivée pour demander la carte de résident auprès des services d’immigration, avec un justificatif de changement de résidence délivré par la mairie.

Le passeport doit être valable plus de six mois et comporter deux pages vierges ; l’ambassade annonce un traitement sous trois jours ouvrables après réception du dossier complet, les frais de visa n’étant jamais remboursés. Les justificatifs de ressources et le montant exigé d’un retraité figurent sur le formulaire de l’ambassade (4, avenue Raphaël, 75016 Paris ; ambamad-paris@diplomatie.gov.mg) : ce formulaire fait foi et se consulte sur son site. Le guide vivre à Madagascar détaille les autres catégories et l’inscription consulaire.

Pension française et pension malgache

La convention de sécurité sociale du 8 mai 1967 ne contient aucune règle de coordination pour la vieillesse : chaque régime liquide sa pension selon ses propres règles, sans totalisation des périodes (CLEISS). La pension française de base se perçoit donc selon le droit français ; le guide toucher sa retraite à l’étranger et le guide trimestres travaillés à l’étranger détaillent les démarches. Les non-résidents fiscaux de France ne paient plus la CSG, la CRDS ni la Casa sur leur pension (CLEISS) ; le CLEISS décrit les autres prélèvements qui peuvent subsister pour les retraités affiliés au régime français.

Un Français qui a travaillé à Madagascar peut aussi prétendre à une pension de la CNaPS : l’âge normal est de 60 ans, avec 15 ans d’affiliation, 28 trimestres de cotisation dans les dix dernières années et la cessation de l’activité ; elle se calcule à partir du salaire minimum d’embauche (30 %) et du salaire moyen revalorisé des dix dernières années (20 %), avec un supplément de 1 % par tranche de quatre trimestres supplémentaires, soit de 60 % à 75 % du salaire de référence (CLEISS). La convention ne prévoit pas d’additionner les périodes françaises et malgaches.

Fiscalité de la pension selon la convention fiscale

La convention du 22 juillet 1983, signée à Tananarive, approuvée par la loi du 4 juillet 1984 et en vigueur depuis le 1er octobre 1984, détermine le pays qui impose la pension (impots.gouv.fr). L’article 18 prévoit que les pensions et rémunérations similaires payées à un résident d’un État au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans cet État. L’article 19 réserve à l’État qui les verse les pensions publiques, par exemple celles d’un ancien fonctionnaire. Une pension privée ou du régime général versée par la France à un retraité résident de Madagascar est donc imposable à Madagascar ; une pension publique reste imposable en France.

  • Résidence : l’article 4 retient le foyer d’habitation permanent, puis le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel et la nationalité si le retraité est résident des deux États.
  • Double imposition évitée : Madagascar exonère les revenus imposables en France et la France exonère ceux qui sont imposables à Madagascar, avec application du taux calculé sur l’ensemble des revenus (article 22).
  • Autres revenus : l’impôt sur les dividendes est plafonné à 15 % ou à 25 % du montant brut selon la participation, celui sur les intérêts à 15 % (articles 10 et 11).

Le traitement des pensions étrangères par l’administration fiscale malgache et les démarches de déclaration se confirment auprès de la Direction générale des impôts de Madagascar et de l’administration fiscale française avant de changer de résidence fiscale.

Accès aux soins des retraités : pas de S1, la CFE ou une assurance

Le formulaire S1 vaut pour l’Union européenne, l’Espace économique européen, la Suisse et le Royaume-Uni. Pour Madagascar, le CLEISS confirme que la convention ne contient aucune disposition de remboursement des soins reçus sur place ; les options sont l’adhésion volontaire à la CFE et l’assurance privée. Le guide assurance maladie du retraité à l’étranger compare ces voies.

  • CFE : l’offre SeniorExpat démarre à 147 € par mois et s’adresse aux retraités du régime de base français sans activité professionnelle ; elle ne comporte pas de questionnaire médical. La couverture est immédiate si l’adhésion intervient dans les trois mois de l’expatriation ; au-delà, trois mois de carence s’appliquent, six mois à partir de 45 ans.
  • Assurance internationale : elle donne accès aux établissements privés avec prise en charge directe et couvre l’évacuation sanitaire vers La Réunion ou la France, que France Diplomatie juge nécessaire car les structures locales ne répondent pas aux normes européennes (voir l’assurance retraité à l’étranger).
  • Séjours en France : le retraité du régime général d’un pays sans convention maladie est pris en charge lors de séjours temporaires s’il perçoit une pension de base avec au moins 15 ans d’assurance en France ; il s’inscrit au CNAREFE ; les hospitalisations de plus d’un mois nécessitent une autorisation médicale préalable et le conjoint qui l’accompagne en est exclu.

Le détail des soins, des carences et du retour en France est dans la page remboursement des soins à Madagascar, et l’offre de soins locale dans la page système de santé malgache.

Coût de la vie et pouvoir d'achat du retraité

La monnaie est l’ariary. Le salaire minimum d’embauche s’établit à 300 000 Ar par mois (1 730,80 Ar de l’heure) depuis le 1er mars 2026, contre 262 680 Ar du 1er mars 2024 au 28 février 2026 (CNaPS) ; le service économique de la Direction générale du Trésor relève une inflation annuelle de 7,2 % fin 2025 et de 7,9 % en avril 2026, avec un taux directeur de la banque centrale de 12 % depuis mai 2025. Ce niveau d’inflation pèse sur le pouvoir d’achat d’une pension fixe versée en euros : le change entre l’euro et l’ariary, relevé en continu dans le bloc « Repères économiques », en est le premier déterminant.

Pour le quotidien, France Diplomatie signale que les distributeurs plafonnent chaque retrait à environ 80 à 160 euros, que les cartes fonctionnent surtout dans les grandes villes et que l’eau et l’électricité connaissent des pénuries récurrentes, notamment dans la capitale : un logement fiable en eau et en électricité compte autant que son loyer. La saison cyclonique court de janvier à avril ; elle se prépare avec le propriétaire et l’assureur habitation. Voir le guide budgétiser la santé en expatriation.

Les villes prisées pour la retraite

  • Antananarivo : capitale, avec l’ambassade, le consulat général et l’hôpital universitaire public ; la proximité des services compte beaucoup pour un retraité.
  • Nosy Be : île du nord-ouest ; France Diplomatie observe une situation en amélioration et recommande de rester attentif. Un contrat avec évacuation sanitaire se vérifie avant de choisir une île.
  • Tamatave : ville portuaire de la côte est, avec une agence consulaire de France et une exposition aux cyclones de janvier à avril.
  • Majunga et Diego-Suarez : villes côtières du nord, dont les commissariats centraux sont référencés par France Diplomatie.
  • Tuléar : ville du sud-ouest avec une agence consulaire ; France Diplomatie déconseille de visiter seul la plage de la Batterie ou d’y passer la nuit.

Les recommandations de sécurité et les zones de vigilance particulière se consultent avant le choix d’une résidence : France Diplomatie constate un retour au calme en matière d’ordre public depuis plusieurs mois à Tananarive et en province, et maintient une vigilance renforcée sur le territoire. L’inscription au registre des Français établis hors de France (gratuite, valable cinq ans) facilite l’assistance du consulat.

Check-list avant de partir à la retraite

  • Contacter l’ambassade de Madagascar pour le formulaire de visa « retraité » et la liste de pièces à jour, avant d’acheter un billet.
  • Informer sa caisse de retraite de sa future résidence et vérifier les prélèvements applicables (CLEISS), avec l’administration fiscale pour la convention du 22 juillet 1983.
  • Choisir la couverture santé avant le départ : CFE avec carence évitée dans les trois mois, ou assurance internationale avec évacuation sanitaire (assistance et rapatriement).
  • Consulter son médecin pour les vaccinations et la prévention du paludisme, de la dengue et de la rougeole (France Diplomatie).
  • S’inscrire au registre consulaire et au service Fil d’Ariane ; prévoir le retour éventuel en France avec la PUMa après trois mois de résidence stable.

Expavy aide à comparer les couvertures santé et d’évacuation adaptées à l’âge et aux antécédents ; la page assurance santé à Madagascar rassemble les repères du pays.

Questions fréquentes

Existe-t-il un visa retraité pour Madagascar ?

Oui : l'ambassade de Madagascar à Paris propose un visa long séjour transformable pour retraité expatrié, délivré d'abord pour un mois. Le titulaire demande ensuite la carte de résident dans le mois suivant son arrivée. Les justificatifs et le montant de ressources figurent sur le formulaire de l'ambassade.

La retraite française est-elle imposée à Madagascar ?

Selon la convention du 22 juillet 1983, une pension privée ou du régime général payée à un résident de Madagascar n'est imposable que dans cet État ; une pension publique reste imposable en France. Les formalités se confirment auprès des deux administrations fiscales.

Le formulaire S1 fonctionne-t-il à Madagascar ?

Non : le S1 concerne l'Union européenne, l'Espace économique européen, la Suisse et le Royaume-Uni. La convention franco-malgache ne prévoit pas de remboursement des soins reçus à Madagascar, selon le CLEISS ; le retraité choisit la CFE ou une assurance privée.

Quelle assurance santé pour un retraité à Madagascar ?

L'offre SeniorExpat de la CFE démarre à 147 € par mois, sans questionnaire médical, pour les retraités du régime de base français ; une assurance internationale avec évacuation vers La Réunion ou la France complète utilement le dispositif, car les structures locales ne répondent pas aux normes européennes.

Un retraité est-il couvert lors d'un séjour en France ?

Oui, sous conditions : pension du régime de base avec au moins 15 ans d'assurance en France, sans activité, avec inscription au CNAREFE pour le régime général. Une hospitalisation de plus d'un mois exige une autorisation préalable et le conjoint qui accompagne n'est pas pris en charge.

Peut-on toucher une pension de la CNaPS en ayant travaillé à Madagascar ?

Oui, à 60 ans avec 15 ans d'affiliation et 28 trimestres de cotisation dans les dix dernières années, après cessation d'activité. La convention de 1967 ne totalise pas les périodes françaises et malgaches : chaque régime applique ses propres règles.

Quelles villes choisir pour sa retraite à Madagascar ?

Antananarivo offre les services consulaires et hospitaliers les plus proches ; Nosy Be, Tamatave, Majunga, Diego-Suarez et Tuléar séduisent par leur cadre. Chaque ville a ses recommandations de sécurité sur le site de France Diplomatie, à consulter avant de choisir.

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