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Madagascar · Travailler et économie

Travailler à Madagascar quand on est français : visa, salaire minimum, cotisations, impôt et économie

L’essentiel

Un Français qui travaille à Madagascar demande un visa long séjour transformable de travailleur expatrié, puis une carte de résident, et son employeur obtient l'autorisation d'emploi auprès de l'administration malgache. Le salaire minimum d'embauche du régime général est de 300 000 Ar par mois depuis le 1er mars 2026, et les cotisations de sécurité sociale s'appliquent sur un salaire plafonné à huit fois ce minimum. Le salarié détaché par une entreprise française peut rester au régime français pendant 24 mois au plus, grâce à la convention de sécurité sociale de 1967, tandis que le salarié local relève de la CNaPS et d'un organisme sanitaire inter-entreprises. La convention fiscale de 1983 répartit le droit d'imposer les revenus d'activité entre la France et Madagascar selon la résidence et les 183 jours de présence.

  • 300 000 Ar par mois (1 730,80 Ar de l'heure) : salaire minimum d'embauche non agricole depuis le 1er mars 2026, contre 304 300 Ar pour le régime agricole.
  • 2 400 000 Ar par mois, soit 8 fois le salaire minimum : plafond de salaire servant de base aux cotisations du régime général (CNaPS).
  • 19 % à la charge de l'employeur et 2 % à la charge du salarié : total des cotisations de sécurité sociale du salarié du secteur privé au 1er janvier 2026 (CLEISS).
  • 24 mois : durée initiale du détachement avec maintien au régime français, sous le formulaire SE 333-01 délivré par l'Urssaf ou la MSA.
  • 183 jours : seuil de séjour de la convention fiscale du 22 juillet 1983 pour un salarié non résident rémunéré par un employeur établi hors de Madagascar.
  • 15 % du montant brut : plafond de l'impôt malgache sur les revenus d'un indépendant résident de France, sans base fixe à Madagascar, qui y exerce son activité.

Repères économiques : Madagascar

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+3,0 %
Inflation
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Taux de chômage
3,0 %
PIB par habitant
599 $
Population
32,7 millions

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail et visa pour un Français

Un Français ne travaille pas à Madagascar avec un simple visa touristique : le visa obtenu à l’arrivée n’autorise aucun emploi rémunéré et ne se transforme pas en visa de long séjour (France Diplomatie). La voie normale est le visa long séjour transformable, catégorie « travailleur expatrié » du service des visas de l’ambassade de Madagascar à Paris : délivré d’abord pour un mois, à titre provisoire et révocable, jamais à l’aéroport, il se transforme dans le mois suivant l’arrivée en carte de résident auprès des services d’immigration. Le formulaire de l’ambassade dresse la liste des pièces à fournir.

L’emploi d’un étranger suppose également une autorisation d’emploi, que l’employeur demande à l’administration malgache : l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM) présente l’autorisation d’emploi, la plateforme en ligne « e-work », le visa investisseur et la carte de résident dans la même rubrique. Pour un séjour d’affaires de moins de 90 jours, France Diplomatie mentionne un visa court séjour « affaires » non transformable, avec une lettre de la société d’accueil, un billet aller-retour et un passeport valable six mois au moins. Le panorama des visas figure sur la page vivre à Madagascar.

Salaire minimum et niveaux de salaire

Le salaire minimum d’embauche (SME) est publié par la CNaPS. Depuis le 1er mars 2026, il s’établit à 300 000 Ar par mois, soit 1 730,80 Ar de l’heure pour le régime général non agricole, et à 304 300 Ar par mois, soit 1 521,60 Ar de l’heure pour le régime agricole. Du 1er mars 2024 au 28 février 2026, ces montants étaient de 262 680 Ar et de 266 500 Ar par mois. Le calcul mensuel repose sur 173,33 heures pour le régime général et sur 200 heures pour le régime agricole. Le SME fixe le plancher des salaires déclarés ; son octuple sert de plafond à l’assiette des cotisations.

Au-delà de ce plancher, les niveaux de salaire varient fortement selon le secteur, la taille de l’entreprise, la zone franche et l’ancienneté. L’INSTAT publie les statistiques de l’emploi dans sa rubrique « Travail », et la CNaPS le salaire minimum de référence : ce sont les repères officiels à consulter avant de négocier un contrat local. Le salarié expatrié sous contrat français ou le détaché reste rémunéré selon son contrat d’origine, souvent complété d’indemnités d’expatriation.

Le CLEISS signale encore, sur sa fiche régime, l’ancien SME de 262 680 Ar ; le montant de 300 000 Ar, relevé sur le site de la CNaPS, est celui retenu ici pour les calculs.

Contrat local : CNaPS, organisme sanitaire et cotisations

Le salarié du secteur privé relève de la CNaPS (Caisse nationale de prévoyance sociale), qui gère la vieillesse-invalidité-décès, les accidents du travail et maladies professionnelles et les prestations familiales. La maladie-maternité est confiée à des organismes sanitaires inter-entreprises (OSIE ou SMIE : OSTIE, AMIT, ESIA, FUNHECE), auxquels l’employeur doit obligatoirement adhérer ; ils fournissent médecine générale, médecine spécialisée, examens et soins dentaires, ainsi que la médecine du travail (CLEISS).

  • Maladie-maternité (organisme sanitaire) : 5 % à la charge de l’employeur et 1 % à la charge du salarié.
  • Vieillesse-invalidité-décès, accidents du travail, prestations familiales : 13 % employeur et 1 % salarié.
  • Formation professionnelle : 1 % à la charge de l’employeur, soit au total 19 % pour l’employeur et 2 % pour le salarié (barème du CLEISS au 1er janvier 2026).

Ces taux s’appliquent à un salaire plafonné à huit fois le SME, soit 2 400 000 Ar par mois dans le régime général depuis le 1er mars 2026 (CNaPS). Les droits ouverts suivent un parcours propre : l’âge normal de la retraite CNaPS est de 60 ans, avec 15 ans d’affiliation et 28 trimestres de cotisation dans les dix dernières années (CLEISS). Le contrat local n’ouvre aucun droit au régime français pendant l’emploi ; une assurance santé internationale complète l’organisme sanitaire pour l’accès aux établissements privés et à l’évacuation.

Détaché ou expatrié : rester au régime français

La convention de sécurité sociale franco-malgache, signée le 8 mai 1967 et en vigueur depuis le 1er mars 1968, prévoit que l’employeur peut maintenir son salarié au régime français de sécurité sociale sous conditions (CLEISS). Le détachement initial ne peut dépasser 24 mois ; le salarié doit être de nationalité française ou malgache. L’employeur du régime général en fait la demande depuis son espace Urssaf, rubrique « Travailler à l’étranger » ; celui du régime agricole s’adresse à la MSA. Une fois la demande acceptée, l’organisme français délivre le formulaire SE 333-01. Au-delà de 24 mois, ou si les conditions initiales ne sont pas réunies, une dérogation exceptionnelle se demande auprès de l’Urssaf, qui peut solliciter l’avis de la CNaPS.

Le salarié détaché garde le bénéfice de l’assurance maladie française et la prise en charge des soins reçus à Madagascar sans cotisation supplémentaire : les factures acquittées accompagnent le formulaire S 3125c envoyé à sa caisse. Les arrêts de travail se déclarent à la caisse dans les 48 heures, et les prestations familiales se poursuivent sous leurs conditions habituelles (CLEISS). Le salarié « expatrié » sous contrat local, lui, relève du régime malgache. Voir détaché ou expatrié, le glossaire du détaché et le guide travailler à l’étranger.

Impôt sur le revenu : la convention fiscale franco-malgache

La convention du 22 juillet 1983, signée à Tananarive et en vigueur depuis le 1er octobre 1984, évite les doubles impositions (impots.gouv.fr). La résidence fiscale se détermine d’abord par le foyer d’habitation permanent, puis par le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel et la nationalité (article 4). Les salaires sont imposables dans l’État où l’emploi s’exerce (article 15) ; un résident de France rémunéré pour un emploi exercé à Madagascar n’y est toutefois imposé que s’il y séjourne plus de 183 jours dans l’année, ou si son employeur ou un établissement stable y est établi.

Pour éviter la double imposition, Madagascar exonère les revenus imposables en France et la France exonère ceux qui sont imposables à Madagascar, avec application du taux correspondant à l’ensemble des revenus (article 22). Le barème de l’impôt sur les revenus salariaux (IRSA), ses tranches et ses minima se vérifient auprès de la Direction générale des impôts malgache, car il évolue avec les lois de finances. Un résident fiscal de France déclare l’ensemble de ses revenus mondiaux : les formalités se précisent auprès de l’administration fiscale française.

Indépendants, entrepreneurs et télétravail

Les travailleurs indépendants n’ont pas encore de couverture obligatoire dans le régime malgache : ils peuvent bénéficier des services de santé au travail par versement volontaire, et une réforme destinée à étendre la protection aux non-salariés par des mutuelles de santé et l’assurance pension de la CNaPS est en cours (CLEISS). Un entrepreneur installé choisit donc sa couverture : adhésion volontaire à la CFE, contrat international ou organisme sanitaire en versement volontaire. Fiscalement, les revenus d’une profession libérale ne sont imposables que dans l’État de résidence, sauf base fixe dans l’autre État ou activité exercée sur son territoire : l’impôt est alors plafonné à 15 % du montant brut de la rémunération (article 14).

Le télétravail pour un employeur français depuis Madagascar soulève trois questions : le titre de séjour (aucune catégorie « nomade numérique » ne figure dans les visas long séjour listés par l’ambassade ; on confirme la voie adaptée auprès d’elle), la résidence fiscale (article 4) et le rattachement social, qui se vérifie avec l’Urssaf et le CLEISS. Voir l’assurance nomade digital et le guide visas des nomades numériques.

Économie, monnaie et perspectives

La monnaie est l’ariary. Selon le service économique de la Direction générale du Trésor, la croissance atteint 4,3 % en 2024 et 3,1 % en 2025, avec une projection de 3,8 % pour 2026 ; l’inflation annuelle ressort à 7,2 % fin 2025 et à 7,9 % en avril 2026, et le taux directeur de la banque centrale est de 12 % depuis mai 2025. Le déficit courant s’établit à 6,0 % du PIB en 2025, avec une projection de 8,5 % pour 2026, et les réserves de change couvrent 6,9 mois d’importations.

Les exportations vers la France portent sur les textiles et l’habillement (203,4 millions d’euros, 38,8 %), les produits agroalimentaires (128,7 millions) et les produits agricoles (121,6 millions), avec en toile de fond la crevette, la vanille, l’ilménite, le nickel et le cobalt. La France se classe au quatrième rang des investisseurs étrangers, dans l’énergie, les mines, les télécommunications et l’agro-industrie ; les échanges bilatéraux atteignent 874 millions d’euros en 2025. France Diplomatie rappelle que le pays traverse une période de transition institutionnelle, avec un calendrier annoncé de 24 mois vers de nouveaux cadres constitutionnels et des élections en 2027. Pour un salarié comme pour un employeur, ces éléments invitent à suivre la conjoncture et à prévoir une assurance de longue durée.

Questions fréquentes

Quel visa pour travailler à Madagascar quand on est français ?

Le visa long séjour transformable de travailleur expatrié, demandé à l'ambassade de Madagascar, délivré d'abord pour un mois. Il se transforme en carte de résident dans le mois suivant l'arrivée, et l'employeur obtient l'autorisation d'emploi auprès de l'administration malgache. Le visa d'arrivée n'autorise aucun emploi rémunéré.

Quel est le salaire minimum à Madagascar ?

300 000 Ar par mois (1 730,80 Ar de l'heure) dans le régime général non agricole depuis le 1er mars 2026, et 304 300 Ar par mois dans le régime agricole, selon la CNaPS. Le montant était de 262 680 Ar du 1er mars 2024 au 28 février 2026.

Combien coûtent les cotisations sociales d'un salarié à Madagascar ?

Selon le CLEISS, au 1er janvier 2026 : 19 % du salaire à la charge de l'employeur et 2 % à la charge du salarié, dont 5 % et 1 % pour la maladie-maternité. L'assiette est plafonnée à huit fois le salaire minimum, soit 2 400 000 Ar par mois.

Un salarié détaché garde-t-il la sécurité sociale française à Madagascar ?

Oui, sous conditions, pendant 24 mois au plus au titre de la convention de 1967 : l'employeur en fait la demande à l'Urssaf ou à la MSA, qui délivre le formulaire SE 333-01. Les soins reçus sur place se remboursent avec le formulaire S 3125c et les factures acquittées.

Comment sont imposés les revenus d'un Français qui travaille à Madagascar ?

Selon la convention fiscale du 22 juillet 1983, les salaires sont imposables à Madagascar si l'emploi y est exercé, sauf séjour de 183 jours au plus payé par un employeur établi hors du pays. La résidence fiscale suit le foyer, le centre des intérêts vitaux, puis la nationalité.

Un indépendant est-il couvert par la CNaPS ?

Les indépendants n'ont pas encore de couverture obligatoire ; une réforme est en cours pour les non-salariés. Ils peuvent verser volontairement pour des services de santé au travail, ou choisir la CFE ou une assurance internationale.

Peut-on télétravailler depuis Madagascar pour un employeur français ?

Le visa, la résidence fiscale et le rattachement social se vérifient avant le départ : l'ambassade de Madagascar pour le titre de séjour, l'administration fiscale pour la convention de 1983, l'Urssaf et le CLEISS pour la sécurité sociale.

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