Aller au contenu principal
Expavy

Guyane française · Système de santé

Le système de santé en Guyane : organisation, hôpitaux, urgences, évacuations sanitaires et risques sanitaires

L’essentiel

Le système de santé de la Guyane est le système français : l'Assurance Maladie du régime général, gérée sur place par la caisse générale de sécurité sociale (CGSS) de Guyane, rembourse les soins avec la carte Vitale et le médecin traitant. L'offre publique repose sur le CHU de Guyane, avec des sites à Cayenne, à Saint-Laurent-du-Maroni et à Kourou, des hôpitaux de proximité et des centres délocalisés de prévention et de soins dans les communes isolées. La densité médicale est inférieure à la moyenne nationale (environ 24 médecins pour 10 000 habitants, contre environ 34), et certains soins supposent une évacuation sanitaire vers la métropole ou les Antilles, sur accord préalable. La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire, et la dengue, le chikungunya et le paludisme font l'objet d'une surveillance régulière.

  • Environ 700 médecins toutes spécialités confondues, soit environ 24 pour 10 000 habitants contre environ 34 en France ; environ 11 généralistes pour 10 000 habitants contre environ 14 (IEDOM).
  • Environ 1 050 lits et 200 places installés dans les établissements de santé (DREES, via l’IEDOM).
  • Environ 274 000 personnes couvertes par l’Assurance Maladie, dont environ 94 000 bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CGSS, via l’IEDOM).
  • Fièvre jaune : vaccination obligatoire dès 1 an, plus de dix jours avant l’arrivée ; paludisme et chikungunya à surveiller, bulletins publiés par l’ARS Guyane et Santé publique France.
  • Évacuation sanitaire programmée : ticket modérateur de 45 % sauf exonération, convocation à plus de 15 jours de la réception du dossier par le service médical (CGSS de Guyane).
  • 3 hôpitaux de proximité et 14 centres délocalisés de prévention et de soins (CHU de Guyane).

Service en cours de lancement : un conseiller étudie votre demande et vous recontacte pour préciser vos besoins.

Organisation : un système national, des acteurs locaux

Le titre V du livre VII du Code de la sécurité sociale s’applique en Guyane, et la législation générale de sécurité sociale y est donc celle de la France (article L751-1). Le CLEISS précise que, dans les départements d’outre-mer, les prestations sont versées par les caisses générales de sécurité sociale et non par les caisses primaires. La CGSS de Guyane présente sur son site l’assurance maladie (carte Vitale, complémentaire santé solidaire, aide médicale de l’État, arrêt de travail, évacuation sanitaire), la retraite, les risques professionnels et le recouvrement auprès des employeurs.

L’Agence régionale de santé de Guyane pilote la politique de santé publique et régule l’offre de santé ; son projet régional de santé 2018-2028 se compose d’un cadre d’orientation stratégique, d’un schéma régional de santé et d’un programme d’accès à la prévention et aux soins des personnes les plus démunies (IEDOM). La Collectivité territoriale de Guyane est compétente pour promouvoir le développement sanitaire du territoire (IEDOM). Pour le détail du régime, de l’affiliation et du statut, voir la page protection sociale et santé en Guyane.

Les indicateurs de santé de la population sont plus défavorables qu’en France hexagonale : 11 % des habitants jugent leur état de santé mauvais ou très mauvais contre 7 %, et le taux de mortalité par maladies infectieuses ou parasitaires atteint environ 37 pour 100 000 habitants contre environ 15 (enquête de santé européenne et INSERM, via l’IEDOM). L’Insee estime qu’environ un tiers des Guyanais a retardé ou renoncé à un soin médical, faute de complémentaire, de moyens, de délais, de transport ou de spécialistes. Ces repères expliquent la place des dispositifs de solidarité : de nombreux bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et de l’aide médicale de l’État (CGSS, via l’IEDOM).

Accès aux soins pour un Français venu de métropole

Selon l’Assurance Maladie, toute personne qui travaille ou réside en France de manière stable et régulière a droit à la prise en charge de ses frais de santé. Un salarié n’a plus à justifier d’une activité minimale, un indépendant est couvert dès le début de son activité, et une personne sans activité est couverte au titre de sa résidence stable et régulière, avec une justification de 6 mois de résidence en France sur les 12 derniers mois lors des contrôles. La demande d’ouverture des droits se fait avec le formulaire Cerfa S1106, transmis à la caisse du lieu de résidence.

La carte Vitale est gratuite et accessible dès l’obtention d’un numéro de sécurité sociale définitif ; elle couvre le conjoint et les enfants de moins de 25 ans vivant sous le même toit (CGSS de Guyane). Le médecin traitant est obligatoire dès 16 ans, et une consultation dans le parcours de soins ouvre un meilleur remboursement, généralement de 70 % pour une consultation de médecin (CLEISS). La CGSS propose de créer son compte ameli, de mettre à jour sa carte Vitale et de déclarer son médecin traitant. Le détail des remboursements par situation figure dans le guide remboursement des soins en Guyane.

Hôpitaux, centres de santé et éloignement

Le site du CHU de Guyane présente des implantations à Cayenne (3 avenue Alexis Blaise), à Saint-Laurent-du-Maroni (1465 boulevard de la Liberté) et à Kourou (avenue Léopold Héder), trois hôpitaux de proximité et 14 centres délocalisés de prévention et de soins (CDPS), dont certains à Maripasoula, à Saül et à Camopi, ainsi que des consultations délocalisées. Le rapport annuel de l’IEDOM décrit les trois établissements publics historiques (le centre hospitalier Andrée Rosemon de Cayenne, le centre hospitalier de l’Ouest guyanais à Saint-Laurent-du-Maroni et le centre hospitalier de Kourou) et la création annoncée d’un centre hospitalier régional universitaire les regroupant ; il précise que les CDPS sont basés dans les communes isolées et couvrent environ 20 % de la population.

  • Capacité : un peu plus de 1 000 lits et près de 200 places. En lits pour 100 000 habitants, la Guyane est moins équipée que les Antilles, en particulier pour les soins de longue durée, les soins de suite et de réadaptation et la psychiatrie ; le niveau d’équipement en médecine, chirurgie, obstétrique et odontologie se rapproche en revanche de celui des Antilles et de l’Hexagone (DREES, via l’IEDOM).
  • Personnel : environ 700 médecins, soit une densité d’environ 24 pour 10 000 habitants contre environ 34 en France ; l’effectif est stable, et la densité des autres professionnels de santé est elle aussi inférieure à la moyenne nationale (IEDOM).
  • Temps d’accès : selon une étude de l’Insee et de l’ARS reprise par l’IEDOM, 75 % des habitants des communes du littoral se trouvaient à moins de 4 minutes en voiture d’un médecin, 10 % de la population ne vivant pas en centre-ville mettait plus de 24 minutes et 5 % se trouvait à plus d’une heure ; les communes de l’intérieur dépendent du transport fluvial et aérien.

Pour une installation, ces repères invitent à choisir son lieu de résidence en tenant compte de la proximité d’un médecin traitant et d’un site hospitalier, et à prévoir, pour une famille avec de jeunes enfants ou une personne suivie pour une maladie chronique, les modalités de suivi avant le départ.

Médecin de premier recours, pharmacies et médicaments

Le premier recours repose sur le médecin traitant et les généralistes (environ 11 pour 10 000 habitants, contre environ 14 en France, selon l’IEDOM), et les CDPS assurent des soins dans les communes isolées. L’Insee recense une cinquantaine de pharmacies sur le territoire. L’annuaire de l’Assurance Maladie permet de rechercher un professionnel de santé.

Les médicaments sont remboursés selon leur service médical rendu : 65 % lorsqu’il est majeur ou important, 30 % lorsqu’il est modéré, 15 % lorsqu’il est faible, avec une franchise médicale de 1 € par boîte (Assurance Maladie, CLEISS). Deux spécificités locales : le traitement préventif du paludisme (atovaquone-proguanil, méfloquine ou doxycycline, selon l’ARS) est pris en charge pour les assurés sociaux de Guyane, et les résidents du littoral qui se rendent à l’intérieur sont remboursés sur ordonnance précisant la durée et la zone du séjour ; en cas de dengue, l’ARS déconseille les anti-inflammatoires et l’aspirine en raison du risque hémorragique et recommande de consulter son médecin traitant.

Urgences et numéros utiles

Numéros nationaux (ministère de l’Intérieur) : le 15 donne accès au SAMU, numéro unique par département ; le 18 correspond aux sapeurs-pompiers, à composer lorsqu’une vie est en danger ; le 17 est la police secours ; le 112 est le numéro d’urgence européen ; le 114 est destiné aux personnes sourdes, malentendantes ou aphasiques ; le 196 correspond au secours en mer. Sur le littoral, les urgences hospitalières sont rattachées au pôle « Urgences Soins Critiques » du CHU de Guyane, qui regroupe les urgences, la réanimation et la médecine légale.

L’organisation des urgences peut être adaptée à la situation locale : l’ARS peut ainsi autoriser par arrêté une organisation particulière de l’accès aux urgences du centre hospitalier de l’Ouest guyanais, par exemple avec une régulation quotidienne de 18 h 50 à 8 h 00. Dans ces situations, le 15 permet d’être orienté. Les communes isolées dépendent du transport fluvial et aérien (IEDOM), d’où le rôle des centres délocalisés de prévention et de soins.

Évacuations sanitaires et soins hors du territoire

Selon l’Assurance Maladie, on parle de transfert sanitaire pour un trajet depuis le domicile vers un lieu de soins éloigné, et d’évacuation sanitaire pour un déplacement médicalisé depuis un lieu d’hospitalisation vers un établissement éloigné. Le transport peut être pris en charge sur accord préalable, qui vaut prescription médicale, si l’état de santé le justifie ; les frais de transport d’un accompagnant peuvent l’être sous conditions en lien avec le médecin ; les frais médicaux sont pris en charge en partie ou en totalité si les conditions d’exonération sont remplies. Pendant une hospitalisation, le service social ou la permanence d’accès aux soins de santé de l’établissement accompagne les démarches ; en dehors, c’est le référent administratif ou social de la caisse de résidence.

La CGSS de Guyane précise le parcours pour les soins, examens ou contrôles programmés en France métropolitaine ou aux Antilles : le patient doit être affilié à la CGSS avec des droits ouverts, obtenir un avis favorable du service médical et utiliser le moyen de transport le moins coûteux compatible avec son état de santé. Le médecin remplit l’imprimé S3139g, qui vaut demande d’accord préalable de transport. La date de convocation doit être à plus de 15 jours de la réception des documents par le service médical, qui instruit la demande dans les 15 jours ; sinon, le patient peut partir mais risque de ne pas être remboursé en cas d’avis défavorable. Un ticket modérateur de 45 % s’applique, sauf exonération sous conditions, auquel cas le transport est pris en charge à 100 %. Pour plus d’informations : 3646.

Les soins reçus au Suriname ou au Brésil voisins sont des soins à l’étranger, hors Union européenne : l’Assurance Maladie ne rembourse éventuellement que les soins urgents et imprévus, après avance des frais, sur la base de tarifs forfaitaires français. Une assistance avec rapatriement complète utilement l’évacuation organisée par la caisse.

Risques sanitaires et vaccinations

  • Fièvre jaune : la vaccination est obligatoire en Guyane pour toute personne résidente ou touriste, à partir de 1 an, depuis 1967. Un certificat de vaccination à jour ou un certificat de contre-indication médicale est à présenter à l’entrée ; la vaccination doit être faite plus de dix jours avant l’arrivée. Une personne vaccinée après l’âge de 2 ans est en principe protégée à vie ; les enfants vaccinés avant 2 ans, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées consultent leur médecin sur la nécessité d’un rappel. Les centres habilités et certains médecins généralistes habilités sont listés par l’ARS.
  • Paludisme : transmis par le moustique Anopheles darlingi, qui pique surtout la nuit. Le risque persiste surtout le long des fleuves frontières et dans les communes de l’intérieur. Il n’existe aucun vaccin : l’ARS recommande moustiquaire imprégnée ou pièce climatisée, vêtements couvrants, répulsif et, avant un séjour en zone à risque, une consultation pour un traitement préventif. Santé publique France relève des cas peu nombreux, contractés surtout en zone d’orpaillage, dans le Haut-Maroni et dans le secteur des Savanes. En cas de fièvre, consulter rapidement ; signaler pendant 12 mois tout séjour en zone de transmission lors d’une consultation pour fièvre.
  • Dengue : transmise par Aedes aegypti, qui pique surtout le jour ; les quatre sérotypes sont présents en Guyane selon l’ARS. Il convient de supprimer les gîtes larvaires (eau stagnante, récipients, gouttières) et de se protéger des piqûres. Santé publique France suit l’activité sur l’ensemble du territoire dans ses bulletins.
  • Chikungunya : des cas confirmés biologiquement sont suivis, avec une circulation possible, notamment dans le secteur des Savanes (Santé publique France).
  • Autres surveillances : grippe, bronchiolite, COVID-19 et diarrhées sont suivies dans les centres délocalisés et aux urgences des trois sites du CHU (Santé publique France). Le calendrier vaccinal national reste à jour ; l’ARS publie ses campagnes (grippe, COVID-19, papillomavirus).

Avant le départ, une consultation médicale permet de faire le point sur la fièvre jaune, la prévention du paludisme selon les zones fréquentées et les vaccins du calendrier. La page vivre en Guyane complète ces conseils par le climat et les formalités d’installation.

Questions fréquentes

Le système de santé en Guyane est-il le même qu'en métropole ?

Oui sur le plan juridique : le titre V du livre VII du Code de la sécurité sociale s'applique en Guyane, avec la CGSS de Guyane pour caisse, la carte Vitale et les taux de remboursement habituels. L'offre de soins diffère en revanche : environ 24 médecins pour 10 000 habitants contre environ 34 en France, selon l'IEDOM.

Quels hôpitaux publics existent en Guyane ?

Le CHU de Guyane présente des sites à Cayenne, à Saint-Laurent-du-Maroni et à Kourou, avec trois hôpitaux de proximité et 14 centres délocalisés de prévention et de soins dans des communes isolées. Le rapport annuel de l'IEDOM décrit les trois établissements historiques : centre hospitalier Andrée Rosemon, centre hospitalier de l'Ouest guyanais et centre hospitalier de Kourou.

Que faire en cas d'urgence en Guyane ?

Composer le 15 pour le SAMU, le 18 pour les sapeurs-pompiers, le 17 pour la police secours ou le 112, numéro d'urgence européen (ministère de l'Intérieur). Les urgences hospitalières du littoral sont rattachées au CHU de Guyane ; hors urgence vitale, joindre d'abord son médecin traitant ou le 15 pour être orienté.

Comment est organisée une évacuation sanitaire ?

Pour des soins programmés en métropole ou aux Antilles, le médecin remplit l'imprimé S3139g, qui vaut demande d'accord préalable de transport ; le service médical de la CGSS instruit dans les 15 jours et la convocation doit être à plus de 15 jours de la réception du dossier. Un ticket modérateur de 45 % s'applique, sauf exonération sous conditions (CGSS de Guyane).

Quelles vaccinations sont nécessaires pour la Guyane ?

La fièvre jaune est la seule obligation signalée par l'ARS : vaccination obligatoire pour toute personne résidente ou touriste à partir de 1 an, plus de dix jours avant l'arrivée, avec certificat international de vaccination. Pour les autres vaccins du calendrier et la prévention du paludisme, une consultation médicale avant le départ est recommandée.

Le paludisme et la dengue sont-ils un risque pour un résident ?

Le paludisme concerne surtout le long des fleuves frontières et l'intérieur, sans vaccin disponible ; la dengue et le chikungunya sont transmis par le moustique Aedes. Santé publique France publie des bulletins de suivi de ces maladies.

Peut-on se faire soigner au Suriname ou au Brésil avec sa couverture française ?

Ce sont des soins à l'étranger, hors Union européenne. Selon l'Assurance Maladie, seuls les soins urgents et imprévus peuvent éventuellement être remboursés au retour, après avance des frais, sur la base de tarifs forfaitaires français et sans indemnités journalières ; un contrat d'assistance ou d'assurance est recommandé.

Les autres guides : Guyane française