Croatie · Prendre sa retraite
Prendre sa retraite en Croatie : séjour, fiscalité de la pension, formulaire S1 et coût de la vie
L’essentiel
Un retraité français s'installe en Croatie sans visa : le séjour est libre pendant trois mois, puis l'enregistrement du séjour suppose des ressources suffisantes et une assurance maladie. La convention fiscale du 19 juin 2003 réserve à l'État de résidence l'imposition des pensions versées au titre d'un emploi antérieur, sécurité sociale comprise, à l'exception des pensions publiques qui restent imposables dans l'État qui les verse ; un retraité résident en Croatie déclare donc sa pension à l'administration fiscale croate, dans les huit jours du premier versement. Avec le formulaire S1 demandé à sa caisse de retraite, il accède aux soins du HZZO sans cotisation locale. Les pages officielles consultées ne fixent aucun montant de ressources.
- 8 jours : délai de dépôt du formulaire RPO auprès de l'administration fiscale croate après le premier versement d'une pension étrangère (gov.hr).
- Article 18 de la convention franco-croate du 19 juin 2003 : les pensions versées à un résident au titre d'un emploi antérieur ne sont imposables que dans l'État de résidence, sauf pensions publiques (impots.gouv.fr).
- 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire : cotisation maladie prélevée sur les retraites françaises d'un retraité dont la résidence fiscale est hors de France ; 7,1 % pour les indépendants (CLEISS).
- 5 ans de séjour légal et continu ouvrent le séjour permanent, matérialisé par une carte biométrique valable 10 ans (gov.hr ; Your Europe).
- 65 ans et 15 ans d'assurance : conditions de la pension de vieillesse croate ; 64 ans pour les femmes en 2026, avec un alignement sur les hommes en 2030 (HZMO).
- 15 euros par mois : prix de la police complémentaire dopunsko du HZZO depuis le 1er février 2026 (HZZO).
Repères économiques : Croatie
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +3,4 %
- Inflation
- 3,7 %
- Taux de chômage
- 5,0 %
- PIB par habitant
- 27 104 $
- Population
- 3,9 millions
- Monnaie
- Euro
- pas de frais de change
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit de séjour du retraité : aucun visa, un enregistrement après trois mois
Les citoyens de l’Union européenne séjournent en Croatie jusqu’à trois mois avec une pièce d’identité ou un passeport valide. Au-delà, ils enregistrent leur séjour temporaire auprès de la police du lieu de résidence, au plus tard huit jours après l’expiration des trois mois (gov.hr). Your Europe résume les conditions applicables à un retraité : une assurance maladie complète dans le pays d’accueil et des ressources suffisantes pour vivre sans demander d’aide financière ; une pension compte parmi ces ressources.
- Pièces : pour une personne sans activité, le gov.hr demande la copie certifiée de la pièce d’identité, la preuve de ressources suffisantes pour elle-même et sa famille et la preuve d’une assurance maladie. Le certificat d’enregistrement est délivré sans délai ; le retard coûte une amende de 20 euros.
- Montant de référence : les pages officielles consultées ne fixent pas de montant de ressources à justifier ; l’administration apprécie la situation de chaque demandeur.
- Séjour permanent : après cinq ans de séjour légal et continu, le droit de séjour permanent s’acquiert automatiquement (Your Europe) ; la carte de séjour permanent est biométrique et valable dix ans (gov.hr). Il se perd après plus de deux années consécutives d’absence.
- Formalités : la page vivre en Croatie détaille l’OIB, l’immatriculation d’un véhicule et l’inscription au registre consulaire.
Fiscalité de la pension française : la convention franco-croate
La convention entre la France et la Croatie, signée à Paris le 19 juin 2003 et en vigueur depuis le 1er septembre 2005, a été modifiée par la convention multilatérale de lutte contre l’érosion de la base d’imposition (BEPS), en vigueur pour la Croatie depuis le 1er juin 2021. Elle remplace la convention franco-yougoslave de 1974. Sa règle sur les pensions diffère de celle de plusieurs autres pays de l’Union : elle réserve l’imposition à l’État de résidence.
- Pensions privées et de sécurité sociale (article 18) : sous réserve du paragraphe 2 de l’article 19, les pensions et rémunérations similaires payées à un résident d’un État au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans cet État. Pour un retraité qui réside en Croatie, la pension du régime général et les retraites complémentaires obligatoires (AGIRC-ARRCO, assimilées par l’administration française aux pensions de sécurité sociale) sont donc imposables en Croatie.
- Pensions publiques (article 19, paragraphe 2) : les pensions versées par un État ou une collectivité au titre de services rendus à cet État ne sont imposables que dans cet État ; un ancien fonctionnaire français reste imposé en France, sauf s’il réside en Croatie et possède la nationalité croate sans être français.
- Double imposition (article 23) : la Croatie exempte les revenus de source française imposables en France selon la convention ; la France accorde, pour les revenus croates, un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant.
- Prélèvements français : pour un retraité dont la résidence fiscale est hors de France, une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général, et de 7,1 % sur celles des travailleurs indépendants ; avec une résidence fiscale en France, la CSG, la CRDS et la CASA s’appliquent (CLEISS).
Côté croate : la pension étrangère d’un résident est traitée comme un revenu du travail, sauf disposition contraire d’une convention. Le retraité dépose le formulaire RPO auprès du bureau des impôts de son domicile dans les huit jours du premier versement, avec la décision de pension et un relevé bancaire, obtient une carte fiscale et règle des acomptes selon la décision de l’administration ; le formulaire INO-DOH se dépose avant le 31 janvier pour demander l’imputation d’un impôt payé à l’étranger (gov.hr). Est résident la personne qui possède ou occupe un logement pendant au moins 183 jours sur une ou deux années civiles, ou qui séjourne de façon habituelle autant de jours. Le guide toucher sa retraite à l’étranger détaille le versement des pensions hors de France. Un conseil individuel permet de vérifier les déclarations à déposer dans chaque pays.
Soins des retraités : le formulaire S1 et l'accès au HZZO
Le retraité qui perçoit seulement une pension française, s’installe de façon permanente ou plus de six mois par an en Croatie et n’y exerce aucune activité demande le S1 à sa caisse de retraite ; aucune cotisation du régime local n’est retenue (CLEISS). Le HZZO range parmi les assurés à titre personnel le retraité d’un autre État membre qui ne bénéficie de la couverture d’aucun État selon les règlements européens ; avec le S1, la prise en charge suit ces règlements. Chaque ayant droit a son propre S1.
- Parcours de soins : le patient s’inscrit chez un médecin généraliste conventionné pour un an, qui l’oriente vers un spécialiste ; voir le guide du système de santé croate.
- Participation : la participation commence à 1,32 euro et ne peut dépasser 530,88 euros par facture (HZZO). La police complémentaire dopunsko du HZZO, ouverte aux personnes qui ont le statut d’assuré, coûte 15 euros par mois depuis le 1er février 2026. Le détail par poste figure dans la page remboursements des soins en Croatie.
- Retour en France : avec un S1, le retraité peut se faire soigner en France quel qu’en soit le motif (CLEISS).
Pour compléter ce dispositif avec une couverture au premier euro ou un accès aux prestataires privés, Expavy aide à comparer les options ; voir aussi le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page assurance retraite à l’étranger.
Coût de la vie et logement du retraité
Eurostat situe les prix par rapport à la moyenne de l’Union européenne, fixée à 100 : en 2024, la consommation des ménages affichait un indice de 73,3 en Croatie, contre 107,9 en France, et le poste logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles un indice de 44,0, contre 122,5. Un retraité qui loue ajoute les charges, l’énergie et les frais de santé non couverts : le guide budgétiser sa santé en expatriation aide à chiffrer ce poste.
- Logement : les loyers et les prix varient fortement entre Zagreb, le littoral et l’intérieur ; ils se consultent dans les publications du DZS et de la Banque nationale de Croatie. Le bail sert de justificatif de domicile pour l’enregistrement du séjour.
- Monnaie : la Croatie utilise l’euro depuis le 1er janvier 2023 ; une pension française versée en euros ne comporte donc aucun risque de change.
- Certificat de vie : le service « Ma retraite à l’étranger », accessible depuis info-retraite.fr, permet de transmettre chaque année le certificat d’existence aux caisses françaises (ambassade de France).
Villes et régions : Istrie, Dalmatie, Zagreb et Croatie continentale
Le choix du lieu dépend du climat, de la proximité des hôpitaux et du budget logement. Le service hydrométéorologique (DHMZ) distingue trois grandes régions climatiques, continentale, montagneuse et maritime ; la bora, vent de nord-est de l’Adriatique, souffle surtout en hiver. Le littoral, de l’Istrie à la Dalmatie, offre un climat maritime et une vie très tournée vers le tourisme en été ; Zagreb et le nord concentrent les services et les centres hospitaliers universitaires.
France Diplomatie signale des feux de forêt l’été sur la côte et un risque sismique modéré. Le HZZO relève que l’accès aux soins hospitaliers et spécialisés reste plus réduit hors des grandes villes : il est utile de passer au moins une saison hivernale sur place avant de signer un bail long, de vérifier la distance aux hôpitaux conventionnés et de prévoir l’apprentissage du croate pour les démarches courantes.
Si vous avez aussi travaillé en Croatie : la retraite croate
Pour les périodes travaillées en Croatie, la pension se demande à l’Institut croate d’assurance pension (HZMO). Selon cet institut, la pension de vieillesse s’ouvre à 65 ans avec 15 ans de service d’assurance ; pour les femmes, la période transitoire fixe l’âge à 64 ans en 2026, 64 ans et 3 mois en 2027, 64 ans et 6 mois en 2028 et 64 ans et 9 mois en 2029, avant l’égalité des conditions au 1er janvier 2030. Une pension anticipée est possible à 60 ans avec 41 ans de service.
Les périodes accomplies en France et en Croatie se cumulent pour l’ouverture des droits : le guide trimestres travaillés à l’étranger explique le principe de la totalisation.
Démarches avant le départ et retour éventuel en France
- Demander le S1 à sa caisse de retraite, pour soi et pour chaque ayant droit, avant le départ.
- Informer ses caisses de retraite du changement d’adresse et du compte bancaire de versement de la pension.
- Enregistrer son séjour temporaire auprès de la police au plus tard huit jours après les trois premiers mois, avec les justificatifs de ressources et d’assurance.
- Demander l’OIB à l’administration fiscale, puis déposer le formulaire RPO dans les huit jours du premier versement de la pension.
- Faire enregistrer le S1 auprès du bureau régional du HZZO, puis choisir un médecin généraliste conventionné.
- S’inscrire au registre consulaire de l’ambassade de France à Zagreb pour un séjour de plus de six mois.
- Déposer, avant le 31 janvier, le formulaire INO-DOH si un impôt payé en France doit être imputé.
En cas de retour en France, l’assuré contacte la dernière caisse d’assurance maladie dont il relevait : la page retour en France détaille les démarches.
Questions fréquentes
Faut-il un visa pour prendre sa retraite en Croatie ?
Non. Un Français entre avec une pièce d'identité ou un passeport et séjourne trois mois librement. Au-delà, il enregistre son séjour auprès de la police, au plus tard huit jours après ces trois mois, en justifiant de ressources suffisantes et d'une assurance maladie ; le séjour permanent s'acquiert après cinq ans.
Quels revenus faut-il justifier pour s'installer en Croatie à la retraite ?
Des ressources suffisantes pour soi-même et sa famille, qu'une pension peut constituer. Les pages officielles consultées ne fixent aucun montant ; l'administration apprécie la situation de chaque demandeur.
La pension française est-elle imposée en Croatie ou en France ?
Selon l'article 18 de la convention franco-croate, les pensions versées à un résident au titre d'un emploi antérieur, sécurité sociale comprise, ne sont imposables que dans l'État de résidence : un retraité résident en Croatie est donc imposé en Croatie. Les pensions publiques d'un ancien fonctionnaire restent imposables en France.
Comment déclarer sa pension française en Croatie ?
Le retraité dépose le formulaire RPO auprès du bureau des impôts de son domicile dans les huit jours du premier versement, avec la décision de pension et un relevé bancaire. L'administration fixe ensuite des acomptes ; le formulaire INO-DOH se dépose avant le 31 janvier pour demander l'imputation d'un impôt payé à l'étranger.
Comment fonctionne le formulaire S1 en Croatie ?
Le retraité le demande à sa caisse de retraite avant le départ et le fait enregistrer au bureau régional du HZZO. Il est ensuite soigné comme un assuré croate, sans cotisation locale. Chaque ayant droit peut avoir son propre S1.
Quelle cotisation maladie est prélevée sur la retraite française ?
Pour un retraité dont la résidence fiscale est hors de France, une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général, et de 7,1 % sur celles des indépendants. Avec une résidence fiscale en France, la CSG, la CRDS et la CASA s'appliquent.
À quel âge prend-on sa retraite en Croatie ?
À 65 ans avec 15 ans de service d'assurance. Pour les femmes, l'âge est de 64 ans en 2026 et rejoint celui des hommes au 1er janvier 2030, selon le HZMO.
Combien coûte l'assurance complémentaire du HZZO pour un retraité ?
La police dopunsko coûte 15 euros par mois, soit 180 euros par an, depuis le 1er février 2026. Elle est ouverte à partir de 18 ans aux personnes qui ont le statut d'assuré et suppose un délai d'attente de 15 jours.
Les autres guides : Croatie
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
