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Australie · Prendre sa retraite

Prendre sa retraite en Australie quand on est Français : visa, fiscalité, santé et coût de la vie

L’essentiel

Il n’existe plus de visa retraité ouvert aux nouveaux demandeurs : les visas 405 (Investor Retirement) et 410 (Retirement) sont fermés, selon Home Affairs. S’installer durablement passe donc par un visa familial, comme le Parent visa pour un parent d’un résident australien, ou par un autre visa de résidence. La convention fiscale franco-australienne, en vigueur depuis le 1er juin 2009, attribue en principe l’imposition des pensions privées à l’État de résidence et celle des pensions publiques à l’État qui les verse. Aucun accord de sécurité sociale ne lie les deux pays : la santé repose sur Medicare une fois la résidence permanente obtenue, sinon sur la CFE ou une assurance privée.

  • Visas de retraite 405 et 410 : fermés aux nouveaux demandeurs, à l’exception des partenaires de titulaires du 410 et d’anciens titulaires (Home Affairs).
  • Parent visa : 103 à partir de 8 665 AUD, 143 à partir de 49 900 AUD ; le visa temporaire 870 coûte 6 370 AUD pour 3 ans ou 12 440 AUD pour 5 ans, sans droit de travailler (Home Affairs).
  • Convention fiscale franco-australienne : pensions privées imposables dans l’État de résidence (article 17), pensions publiques dans l’État payeur (article 18) (impots.gouv.fr).
  • Age Pension : à partir de 67 ans, après en général 10 ans de résidence au total dont 5 sans interruption (Services Australia).
  • CFE RetraitExpat Santé : 15 ans de cotisation au régime de base français sont requis pour un résident australien, l’Australie ne figurant pas dans la liste des pays dispensés (CFE).
  • Barème d’un résident fiscal australien en 2026-27 : 15 % de 18 201 à 45 000 AUD, 30 % jusqu’à 135 000 AUD, plus 2 % de Medicare levy (ATO).

Repères économiques : Australie

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+1,4 %
Inflation
2,9 %
Taux de chômage
4,1 %
PIB par habitant
65 130 $
Population
27,6 millions
Change
1 € = 1,626 AUD
dollar australien, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

S’installer en Australie à la retraite : le cadre migratoire

Un Français retraité peut séjourner en Australie jusqu’à trois mois comme touriste avec l’eVisitor (651), selon France Diplomatie. Pour y vivre, l’Australie n’offre plus de visa dédié aux retraités à de nouveaux candidats. Home Affairs indique que le Retirement visa (410) et l’Investor Retirement visa (405) sont fermés : le 410 reste accessible aux partenaires de titulaires actuels et aux anciens titulaires qui n’ont détenu aucun autre visa substantif depuis leur dernière entrée. Un dispositif de passage à la résidence permanente existe pour les retraités déjà titulaires, depuis le 17 novembre 2018.

Le projet de retraite commence donc par la question du visa : un lien familial, un parcours qualifié ou une durée de séjour limitée. La page vivre en Australie présente les villes et le climat, et la fiche pays les obligations d’assurance par visa.

Parent visa et visa temporaire : les voies ouvertes à un retraité

Le principal chemin pour un retraité dont un enfant est installé en Australie est le Parent visa. Le visa 103 coûte à partir de 8 665 AUD pour un demandeur seul et le Contributory Parent (143) à partir de 49 900 AUD, payables en deux versements. Il faut avoir un enfant citoyen australien, résident permanent ou néo-zélandais admissible, installé durablement. Les visas permettent de rester indéfiniment, de travailler, d’étudier et de s’inscrire à Medicare. La demande excède chaque année les places disponibles : Home Affairs signale de longs délais de traitement et renvoie aux dates de libération de la file d’attente.

Le Sponsored Parent (Temporary) visa (870) offre une autre option : jusqu’à 3 ans (6 370 AUD) ou 5 ans (12 440 AUD) de séjour, renouvelable jusqu’à un maximum de 10 ans en Australie. Il interdit de travailler, et il impose la condition 8501 : une assurance santé adéquate est exigée pendant tout le séjour. Home Affairs rappelle aussi qu’il ne faut pas avoir demandé un 870 pour déposer ensuite un Parent visa.

Retraite française à l’étranger et absence d’accord de sécurité sociale

France Diplomatie indique qu’aucune convention bilatérale de sécurité sociale ne lie la France et l’Australie. Pour un retraité, cela signifie que les droits acquis en France restent ceux du régime français : la caisse de retraite continue de calculer la pension sur les trimestres et les points acquis, et le versement à l’étranger se prépare avec elle (voir toucher sa retraite à l’étranger). Pour un actif qui n’a pas encore liquidé sa retraite, le guide retraite de la CFE rappelle que, dans un pays sans accord de sécurité sociale, la période passée à l’étranger apparaît comme non cotisée et ne valide pas de trimestres : la CFE permet alors de continuer à cotiser pour la retraite de base, sous conditions de durée d’assurance antérieure.

Le guide trimestres travaillés à l’étranger détaille ce mécanisme, et le guide retraite en donne le cadre général. Un relevé de carrière demandé avant le départ évite les surprises.

Fiscalité de la pension française selon la convention franco-australienne

La convention fiscale signée le 20 juin 2006 est en vigueur depuis le 1er juin 2009 (impots.gouv.fr). Son article 17 pose la règle des pensions et rentes de source privée : elles ne sont imposables que dans l’État dont le bénéficiaire est résident. Un retraité résident fiscal d’Australie est donc imposé en Australie sur sa pension du régime général ou complémentaire, au barème de résident (pour 2026-27 : 15 % de 18 201 à 45 000 AUD, 30 % jusqu’à 135 000, 37 % jusqu’à 190 000, puis 45 %, plus le Medicare levy de 2 % selon l’ATO).

L’article 18 traite à part les pensions versées par un État ou ses collectivités au titre de services rendus : elles ne sont imposables que dans l’État payeur. Un ancien fonctionnaire français reste donc imposé en France sur sa pension publique, sauf s’il est résident d’Australie et possède la nationalité australienne sans la nationalité française. L’article 4 règle les cas de double résidence : foyer d’habitation permanent d’abord, puis centre des intérêts vitaux, puis nationalité ; conserver un logement en France compte donc dans l’analyse. Enfin, l’article 23 élimine la double imposition par un crédit d’impôt dans chaque pays. L’ATO précise l’imposition d’une pension étrangère ; une analyse personnalisée avec un conseiller fiscal et le service des impôts des particuliers non-résidents évite les doublons.

Retraite australienne : Age Pension et superannuation

L’Age Pension australienne est ouverte à partir de 67 ans, sous conditions de résidence, de revenus et de patrimoine (Services Australia). Il faut vivre en Australie, être citoyen ou titulaire d’un visa permanent, et en général avoir été résident pendant 10 ans au total, dont 5 années sans interruption. Un retraité français arrivé tard en Australie ne remplit donc en principe pas cette durée, et l’absence d’accord de sécurité sociale avec la France ne permet pas de la compléter par des périodes françaises. Services Australia ajoute qu’une personne qui a l’âge de la pension sans remplir toutes ses conditions peut obtenir la Commonwealth Seniors Health Card, qui donne accès à des médicaments moins chers et à d’autres réductions, à vérifier selon son visa et sa situation de résidence.

La superannuation concerne les personnes qui ont travaillé en Australie : l’employeur verse 12 % du salaire, et un titulaire de visa temporaire peut récupérer cette épargne après son départ par le DASP (voir la page travailler en Australie).

Santé des retraités : Medicare, assurance privée et CFE RetraitExpat

Medicare s’ouvre aux résidents permanents, y compris titulaires d’un Parent visa (Services Australia, Home Affairs). La France ne figure pas parmi les onze pays au régime de réciprocité : en visa temporaire, comme le 870, le retraité souscrit une assurance conforme à la condition 8501 (OVHC). Une fois résident, l’assurance hospitalière privée reste facultative, mais le Medicare Levy Surcharge s’applique aux revenus supérieurs à 105 000 AUD pour une personne seule en 2026-27, et le Lifetime Health Cover majore la prime de 2 % par année d’âge au-delà de 30 ans, jusqu’à 70 %, pour une souscription tardive (privatehealth.gov.au précise les règles applicables aux nouveaux migrants).

CFE : l’offre RetraitExpat Santé couvre les soins à l’étranger pour un retraité du régime de base français, sans activité professionnelle, ainsi que les enfants mineurs et le conjoint retraité. Elle exige d’avoir cotisé au moins 15 ans au régime de base, ou de résider dans un pays dispensé de cette condition (Union européenne, EEE, Suisse, Royaume-Uni, Québec, Maroc, Tunisie et quelques autres), liste où l’Australie ne figure pas. Les soins en France restent pris en charge par la Sécurité sociale. Les remboursements de la CFE suivent la zone 3 pour l’Australie (voir remboursement des soins en Australie), et la CFE plafonne ses tarifs pour les 70 ans et plus. Les guides assurance maladie du retraité et assurance retraite à l’étranger comparent les solutions ; la page système de santé australien détaille l’hôpital, les urgences et le PBS.

Préparer le départ : relevé de carrière, caisses de retraite et démarches

Avant de partir, le relevé individuel de situation (RIS), document officiel qui récapitule les trimestres et les points acquis, sert de base à toute discussion avec les caisses. Les caisses de base et complémentaires, comme l’Assurance retraite et l’Agirc-Arrco, se préviennent du changement d’adresse et des coordonnées bancaires, et indiquent les justificatifs à fournir pour continuer à percevoir la pension depuis l’étranger. Un retraité qui poursuit une activité en Australie vérifie aussi l’effet sur ses droits, car la période travaillée sur place ne valide pas de trimestres français faute d’accord de sécurité sociale.

Sur place, l’ambassade de France propose l’inscription au registre des Français établis hors de France, qui facilite les démarches consulaires. Côté santé, l’inscription à Medicare se fait en ligne par myGov une fois la résidence permanente accordée et depuis l’Australie (Services Australia) ; sous un visa temporaire comme le 870, une assurance conforme à la condition 8501 est exigée, et la CFE peut s’y ajouter. Enfin, la résidence fiscale se prépare : garder la trace du foyer d’habitation et du centre des intérêts vitaux aide à justifier le pays d’imposition au sens de la convention.

Coût de la vie du retraité et choix de la ville

Selon l’ABS, les prix à la consommation ont augmenté de 4,0 % sur 12 mois à août 2026, dont +5,7 % pour le logement et +3,9 % pour la santé. Un retraité dont la pension est versée en euros est exposé au taux de change EUR/AUD et aux frais de transfert, deux paramètres à suivre dans le budget. Le choix de la ville pèse autant que le niveau de revenu : loyer, accès à un hôpital, climat (chaud et humide au nord, tempéré au sud) et présence d’une communauté francophone (29 Alliances françaises d’après l’ambassade de France) comptent dans la décision. Les données de climat et de population des grandes villes figurent sur la page vivre en Australie.

Pour garder le lien avec la France, la CFE précise que les adhérents sont couverts pour des soins en France lors de séjours temporaires selon l’offre choisie, et le guide retour en France prépare un éventuel retour : un retraité d’un régime français retrouve la prise en charge de la Sécurité sociale pour ses soins en France.

Tableau récapitulatif : les visas envisageables pour un retraité en Australie

VisaStatutDurée et coût indicatifSanté
Retirement (410)Fermé aux nouveaux demandeursRéservé aux partenaires de titulaires et aux anciens titulairesCondition 8501 discrétionnaire
Investor Retirement (405)Fermé aux nouveaux demandeursVisa temporaire pour retraités autonomesCondition 8501 obligatoire
Parent visa (103)Ouvert, longue file d’attentePermanent, à partir de 8 665 AUDAccès à Medicare
Contributory Parent (143)Ouvert, longue file d’attentePermanent, à partir de 49 900 AUDAccès à Medicare
Sponsored Parent temporaire (870)Ouvert, parrainage requis3 ans à 6 370 AUD ou 5 ans à 12 440 AUD ; travail interditCondition 8501 obligatoire (OVHC)
eVisitor (651)Séjour touristiqueJusqu’à trois moisAssurance voyage

Sources : Home Affairs (fiches des visas et liste des visas soumis à la condition 8501), France Diplomatie. Les montants sont ceux affichés à la date de consultation ; la fiche officielle de chaque visa fait foi.

Questions fréquentes

Existe-t-il un visa retraité pour l’Australie ?

Les visas Retirement (410) et Investor Retirement (405) sont fermés aux nouveaux demandeurs, selon Home Affairs. Un retraité peut viser un Parent visa si un enfant est citoyen ou résident permanent en Australie, un visa qualifié ou un autre visa de résidence, ou séjourner jusqu’à trois mois comme touriste avec l’eVisitor.

Combien coûte un Parent visa pour l’Australie ?

Home Affairs affiche à partir de 8 665 AUD pour le visa 103 et à partir de 49 900 AUD pour le Contributory Parent (143), payables en deux versements. Le visa temporaire 870 coûte 6 370 AUD pour 3 ans et 12 440 AUD pour 5 ans, sans droit de travailler. Les délais de traitement des Parent visas sont longs.

Comment est imposée une pension française pour un résident australien ?

L’article 17 de la convention franco-australienne attribue l’imposition des pensions de source privée à l’État de résidence : un résident fiscal d’Australie est donc imposé en Australie. Les pensions versées par un État au titre de services rendus restent imposables dans l’État payeur (article 18), la France pour un ancien fonctionnaire français.

Existe-t-il un accord de sécurité sociale entre la France et l’Australie ?

Non : France Diplomatie indique qu’aucune convention bilatérale de sécurité sociale ne lie les deux pays. Les droits acquis en France restent ceux du régime français, et la période passée en Australie ne valide pas de trimestres français sans cotisation volontaire.

Un retraité français a-t-il accès à Medicare ?

Oui, une fois la résidence permanente obtenue, par exemple avec un Parent visa. La France n’a pas d’accord de réciprocité avec l’Australie : un retraité en visa temporaire, comme le 870, souscrit une assurance conforme à la condition 8501.

Un retraité français peut-il toucher l’Age Pension australienne ?

L’Age Pension est ouverte à partir de 67 ans, avec des conditions de revenus et de patrimoine, et en général 10 ans de résidence en Australie au total dont 5 sans interruption. Elle suppose d’être citoyen ou titulaire d’un visa permanent et de vivre en Australie.

La CFE couvre-t-elle un retraité français en Australie ?

Oui, avec l’offre RetraitExpat Santé, pour un retraité du régime de base français sans activité, à condition d’avoir cotisé au moins 15 ans, l’Australie ne figurant pas parmi les pays dispensés de cette condition. L’offre couvre les soins à l’étranger, tandis que la Sécurité sociale française prend en charge les soins en France.

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