Pologne · Prendre sa retraite
Prendre sa retraite en Pologne : séjour, fiscalité de la pension, formulaire S1 et coût de la vie
L’essentiel
Un retraité français s'installe en Pologne sans visa : le séjour est libre pendant trois mois, puis l'enregistrement auprès du voïvode exige une assurance maladie et des ressources suffisantes pour ne pas peser sur l'aide sociale. La pension française du régime général ou complémentaire est imposable dans l'État de résidence selon l'article 18 de la convention fiscale du 20 juin 1975, donc en Pologne pour un retraité qui y réside ; la pension publique d'un ancien fonctionnaire reste imposable en France. Avec le formulaire S1 demandé à sa caisse de retraite et enregistré auprès du NFZ, le retraité accède à l'ensemble des soins du système public. Le montant des ressources à justifier se confirme auprès du voïvode.
- 3 mois de séjour libre, puis enregistrement auprès du voïvode : gratuit, certificat valable 10 ans, droit de séjour permanent après 5 ans de résidence continue (ministère de l'Intérieur et de l'Administration).
- 1 978,49 PLN bruts par mois : montant de la retraite minimale depuis la revalorisation de mars 2026, soit 105,3 % du montant précédent (ZUS) ; 4 517,15 PLN : pension moyenne du régime non agricole en août 2026 (GUS).
- 12 % jusqu'à 120 000 PLN de revenu annuel, avec une réduction d'impôt de 3 600 PLN, puis 32 % au-delà : barème de l'impôt polonais sur le revenu (podatki.gov.pl).
- 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire : cotisation maladie prélevée sur la retraite française d'un retraité dont la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).
- 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes : âge légal de départ à la retraite en Pologne, avec un cumul possible avec une activité (CLEISS).
- 3 604 habitants par km² à Varsovie au 31 décembre 2024, la densité la plus élevée des villes à statut de powiat (GUS).
Repères économiques : Pologne
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +3,6 %
- Inflation
- 3,8 %
- Taux de chômage
- 3,0 %
- PIB par habitant
- 28 420 $
- Population
- 36,4 millions
- Change
- 1 € = 4,378 PLN
- zloty, cours BCE du jour
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit de séjour du retraité : aucun visa, un enregistrement après trois mois
Les citoyens de l’Union européenne entrent en Pologne et y séjournent jusqu’à trois mois avec une pièce d’identité ou un document de voyage valide. Au-delà, ils s’enregistrent auprès du voïvode, au plus tard le lendemain de la fin des trois mois suivant l’entrée. Un retraité, qui n’exerce pas d’activité, justifie d’une assurance maladie, soit par l’inclusion dans le système public, soit par un droit aux soins issu de la coordination européenne comme le S1, soit par une assurance privée, ainsi que de ressources suffisantes pour lui-même et sa famille, afin de ne pas devenir une charge pour le système d’aide sociale. L’enregistrement est gratuit et délivre un certificat valable dix ans ; le droit de séjour permanent s’acquiert après cinq ans de résidence continue (ministère de l’Intérieur et de l’Administration).
- Résidence et PESEL : la résidence se déclare à la commune au plus tard le 30e jour de séjour, gratuitement ; le numéro PESEL est alors attribué d’office pour un séjour de plus de 30 jours (gov.pl). La page vivre en Pologne détaille ces formalités.
- Montant de référence : les pages officielles consultées ne fixent pas de montant de ressources à justifier. À titre de repère, la retraite minimale atteint 1 978,49 PLN bruts par mois depuis mars 2026 (ZUS), et la pension moyenne du régime non agricole 4 517,15 PLN en août 2026 (GUS). Ces montants situent le niveau des pensions polonaises et ne constituent pas une condition de séjour ; le seuil exigé se confirme auprès du voïvode.
Fiscalité de la pension française : la convention franco-polonaise
La convention entre la France et la Pologne, signée à Varsovie le 20 juin 1975 et en vigueur depuis le 12 septembre 1976, a été complétée par la convention multilatérale de lutte contre l’érosion de la base d’imposition (BEPS), appliquée depuis le 1er janvier 2019 pour la France. Elle répartit le droit d’imposer chaque revenu entre les deux États.
- Pensions privées et de sécurité sociale (article 18) : les pensions et rémunérations similaires versées à un résident au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans l’État de résidence. Une pension du régime général ou une retraite complémentaire d’un retraité installé en Pologne est donc imposée en Pologne (administration fiscale française).
- Pensions publiques (article 19) : les pensions versées par un État ou une collectivité au titre de services à caractère public ne sont imposables que dans cet État ; elles ne le sont que dans l’autre État si le bénéficiaire y réside et en possède la nationalité. Un ancien fonctionnaire français reste donc imposé en France sur cette pension.
- Double imposition (article 23) : la France exonère les revenus imposables en Pologne selon la convention, tout en les prenant en compte pour fixer le taux applicable au reste du revenu ; la Pologne exonère de même les revenus imposables en France.
- Barème polonais : l’impôt sur le revenu comprend un taux de 12 % jusqu’à 120 000 PLN de revenu annuel, avec une réduction d’impôt de 3 600 PLN qui correspond à une quotité exonérée de 30 000 PLN, puis un taux de 32 % au-delà (podatki.gov.pl). Le détail figure dans la page travailler en Pologne.
- Prélèvements français : pour un retraité dont la résidence fiscale est hors de France, la CSG et la CRDS ne s’appliquent pas ; une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général, et de 7,1 % sur celles des travailleurs indépendants (CLEISS).
Le guide toucher sa retraite à l’étranger détaille le versement des pensions hors de France. Un conseil individuel permet de vérifier les déclarations à déposer dans chaque pays.
Soins des retraités : le formulaire S1 et l'inscription au NFZ
Le retraité qui perçoit seulement une pension française, réside en Pologne de façon permanente ou plus de six mois par an et n’y exerce aucune activité demande le S1 à sa caisse de retraite (CLEISS). Il l’enregistre auprès de la délégation régionale du NFZ de son lieu de résidence : cette inscription donne accès à l’ensemble des soins du système public, y compris les consultations et interventions programmées (NFZ). Chaque membre de la famille a son propre S1.
- Parcours de soins : le médecin de premier recours est choisi par une déclaration, et l’orientation vers un spécialiste est la règle, sauf pour la gynécologie, la psychiatrie, l’oncologie, la vénéréologie et la dentisterie ; voir le guide du système de santé polonais.
- Participation : l’hospitalisation est gratuite pour les assurés ; les médicaments suivent des niveaux de participation, et les soins dentaires sont limités à un panier défini (NFZ). Le détail par poste figure dans la page remboursements des soins en Pologne.
- Soins programmés dans un autre pays : ils exigent l’autorisation préalable du pays de résidence, sur la base d’un document S2 qui fixe les soins concernés (NFZ).
Pour compléter ce dispositif avec une couverture au premier euro ou un accès aux prestataires privés, Expavy aide à comparer les options ; voir aussi le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page assurance retraite à l’étranger.
Coût de la vie et logement du retraité
Les repères officiels de revenus situent le contexte : la retraite minimale s’élève à 1 978,49 PLN bruts par mois depuis mars 2026, après une revalorisation de 5,3 % (ZUS), et la pension moyenne du régime non agricole atteignait 4 517,15 PLN en août 2026, en hausse nominale de 6,5 % sur un an (GUS). Un retraité qui loue ajoute les charges, l’énergie et les frais de santé non couverts : le guide budgétiser sa santé en expatriation aide à chiffrer ce poste.
- Logement : les loyers et les prix varient fortement d’une ville à l’autre ; ils se consultent dans les publications de la Banque nationale de Pologne et du GUS. Le bail sert de justificatif de domicile pour l’inscription de la résidence (gov.pl).
- Monnaie : la Pologne utilise le zloty (PLN), et l’évolution du change est suivie dans le bloc « Repères économiques » de cette page ; la pension française, versée en euros, est exposée à ce risque de change.
Villes et régions prisées : Varsovie, Cracovie, Gdańsk et la montagne
Le choix du lieu dépend du climat, de la proximité des hôpitaux et du budget logement. Varsovie est la ville la plus peuplée, avec 3 604 habitants par km² fin 2024 ; Cracovie, Varsovie et Gdańsk ont gagné le plus d’habitants en 2024 selon le GUS. Les hivers sont plus froids qu’en France, et un retraité qui envisage la montagne ou un village isolé se renseigne sur la distance aux services de santé et aux établissements sous contrat avec le NFZ.
Pour un projet de retraite, il est utile de passer au moins une saison hivernale sur place avant de s’engager dans un bail long, de vérifier la distance aux services de santé et de prévoir l’apprentissage du polonais pour les démarches courantes.
Si vous avez aussi travaillé en Pologne : la retraite polonaise
Pour les périodes travaillées en Pologne, la pension se demande au ZUS. L’âge légal de la retraite est fixé à 60 ans pour les femmes et à 65 ans pour les hommes, dans les deux régimes ; la pension de retraite peut se cumuler avec une activité professionnelle (CLEISS). Les indépendants voient leur pension calculée selon les règles du régime général des salariés (CLEISS).
Les périodes accomplies en France et en Pologne se cumulent pour l’ouverture des droits : le guide trimestres travaillés à l’étranger explique le principe de la totalisation.
Démarches avant le départ et retour éventuel en France
- Demander le S1 à sa caisse de retraite, pour soi et pour chaque membre de la famille, avant le départ.
- Informer ses caisses de retraite du changement d’adresse et du compte bancaire de versement de la pension.
- Déclarer sa résidence à la commune au plus tard le 30e jour, ce qui déclenche l’attribution du PESEL.
- Enregistrer le S1 auprès de la délégation régionale du NFZ.
- Enregistrer son séjour auprès du voïvode avant la fin du troisième mois.
- S’inscrire au registre consulaire de l’ambassade de France à Varsovie pour un séjour de plus de six mois.
- Prévoir la déclaration de revenus en Pologne, où la pension française est imposable.
En cas de retour en France, l’assuré contacte la dernière caisse d’assurance maladie dont il relevait : la page retour en France détaille les démarches.
Questions fréquentes
Faut-il un visa pour prendre sa retraite en Pologne ?
Non. Un Français entre avec une pièce d'identité ou un passeport et séjourne trois mois librement. Au-delà, il enregistre son séjour auprès du voïvode, gratuitement, en justifiant d'une assurance maladie et de ressources suffisantes ; le droit de séjour permanent s'acquiert après cinq ans.
Quels revenus faut-il justifier pour s'installer en Pologne à la retraite ?
Les pages officielles consultées exigent des ressources suffisantes pour ne pas devenir une charge pour l'aide sociale, sans fixer de montant unique. La retraite minimale, 1 978,49 PLN bruts par mois depuis mars 2026, donne un ordre de grandeur à confirmer auprès du voïvode.
La pension française est-elle imposée en Pologne ou en France ?
Selon l'article 18 de la convention franco-polonaise, une pension du régime général ou complémentaire est imposable dans l'État de résidence, donc en Pologne pour un retraité qui y réside. La pension publique d'un ancien fonctionnaire reste imposable en France (article 19).
Comment fonctionne le formulaire S1 en Pologne ?
Le retraité le demande à sa caisse de retraite avant le départ et l'enregistre auprès de la délégation régionale du NFZ, qui lui ouvre l'accès complet aux soins publics, y compris programmés. Chaque membre de la famille a son propre S1.
Quelle cotisation maladie est prélevée sur la retraite française ?
Pour un retraité dont la résidence fiscale est hors de France, la CSG et la CRDS ne s'appliquent pas ; une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général.
Quel est le montant des pensions en Pologne ?
La retraite minimale est de 1 978,49 PLN bruts par mois depuis mars 2026, et la pension moyenne du régime non agricole de 4 517,15 PLN en août 2026, selon le ZUS et le GUS. Ces montants varient avec la carrière et la revalorisation de mars.
À quel âge prend-on sa retraite en Pologne ?
L'âge légal est de 60 ans pour les femmes et de 65 ans pour les hommes. La pension de retraite peut se cumuler avec une activité professionnelle.
Quel est le coût de la vie pour un retraité en Pologne ?
Il varie selon la ville et le logement ; les loyers se consultent dans les publications de la Banque nationale de Pologne et du GUS. Les revenus de référence sont la retraite minimale de 1 978,49 PLN bruts et la pension moyenne de 4 517,15 PLN, et le zloty reste la monnaie du pays.
Les autres guides : Pologne
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
