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Pologne · Remboursements des soins

Remboursement des soins en Pologne : qui rembourse quoi selon votre situation

L’essentiel

En Pologne, la carte Vitale ne sert pas chez le médecin : la coordination entre la France et la Pologne repose sur les règlements européens, et c'est le statut qui désigne le payeur. Le salarié local est couvert par le NFZ grâce à la cotisation santé de 9 %, le détaché garde le régime français avec le formulaire A1, le retraité enregistre son formulaire S1 auprès du NFZ et l'étudiant utilise la CEAM pour un séjour temporaire. Un adhérent CFE ou un assuré au premier euro complète ce socle selon son contrat. Le tableau récapitulatif résume chaque situation, puis la page détaille les postes de soins.

  • Aucune carte Vitale en Pologne : le règlement (CE) 883/2004 organise la coordination, avec la CEAM pour un séjour temporaire et les formulaires A1 et S1 pour un séjour durable.
  • 24 mois au plus : durée du détachement avec le formulaire A1, qui maintient le salarié au régime français (europa.eu).
  • 33 jours : période pendant laquelle l'employeur maintient le salaire d'un salarié malade, à 80 % au moins ; le ZUS prend ensuite le relais pendant 182 jours au plus (CLEISS).
  • 3,20 PLN : forfait fixe d'une ordonnance de base ; d'autres médicaments sont gratuits ou pris en charge à 30 % à 50 % de la limite de financement (NFZ).
  • 20 semaines de congé de maternité pour un enfant, indemnisées à 100 % du revenu mensuel brut moyen (CLEISS).
  • 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire : cotisation maladie prélevée sur les retraites françaises d'un retraité dont la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).

Le principe : le statut désigne le payeur

La France et la Pologne étant membres de l’Union européenne, leurs régimes de sécurité sociale sont coordonnés par le règlement (CE) 883/2004 : un travailleur relève de la législation d’un seul pays, en principe celui de son lieu d’activité. La carte Vitale ne fonctionne pas chez un médecin polonais. La preuve de droits est le statut d’assuré du NFZ pour un résident, la CEAM (EKUZ en Pologne) pour un séjour temporaire, ou un formulaire portable (A1, S1) pour un séjour durable. La CEAM ouvre droit aux soins nécessaires et non programmés du système public, aux mêmes conditions que pour les Polonais ; elle ne couvre ni les secours et le rapatriement, ni les soins privés, ni les traitements planifiés (europa.eu). Le médecin apprécie ce qui est nécessaire selon l’état de santé et la durée prévue du séjour (NFZ).

Les situations les plus fréquentes sont le salarié en contrat local, le salarié détaché, l’indépendant, le retraité et la personne sans activité, auxquelles s’ajoutent l’étudiant, la famille, l’adhérent CFE, l’assuré au premier euro et le touriste. Les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer les couvertures. Le fonctionnement du réseau de soins est décrit dans le guide du système de santé polonais.

Salarié en contrat local, salarié détaché et indépendant

Le salarié en contrat local est déclaré par son employeur au ZUS et affilié au NFZ, financé par la cotisation santé de 9 %. En cas d’arrêt maladie, l’employeur continue de verser le salaire pendant 33 jours par an, à 80 % au moins du salaire de référence ; le ZUS verse ensuite 80 % du salaire de référence, pendant 182 jours au plus (CLEISS). Les soins de premier recours, les consultations spécialisées sur orientation et l’hospitalisation sont couverts sans participation du patient, hors médicaments et certains actes dentaires. Voir le glossaire du contrat local.

Le salarié détaché par un employeur français reste rattaché à la Sécurité sociale française, avec le formulaire A1 d’une validité maximale de 24 mois ; au-delà, le détachement peut être prolongé avec l’accord des autorités compétentes des deux pays, ou le salarié s’affilie au régime polonais (europa.eu). Un salarié temporairement détaché en Pologne reçoit les soins sur présentation de la CEAM (NFZ). S’il réside en Pologne, il demande à sa caisse française le document S1 pour s’inscrire aux soins locaux, la caisse locale examinant la situation de sa famille ; s’il réside en France, il demande la CEAM. Les arrêts maladie se déclarent à la caisse française sous 48 heures (CLEISS). Les soins avancés sans CEAM se remboursent avec le formulaire S3125 selon les règles françaises. Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.

L’indépendant installé en Pologne est affilié au ZUS pour tous les risques, sauf pour les indemnités journalières de maladie, qui restent facultatives (80 % du revenu de référence), et il doit se déclarer lui-même au NFZ, avec les mêmes taux de remboursement que les salariés (CLEISS). Sa cotisation santé est de 9 % du revenu à l’impôt progressif et de 4,9 % à l’impôt linéaire, avec un minimum de 432,54 PLN par mois en 2026 (ZUS). Les cotisations sociales sont détaillées dans la page travailler en Pologne.

Retraité, étudiant, famille et personne sans activité

Le retraité qui perçoit seulement une pension française, réside en Pologne de façon permanente ou plus de six mois par an et n’y exerce aucune activité demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite (CLEISS), puis l’enregistre auprès de la délégation régionale du NFZ : il obtient l’accès complet aux soins, y compris les soins programmés, dans les établissements publics (NFZ). Chaque membre de la famille a son propre S1. Si la résidence fiscale est hors de France, une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général, et de 7,1 % sur celles des travailleurs indépendants ; la CSG et la CRDS ne s’appliquent qu’avec une résidence fiscale en France (CLEISS). Voir le guide formulaire S1 mode d’emploi et la page retraite en Pologne.

L’étudiant en séjour temporaire (type Erasmus) reçoit les soins nécessaires et non programmés avec la CEAM (NFZ). Pour un séjour durable, l’enregistrement du séjour auprès du voïvode suppose une assurance maladie et des ressources suffisantes ; voir l’assurance étudiant à l’étranger.

Le conjoint et les enfants relèvent de l’assuré : pour la famille d’un retraité, chacun a son S1 ; pour un enfant dont les parents sont assurés dans deux États, le NFZ précise que l’enfant s’enregistre là où il réside, l’inscription étant refusée si l’un des parents a déjà une assurance polonaise. Le statut du conjoint d’un salarié se confirme auprès du ZUS. Voir l’assurance famille expatriée.

La personne sans activité qui séjourne plus de trois mois justifie, pour son droit de séjour, d’une assurance maladie, par le système public, par un droit aux soins issu de la coordination européenne ou par une assurance privée, ainsi que de ressources suffisantes. Une couverture relais protège pendant le traitement de l’affiliation.

Adhérent CFE, assurance au 1er euro et touriste

L’adhérent CFE cotise à un organisme de protection sociale volontaire des Français de l’étranger. Il peut conserver une couverture française en cotisant alors aux deux systèmes ; la CFE s’ajoute donc au régime polonais d’un salarié ou d’un indépendant, et sert d’appui pour les séjours en France et le retour. La CFE applique des conditions d’adhésion et des délais de carence, plus courts lorsque l’adhésion intervient avant le départ ou peu après l’expatriation ; ils se vérifient auprès de l’organisme. Voir le guide remboursements CFE.

L’assurance santé internationale au 1er euro rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, après franchise éventuelle, carences et exclusions. Elle ouvre l’accès aux prestataires privés, que la CEAM ne couvre pas, avec une prise en charge directe selon le contrat, et peut inclure le rapatriement.

Le touriste présente sa CEAM aux prestataires publics ou sous contrat avec le NFZ : seuls les soins nécessaires et non programmés du système public sont couverts, aux mêmes conditions que pour les Polonais (NFZ). Une assurance voyage qui couvre l’hospitalisation, le rapatriement et les secours complète utilement la CEAM. Voir l’assurance voyage longue durée.

Retour en France : rouvrir ses droits

Un expatrié qui rentre contacte la caisse d’assurance maladie dont il relevait avant son départ pour rouvrir ses droits ; le CLEISS indique de s’adresser à la dernière caisse. Sans activité à l’arrivée, il justifie en général d’une résidence stable en France ; avec un contrat de travail, l’affiliation intervient sans délai. Les adhérents CFE vérifient avec l’organisme les conditions de reprise sans carence. Voir le guide réduire le délai de carence et la page retour en France.

Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité

  • Consultation : les soins de premier recours chez un médecin POZ sous contrat avec le NFZ et les consultations spécialisées sur orientation sont financés par le NFZ ; la CEAM donne les mêmes droits pour les soins nécessaires et non programmés. Un prestataire privé sans contrat avec le NFZ se paie au tarif plein, avec remboursement selon le contrat pour une assurance internationale.
  • Hospitalisation : les interventions, les examens et les médicaments sont gratuits pour les assurés du système public ; les prestations hors du standard sont facturées au patient (NFZ). Le détaché et le touriste munis de la CEAM bénéficient des mêmes conditions que les assurés locaux.
  • Médicaments : certains sont gratuits, d’autres pris en charge à 30 % à 50 % de la limite de financement, d’autres facturés au forfait fixe de 3,20 PLN (préparation de base) ou 10,50 PLN (préparation magistrale), et un médicament hors liste se paie au prix complet (NFZ).
  • Dentaire : l’adulte a droit à un contrôle par an et à trois visites de suivi, aux soins des caries, au traitement de canal des dents de devant, aux extractions et à une prothèse partielle ou complète tous les cinq ans, chez un dentiste sous contrat avec le NFZ et sans orientation. Les couronnes, le blanchiment et les plombages esthétiques sont à la charge du patient (pacjent.gov.pl).
  • Optique : les sources officielles consultées ne décrivent pas de prise en charge générale des lunettes pour les adultes ; se renseigner auprès du NFZ, les contrats internationaux fixant un plafond par période.
  • Maternité : le congé de maternité dure 20 semaines pour un enfant (31 semaines pour des jumeaux, 33 pour des triplés) et l’indemnité atteint 100 % du revenu mensuel brut moyen, avec un minimum de 1 000 PLN nets par mois (CLEISS). Les soins de la grossesse et de l’accouchement relèvent des prestations du NFZ pour les assurées ; une CFE ou un contrat international prévoient en général des conditions d’ancienneté pour la maternité.

Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.

Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation

SituationQui rembourse en prioritéCondition ou démarchePoint d'attention
Salarié en contrat localNFZ, financé par la cotisation santé de 9 %Déclaration par l'employeur au ZUS ; PESELMédicaments à participation variable ; 33 jours de maintien du salaire en cas de maladie
Salarié détachéRégime français maintenu ; CEAM ou remboursement françaisA1 pour 24 mois au plus ; S3125 si frais avancésFamille résidente : S1 examiné par la caisse locale
IndépendantNFZ après déclaration personnelle ; ZUS pour les indemnitésCotisation santé de 9 % ou 4,9 % à l'impôt linéaire, minimum de 432,54 PLNIndemnités maladie facultatives
RetraitéNFZ avec le S1 délivré par la caisse de retraite françaiseS1 avant le départ, enregistré auprès du NFZ ; un S1 par membre de la familleCotisation maladie de 3,2 % et 4,2 % sur la pension si résidence fiscale hors de France
ÉtudiantCEAM (séjour temporaire)CEAM à demander à sa caisse avant le départSoins nécessaires et non programmés seulement ; assurance exigée pour un séjour durable
Conjoint et enfantsSelon le statut de l'assuré ; S1 pour la famille d'un retraitéEnfant enregistré là où il résideStatut du conjoint à confirmer auprès du ZUS
Personne sans activitéAssurance justifiée pour le séjour : public, coordination européenne ou privéRessources suffisantes pour le séjour de plus de 3 moisCouverture relais pendant l'affiliation
Adhérent CFECFE en complément du régime polonaisAdhésion avant le départ ou peu aprèsCotisation aux deux systèmes ; carence si adhésion tardive
Assurance au 1er euroAssureur : frais réels dans les plafondsQuestionnaire médical, carences, exclusionsAccès aux prestataires privés ; prise en charge directe
TouristeCEAM auprès des prestataires publics ; assurance voyageCEAM gratuite, à demander à sa caisse avant le départPas de rapatriement, de soins privés ni de soins programmés
Retour en FranceAssurance Maladie, dernière caisse du régime françaisDemande de réouverture des droitsCFE : reprise sans carence selon l'organisme

Sources : CLEISS, NFZ, ZUS, europa.eu, pacjent.gov.pl. Les montants sont ceux de 2026 ; les participations varient selon le médicament et le prestataire.

Questions fréquentes

La carte Vitale fonctionne-t-elle en Pologne ?

Non. Pour un séjour temporaire, la CEAM donne accès aux soins nécessaires et non programmés du système public polonais, aux mêmes conditions que les Polonais. Pour une installation durable, la preuve de droits dépend du statut : affiliation au NFZ, formulaire A1 pour un détaché ou formulaire S1 pour un retraité.

Que rembourse le NFZ à un salarié français ?

Les soins de premier recours, les consultations spécialisées sur orientation et l'hospitalisation sont financés par le NFZ sans participation du patient. Les médicaments suivent des niveaux de participation : gratuits, 30 % à 50 % de la limite de financement, forfait de 3,20 PLN ou prix complet hors liste.

Un retraité français peut-il se faire soigner en Pologne ?

Oui, avec le formulaire S1 demandé à sa caisse de retraite avant le départ et enregistré auprès de la délégation régionale du NFZ, qui ouvre l'accès complet aux soins, y compris programmés. Une cotisation maladie de 3,2 % et 4,2 % est prélevée sur les pensions si la résidence fiscale est hors de France.

Que couvre la CEAM en Pologne ?

Les soins nécessaires et non programmés dans le système public, aux mêmes conditions que pour les Polonais. Elle ne couvre ni les secours et le rapatriement, ni les soins privés, ni les traitements planifiés ; le médecin apprécie ce qui est nécessaire selon l'état de santé et la durée du séjour.

Comment un salarié détaché est-il couvert en Pologne ?

Il reste au régime français avec le formulaire A1, valable 24 mois au plus. S'il réside en France, il demande la CEAM ; s'il réside en Pologne, il demande un S1 à sa caisse. Les soins avancés sans CEAM se remboursent avec le formulaire S3125 ; les arrêts maladie se déclarent à la caisse française sous 48 heures.

Les soins dentaires sont-ils remboursés en Pologne ?

Le NFZ finance un panier défini : un contrôle par an, les soins de caries, le traitement de canal des dents de devant, les extractions et une prothèse partielle ou complète tous les cinq ans, sans orientation. Les couronnes, le blanchiment et les plombages esthétiques sont à la charge du patient.

Une assurance au premier euro évite-t-elle l'avance des frais ?

Souvent, grâce à une prise en charge directe organisée avec l'établissement. Les plafonds, franchises, carences et exclusions du contrat déterminent le reste à charge ; l'accès aux prestataires privés, que la CEAM ne couvre pas, fait partie des atouts de ce type de contrat.

Comment rouvrir ses droits au retour en France ?

En contactant la dernière caisse d'assurance maladie dont on relevait avant le départ. Sans activité, une résidence stable en France est en général exigée ; avec un contrat de travail, l'affiliation se fait sans délai. Un adhérent CFE vérifie avec l'organisme les conditions de reprise sans carence.

Les autres guides : Pologne