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Philippines · Travailler et économie
Travailler aux Philippines : permis de travail, visa 9(g), salaire minimum, cotisations et impôt sur le revenu
L’essentiel
Un Français qui souhaite travailler aux Philippines obtient un visa de travail 9(g) délivré par le Bureau de l'immigration, après l'Alien Employment Permit (AEP) du ministère du Travail (DOLE) sollicité par son employeur. Le salaire minimum journalier de la région de la capitale atteint 755 PHP (environ 10,6 €) depuis le 26/09/2026. Le salarié local cotise au SSS (15 % d'un salaire de référence, dont 5 % à sa charge), à PhilHealth (5 %) et à Pag-IBIG, et l'impôt sur le revenu progressif va de 0 % à 35 % sur les revenus de source philippine. Les indépendants disposent d'une option à 8 %, et le visa pour nomades numériques créé en 2025 reste à confirmer auprès des autorités avant tout projet.
- 755 PHP par jour (environ 10,6 €) : salaire minimum non agricole de la région de la capitale depuis le 26/09/2026, ordonnance NCR-28 ; 718 PHP pour l'agriculture (NWPC).
- Visa 9(g) : 10 130 PHP (environ 143 €) pour un an en conversion, catégorie commerciale hors grandes sociétés (Bureau de l'immigration).
- SSS : 15 % d'un salaire de référence compris entre 5 000 et 35 000 PHP, soit 10 % pour l'employeur et 5 % pour le salarié, depuis le 01/01/2025.
- PhilHealth : 5 % du salaire mensuel de base, plancher de 10 000 PHP et plafond de 100 000 PHP (500 à 5 000 PHP par mois, soit environ 7 € à 70 €), avis de janvier 2025.
- Impôt sur le revenu : 0 % jusqu'à 250 000 PHP (environ 3 520 €), puis de 15 % à 35 % par tranches ; option à 8 % pour les indépendants jusqu'à 3 000 000 PHP de recettes (environ 42 280 €).
- Services : 64,42 % de la valeur ajoutée en 2025, industrie 26,99 %, agriculture 8,59 % ; transferts personnels reçus : 8,53 % du PIB (Banque mondiale).
Repères économiques : Philippines
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +4,4 %
- Inflation
- 1,7 %
- Taux de chômage
- 2,2 %
- PIB par habitant
- 4 171 $
- Population
- 116,8 millions
- Change
- 1 € = 70,27 PHP
- peso philippin, cours BCE du jour
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail : visa 9(g) et permis d'emploi pour étranger
Le Bureau de l’immigration décrit le visa d’emploi préarrangé, dit 9(g), comme celui des étrangers qui se rendent aux Philippines pour exercer une occupation licite, contre salaire ou autre forme de rémunération. Il s’obtient en deux temps : le ministère du Travail et de l’Emploi (DOLE) délivre l’Alien Employment Permit (AEP), puis le Bureau de l’immigration instruit le visa et l’ACR I-Card, la carte d’enregistrement des étrangers. Le permis est lié à l’employeur philippin qui recrute.
Le DOLE a révisé ses règles sur les permis d’emploi des étrangers en 2025 (Department Order n° 248, complété par l’ordonnance 248-A). Les communications officielles mettent en avant un test du marché du travail par publication dans un journal de large diffusion, un test de besoin économique et des programmes de formation destinés à transmettre les compétences aux collègues philippins. Les listes de pièces, les frais et les délais se vérifient sur le site du DOLE avant le dépôt, car les textes ont évolué depuis.
Un Français titulaire d’un statut de résident retraité ou marié à un Philippin relève de catégories de visa distinctes, présentées dans retraite aux Philippines et vivre aux Philippines. Le guide travailler à l’étranger rappelle les points de protection sociale communs à toutes les destinations.
Coût et étapes du visa 9(g)
Le Bureau de l’immigration publie un barème par durée de visa. Pour la catégorie commerciale hors grandes sociétés, la conversion du visa de visiteur en 9(g) coûte 10 130 PHP pour un an (environ 143 €), 17 170 PHP pour deux ans (environ 242 €) et 24 210 PHP pour trois ans (environ 341 €), au cours de référence de la BCE du 01/10/2026 (70,950 PHP pour 1 €). La prolongation s’élève à 7 060 PHP pour un an (environ 99 €), 13 100 PHP pour deux ans (environ 185 €) et 19 140 PHP pour trois ans (environ 270 €). L’ACR I-Card ajoute de 50 à 150 USD selon sa durée de validité.
- Famille : le conjoint et les enfants célibataires de moins de 21 ans peuvent être inclus dans la demande, à des tarifs distincts.
- Pièces : formulaire CGAF, certification notariée des effectifs de l’employeur, pièces de la liste officielle, passeport et données biométriques (image et empreintes).
- Parcours : dépôt auprès de l’unité centrale de réception du Bureau, examen préalable, paiement des droits, audition puis prise des données biométriques à la division d’enregistrement des étrangers.
Les barèmes sont indiqués pour la catégorie commerciale ordinaire ; d’autres catégories d’employeurs relèvent de tarifs différents, et le Bureau confirme les montants en vigueur au dépôt.
Nomades numériques et télétravail
L’Executive Order n° 86, signé en avril 2025, autorise le ministère des Affaires étrangères (DFA) à délivrer un visa pour nomades numériques aux étrangers qui travaillent à distance pour des clients ou employeurs établis hors des Philippines. L’ordonnance prévoit un séjour maximal d’un an, renouvelable pour la même durée, la preuve de revenus suffisants générés hors du pays et une assurance santé valable pendant toute la durée du visa. Le texte ne chiffre pas le revenu exigé et ne traite pas de fiscalité.
L’ordonnance est entrée en vigueur dès sa publication et a chargé le DFA, avec les ministères et administrations concernés, de publier les lignes directrices d’application dans les 30 jours. À la date de cette page, l’ouverture effective des demandes n’a pas pu être confirmée sur les sites officiels consultés. Avant de bâtir un projet, la procédure se confirme directement auprès du DFA ou d’une ambassade des Philippines. Le guide visas nomades numériques et la page assurance nomade digital présentent les alternatives.
Salaire minimum et niveaux de salaire
Chaque région fixe son salaire minimum par une ordonnance de son conseil tripartite. Dans la région de la capitale (NCR), l’ordonnance NCR-28, publiée le 07/09/2026 et applicable depuis le 26/09/2026, fixe le salaire minimum journalier à 755 PHP pour les travailleurs non agricoles (environ 10,6 €) et à 718 PHP pour l’agriculture (environ 10,1 €), soit 60 PHP de plus que les 695 PHP et 658 PHP du barème de l’ordonnance NCR-26. Le Conseil national des salaires et de la productivité (NWPC) précise que l’ordonnance NCR-27, qui prévoyait un second palier à 780 PHP au 20/01/2027, fait l’objet de recours devant les tribunaux ; le barème à retenir se confirme sur son site.
- Travailleurs domestiques : l’ordonnance NCR-DW-06, applicable depuis le 07/02/2026, fixe le salaire minimum à 7 800 PHP par mois dans la capitale (environ 110 €).
- Autres régions : Cebu, Davao et les provinces dépendent de leur propre conseil régional et de leur propre barème ; l’employeur indique le montant applicable au lieu de travail, et le NWPC publie la liste par région.
- Niveaux de salaire des expatriés : les administrations ne publient pas de grille de rémunération pour les étrangers. Le salaire figure au contrat notarié exigé pour le permis de travail et se négocie selon le poste, le secteur et le lieu.
La monnaie est le peso philippin (PHP), émis par la Banque centrale des Philippines (BSP). Le cours de référence de la BCE du 01/10/2026 s’établit à 70,950 PHP pour 1 €.
Contrat de travail et cotisations sociales : SSS, PhilHealth, Pag-IBIG
Le CLEISS indique que tout travailleur expatrié aux Philippines devient assujetti à la législation philippine de sécurité sociale, sauf s’il est détaché au titre de la convention franco-philippine. Le salarié en contrat local est donc couvert par trois organismes : le SSS, PhilHealth et Pag-IBIG. Voir le glossaire du contrat local et du détaché.
- SSS (Social Security System) : la cotisation est passée à 15 % le 01/01/2025, avec 10 % à la charge de l’employeur et 5 % à celle du salarié, sur un salaire mensuel de référence compris entre 5 000 PHP (environ 70 €) et 35 000 PHP (environ 493 €). Au plafond, la cotisation du salarié atteint 1 750 PHP (environ 25 €) et celle de l’employeur 3 500 PHP (environ 49 €). Avant 2025, le CLEISS relevait des taux de 4,5 % pour le salarié et de 9,5 % pour l’employeur (barème 2024).
- PhilHealth : pour les cotisants directs, le taux est de 5 % du salaire mensuel de base, avec un plancher de 10 000 PHP et un plafond de 100 000 PHP, soit une cotisation de 500 à 5 000 PHP par mois (environ 7 € à 70 €), selon l’avis de janvier 2025. L’affiliation des étrangers munis d’une ACR I-Card est décrite dans la page système de santé aux Philippines.
- Pag-IBIG : fonds d’épargne logement obligatoire pour les travailleurs, avec une cotisation de 1 à 2 % pour le salarié et de 2 % pour l’employeur dans les barèmes publiés par le CLEISS pour 2024 ; l’assiette et le plafond se vérifient auprès de l’organisme.
- Salarié détaché : un employeur français peut maintenir son salarié au régime français pendant la mission, dans les conditions de la convention ; voir la page remboursement des soins aux Philippines.
Le CLEISS signale qu’un salarié en contrat local ne dispose d’aucun droit aux prestations d’assurance maladie et maternité françaises pour sa famille restée en France ni pendant ses congés en France : une complémentaire privée ou la CFE comble cet écart.
Impôt sur le revenu et convention fiscale franco-philippine
Les étrangers résidents ou non résidents sont imposés aux Philippines sur leurs revenus de source philippine. Le barème progressif applicable aux particuliers depuis le 01/01/2023, publié par l’administration fiscale (BIR), se présente ainsi : 0 % jusqu’à 250 000 PHP (environ 3 520 €), 15 % de 250 000 à 400 000 PHP (environ 5 640 €), 20 % jusqu’à 800 000 PHP (environ 11 280 €), 25 % jusqu’à 2 000 000 PHP (environ 28 190 €), 30 % jusqu’à 8 000 000 PHP (environ 112 760 €) et 35 % au-delà. Un étranger non résident qui ne mène pas d’activité professionnelle aux Philippines supporte un taux de 25 % sur l’ensemble de ses revenus de source philippine.
La convention fiscale franco-philippine, signée le 9 janvier 1976 et entrée en vigueur le 24 août 1978, règle la répartition de l’impôt. Pour un salarié, l’article 15 réserve l’imposition à l’État de résidence, sauf si l’emploi est exercé dans l’autre État : l’emploi exercé aux Philippines y est donc imposable. Une exception s’applique aux séjours de 183 jours au plus, lorsque l’employeur n’est pas résident de l’État d’accueil et ne supporte pas la rémunération par un établissement stable. Pour les revenus d’emploi imposés aux Philippines, la France applique en principe l’exonération prévue à l’article 23, sous réserve du taux effectif ; la situation individuelle se vérifie avec le service des impôts.
La résidence fiscale (article 4) dépend du foyer d’habitation permanent, puis du centre des intérêts vitaux, du séjour habituel et de la nationalité. Le guide détaché ou expatrié aide à situer son statut.
Indépendants : option à 8 % et activité encadrée
Les personnes qui perçoivent des revenus uniquement d’une activité indépendante ou d’une profession libérale, avec des recettes brutes inférieures à 3 000 000 PHP (environ 42 280 €, seuil de TVA), choisissent entre le barème progressif et une taxe de 8 % sur les recettes qui dépassent 250 000 PHP (environ 3 520 €), en remplacement du barème et de la taxe sur le chiffre d’affaires. Ce choix s’exerce dès la première déclaration trimestrielle de l’année, devient irrévocable pour l’exercice et reste fermé aux contribuables assujettis à la TVA (BIR).
Pour un Français, l’exercice d’une activité indépendante exige un statut de séjour qui l’autorise ; le Bureau de l’immigration précise la catégorie adaptée au cas par cas. En matière fiscale, l’article 14 de la convention franco-philippine réserve l’imposition des professions libérales à l’État de résidence, tout en autorisant l’autre État à imposer lorsque la personne y dispose d’une base fixe ou y séjourne 120 jours ou plus dans l’année civile. Les indépendants s’assurent eux-mêmes pour la santé : la page assurance santé expatrié compare les solutions.
Économie : secteurs, monnaie et perspectives
L’économie des Philippines repose sur les services, qui représentaient 64,42 % de la valeur ajoutée en 2025 selon la Banque mondiale, devant l’industrie, construction comprise (26,99 %), et l’agriculture, la sylviculture et la pêche (8,59 %). La part des services a progressé de 61,23 % en 2022 à 64,42 % en 2025, tandis que celle de l’industrie recule depuis 2023 (28,20 %).
- Transferts des Philippins de l’étranger : les transferts personnels reçus équivalaient à 8,53 % du PIB en 2025, contre 9,41 % en 2022.
- Monnaie : le peso philippin, dont la Banque centrale (BSP) conduit la politique monétaire ; la conversion s’effectue au cours de référence quotidien de la BCE.
- Perspectives : la croissance, l’inflation, le chômage et le PIB par habitant figurent dans le bloc « Repères économiques » ci-dessus, actualisé en continu.
Le poids des services situe l’essentiel des emplois dans les villes, au premier rang desquelles la région de Manille ; la fiche pays Philippines rassemble les repères de couverture santé associés. Expavy aide à comparer ces options à votre situation.
Questions fréquentes
Un Français a-t-il besoin d'un permis de travail aux Philippines ?
Oui : l'employeur demande l'Alien Employment Permit au ministère du Travail (DOLE), puis le Bureau de l'immigration délivre le visa 9(g) et l'ACR I-Card. Le travail relève de ce visa et non du séjour touristique.
Combien coûte le visa de travail 9(g) ?
Pour la catégorie commerciale hors grandes sociétés, la conversion coûte 10 130 PHP pour un an (environ 143 €), 17 170 PHP pour deux ans et 24 210 PHP pour trois ans, plus l'ACR I-Card de 50 à 150 USD selon la durée. Les montants du Bureau de l'immigration sont à confirmer au dépôt.
Quel est le salaire minimum à Manille ?
755 PHP par jour pour les travailleurs non agricoles de la région de la capitale (environ 10,6 €), depuis le 26/09/2026 selon l'ordonnance NCR-28. L'agriculture est à 718 PHP et chaque région fixe son propre barème.
Quelles cotisations sociales paie un salarié aux Philippines ?
Le SSS prélève 15 % d'un salaire de référence de 5 000 à 35 000 PHP, dont 5 % à la charge du salarié ; PhilHealth prélève 5 % du salaire mensuel de base, entre 10 000 et 100 000 PHP ; Pag-IBIG s'ajoute pour l'épargne logement.
Comment un étranger est-il imposé aux Philippines ?
Sur ses revenus de source philippine, avec un barème de 0 % à 35 % applicable aux résidents et un taux de 25 % pour un non-résident sans activité professionnelle dans le pays. La convention franco-philippine évite la double imposition.
Peut-on travailler à distance depuis les Philippines avec un visa nomade numérique ?
L'Executive Order n° 86 a créé ce visa en avril 2025, pour un an renouvelable, avec preuve de revenus de source étrangère et assurance santé. Son ouverture effective n'a pas pu être confirmée sur un site officiel : il convient de vérifier auprès du DFA.
Un indépendant peut-il choisir un impôt à 8 % ?
Oui, s'il tire ses revenus d'une activité indépendante et que ses recettes brutes restent inférieures à 3 000 000 PHP (environ 42 280 €) : la taxe de 8 % s'applique au-delà de 250 000 PHP, sur option irrévocable pour l'année, et n'est pas ouverte aux assujettis à la TVA.
Les autres guides : Philippines
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
