Pérou · Travailler et économie
Travailler au Pérou quand on est français : visa de travail, salaire minimum, cotisations, impôt et économie
L’essentiel
Un Français qui souhaite travailler au Pérou demande à la Superintendencia Nacional de Migraciones un visa de résidence de travailleur, sur la base d'un contrat d'au moins un an approuvé par l'autorité du travail, avec un employeur actif auprès de l'administration fiscale ; le séjour est de 365 jours, renouvelable. La rémunération minimale vitale est de 1 230 soles par mois depuis le 1er octobre 2026, avec un nouveau relèvement prévu à 1 300 soles par un décret à venir. L'employeur verse 9 % de la rémunération à EsSalud, et l'impôt sur le revenu du travail s'applique par tranches de 8 % à 30 % exprimées en unités d'impôt (UIT, de 5 500 soles). Aucune convention fiscale ni de sécurité sociale ne lie la France au Pérou : le détachement relève alors du droit interne français, pour trois ans renouvelables une fois.
- 1 230 soles par mois : rémunération minimale vitale depuis le 1er octobre 2026 (1 130 soles auparavant), avec 1 300 soles prévus au premier semestre suivant : décret suprême n° 015-2026-TR.
- 9 % de la rémunération : cotisation EsSalud, intégralement à la charge de l'employeur, sans retenue sur le salaire : EsSalud et SUNAT.
- 20 % : part maximale de travailleurs étrangers dans le personnel d'une entreprise privée, selon le décret législatif n° 689 : ministère du Travail (MTPE).
- 5 500 soles : valeur de l'unité d'impôt (UIT), sur laquelle reposent les tranches de 8 %, 14 %, 17 %, 20 % et 30 % de l'impôt sur le revenu du travail : SUNAT.
- 13 % : taux de cotisation au système national de pensions (ONP) ; le système privé retient 10 % de la rémunération plus une prime d'assurance et une commission : SUNAT et SBS.
- 76 % des personnes en emploi travaillent dans l'informalité : Direction générale du Trésor.
Repères économiques : Pérou
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +3,4 %
- Inflation
- 1,5 %
- Taux de chômage
- 5,1 %
- PIB par habitant
- 9 684 $
- Population
- 34,6 millions
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail, visa de travailleur et quota de salariés étrangers
Le séjour touristique ne donne pas le droit de travailler. Migraciones délivre un visa de résidence de travailleur à l’étranger qui a un contrat de travail, une relation administrative ou un contrat de prestation de services dans le pays. Les conditions sont de se trouver hors du pays pour l’obtention de la qualité migratoire et de ne pas avoir d’antécédents judiciaires. Les pièces comprennent le formulaire, une copie du passeport, un document de l’autorité compétente attestant l’absence d’antécédents judiciaires, pénaux et policiers sur les cinq années précédant l’arrivée, le contrat de travail de moins de 30 jours, approuvé par l’autorité administrative du travail sauf exceptions légales, d’une durée d’au moins un an, et une déclaration du représentant légal de l’entreprise, qui doit figurer comme active auprès de la SUNAT.
- Coût et délai : 58,80 soles par procédure (code 07567) ; réponse sous 30 jours calendaires ; séjour de 365 jours, renouvelable. Un contrat avec période d’essai ou de moins d’un an relève du visa de travailleur temporaire.
- Quota : le ministère du Travail rappelle que, depuis le décret législatif n° 689, les entreprises du secteur privé peuvent employer au plus 20 % de travailleurs étrangers dans leurs effectifs ; le décret prévoit des exceptions, qui se confirment auprès du ministère.
- Carné de extranjería : une fois la résidence approuvée, le carné permet de travailler, d’étudier, d’entreprendre et d’être intégré au système public de santé ; voir vivre au Pérou.
Le guide travailler à l’étranger donne la vue d’ensemble.
Salaire minimum et niveaux de salaire
Le décret suprême n° 015-2026-TR, publié au journal officiel le 28 septembre 2026, relève la rémunération minimale vitale (RMV) de 170 soles en deux étapes : 1 230 soles par mois depuis le 1er octobre 2026 (hausse de 100 soles sur 1 130 soles), puis 1 300 soles au premier semestre de l’année suivante, par un nouveau décret à venir qui ajoutera 70 soles. Les pages EsSalud lues, dont le dernier changement date du 20 mars 2026, citent encore 1 130 soles.
Les sources officielles consultées ne publient pas de grille de salaires moyens par profession ou par ville ; le bloc « Repères économiques » ci-dessus donne les indicateurs macroéconomiques. La RMV offre une échelle de référence, et l’employeur ne peut déclarer à EsSalud une rémunération inférieure à la RMV. Les salaires se négocient en soles ; les contrats d’expatriés fixent parfois une partie de la rémunération en devises, à préciser par écrit.
Cotisations sociales : EsSalud, ONP et système privé de pensions
- EsSalud (santé) : la cotisation du travailleur dépendant est de 9 % de la rémunération ou du revenu mensuel (loi n° 26790), à la charge exclusive de l’employeur, sans pouvoir être inférieure à la RMV. Elle couvre le travailleur et ses ayants droit : conjoint ou concubin, enfant mineur, enfant majeur handicapé et mère gestante. La SUNAT collecte ces cotisations mensuelles par la déclaration PLAME.
- Pension, système national (ONP) : le taux est de 13 % de la rémunération (SUNAT).
- Pension, système privé : la retenue se compose de 10 % de la rémunération, plus la prime d’assurance et la commission (Superintendance de la banque, des assurances et des AFP, SBS). L’employeur retient et verse ces montants pour le salarié dépendant.
Le fonctionnement des soins est décrit dans le système de santé au Pérou et la page remboursement des soins au Pérou.
Impôt sur le revenu du travail et absence de convention fiscale
La SUNAT fixe la valeur de l’unité d’impôt (UIT) à 5 500 soles (décret suprême n° 301-2025-EF). L’impôt sur les revenus du travail s’applique selon cinq tranches exprimées en UIT : 8 % jusqu’à 5 UIT, 14 % de 5 à 20 UIT, 17 % de 20 à 35 UIT, 20 % de 35 à 45 UIT et 30 % au-delà de 45 UIT. Avec une UIT de 5 500 soles, cela correspond à des seuils de 27 500, 110 000, 192 500 et 247 500 soles par an. Pour les salariés comme pour les indépendants, un montant fixe de 7 UIT, soit 38 500 soles, est déduit de la rémunération annuelle ; une déduction supplémentaire pouvant aller jusqu’à 3 UIT s’applique, sur justificatifs, lors de la déclaration annuelle du travailleur et non dans la retenue mensuelle de l’employeur.
Aucune convention fiscale ne lie la France au Pérou : la liste des conventions en vigueur au 1er janvier 2026, publiée au BOFiP le 29 avril 2026, ne le mentionne pas. Chaque État applique son droit interne, et la résidence fiscale française doit être appréciée au cas par cas : on peut rester résident fiscal de France bien que son domicile soit à l’étranger. Un conseil fiscal confirme le traitement avant le départ.
Détaché, indépendant et télétravailleur
Le CLEISS décrit le détachement hors convention : l’employeur établi en France qui envoie un salarié dans un État sans accord peut le maintenir au régime français dans le cadre du droit interne, pour trois ans renouvelables une fois, avec un délai de deux ans avant un nouveau détachement dans le même pays pour la même entreprise. Le salarié a alors un double statut : affilié au régime français, il l’est aussi au régime du pays d’accueil, dont les cotisations obligatoires sont dues. Passé la durée maximale, il devient expatrié et ne relève plus que du régime local. Voir détaché ou expatrié.
L’indépendant qui exerce au Pérou déclare ses revenus selon les règles de la SUNAT et peut cotiser volontairement au système privé de pensions sur un revenu déclaré qui ne peut être inférieur à la RMV (SBS). Pour la santé, le guide système de santé au Pérou précise les voies d’affiliation. Le télétravailleur ne trouve pas, dans les pages de Migraciones lues pour cette page, de catégorie dédiée ; un avis préalable de Migraciones s’impose, et le guide visas nomades numériques ainsi que l’assurance nomade digital complètent le sujet.
Économie, secteurs, monnaie et perspectives
La Direction générale du Trésor (page du 11 juin 2026) décrit une économie de 341 milliards de dollars en 2025, fondée sur trois secteurs, les mines, l’agriculture et l’énergie ; le Pérou est le troisième producteur mondial de cuivre et produit aussi de l’argent, de l’or, du zinc et de l’étain. La croissance a atteint 3,4 % en 2025 et le Trésor projette environ 3 % en 2026, portée par la consommation des ménages et l’investissement privé ; la construction (+6,7 %), le commerce (+3,6 %) et l’agriculture (+4,8 %) ont mené l’expansion, les mines progressant de 1,8 %. La monnaie est le sol péruvien.
L’informalité est la principale contrainte structurelle : elle concerne 76 % des personnes en emploi, 95 % en zone rurale et 70 % en zone urbaine, et l’activité informelle représente 18 % du PIB. Les finances publiques appellent de la vigilance, avec une dette de 30,2 % du PIB et un déficit de 2,2 % en 2025. Pour un salarié formel, ces repères montrent un marché où le contrat enregistré, l’affiliation à EsSalud et la cotisation retraite structurent la protection ; voir aussi l’assurance santé expatrié.
Les cadres de travail pour un Français et leurs conditions
| Situation | Titre ou statut | Conditions principales | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Salarié en contrat local | Visa de résidence de travailleur, 365 jours renouvelable | Contrat d'au moins un an approuvé par l'autorité du travail ; employeur actif auprès de la SUNAT | Quota de 20 % de salariés étrangers dans le secteur privé, avec exceptions |
| Contrat de moins d'un an ou avec essai | Visa de travailleur temporaire | Évaluation comme procédure distincte par Migraciones | Durée et conditions propres à ce statut |
| Salarié détaché | Détachement hors convention | Employeur en France ; 3 ans renouvelables une fois | Double statut : cotisations dues aussi au régime local obligatoire |
| Indépendant | Selon le statut de séjour | Déclaration à la SUNAT ; cotisation volontaire au système privé de pensions | Revenu déclaré au moins égal à la RMV |
| Rentista | Visa de résidence de rentista | Revenu permanent de source étrangère d'au moins 1 000 USD par mois | Conditions détaillées dans la page retraite au Pérou |
| Touriste ou télétravailleur | Séjour de 90 jours sur 183 jours | Aucun droit de travailler sur place | Avis préalable de Migraciones pour une activité à distance |
Sources : Migraciones (gob.pe), ministère du Travail, SUNAT, SBS, CLEISS.
Questions fréquentes
Un Français peut-il travailler au Pérou avec un visa touristique ?
Non : le séjour touristique de 90 jours sur 183 jours ne donne pas le droit de travailler. Il faut un visa de résidence de travailleur, qui exige un contrat d'au moins un an approuvé par l'autorité du travail et un employeur actif auprès de la SUNAT.
Quel est le salaire minimum au Pérou ?
La rémunération minimale vitale est de 1 230 soles par mois depuis le 1er octobre 2026 (décret suprême n° 015-2026-TR). Un second relèvement de 70 soles, pour atteindre 1 300 soles, est prévu au premier semestre suivant par un décret à venir.
Combien l'employeur verse-t-il à EsSalud pour un salarié ?
9 % de la rémunération mensuelle, intégralement à la charge de l'employeur et sans retenue sur le salaire, avec une base qui ne peut être inférieure à la RMV.
Comment est taxé le salaire d'un Français au Pérou ?
Par cinq tranches progressives de 8 %, 14 %, 17 %, 20 % et 30 %, exprimées en UIT (5 500 soles), après une déduction fixe de 7 UIT. Aucune convention fiscale ne lie la France au Pérou : la situation personnelle se confirme avec un conseil fiscal.
Combien de salariés étrangers une entreprise péruvienne peut-elle employer ?
Au plus 20 % de ses effectifs dans le secteur privé, selon le décret législatif n° 689 rappelé par le ministère du Travail ; des exceptions existent et se vérifient auprès du ministère.
Combien de temps un salarié français peut-il être détaché sans convention ?
Trois ans, renouvelables une fois, selon le droit interne français décrit par le CLEISS ; un délai de deux ans est ensuite requis avant un nouveau détachement dans le même pays pour la même entreprise.
Quels sont les grands secteurs de l'économie péruvienne ?
Les mines, l'agriculture et l'énergie, selon le Trésor ; le Pérou est le troisième producteur mondial de cuivre. L'informalité touche 76 % des personnes en emploi.
Les autres guides : Pérou
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
