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Panama · Prendre sa retraite

Retraite au Panama : permis de jubilado pensionado, pension exigée, convention fiscale avec la France et accès aux soins

L’essentiel

Un retraité français obtient au Panama le permis de jubilado pensionado du Service national des migrations (SNM) s'il perçoit une pension viagère d'au moins 1 000 balboas par mois, ou 750 balboas s'il acquiert un bien de plus de 100 000 balboas ; le permis est indéfini, avec 250 balboas de solvabilité supplémentaire par personne à charge. Une convention fiscale lie la France et le Panama depuis le 1er février 2012 : une pension privée n'est en principe imposable que dans l'État de résidence, mais elle l'est aussi dans l'État de source si l'autre État ne la taxe pas, et le Panama n'impose que les revenus d'origine panaméenne. Aucune convention de sécurité sociale ne lie les deux pays et le formulaire S1 est propre à l'Europe : le retraité choisit entre l'assurance volontaire de la caisse panaméenne (CSS), la CFE et une assurance internationale.

  • 1 000 balboas par mois : pension viagère minimale du jubilado pensionado, abaissée à 750 balboas avec un bien immobilier acquis à titre personnel de plus de 100 000 balboas : SNM.
  • 250 balboas par mois et par personne à charge : solvabilité supplémentaire exigée du pensionado, les conjoints pouvant additionner leurs pensions : SNM.
  • 850 balboas par mois : rente exigée du rentista retirado, issue exclusivement des intérêts d'un dépôt à terme libre de gage pendant au moins cinq ans : SNM.
  • 200 000 balboas : bien immobilier ou dépôt à terme (gage libre 3 ans) de la résidence des ressortissants de pays spécifiques, avec 2 ans de permis provisoire : SNM.
  • Articles 17 et 18 de la convention franco-panaméenne : une pension privée est imposable dans l'État de résidence, une pension publique dans l'État qui la verse : impots.gouv.fr.
  • 17 275 € et 50 112 € : seuils des taux de 0 %, 12 % et 20 % de la retenue à la source applicable aux pensions de source française versées à un non-résident : BOFiP.

Repères économiques : Panama

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+4,4 %
Inflation
-0,2 %
Taux de chômage
8,4 %
PIB par habitant
19 790 $
Population
4,6 millions
Change
1 € = 1,120 USD
dollar américain, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Quel statut pour prendre sa retraite au Panama

Un séjour touristique de moins de 90 jours, sans visa pour un passeport français, convient à un repérage ; le tampon d’entrée sur le passeport est indispensable (France Diplomatie). Pour s’installer, le SNM publie des fiches de requisitos par permis. Trois voies concernent typiquement un retraité.

  • Jubilado pensionado : permis indéfini fondé sur une pension viagère d’au moins B/.1 000 par mois.
  • Rentista retirado : permis de cinq ans, renouvelable, fondé sur B/.850 par mois d’intérêts d’un dépôt à terme.
  • Résidence de pays spécifiques (« Friendly Nations ») : permis provisoire de deux ans, puis résidence permanente, avec un bien ou un dépôt de B/.200 000 ; la liste des pays est fixée par décret.

Le guide vivre au Panama décrit les formalités d’arrivée, et la page assurance retraite à l’étranger rassemble les repères de protection sociale.

Jubilado pensionado : pension exigée, pièces et personnes à charge

Le permis est ouvert à l’étranger qui reçoit une retraite ou une pension d’un gouvernement étranger, d’un organisme international ou d’une entreprise privée, entre sur le territoire pour s’y établir et dispose de moyens suffisants pour ses frais de subsistance et ceux de ses personnes à charge. La rente mensuelle ne peut pas être inférieure à B/.1 000 et doit être concédée à vie ; elle peut être de B/.750 si le demandeur a acquis à titre personnel un bien immobilier de plus de B/.100 000. Les conjoints peuvent additionner leurs sommes pour atteindre le minimum.

  • Pièces : pouvoir notarié mentionnant le nom et la nationalité des parents du demandeur, trois photographies, copie authentifiée du passeport, casier judiciaire, certificat de santé, déclaration sur l’honneur d’antécédents personnels et certification de la pension à vie d’au moins B/.1 000 par mois ou de son équivalent en monnaie étrangère.
  • Pension d’une entreprise privée : s’ajoutent une lettre de l’organisme étranger de gestion de pensions, de fiducie ou de banque qui administre les fonds, un certificat d’existence de l’entreprise qui verse la pension et une copie du relevé bancaire.
  • Personnes à charge : B/.250 par mois de solvabilité supplémentaire par personne, justifiée par une pension additionnelle ou une référence bancaire locale ; les enfants à charge reçoivent un permis temporaire jusqu’à 25 ans s’ils suivent des études à temps complet, sans droit à la permanence, sauf handicap profond.

Le permis est indéfini et ne demande aucune prorogation. Il s’appuie sur la loi n° 9 du 24 juin 1987 et le décret-loi n° 3 du 22 février 2008. Voir aussi la page système de santé du Panama.

Rentista retirado, pays spécifiques et autres résidences sur investissement

Le rentista retirado justifie d’une rente mensuelle de B/.850 provenant exclusivement des intérêts d’un dépôt à terme à la Banque nationale du Panama ou à la Caja de Ahorros, libre de gage de toute nature pendant au moins cinq ans. Le permis dure cinq ans et se prolonge pour la même durée ; le retrait du dépôt après les cinq premières années, ou le non-respect de la loi n° 9 de 1987, entraîne la perte des incitations et droits de cette loi.

La résidence de pays spécifiques (décret exécutif n° 226 du 20 juillet 2021, qui modifie le décret n° 416 de 2012) s’obtient en deux temps : permis provisoire de deux ans, puis permanence. Elle se fonde sur un emploi, un bien immobilier d’au moins B/.200 000 ou un dépôt à terme de B/.200 000 libre de gage pendant trois ans, et, pour les personnes à charge, une preuve de solvabilité d’au moins B/.1 000 par mois plus B/.100 par personne à charge ; des chèques certifiés de B/.250 et B/.800 accompagnent la demande. La liste des pays admis est fixée par décret : la présence de la France dans cette liste n’a pas pu être relue sur un texte officiel numérisé pour cette page, et se confirme auprès du SNM. Une voie distincte de solvabilité économique propre exige un dépôt à terme de B/.300 000 pendant trois ans, avec un permis de deux ans avant la résidence permanente.

Pension française à l'étranger : paiement, certificat de vie et démarches

  • Paiement : l’Assurance retraite verse la pension dans plus de 180 pays, par virement sur un compte en France ou à l’étranger, avec d’éventuels frais bancaires. Le guide toucher sa retraite à l’étranger détaille les options.
  • Certificat de vie : un certificat annuel à faire remplir par une autorité compétente et à renvoyer dans les délais, faute de quoi le paiement peut être suspendu.
  • Adresse et banque : tout changement s’annonce par courrier à la caisse régionale avant le départ.
  • Prestations suspendues : l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) et l’allocation supplémentaire d’invalidité ne sont pas versées à l’étranger.

Pour qui est domicilié fiscalement hors de France, la CSG, la CRDS et la Casa ne sont pas prélevées, tandis qu’une cotisation maladie de 3,20 % peut l’être si le retraité reste couvert par l’assurance maladie française ou compte au moins 15 ans de cotisations en France. Le guide retraite à l’étranger complète ces repères.

Fiscalité de la pension française : convention franco-panaméenne et territorialité

La convention signée à Panama le 30 juin 2011 est entrée en vigueur le 1er février 2012 ; elle s’applique, pour les impôts retenus à la source, aux sommes imposables à compter du 1er janvier 2013 (BOFiP). Elle répartit le droit d’imposer entre les deux pays.

  • Pensions privées (article 17) : les pensions et rémunérations similaires versées à un résident d’un État au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans cet État ; elles sont toutefois aussi imposables dans l’État de source si elles ne sont pas soumises à l’impôt dans l’autre État en vertu de sa législation. Comme la DGI décrit un impôt sur les revenus d’origine panaméenne, une pension française d’un résident du Panama peut rester imposable en France ; l’analyse se fait au cas par cas.
  • Pensions publiques (article 18, paragraphe 2) : les pensions versées par un État, une collectivité ou une personne morale de droit public au titre de services rendus à cet État ne sont imposables que dans cet État, sauf pour une personne résidente de l’autre État et qui en possède la nationalité sans posséder celle du premier. Un ancien fonctionnaire français de nationalité française reste imposé en France.
  • Résidence (article 4) : en cas de double résidence, le texte retient le foyer d’habitation permanent, puis le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel et la nationalité ; la notion de résident exclut les personnes imposées dans un État pour les seuls revenus de source locale.
  • Double imposition (article 21) : la France accorde un crédit d’impôt sur les revenus imposables au Panama ; le Panama exonère les revenus imposables en France.

Côté français, l’administration rappelle que les pensions de source française versées à un non-résident supportent une retenue à la source ; le barème applicable en 2026 prévoit 0 % jusqu’à 17 275 €, 12 % jusqu’à 50 112 € et 20 % au-delà (BOFiP, 2 avril 2026), et l’on peut rester résident fiscal de France bien qu’ayant son domicile à l’étranger. Côté panaméen, la DGI applique un barème de 0 % jusqu’à B/.11 000, 15 % jusqu’à B/.50 000 puis 25 % sur les revenus de source panaméenne. Un conseil fiscal et le service des impôts des particuliers non-résidents confirment le traitement avant l’installation.

Accès aux soins du retraité : CSS volontaire, CFE et séjours en France

Le retraité ne bénéficie d’aucune prise en charge automatique de la France hors Europe. L’Assurance Maladie réserve ce cas à douze États ou territoires conventionnés (Andorre, Québec, Saint-Pierre-et-Miquelon, Serbie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Kosovo, Macédoine, Maroc, Tunisie), et le formulaire S1 est propre à l’Europe. Le Panama n’en fait pas partie, et aucune convention de sécurité sociale ne le lie à la France.

  • CSS (assurance volontaire) : le groupe B2, ouvert aux étrangers, exige une base imposable mensuelle d’au moins B/.500, un justificatif de domicile et des examens médicaux dont l’étranger règle l’intégralité ; il cotise en modalité 3 (invalidité-vieillesse-décès et maladie-maternité). Le permis de pensionado n’impose pas cette affiliation.
  • CFE (SeniorExpat) : réservée aux titulaires d’une pension du régime de base français, sans activité professionnelle, sans questionnaire de santé, dès 147 € par mois. La couverture est immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l’installation, sinon une carence de trois mois avant 45 ans ou de six mois à partir de 45 ans s’applique ; le retour en France se fait sans délai de carence.
  • Assurance internationale au 1er euro : remboursement des frais réels dans des plafonds, prise en charge directe possible, évacuation et rapatriement ; le questionnaire médical et les antécédents déterminent les exclusions.
  • Séjours temporaires en France : un retraité résidant hors pays conventionné est remboursé s’il compte au moins 15 ans de cotisations à un régime français, via le Cnarefe.

Voir le guide remboursement des soins au Panama, la page assurance maladie du retraité à l’étranger et le guide système de santé du Panama.

Coût de la vie et villes à comparer

Le budget d’un retraité dépend surtout de la ville, du logement et de la couverture santé. Les sources officielles consultées ne publient ni loyers moyens ni budget type par ville ; le bloc « Repères économiques » ci-dessus donne les indicateurs actualisés. Les seuils de revenus des permis, exprimés en balboas, donnent une échelle de référence.

  • Proximité des soins et des services : Panama City concentre l’ambassade de France, le lycée français international et une antenne de l’Alliance française ; David, dans la province de Chiriquí, abrite l’autre antenne. Un logement proche d’un établissement de santé complet compte davantage qu’un loyer un peu plus bas.
  • Sécurité : France Diplomatie recommande une vigilance renforcée à Panama City et déconseille certaines zones, dont Colón et plusieurs communes périphériques ; la page vivre au Panama les résume.
  • Santé et climat : la dengue, le chikungunya, le Zika et la fièvre jaune circulent toute l’année, avec une intensification d’avril à novembre ; l’eau en bouteille est recommandée hors de Panama City, Colón et David.

Les repères de coût des soins se trouvent dans le guide budgétiser sa santé en expatriation.

Les solutions santé du retraité au Panama

SolutionAccèsConditionsPoint d'attention
CSS (assurance volontaire, groupe B2)Ouverte aux étrangersBase imposable d'au moins B/.500 par mois, domicile, examens médicaux à la charge de l'étrangerNon exigée par le permis de pensionado ; délais et prestations à demander à la caisse
CFE (SeniorExpat)Titulaires d'une pension du régime de base françaisSans activité professionnelle, sans questionnaire médicalCarence de 3 ou 6 mois si adhésion tardive ; barème du pays de soins
Assurance internationale au 1er euroOuverte selon l'âge et les antécédentsQuestionnaire médical, antécédents déclarésPlafonds, franchise, carences ; prise en charge directe possible
Formulaire S1Réservé à la coordination européenneSans objet pour le PanamaAucune convention franco-panaméenne en sécurité sociale

Sources : CSS, SNM, Assurance Maladie, CFE, CLEISS, France Diplomatie.

Questions fréquentes

Quel visa pour prendre sa retraite au Panama ?

Le permis de jubilado pensionado du SNM, indéfini, pour une pension viagère d'au moins 1 000 balboas par mois (750 balboas avec un bien immobilier de plus de 100 000 balboas). Le rentista retirado, de cinq ans renouvelables, repose sur 850 balboas par mois d'intérêts d'un dépôt à terme.

Quelle pension faut-il pour le permis de pensionado ?

Au moins 1 000 balboas par mois, concédés à vie, ou 750 balboas si le demandeur a acquis à titre personnel un bien de plus de 100 000 balboas. Les conjoints peuvent additionner leurs sommes, et chaque personne à charge demande 250 balboas par mois de solvabilité supplémentaire.

Où une pension française est-elle imposée quand on vit au Panama ?

Selon l'article 17 de la convention franco-panaméenne, une pension privée n'est imposable que dans l'État de résidence, mais aussi dans l'État de source si l'autre État ne la taxe pas ; l'article 18 réserve les pensions publiques à l'État qui les verse, sauf cas de nationalité. Le Panama n'impose que les revenus d'origine panaméenne.

Un retraité peut-il rester résident fiscal de France en vivant au Panama ?

L'administration fiscale française rappelle qu'on peut être considéré comme résident fiscal de France bien qu'ayant son domicile à l'étranger. L'article 4 de la convention départage les cas de double résidence : foyer d'habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité.

Le permis de pensionado oblige-t-il à s'affilier à la CSS ?

La fiche du SNM du jubilado pensionado ne prévoit pas d'affiliation obligatoire. Le retraité peut choisir l'assurance volontaire de la CSS (groupe B2), la CFE SeniorExpat ou une assurance internationale.

Le formulaire S1 s'applique-t-il au Panama ?

Non : le formulaire S1 relève de la coordination européenne, et le Panama n'est pas lié à la France par une convention de sécurité sociale. Hors UE, EEE, Suisse et Royaume-Uni, l'Assurance Maladie ne couvre plus les frais de santé d'un retraité résidant à l'étranger, sauf dans douze États ou territoires conventionnés.

Un retraité résidant au Panama est-il remboursé lors d'un séjour en France ?

En principe seulement s'il compte au moins 15 ans de cotisations à un régime français, via le Cnarefe ; les affiliés d'avant le 1er juillet 2019 justifiant d'au moins 10 ans de cotisations conservent leurs droits. Sinon, la CFE ou une assurance privée prend le relais.

Les autres guides : Panama