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Panama · Travailler et économie

Travailler au Panama quand on est français : permis, cotisations, impôt, convention fiscale, indépendants et télétravail

L’essentiel

Un Français ne travaille au Panama qu'avec un permis délivré par le Service national des migrations (SNM) : un étranger peut être engagé dans la limite de 10 % du personnel ordinaire d'une entreprise privée avec un salaire d'au moins 850 balboas par mois, sur un contrat refrendé par le ministère du Travail, et une affiliation à la caisse de sécurité sociale (CSS). L'employeur paie 13,25 % de cotisation patronale entre avril 2025 et février 2027, et l'impôt sur le revenu des personnes physiques est de 0 % jusqu'à 11 000 balboas, 15 % jusqu'à 50 000 puis 25 %, sur les seuls revenus de source panaméenne. Une convention fiscale signée le 30 juin 2011, en vigueur depuis le 1er février 2012, lie la France et le Panama, tandis qu'aucune convention de sécurité sociale n'existe. Le visa de travailleur à distance, de 9 mois renouvelable une fois, vise les revenus de source étrangère d'au moins 36 000 balboas par an.

  • 10 % du personnel ordinaire : quota maximal d'étrangers engagés par une entreprise privée dans le permis provisoire PPT-6, pour un salaire d'au moins 850 balboas par mois : SNM.
  • 13,25 % : cotisation patronale à la CSS du mois de cotisation d'avril 2025 au mois de février 2027, après la loi n° 462 du 18 mars 2025 : CSS.
  • 11 000 balboas : seuil d'exonération de l'impôt sur le revenu des personnes physiques, puis 15 % jusqu'à 50 000 balboas et 25 % au-delà : DGI.
  • 183 jours : seuil de la convention franco-panaméenne (article 14) sous lequel une rémunération reste imposable seulement dans l'État de résidence, si l'employeur n'est pas établi dans l'autre État : impots.gouv.fr.
  • 3 ans, renouvelables une fois : durée du détachement hors convention d'un salarié d'une entreprise établie en France : CLEISS.
  • 36 000 balboas par an : revenu minimal de source étrangère du visa de travailleur à distance, valable 9 mois et renouvelable une fois : SNM.

Repères économiques : Panama

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+4,4 %
Inflation
-0,2 %
Taux de chômage
8,4 %
PIB par habitant
19 790 $
Population
4,6 millions
Change
1 € = 1,120 USD
dollar américain, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Le droit de travailler : permis du SNM et contrat refrendé

Le SNM décrit dans ses fiches de requisitos plusieurs voies de travail pour un étranger. Le permis provisoire de résident permanent du personnel étranger des entreprises privées (PPT-6) concerne un étranger engagé dans la limite de 10 % du personnel ordinaire de l’entreprise, avec un salaire d’au moins B/.850 par mois ; il dure deux ans, puis le titulaire peut opter pour la résidence permanente. Le dossier réunit notamment un contrat de travail refrendado par le ministère du Travail (MITRADEL), une lettre de l’entreprise mentionnant le poste et le salaire, l’avis d’opération et le certificat de vigueur de l’entreprise, un permis de travail, la preuve d’affiliation à la CSS et le quitus fiscal national de l’entreprise.

  • Étranger professionnel (PPT-PROF) : permis ouvert aux diplômés dont la profession n’est pas réservée par la Constitution ou par la loi aux Panaméens de naissance ou naturalisés ; le diplôme est apostillé ou authentifié, et un diplôme étranger exige l’homologation.
  • Ressortissants de pays spécifiques : un emploi dans une entreprise panaméenne (lettre de travail, registre public, avis d’opération, demande déposée au MITRADEL) ouvre une résidence provisoire de deux ans, sous réserve d’appartenir à un pays de la liste fixée par décret.
  • Zone Panama-Pacífico : un permis spécifique couvre les travailleurs dans la limite de 10 % des travailleurs ordinaires d’une entreprise de cette zone économique spéciale, avec certificat de la zone et affiliation à la CSS.

Un touriste ne travaille pas, et le visa de travailleur à distance interdit d’accepter une offre de travail ou de services au Panama (déclaration sur l’honneur). La page vivre au Panama présente les statuts de séjour, et le guide travailler à l’étranger résume la logique générale.

Salaire minimum et niveaux de rémunération

Le salaire minimum légal est fixé par le MITRADEL. Son portail officiel n’a pas pu être consulté lors de la rédaction de cette page : aucun montant n’est repris ici, et le barème en vigueur se lit sur le portail du salaire minimum du ministère, qui précise les taux applicables.

Les fiches du SNM fournissent en revanche des seuils de revenus qui servent de repères : un étranger engagé dans le quota de 10 % perçoit au moins B/.850 par mois ; le résident issu d’un pays spécifique qui fait venir des personnes à charge prouve sa solvabilité par un revenu d’au moins B/.1 000 par mois, plus B/.100 par personne à charge ; le travailleur à distance a un contrat prévoyant au moins B/.3 000 par mois de source étrangère. Les niveaux de salaire effectivement pratiqués au-delà de ces minimums varient selon le secteur, l’employeur et la région, et les sources officielles consultées ne les publient pas par profession. Le bloc « Repères économiques » ci-dessus donne les indicateurs actualisés.

Contrat, cotisations sociales et protection du salarié

La Caisse de sécurité sociale (CSS) est l’organisme de protection sociale du pays ; ses fiches de requisitos migratoires exigent la preuve d’affiliation d’un salarié étranger. La loi n° 462 du 18 mars 2025, qui réforme la loi organique de la CSS, relève la cotisation des employeurs de façon échelonnée : du mois de cotisation d’avril 2025 au mois de février 2027, l’employeur verse 13,25 % des salaires, contre 12,25 % auparavant ; le calendrier présenté par la CSS prévoit ensuite 14,25 % puis 15,25 %. La part du salarié n’a pas pu être relevée sur une source officielle lue pour cette page et se confirme auprès de la CSS ou de l’employeur.

Pour un salarié détaché par une entreprise française, le CLEISS explique que, dans un pays sans convention avec la France, le détachement dure trois ans, renouvelable une fois, et qu’un salarié déjà détaché pour la période maximale ne peut être détaché de nouveau dans le même pays qu’après deux ans. Il reste affilié au régime français tout en étant assujetti au régime local si celui-ci est obligatoire, l’employeur versant les cotisations correspondantes ; les remboursements de soins restent limités au niveau français et, pour la famille, seules les prestations des enfants résidant en France s’appliquent. Voir le guide détaché ou expatrié et le glossaire du contrat local.

Impôt sur le revenu au Panama et convention fiscale avec la France

La Direction générale des recettes (DGI) applique le principe de territorialité : la déclaration porte sur les revenus et dépenses d’origine panaméenne. Le barème des personnes physiques est de 0 % jusqu’à B/.11 000, 15 % sur l’excédent jusqu’à B/.50 000, puis B/.5 850 plus 25 % sur le surplus. La déclaration des personnes physiques se dépose au 15 mars de l’année suivante, avec une prorogation sans pénalité jusqu’au 15 avril, les impôts restant dus à la date d’origine.

La convention franco-panaméenne en vue d’éviter les doubles impositions, signée à Panama le 30 juin 2011, est entrée en vigueur le 1er février 2012 ; elle s’applique, pour les impôts retenus à la source, aux sommes imposables à compter du 1er janvier 2013 (BOFiP). Elle contient plusieurs règles utiles au salarié.

  • Revenus d’emploi (article 14) : une rémunération n’est imposable que dans l’État de résidence, à moins que l’emploi ne soit exercé dans l’autre État ; elle reste imposable dans l’État de résidence seul si le séjour dans l’autre État n’excède pas 183 jours sur douze mois, si l’employeur n’y est pas établi et si la charge n’est pas supportée par un établissement stable.
  • Résidence (article 4) : en cas de double résidence, le texte retient le foyer d’habitation permanent, puis le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel et la nationalité. La notion de résident exclut les personnes assujetties à l’impôt d’un État pour les seuls revenus de source locale, point à examiner pour une personne imposée au Panama sur ses seuls revenus de source panaméenne.
  • Double imposition (article 21) : la France élimine la double imposition par un crédit d’impôt sur les revenus imposables au Panama ; le Panama exonère les revenus imposables en France.

L’administration fiscale française rappelle qu’on peut rester résident fiscal de France bien qu’ayant son domicile à l’étranger. La combinaison du statut, de la durée de présence et de la nature des revenus est propre à chaque dossier : le service des impôts des particuliers non-résidents ou un conseil fiscal confirme le traitement avant le départ.

Indépendants, travailleurs à distance et télétravail

La loi organique de la CSS (n° 51 de 2005, article 79) ouvre l’assurance volontaire aux personnes non soumises au régime obligatoire, dont les travailleurs indépendants. Le groupe G (indépendants contributeurs) fournit un justificatif d’activité et la copie de la dernière déclaration de revenus reçue par la DGI ; le groupe B2, ouvert aux étrangers, justifie d’un revenu mensuel avec une base imposable minimale de B/.500, d’un domicile et d’examens médicaux, et cotise en modalité 3 (invalidité-vieillesse-décès et maladie-maternité).

Le visa de travailleur à distance est un visa de courte durée de non-résident : neuf mois, renouvelables une fois pour la même période, pour un salarié d’une entreprise étrangère transnationale ou un indépendant en télétravail dont les revenus de source étrangère atteignent B/.36 000 par an, avec une lettre de l’employeur attestant d’au moins B/.3 000 par mois, une police d’assurance maladie valable au Panama pour toute la durée, le paiement de B/.250 au SNM et B/.50 pour le carnet. Les fonctions s’exercent à l’étranger, sans offre de travail au Panama. Le guide visas nomades numériques et la page assurance nomade digital complètent ces repères.

Économie, monnaie et perspectives

Les textes officiels du SNM expriment les montants en balboas (B/.), en admettant l’équivalent en monnaie étrangère pour justifier ses revenus ; le bloc « Repères économiques » ci-dessus donne les indicateurs de croissance, d’inflation, de chômage et de PIB par habitant, actualisés en continu. Les statistiques officielles consultées ne détaillent pas la répartition sectorielle de l’emploi.

Les régimes d’immigration spécifiques indiquent en revanche les secteurs que l’État cherche à attirer : la zone économique spéciale de Panama-Pacífico, les centres d’appels destinés à l’exportation, les zones de transformation pour l’exportation, l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel, l’investissement agricole (permis temporaire dès B/.60 000 investis dans l’agro-industrie ou l’aquaculture) et l’investissement forestier. Pour un projet professionnel précis, la fiche du régime concerné précise les conditions. Côté protection santé, voir système de santé du Panama et remboursement des soins au Panama; Expavy aide à comparer les contrats une fois la situation de travail précisée.

Comparer contrat local, détachement, indépendant et télétravail

SituationStatut de séjourProtection socialeImpôt
Contrat localPermis provisoire de travail ou de résidence (SNM), contrat refrendé par le MITRADELAffiliation à la CSS ; employeur à 13,25 % jusqu'en février 2027Barème de la DGI, 0 % jusqu'à B/.11 000 ; convention avec la France
Détaché hors conventionPermis autorisant l'activitéRégime français 3 ans, renouvelables une fois, et régime local si obligatoireConvention : article 14, règle des 183 jours, crédit d'impôt français
IndépendantStatut autorisant une activité lucrativeAssurance volontaire CSS (groupes G ou B2)Barème de la DGI sur les revenus de source panaméenne
Travailleur à distanceVisa de non-résident, 9 mois renouvelable une foisPolice d'assurance maladie valable au PanamaRevenus de source étrangère ; situation à confirmer avec un conseil fiscal

Sources : SNM (fiches PPT-6, PPT-PROF, LE2 et PM18), CSS, DGI, impots.gouv.fr (convention France-Panama), BOFiP, CLEISS.

Questions fréquentes

Un Français peut-il travailler au Panama avec un visa touristique ?

Non : un séjour touristique ne donne aucun droit de travailler. Un emploi local suppose un permis du SNM, avec contrat refrendé par le ministère du Travail, et le visa de travailleur à distance exclut toute offre de travail au Panama.

Quel salaire faut-il pour être engagé dans le quota de 10 % d'étrangers ?

Au moins 850 balboas par mois, selon la fiche du SNM relative au permis provisoire de résident permanent du personnel étranger des entreprises privées, valable deux ans avant la possibilité d'une résidence permanente.

Quel est le taux de cotisation patronale à la CSS ?

13,25 % du mois de cotisation d'avril 2025 au mois de février 2027, après la loi n° 462 du 18 mars 2025, selon la CSS. Le calendrier présenté par la CSS prévoit ensuite 14,25 % puis 15,25 %.

À partir de quel revenu paie-t-on l'impôt sur le revenu au Panama ?

Au-delà de 11 000 balboas par an pour une personne physique : 15 % sur la tranche jusqu'à 50 000 balboas, puis 5 850 balboas plus 25 % sur le surplus. L'impôt vise les revenus d'origine panaméenne.

Existe-t-il une convention fiscale entre la France et le Panama ?

Oui : une convention signée à Panama le 30 juin 2011, en vigueur depuis le 1er février 2012, qui prévoit notamment l'imposition des salaires là où l'emploi est exercé, une exception sous 183 jours et un crédit d'impôt côté français.

Existe-t-il une convention de sécurité sociale entre la France et le Panama ?

Non. Le CLEISS ne publie aucune fiche pour le Panama. Un salarié détaché garde donc le régime français trois ans, renouvelables une fois, avec une double affiliation si le régime local est obligatoire.

Quel revenu exige le visa de travailleur à distance ?

Un revenu de source étrangère d'au moins 36 000 balboas par an, soit au moins 3 000 balboas par mois attestés par l'employeur, avec une assurance maladie valable au Panama pour toute la durée du séjour de neuf mois, renouvelable une fois.

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