Fiche pays — Asie-Pacifique
Assurance expatrié et assurance santé en Ouzbékistan

En 5 lignes
L'Ouzbékistan et la France n'étant liées par aucune convention bilatérale de sécurité sociale, il n'existe ni carte européenne d'assurance maladie (l'Ouzbékistan n'appartient ni à l'UE ni à l'EEE) ni formulaire de coordination applicable sur place. Depuis le 5 octobre 2018, en application d'un décret présidentiel, les citoyens français bénéficient d'un régime sans visa pour tout séjour n'excédant pas 30 jours ; tout séjour sur place au-delà de 72 heures doit faire l'objet d'un enregistrement auprès des autorités (OVIR), généralement pris en charge par l'hôtel. France Diplomatie qualifie d'impérative la souscription d'un contrat d'assistance ou d'une assurance couvrant l'intégralité des frais médicaux, le réseau hospitalier et médical du pays ne répondant pas aux standards européens, en particulier hors de Tachkent, et certains établissements pouvant refuser de soigner un patient sans preuve de solvabilité ou d'assurance, y compris en urgence vitale. Le secteur public est structuré autour d'un service d'urgence national, le Centre républicain de recherche en médecine d'urgence, tandis qu'une clinique internationale à Tachkent, fondée à l'initiative du corps diplomatique, concentre l'essentiel de l'offre de soins aux standards internationaux pour les expatriés et les diplomates. Un salarié envoyé en Ouzbékistan par un employeur français peut être maintenu au régime français par la voie du détachement unilatéral prévu par le droit français, en l'absence de convention.
Chiffres clés
- 201 Français inscrits au registre consulaire en 2025, contre 223 en 2024, soit une baisse de 9,87 % (France Diplomatie).
- Espérance de vie à la naissance : 72,53 ans en 2024 (Banque mondiale).
- Dépenses de santé courantes : 6,74 % du PIB en 2023, soit environ 192 dollars par habitant (Banque mondiale).
- Exemption de visa pour les citoyens français depuis le 5 octobre 2018 : 30 jours par séjour, enregistrement obligatoire au-delà de 72 heures.
Système de santé local
Le système de santé ouzbek reste, selon France Diplomatie, en retrait des standards européens, en particulier en dehors de la capitale : le réseau hospitalier et médical hérité de la période soviétique souffre d’un sous-équipement inégal selon les régions, et l’accès à des soins spécialisés ou à un plateau technique moderne reste concentré à Tachkent. Le Centre républicain de recherche en médecine d’urgence (Republican Research Centre of Emergency Medicine), doté de 12 antennes régionales et de plus de 170 sous-antennes rattachées aux hôpitaux de district, constitue la colonne vertébrale du service d’urgence public à l’échelle du pays.
Certains établissements peuvent refuser de prendre en charge un patient sans preuve de solvabilité ou d’assurance, y compris dans des situations d’urgence vitale selon France Diplomatie, ce qui rend une couverture santé et rapatriement souscrite avant le départ indispensable pour tout séjour, quelle que soit sa durée.
Une clinique internationale, la Tashkent International Clinic, a été fondée en 1997 à l’initiative du corps diplomatique pour répondre aux besoins des missions diplomatiques, de leurs familles et des étrangers résidant en Ouzbékistan ; elle assure une permanence médicale anglophone 24h/24 et travaille avec plusieurs assureurs internationaux. Un second établissement privé, le MDS Medical Centre, fonctionne en langue russe. Pour les pathologies les plus graves ou les interventions lourdes, une évacuation sanitaire vers l’Europe ou la Turquie reste, selon les sources consultées, la pratique la plus courante recommandée par les assureurs internationaux, faute de plateau technique local suffisant.
Obligations légales et de visa
- Aucun visa requis pour un séjour n’excédant pas 30 jours, depuis le 5 octobre 2018, en application du décret présidentiel УП-5551, sur présentation d’un passeport valide au moins 6 mois après la date de sortie prévue ; au-delà de 30 jours, un visa doit être obtenu auprès de l’ambassade d’Ouzbékistan à Paris avant le départ.
- Enregistrement obligatoire au-delà de 72 heures auprès du service des visas et de l’enregistrement (OVIR), généralement effectué automatiquement par l’hôtel ; pour un hébergement privé, l’enregistrement en ligne est possible via la plateforme officielle emehmon.uz.
- Assurance santé/rapatriement qualifiée d’impérative par France Diplomatie, aucune prise en charge des frais médicaux ou de rapatriement n’étant assurée par l’ambassade de France ; certains établissements de santé peuvent refuser de soigner un patient sans preuve de solvabilité ou d’assurance, y compris en urgence vitale.
- Absence de carte européenne d’assurance maladie : l’Ouzbékistan n’étant membre ni de l’Union européenne ni de l’Espace économique européen, la CEAM n’y a pas cours, quelle que soit la durée du séjour.
- Déclaration des médicaments transportés : tout médicament doit être déclaré à la douane avec l’ordonnance correspondante, traduite en ouzbek, russe ou anglais.
- Salarié détaché : en l’absence de convention franco-ouzbèke, le maintien au régime français relève du seul droit français (détachement unilatéral), pour une durée de 3 ans renouvelable une fois, sans dispense des cotisations éventuellement dues en Ouzbékistan.
Hors couverture par une assurance santé, les soins sont facturés au tarif plein par l’établissement, public comme privé, tarif variable selon établissement et non communiqué publiquement de façon uniforme ; le risque reste avant tout financier, sans aide de l’ambassade de France pour les frais médicaux.
Coût de quelques actes médicaux
Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.
| Acte | Secteur public | Secteur privé |
|---|---|---|
| Consultation à la Tashkent International Clinic (clinique internationale, Tachkent) | — | Tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
| Consultation au MDS Medical Centre (clinique privée, Tachkent) | — | Tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
| Prise en charge par le Centre républicain de recherche en médecine d'urgence | Tarif variable selon établissement et nature des soins, non communiqué publiquement de façon uniforme | — |
| Hospitalisation hors couverture (assurance privée ou contrat d'assistance) | Paiement direct, tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement | — |
| Évacuation sanitaire vers l'Europe ou la Turquie | — | Tarif variable selon prestataire et gravité, non communiqué publiquement (devis au cas par cas) |
Accords de sécurité sociale avec la France
La France et l’Ouzbékistan ne sont liées par aucune convention bilatérale de sécurité sociale : le CLEISS ne recense l’Ouzbékistan ni parmi les pays où les règlements européens de coordination s’appliquent, ni parmi ceux ayant conclu un accord bilatéral avec la France, et aucun pays d’Asie centrale ne figure dans sa liste des conventions en vigueur. Il n’existe donc ni carte européenne d’assurance maladie, ni formulaire A1 ou S1 opposable aux autorités ouzbèkes, ni mécanisme de remboursement direct entre les deux systèmes.
- Séjour temporaire : aucune coordination européenne ni bilatérale ne s’applique ; seule une assurance santé/rapatriement souscrite avant le départ couvre les frais sur place, France Diplomatie qualifiant cette couverture d’impérative.
- Détachement depuis la France : en l’absence de convention, le droit français prévoit un détachement unilatéral de 3 ans renouvelable une fois. Le salarié reste affilié au régime français, avec des cotisations versées en France, mais sans dispense des cotisations éventuellement dues en Ouzbékistan. Les soins reçus sur place sont remboursés a posteriori par la caisse française, dans la limite des tarifs français, sur présentation de justificatifs et du formulaire S3125.
- Installation durable : aucun régime de santé local n’est accessible de façon automatique aux étrangers résidents, et aucun transfert de droits depuis la France n’est prévu. Une affiliation volontaire à la CFE reste possible.
- Retraité : aucun mécanisme de coordination ne permet de faire valoir des droits acquis en France ; une assurance santé internationale reste nécessaire pour tout séjour prolongé.
Quelle assurance selon mon profil
Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.
| Profil | Contrainte réglementaire | Points d’attention |
|---|---|---|
| Tourisme / séjour de moins de 30 jours | Pas de visa requis depuis le 5 octobre 2018 (30 jours par séjour) ; enregistrement auprès de l'OVIR au-delà de 72 heures | Assurance santé/rapatriement qualifiée d'impérative par France Diplomatie ; certains établissements refusent de soigner sans preuve d'assurance, aucune prise en charge par l'ambassade |
| Étudiant | Pas de CEAM (Ouzbékistan hors UE/EEE) ; aucune affiliation à un régime de santé local accessible | Assurance étudiante ou assurance voyage complète à souscrire avant le départ, pour toute la durée du séjour |
| Salarié détaché | Détachement unilatéral français (3 ans renouvelable une fois), sans dispense des cotisations ouzbèkes éventuelles | Remboursement des soins locaux limité aux tarifs français (formulaire S3125) ; complémentaire recommandée pour l'accès rapide à la clinique internationale de Tachkent |
| Retraité | Aucun transfert de droits depuis la France, aucune convention bilatérale applicable | Assurance santé internationale indispensable, évacuation sanitaire vers l'Europe ou la Turquie à anticiper pour les cas graves |
Hôpitaux et réseau de soins
- Tachkent : Centre républicain de recherche en médecine d'urgence (Republican Research Centre of Emergency Medicine), principal établissement public d'urgence du pays, avec 12 antennes régionales et plus de 170 sous-antennes rattachées aux hôpitaux de district.
- Tachkent : Tashkent International Clinic, clinique internationale fondée en 1997 à l'initiative du corps diplomatique, personnel anglophone disponible 24h/24, travaille avec plusieurs assureurs internationaux ; référence pour la communauté diplomatique et expatriée.
- Tachkent : MDS Medical Centre, centre médical privé fonctionnant en langue russe, cité par France Diplomatie parmi les contacts utiles en cas d'urgence.
Démarches
- Avant le départ : signaler son départ aux organismes français (CPAM, CAF, France Travail, caisses de retraite).
- Avant le départ : souscrire une assurance santé/rapatriement couvrant l'intégralité des frais médicaux et l'évacuation sanitaire, qualifiée d'impérative par France Diplomatie — certains établissements refusant de soigner sans preuve d'assurance.
- Vérifier la validité du passeport (6 mois après la date de sortie prévue) avant le départ.
- À l'arrivée : s'assurer de l'enregistrement auprès de l'OVIR au-delà de 72 heures de séjour (généralement pris en charge par l'hôtel, ou via emehmon.uz pour un hébergement privé).
- Déclarer à la douane tout médicament transporté, accompagné de l'ordonnance traduite en ouzbek, russe ou anglais.
- Salarié détaché : organiser avec l'employeur le détachement unilatéral auprès de sa caisse française avant le départ (durée maximale 3 ans renouvelable une fois).
- Conserver les justificatifs de soins et le formulaire S3125 pour toute demande de remboursement a posteriori auprès de la caisse française (cas du détachement).
- Inscription au registre des Français établis hors de France (ambassade de France à Tachkent).
Questions fréquentes
Existe-t-il une convention de sécurité sociale entre la France et l'Ouzbékistan ?
Non. Aucune convention bilatérale de sécurité sociale ne lie la France et l'Ouzbékistan, et aucun pays d'Asie centrale ne figure dans la liste des conventions en vigueur publiée par le CLEISS : ni carte européenne d'assurance maladie, ni formulaire A1 ou S1 ne s'appliquent.
Un citoyen français a-t-il besoin d'un visa pour l'Ouzbékistan ?
Non, pour un séjour n'excédant pas 30 jours, depuis le 5 octobre 2018 (décret présidentiel УП-5551). Au-delà de 30 jours, un visa doit être obtenu auprès de l'ambassade d'Ouzbékistan à Paris avant le départ. Tout séjour de plus de 72 heures doit par ailleurs faire l'objet d'un enregistrement auprès de l'OVIR.
La carte européenne d'assurance maladie (CEAM) fonctionne-t-elle en Ouzbékistan ?
Non. L'Ouzbékistan n'est membre ni de l'Union européenne ni de l'Espace économique européen, la CEAM n'y a donc pas cours, quelle que soit la durée du séjour.
Une assurance santé est-elle obligatoire pour entrer en Ouzbékistan ?
Aucune obligation légale liée au visa n'a été identifiée pour les ressortissants français. France Diplomatie qualifie néanmoins d'impérative la souscription d'un contrat d'assistance ou d'une assurance couvrant l'intégralité des frais médicaux, certains établissements pouvant refuser de soigner un patient sans preuve de solvabilité ou d'assurance, y compris en urgence vitale.
Le système de santé ouzbek permet-il de traiter toutes les pathologies ?
Non. France Diplomatie indique que le réseau hospitalier et médical reste en retrait des standards européens, en particulier hors de Tachkent. Pour les pathologies les plus graves, une évacuation sanitaire vers l'Europe ou la Turquie est la pratique la plus courante recommandée par les assureurs internationaux, faute de plateau technique local suffisant.
Comment un salarié détaché depuis la France est-il couvert en Ouzbékistan ?
En l'absence de convention, il peut bénéficier du détachement unilatéral prévu par le droit français (jusqu'à 3 ans renouvelable une fois). Il reste affilié au régime français, avec des soins remboursés a posteriori sur présentation du formulaire S3125, mais sans dispense des cotisations éventuellement dues en Ouzbékistan.
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Rédaction Expavy
Sources
- France Diplomatie — Ouzbékistan, Entrée / séjour
- France Diplomatie — Ouzbékistan, Santé
- France Diplomatie — Ouzbékistan, Sécurité
- France Diplomatie — Ouzbékistan, Contacts utiles (ambassade de France, cliniques)
- France Diplomatie — Registre mondial des Français établis hors de France (2025)
- CLEISS — Fiches pays (liste des pays conventionnés, Ouzbékistan et Asie centrale absents)
- CLEISS — Détachement dans un pays sans convention de sécurité sociale avec la France
- Banque mondiale — Espérance de vie à la naissance, Ouzbékistan
- Banque mondiale — Dépenses de santé courantes (% du PIB), Ouzbékistan
- Banque mondiale — Dépenses de santé courantes par habitant, Ouzbékistan
- TourMag — Ouzbékistan : suppression du visa pour les citoyens français (décret УП-5551 du 4 octobre 2018)
- Republican Research Centre of Emergency Medicine — Présentation
- Tashkent International Clinic — Présentation et missions
- Wikipedia (EN) — Health in Uzbekistan