Lituanie · Travailler et économie
Travailler en Lituanie pour un Français : droit au travail, salaires, impôt, cotisations et économie
L’essentiel
Un Français travaille en Lituanie sans visa ni permis de travail, comme tout citoyen de l'Union européenne, et déclare son lieu de résidence au-delà de trois mois. Le salaire minimum avoisine 1 150 € bruts par mois et le salaire national moyen 2 300 €. Le salarié cotise 8,72 % pour les pensions et 6,98 % pour la santé, l'employeur supporte notamment 1,31 % d'assurance chômage, et l'impôt sur le revenu est progressif, à 20 %, 25 % ou 32 %. Le détaché reste affilié en France avec le formulaire A1, et la Lituanie adhère depuis le 1er mai 2024 à l'accord-cadre sur le télétravail transfrontalier.
- Salaire minimum fixé au niveau national et révisé chaque année, inférieur au salaire minimum français (Eurostat, CLEISS).
- Salaire national moyen publié chaque trimestre ; plafond annuel de cotisation révisé chaque année (CLEISS).
- 8,72 % pour les pensions et 6,98 % pour la santé : cotisations du salarié ; 1,31 % de chômage à la charge de l'employeur (CLEISS).
- 20 %, 25 % ou 32 % : taux de l'impôt sur le revenu, selon la tranche exprimée en multiples du salaire moyen ; 15 % pour certains revenus (ministère lituanien des Finances).
- 747 € par mois : abattement personnel pour un revenu mensuel inférieur ou égal au salaire minimum, réduit de 0,49 € par euro de revenu supplémentaire (administration fiscale lituanienne).
- 1er mai 2024 : adhésion de la Lituanie à l'accord-cadre sur le télétravail transfrontalier, pour moins de 50 % du temps de travail (CLEISS).
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Repères chiffrés : Lituanie
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +2,9 %
- Inflation
- 3,8 %
- Taux de chômage
- 6,7 %
- PIB par habitant
- 32 959 $
- Population
- 2,9 millions
- Espérance de vie
- 77,2 ans
- Dépense de santé (% du PIB)
- 7,6 %
- Médecins pour 1 000 hab.
- 4,47
- Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
- 5,7
- Monnaie
- Euro
- pas de frais de change
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail : aucun permis pour un Français
En tant que citoyen de l’Union européenne, un Français exerce une activité salariée ou indépendante en Lituanie sans permis de travail ni visa. Les formalités tiennent à l’installation : le certificat de séjour de l’Union au-delà de trois mois, valable jusqu’à cinq ans, et la déclaration du lieu de résidence (France Diplomatie, département lituanien des migrations). La page vivre en Lituanie détaille ces étapes.
Les salariés sont obligatoirement affiliés à l’assurance maladie et leurs droits aux prestations en nature sont ouverts sans durée minimale d’affiliation (CLEISS). Un nouvel arrivant vérifie avec l’employeur la déclaration à Sodra, l’organisme de sécurité sociale.
Salaires : minimum légal et niveaux de rémunération
Le salaire minimum mensuel avoisine 1 150 € bruts (Eurostat, CLEISS), nettement moins qu’en France. Le salaire national moyen avoisine 2 300 € par mois (CLEISS). En dessous du minimum, les cotisations se calculent sur le salaire minimum, l’employeur payant la part du salarié, avec des exceptions comme les travailleurs de moins de 24 ans ou ceux déjà assurés par un autre emploi.
- Contrat de travail : le code du travail lituanien encadre la durée du travail, les congés et le préavis ; le ministère de la Sécurité sociale et du Travail en publie les règles.
- Niveaux par secteur : l’office statistique lituanien publie les salaires par secteur et par région, à consulter avant d’accepter une offre.
- Indemnités de maladie : l’employeur paie les deux premiers jours et l’organisme Sodra à partir du troisième, avec un montant journalier compris entre un minimum et un plafond révisés chaque année (CLEISS).
Cotisations sociales du salarié et de l'employeur
Le CLEISS publie les taux. Les cotisations s’appliquent à toutes les rémunérations, y compris primes, heures supplémentaires et avantages en nature, avec un plafond annuel égal à 60 fois le salaire moyen national, la cotisation santé n’étant pas plafonnée.
- Pensions : 8,72 % à la charge du salarié, sans part patronale.
- Santé et maternité : 6,98 %, avec 1,99 % et 1,81 % listés pour les prestations en espèces et la maternité (CLEISS).
- Chômage : 1,31 % à la charge de l’employeur, 2,03 % pour les contrats à durée déterminée.
- Accidents du travail et maladies professionnelles : 0,14 % dans le cas général, de 0,14 % à 1,4 % selon le groupe de risque.
- Fonds de garantie et fonds de chômage de longue durée : 0,16 % chacun, à la charge de l’employeur.
- Second pilier de retraite : les salariés de moins de 40 ans y sont affiliés automatiquement, avec 3 % du salaire brut et une aide de l’État de 1,5 % du salaire moyen (CLEISS).
Le détail de la protection obtenue en échange figure dans la page système de santé en Lituanie.
Impôt sur le revenu et convention fiscale franco-lituanienne
Selon le ministère lituanien des Finances, l’impôt sur le revenu des résidents applique un taux de 20 % jusqu’à 36 fois le salaire moyen annuel, de 25 % de 36 à 60 fois le salaire moyen et de 32 % au-delà ; certains revenus (dividendes, prestations d’assurance-vie, plus-values d’actions détenues cinq ans, notamment) restent à 15 % et ne comptent pas dans les tranches. L’abattement personnel atteint 747 € par mois pour un revenu mensuel inférieur ou égal au salaire minimum en vigueur au 1er janvier, et diminue de 0,49 € par euro de revenu au-delà (administration fiscale lituanienne). Les seuils exacts se lisent sur le site de l’administration fiscale (VMI).
La France et la Lituanie ont signé à Paris le 7 juillet 1997 une convention contre les doubles impositions, entrée en vigueur le 1er mai 2001 (impots.gouv.fr). Un salarié installé en Lituanie y devient en principe résident fiscal et déclare ses revenus locaux ; ses revenus restés en France suivent les règles de la convention, à vérifier sur impots.gouv.fr ou avec un conseil individuel.
Détaché, expatrié, indépendant et télétravailleur
Le salarié détaché par un employeur français reste affilié au régime français pendant la mission. Le formulaire A1 le prouve, pour 24 mois au maximum, sans enregistrement auprès de la sécurité sociale du pays d’accueil (europa.eu). Voir détaché ou expatrié et le glossaire du formulaire A1.
Le salarié en contrat local relève du régime lituanien ; il peut compléter par une adhésion à la Caisse des Français de l’étranger, qui lui évite les délais d’attente à son retour en France (ameli.fr).
L’indépendant cotise sur 90 % de son revenu déclaré après frais professionnels : 8,72 % pour les pensions, 6,98 % pour la santé avec un minimum mensuel révisé chaque année, dû même sans revenu, 1,99 % pour les indemnités de maladie, 1,81 % pour la maternité ; le plafond est révisé chaque année (CLEISS). Voir aussi l’assurance du nomade numérique.
Le télétravail transfrontalier d’un salarié peut rester rattaché à son régime de sécurité sociale si l’accord-cadre européen s’applique : moins de 50 % du temps de travail, employeur unique, certificat A1 de trois ans au maximum. La Lituanie y adhère depuis le 1er mai 2024 (CLEISS) ; les indépendants sont exclus.
L'économie lituanienne et les perspectives d'emploi
La direction générale du Trésor classe la Lituanie parmi les économies les plus dynamiques de la zone euro, avec une croissance soutenue par la consommation des ménages et l’investissement public. Le marché du travail reste tendu, avec un niveau élevé d’offres vacantes alors que la population active diminue ; le déficit public et la dette restent modérés.
Les secteurs porteurs cités par le Trésor sont l’industrie, la mécatronique, la robotique et les lasers, les biotechnologies et les centres de services pour des banques scandinaves, qui nourrissent la fintech. Pour un Français, les débouchés se concentrent à Vilnius, Kaunas et Klaipėda ; l’anglais suffit dans de nombreuses entreprises internationales, le lituanien ouvrant davantage de postes. Le bloc « Repères économiques » de cette page suit la croissance, l’inflation, le chômage et le change en continu.
Récapitulatif : statut professionnel et protection sociale en Lituanie
| Situation | Régime de sécurité sociale | Démarche principale | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Salarié en contrat local | Régime lituanien (Sodra) | Déclaration par l'employeur ; résidence déclarée | Cotisations du salarié de 8,72 % et 6,98 % ; impôt de 20 % à 32 % |
| Salarié détaché | Régime français maintenu | Formulaire A1, jusqu'à 24 mois | Prolongation à demander avant l'échéance |
| Indépendant | Régime lituanien, cotisations directes | Cotisation sur 90 % du revenu déclaré | Santé : minimum de 80,48 € par mois, dû même sans revenu |
| Télétravailleur transfrontalier | Régime de l'État de l'employeur si l'accord-cadre s'applique | Demande de l'employeur, certificat A1 de trois ans maximum | Moins de 50 % du temps de travail ; employeur unique |
| Demandeur d'emploi | Selon la situation, régime français ou local | Inscription auprès de l'organisme public de l'emploi | Droits au chômage à vérifier avec France Travail avant le départ |
Sources : CLEISS, ministère lituanien des Finances, europa.eu.
Questions fréquentes
Un Français a-t-il besoin d'un permis de travail en Lituanie ?
Non. En tant que citoyen de l'Union européenne, il travaille sans permis ni visa. Au-delà de trois mois, il reçoit un certificat de séjour de l'Union, valable jusqu'à cinq ans.
Quel est le salaire minimum en Lituanie ?
Environ 1 150 € bruts par mois (Eurostat, CLEISS), nettement moins qu'en France. Le salaire national moyen avoisine 2 300 € par mois.
Quelles cotisations sociales paie un salarié en Lituanie ?
8,72 % pour les pensions et 6,98 % pour la santé et la maternité, selon le CLEISS. L'employeur supporte notamment 1,31 % d'assurance chômage, 2,03 % pour les contrats à durée déterminée.
Quel est le taux de l'impôt sur le revenu en Lituanie ?
20 % jusqu'à 36 fois le salaire moyen annuel, 25 % de 36 à 60 fois et 32 % au-delà, selon le ministère des Finances ; 15 % pour certains revenus. L'abattement personnel est de 747 € par mois sous condition de revenu.
Un salarié détaché reste-t-il affilié en France ?
Oui, avec le formulaire A1, jusqu'à 24 mois, sans s'enregistrer auprès des caisses lituaniennes. Une prolongation se demande avant l'échéance (europa.eu).
Comment cotise un indépendant en Lituanie ?
Sur 90 % du revenu déclaré après frais : 8,72 % pour les pensions, 6,98 % pour la santé avec un minimum de 80,48 € par mois, 1,99 % pour les indemnités de maladie et 1,81 % pour la maternité (CLEISS).
Le télétravail depuis la Lituanie pour un employeur français est-il couvert ?
Oui si l'accord-cadre s'applique : moins de 50 % du temps de travail, employeur unique, demande de l'employeur et certificat A1 de trois ans maximum. La Lituanie y adhère depuis le 1er mai 2024 (CLEISS).
Les autres guides : Lituanie
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
