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Jordanie · Travailler et économie

Travailler en Jordanie quand on est français : permis, contrat, salaire, impôt et protection sociale

L’essentiel

Un Français ne peut être employé en Jordanie qu'avec un permis de travail délivré par le ministère du Travail avant l'embauche, d'une durée maximale d'un an renouvelable et lié à un employeur précis (Code du travail, article 12). Le contrat prévoit au plus huit heures par jour et 48 heures par semaine, 14 jours de congés payés par an et un préavis écrit d'un mois pour un contrat à durée indéterminée. Le salaire minimum du secteur privé est de 290 JOD par mois depuis le 1er janvier 2025. La convention fiscale franco-jordanienne de 1984 répartit les droits d'imposition, et la Jordanie ne figure pas dans la liste des accords de sécurité sociale du CLEISS.

  • 1 an au plus : durée d'un permis de travail pour un non-Jordanien, renouvelable, obtenu avant l'engagement (Code du travail, article 12).
  • 290 JOD par mois (environ 365 €) : salaire minimum du secteur privé depuis le 1er janvier 2025, contre 260 JOD auparavant (Organisation internationale du travail).
  • 8 heures par jour et 48 heures par semaine au plus ; majoration d'au moins 125 % pour les heures supplémentaires et de 150 % les jours de repos et fériés.
  • 14 jours de congés payés par an, portés à 21 jours après cinq années consécutives chez le même employeur.
  • 10 semaines de congé de maternité payé, dont au moins 6 semaines après l'accouchement.
  • 183 jours : durée de séjour de référence dans la convention fiscale franco-jordanienne pour les salaires perçus en dehors de l'État de résidence.

Repères économiques : Jordanie

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+2,8 %
Inflation
1,8 %
Taux de chômage
16,5 %
PIB par habitant
5 348 $
Population
11,5 millions
Change
1 € = 0,794 JOD
dinar jordanien, monnaie arrimée au dollar

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail, permis de travail et changement d'employeur

Selon l’article 12 du Code du travail (loi n° 8 de 1996 et ses amendements), un travailleur non jordanien ne peut être employé qu’avec l’accord du ministre du Travail, lorsque le poste exige une expérience et une qualification absentes parmi les Jordaniens ou que le nombre de Jordaniens qualifiés ne couvre pas les besoins, la priorité étant donnée aux experts, techniciens et travailleurs arabes. Le permis de travail s’obtient avant l’engagement, pour un an au plus, et se renouvelle ; l’employeur verse des droits dont le montant relève d’un règlement. L’employeur qui emploie un étranger sans permis, ou pour un autre employeur que celui indiqué sur le permis, s’expose à une amende de 100 à 150 JOD par mois ou fraction de mois.

Le ministère du Travail publie des guides des conditions de délivrance des permis, dont un guide général mis à jour en août 2026 et un guide pour les compétences spécialisées de mars 2026 ; il tient des listes de professions réservées aux Jordaniens. L’Organisation internationale du travail précise (décembre 2023) qu’un travailleur peut changer d’employeur avec l’accord du premier, pour la plupart des secteurs après six mois à compter de la délivrance du permis, ou sans cet accord après un an de service, et qu’aucun permis de sortie n’est exigé pour quitter le pays. Les formalités d’installation (visa, enregistrement) sont décrites dans la page vivre en Jordanie, et le guide travailler à l’étranger aide à préparer le départ côté français.

Contrat, durée du travail, congés et préavis

Le contrat peut être écrit ou verbal ; lorsqu’il est écrit, il est rédigé en arabe en deux exemplaires, avec une copie dans une langue que le travailleur comprend s’il ne lit pas l’arabe (Organisation internationale du travail, décembre 2023). Pour un contrat à durée indéterminée, la partie qui souhaite rompre notifie sa décision par écrit au moins un mois à l’avance, et le contrat reste en vigueur pendant ce préavis (article 23).

  • Durée du travail : huit heures par jour et 48 heures par semaine au plus, hors repas et repos, avec une répartition possible sur onze heures par jour au maximum (article 56). Le vendredi est en principe le jour de repos hebdomadaire (article 60).
  • Heures supplémentaires : avec l’accord du salarié, au moins 125 % du salaire normal ; au moins 150 % le jour de repos, les fêtes religieuses et les jours fériés (article 59).
  • Congés annuels : 14 jours par année de service avec salaire complet, 21 jours après cinq années consécutives chez le même employeur ; renoncer à son congé est nul (articles 61 et 64).
  • Congé maladie : 14 jours par an à plein salaire sur certificat d’un médecin agréé par l’établissement, renouvelable de 14 jours à plein salaire en cas d’hospitalisation (article 65).
  • Maternité et allaitement : 10 semaines de congé payé, dont au moins 6 semaines après l’accouchement, puis une heure par jour au plus pour l’allaitement pendant un an (articles 70 et 71).
  • Fin de service : un salarié en contrat à durée indéterminée qui ne relève pas de la loi sur la sécurité sociale perçoit une indemnité d’un mois de salaire par année de service (article 32).

Pour un litige, l’Organisation internationale du travail décrit une plateforme de plaintes en ligne du ministère du Travail, une conciliation par un inspecteur, puis le tribunal de première instance ; les litiges de salaire relèvent d’une autorité spécifique à Amman tant que le travailleur est en poste ou dans les six mois qui suivent la fin du contrat.

Salaire minimum et niveaux de salaire

Le comité tripartite des affaires du travail a décidé de porter le salaire minimum du secteur privé de 260 à 290 JOD par mois à compter du 1er janvier 2025 (Organisation internationale du travail, 18/12/2024). Au cours de change de la Banque centrale du 05/10/2026 (environ 0,79 JOD pour 1 €), 290 JOD représentent environ 365 €. La fiche de l’Organisation internationale du travail de décembre 2023 précisait que le minimum légal, alors de 260 JOD, s’appliquait aux nationaux comme aux travailleurs migrants, hors travailleurs domestiques et zones industrielles qualifiées.

Au-dessus de ce plancher, la rémunération d’un cadre français recruté localement résulte du contrat : salaire de base, indemnités de logement et de scolarité, billets d’avion et couverture santé. Le salaire comprend, selon la même fiche, toutes les sommes prévues par la loi, le contrat ou le règlement intérieur, dont l’indemnité de logement en espèces ou en nature, les primes de vendredi et de jours fériés et les indemnités de spécialité. Les sources officielles consultées ne publient pas de grille de salaires par métier. Les salaires sont payés au moins une fois par mois, dans les sept jours qui suivent l’échéance.

Impôt sur le revenu et convention fiscale franco-jordanienne

Le département de l’impôt sur le revenu et des ventes (ISTD) distingue, dans sa déclaration des personnes physiques, les résidents et les non-résidents, les Jordaniens et les non-Jordaniens, et les revenus de source jordanienne et ceux de source étrangère. Pour les résidents, le formulaire (période fiscale 2019, version consultée en ligne) prévoit une exonération personnelle jusqu’à 10 000 JOD par an, une exonération pour personnes à charge jusqu’à 10 000 JOD, et d’autres abattements jusqu’à 1 000 JOD par enfant (3 000 JOD pour trois enfants), l’ensemble étant plafonné à 23 000 JOD ; l’impôt sur les revenus de placements étrangers des résidents est de 10 %. Le barème des tranches se lit sur le site de l’ISTD avant tout calcul, car ces chiffres ont pu évoluer depuis la période fiscale du formulaire.

La convention fiscale franco-jordanienne, signée à Amman le 28 mai 1984 et en vigueur depuis le 1er avril 1985, répartit les droits d’imposition. Son article 15 prévoit que les salaires d’un résident ne sont imposables que dans son État de résidence, sauf si l’emploi est exercé dans l’autre État ; une exception s’applique lorsque le séjour ne dépasse pas 183 jours au cours de l’année fiscale, que l’employeur n’est pas un résident de l’État d’activité et que la charge de la rémunération n’est pas supportée par un établissement stable. Son article 4 définit la résidence (domicile, résidence, siège de direction ou critère analogue). Pour éviter la double imposition, la Jordanie exonère les revenus imposables en France selon la convention, et la France exonère, avec maintien du taux effectif, ceux qui sont imposables en Jordanie, sous réserve d’un crédit d’impôt pour certaines catégories de revenus (article 23). La situation personnelle (domicile fiscal, revenus conservés en France) se vérifie sur impots.gouv.fr.

Cotisations sociales, sécurité sociale jordanienne et régime français

L’Organisation internationale du travail relève, en décembre 2023, que les travailleurs migrants sont traités comme les Jordaniens pour la couverture obligatoire de la Social Security Corporation : les salariés enregistrés bénéficient de l’assurance contre les accidents du travail, d’une pension de vieillesse, d’invalidité et de survivants, et de prestations de maternité (10 semaines de congé à plein salaire, trois jours de congé de paternité). Le système ne prévoit ni exportation ni totalisation des droits, la Jordanie n’ayant pas d’accord bilatéral : un non-Jordanien qui quitte le pays perçoit une somme forfaitaire d’au moins un mois de salaire par année travaillée. Les taux de cotisation sont fixés par la loi sur la sécurité sociale et se lisent sur le site de la Social Security Corporation.

La France n’a pas de convention de sécurité sociale avec la Jordanie : le pays ne figure pas dans la liste du CLEISS. Un salarié envoyé par son employeur français peut être détaché pour 3 ans renouvelables une fois et rester affilié au régime français, avec remboursement des soins dans la limite des prestations françaises sur factures acquittées (formulaire S 3125c). Voir le guide trimestres travaillés à l’étranger et la page remboursements des soins en Jordanie.

Indépendants, télétravail et investisseurs

Le Code du travail organise le salariat ; l’Organisation internationale du travail note que les travailleurs indépendants figurent parmi les catégories exclues de l’assurance chômage. Pour une activité indépendante, la voie passe par l’enregistrement d’une activité et par une résidence adaptée : l’achat immobilier ouvre un permis de résidence de cinq ans renouvelable (voir la page retraite en Jordanie), et l’agence de presse officielle jordanienne décrit, en juillet 2026, des programmes d’investissement avec création d’emplois enregistrés à la sécurité sociale.

Les sources officielles consultées ne décrivent pas de visa spécifique au télétravail ; un Français qui travaille à distance pour un employeur étranger s’informe auprès du ministère de l’Intérieur sur le titre adapté à la durée de son séjour. Le guide visas nomades numériques et la page assurance nomade digital complètent la préparation.

L'économie jordanienne : secteurs, monnaie et perspectives

France Diplomatie décrit une économie de services : 68 % du produit intérieur brut, contre 26 % pour l’industrie et 5 % pour l’agriculture, avec la finance, le tourisme, le textile, la pharmacie et les engrais parmi les secteurs importants. La même source indique que la France est le sixième investisseur étranger et le premier investisseur non arabe, et que ses exportations vers la Jordanie atteignaient 218 millions d’euros en 2021, contre 179 millions en 2020. Le bloc « Repères économiques » de cette page présente la croissance, l’inflation et le chômage actualisés.

Le dinar jordanien est arrimé au dollar : la Banque centrale affiche 708 à 710 fils pour 1 dollar au 05/10/2026, ce qui offre un cours stable pour négocier sa rémunération. La population est de 11,55 millions d’habitants (2024), et France Diplomatie indique que l’arabe est la langue officielle et que l’anglais est largement parlé, un atout pour les entreprises internationales.

Le salarié en Jordanie : repères du Code du travail

SujetRègleSource
Permis de travailAvant l'engagement ; 1 an au plus, renouvelable ; lié à un employeurCode du travail, article 12
Durée du travail8 heures par jour, 48 heures par semaine au plusCode du travail, article 56
Heures supplémentaires125 % du salaire normal ; 150 % les jours de repos et fériésCode du travail, article 59
Congés annuels14 jours ; 21 jours après 5 années consécutivesCode du travail, article 61
Congé maladie14 jours par an à plein salaire, renouvelable en cas d'hospitalisationCode du travail, article 65
Congé de maternité10 semaines payées, dont 6 semaines au moins après l'accouchementCode du travail, article 70
Préavis (durée indéterminée)1 mois au moins, par écritCode du travail, article 23
Salaire minimum du secteur privé290 JOD par mois depuis le 1er janvier 2025Organisation internationale du travail

Sources : Code du travail n° 8 de 1996 et amendements (ministère du Travail de Jordanie), Organisation internationale du travail (décision du comité tripartite, 18/12/2024), pages consultées le 05/10/2026. Le texte consulté est la version consolidée publiée par le ministère.

Questions fréquentes

Faut-il un permis de travail pour travailler en Jordanie ?

Oui. Un non-Jordanien doit obtenir un permis de travail du ministre du Travail avant son engagement, pour un an au plus, renouvelable. Le permis lie le travailleur à un employeur précis, et l'employeur qui emploie un étranger sans permis s'expose à une amende de 100 à 150 JOD par mois.

Quel est le salaire minimum en Jordanie ?

Le salaire minimum du secteur privé est de 290 JOD par mois depuis le 1er janvier 2025, contre 260 JOD auparavant, selon la décision du comité tripartite relayée par l'Organisation internationale du travail.

Combien d'heures par semaine travaille-t-on en Jordanie ?

Au plus huit heures par jour et 48 heures par semaine, avec une répartition possible sur onze heures par jour. Les heures supplémentaires sont majorées d'au moins 25 %, et d'au moins 50 % les jours de repos et fériés.

La France et la Jordanie ont-elles une convention fiscale ?

Oui, signée le 28 mai 1984 et en vigueur depuis le 1er avril 1985. Elle répartit les droits d'imposition des salaires, des pensions et des autres revenus, et prévoit une exception de 183 jours pour les salaires d'un résident qui travaille temporairement dans l'autre État.

Un salarié étranger cotise-t-il à la sécurité sociale jordanienne ?

Oui, la couverture obligatoire de la Social Security Corporation s'applique de la même manière aux travailleurs migrants selon l'Organisation internationale du travail. Il n'y a ni totalisation ni exportation des droits, et un non-Jordanien qui quitte le pays reçoit une somme forfaitaire.

La Sécurité sociale française s'applique-t-elle en Jordanie ?

Il n'existe pas de convention de sécurité sociale entre les deux pays. Un salarié détaché par un employeur français reste affilié au régime français pendant 3 ans renouvelables une fois ; les autres statuts s'appuient sur l'employeur, la CFE ou une assurance privée.

Peut-on changer d'employeur en Jordanie ?

Oui. Selon l'Organisation internationale du travail, le transfert se fait avec l'accord du premier employeur, pour la plupart des secteurs après six mois à compter de la délivrance du permis, ou sans cet accord après un an de service.

Les autres guides : Jordanie