Inde · Travailler et économie
Travailler en Inde pour un Français : visa emploi, salaires, cotisations sociales, impôt sur le revenu et économie
L’essentiel
Un Français travaille en Inde avec un visa emploi, délivré aux professionnels qualifiés engagés par une entreprise indienne, dont le contrat doit indiquer une rémunération d'au moins 16,25 lakhs de roupies par an, soit environ 15 030 €. Le salarié détaché depuis la France peut rester affilié au régime français pour la seule branche vieillesse pendant 5 ans, grâce à la convention de sécurité sociale entrée en vigueur le 1er juillet 2011 ; les autres risques relèvent de la législation indienne. Le salarié en contrat local cotise à l'EPF et, sous le plafond de 21 000 roupies par mois, à l'ESIC. L'impôt sur le revenu s'applique aux résidents fiscaux (182 jours ou plus), avec une convention franco-indienne qui répartit le droit d'imposer et évite la double imposition.
- 16,25 lakhs de roupies par an (1 625 000 INR, environ 15 030 €) : salaire minimum du contrat pour un visa emploi, selon l'ambassade de l'Inde à Paris ; 3,60 lakhs pour les personnes d'origine indienne et les conjoints et enfants de citoyens indiens.
- 5 ans : durée initiale du détachement entre la France et l'Inde, avec maintien au régime français pour la seule branche vieillesse (CLEISS).
- 12 % de cotisation salariale à l'EPF et 0,75 % à l'ESIC, sur des assiettes plafonnées à 15 000 INR et 21 000 INR par mois pour les salariés indiens (CLEISS).
- 24 217 INR par mois, soit environ 224 € : gain moyen des salariés réguliers de sexe masculin en 2025 (enquête PLFS) ; 18 353 INR pour les femmes.
- 4 lakhs de roupies (environ 3 700 €) : seuil d'exonération du nouveau régime d'impôt ; aucun impôt jusqu'à 12 lakhs (environ 11 100 €) pour un résident, après rebate.
- 54 % de la valeur ajoutée indienne provient des services en 2025-26, 26 % de l'industrie et 20 % du secteur primaire (MoSPI, estimations provisoires).
Repères économiques : Inde
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +7,6 %
- Inflation
- 2,4 %
- Taux de chômage
- 4,2 %
- PIB par habitant
- 2 702 $
- Population
- 1,46 milliards
- Change
- 1 € = 108 INR
- roupie indienne, cours BCE du jour
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail et visa emploi
Un citoyen français ne peut pas travailler en Inde sans autorisation : le visa emploi est délivré aux professionnels hautement qualifiés engagés par une entreprise indienne ou par une société étrangère qui exécute un projet en Inde. La demande se fait en ligne sur le portail officiel puis auprès de l’ambassade de l’Inde à Paris, avec un passeport valable au moins six mois et trois pages vierges. Le dossier contient notamment :
- le contrat de travail original en anglais, tamponné et signé par l’entreprise indienne, indiquant un salaire annuel d’au moins 16,25 lakhs de roupies ;
- le certificat d’immatriculation de l’entreprise indienne et le formulaire de l’employeur (proforma) ;
- une attestation de l’employeur selon laquelle aucun candidat indien ne possède les compétences requises, et un engagement de paiement de l’impôt sur le revenu mentionnant le salaire ;
- le CV en anglais et les copies des diplômes ou certificats, traduits en anglais si nécessaire.
Le seuil de 16,25 lakhs représente 1 625 000 INR, soit environ 15 030 € au cours de référence de la BCE du 02/10/2026 (1 € = 108,1245 INR) : environ 135 400 INR par mois, soit 1 250 € par mois. Le seuil ne s’applique pas aux cuisiniers traditionnels employés par des missions étrangères, aux professeurs de français et au personnel des missions diplomatiques. Les personnes d’origine indienne et les conjoints et enfants de citoyens indiens ou de titulaires de la carte OCI doivent justifier d’au moins 3,60 lakhs par an (environ 3 330 €). Après l’arrivée, le visa emploi de plus de 180 jours exige l’enregistrement au FRRO dans les 14 jours : la page vivre en Inde détaille les démarches, et le guide travailler à l’étranger rassemble les repères communs à tous les pays.
Salaire minimum, niveaux de salaire et contrat
L’Inde a mis en vigueur ses quatre codes du travail le 21 novembre 2025 (ministère du Travail et de l’Emploi). Le code des salaires universalise le salaire minimum à tous les emplois et introduit un salaire plancher national fixé par l’État fédéral, en dessous duquel les États ne peuvent pas descendre. Les montants varient donc selon l’État, le secteur et la qualification, et le ministère du Travail publie les barèmes en vigueur : ils se consultent avant de signer un contrat qui concerne des collaborateurs locaux.
Pour situer les niveaux de rémunération, l’enquête périodique sur la main-d’œuvre (PLFS) du ministère des Statistiques mesure le gain moyen des salariés réguliers : 24 217 INR par mois pour les hommes en 2025 (environ 224 €) et 18 353 INR pour les femmes (environ 170 €), contre 22 891 INR et 17 126 INR en 2024. Les travailleurs indépendants gagnent en moyenne 17 914 INR (hommes) et 6 374 INR (femmes). Le salaire minimal exigé pour le visa emploi équivaut à environ 5,6 fois le gain mensuel moyen masculin d’un salarié régulier : le visa cible des profils d’expertise, avec des rémunérations de cadres et de spécialistes.
Le contrat s’écrit en anglais, précise la rémunération annuelle, le poste, le lieu et la durée, et sert de pièce principale au visa. Un salarié français vérifie avec son employeur les avantages (assurance maladie de groupe, logement, scolarité, billets de retour) et la prise en charge de l’impôt, car ces éléments pèsent autant que le salaire affiché. Le guide détaché ou expatrié aide à comparer les statuts.
Cotisations sociales : EPF, ESIC et détachement franco-indien
Le système indien repose sur deux organismes (CLEISS) : l’ESIC pour la maladie, la maternité, les accidents du travail et le chômage, et l’EPFO pour la retraite et le fonds de prévoyance. Aux taux en vigueur au 1er avril 2023, les cotisations d’un salarié indien comprennent 12 % au titre de l’EPF pour le salarié, 3,67 % pour l’employeur, 8,33 % de pension (EPS) et 0,50 % d’assurance survivants à la charge de l’employeur, sur une assiette plafonnée à 15 000 INR par mois ; l’ESIC prélève 0,75 % au salarié et 3,25 % à l’employeur. L’ESIC couvre les salariés des établissements d’au moins dix personnes dont la rémunération reste sous 21 000 INR par mois (environ 194 €) : un salarié sous visa emploi dépasse largement ce plafond.
Pour les « international workers », c’est-à-dire les salariés étrangers en Inde, l’EPFO prévoit que le salarié détaché dans un pays lié par un accord de sécurité sociale est un « excluded employee » : il cotise au régime de son pays d’origine et ne cotise pas à l’EPF, sur présentation d’un certificat de détachement. Le régime applicable aux international workers sans dispense, notamment l’assiette sans plafond de 15 000 INR, fait l’objet de recours devant les juridictions indiennes : la situation évolue et se confirme auprès de l’EPFO ou d’un conseil local avant la signature du contrat.
- Convention franco-indienne : entrée en vigueur le 1er juillet 2011, elle coordonne les pensions. Le détachement dure 5 ans ; le salarié reste affilié au régime français pour la vieillesse uniquement et il est exempté de l’affiliation au régime de retraite indien. Les autres risques relèvent de la législation indienne (CLEISS).
- Certificat : l’employeur le demande à l’Urssaf (régime général) ou à la MSA (régime agricole) ; l’organisme français émet le formulaire SE 223-01 IN/FR 101. Une prolongation exceptionnelle se demande à l’Urssaf, avec avis de l’EPFO.
- Contrat local : le salarié recruté en Inde relève du régime indien ; son assurance maladie se complète par un contrat collectif de l’employeur ou une assurance internationale. Voir le glossaire du contrat local et du détaché.
Impôt sur le revenu : résidence, tranches et convention fiscale
Un individu est résident fiscal indien s’il passe 182 jours ou plus en Inde au cours de l’exercice financier (1er avril au 31 mars), ou 60 jours ou plus dans l’exercice et 365 jours ou plus au cours des quatre exercices précédents ; des seuils modifiés (120 à 182 jours) s’appliquent à certains citoyens indiens et personnes d’origine indienne en visite (administration fiscale indienne). Le nouveau régime est le régime par défaut ; pour l’exercice d’évaluation 2026-27, qui porte sur les revenus d’avril 2025 à mars 2026, les tranches annoncées sont les suivantes.
- Jusqu’à 4 lakhs (environ 3 700 €) : exonération ; de 4 à 8 lakhs : 5 % ; de 8 à 12 lakhs : 10 %.
- De 12 à 16 lakhs : 15 % ; de 16 à 20 lakhs : 20 % ; de 20 à 24 lakhs (environ 22 200 €) : 25 % ; au-delà : 30 %.
- Un rebate jusqu’à 60 000 INR efface l’impôt d’un résident dont le revenu imposable ne dépasse pas 12 lakhs ; une déduction forfaitaire de 75 000 INR s’ajoute pour les salariés. Un cess de 4 % s’applique à l’impôt et à la surtaxe éventuelle.
L’Inde a adopté un nouveau texte, l’Income-tax Act de 2025, applicable à compter du 1er avril 2026 : la notion d’« année fiscale » y remplace celle d’« année d’évaluation », et les tranches de l’année en cours se vérifient sur le portail de l’administration fiscale. La convention franco-indienne du 29 septembre 1992, entrée en vigueur le 1er août 1994, répartit le droit d’imposer. Un salaire est imposable dans l’État où l’emploi s’exerce (article 16) ; il reste imposable dans l’État de résidence si le séjour n’excède pas 183 jours dans l’année fiscale, si l’employeur n’est pas résident de l’autre État et si la charge de la rémunération n’est pas supportée par un établissement stable. L’article 25 évite la double imposition : la France prend en compte les revenus imposés en Inde et accorde un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant. Un résident des deux États est départagé par l’article 4 (foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité).
Indépendants, freelances et télétravail
Un travailleur indépendant établi en France qui effectue une prestation en Inde peut demander son maintien au régime français pour la vieillesse : l’Urssaf instruit la demande, l’EPFO donne son accord et le formulaire SE 223-01 IN/FR 101 atteste l’assujettissement français ; l’exemption porte sur les cotisations de retraite indiennes et les autres risques suivent la législation indienne (CLEISS). Sur le plan fiscal, l’article 15 de la convention n’autorise l’Inde à imposer les revenus d’une profession indépendante que si le résident dispose d’une base fixe en Inde ou si sa présence atteint 183 jours dans l’année fiscale, pour la fraction tirée des activités exercées en Inde.
Pour le télétravail depuis l’Inde au profit d’un employeur français ou pour une activité freelance, le statut dépend du visa détenu et de la durée de présence : les pièces officielles consultées détaillent le visa emploi pour les salariés d’entreprises indiennes, et l’ambassade de l’Inde à Paris confirme la catégorie adaptée à chaque projet. Dès 182 jours de présence, la résidence fiscale indienne entre en jeu. Le guide visas nomades numériques et la page assurance nomade digital complètent ces repères.
L'économie indienne : secteurs, monnaie et perspectives
Le ministère des Statistiques (MoSPI) publie depuis février 2026 une nouvelle série de comptes nationaux en base 2022-23. Selon les estimations provisoires de 2025-26 aux prix courants, la valeur ajoutée brute se répartit ainsi : environ 54 % pour les services, 26 % pour l’industrie et 20 % pour le secteur primaire, dont 18 % pour l’agriculture. Dans les services, la finance, l’immobilier, l’informatique et les services professionnels pèsent environ 27 % de la valeur ajoutée ; le commerce, l’hôtellerie et les transports 14 % ; l’administration publique, la défense et les autres services 13 %. L’industrie manufacturière représente environ 15 % du total.
La monnaie est la roupie indienne (INR), émise par la Reserve Bank of India. Ces structures expliquent la demande de profils qualifiés dans la technologie, la finance, le conseil, l’industrie et l’enseignement du français, qui bénéficie d’une exemption de seuil de salaire pour le visa emploi. Les indicateurs de croissance, d’inflation et de change, actualisés en continu, figurent dans le bloc « Repères économiques » de cette page ; le guide retraite en Inde et la page remboursement des soins complètent le tour d’horizon avant de signer un contrat.
Questions fréquentes
Quel est le salaire minimum pour obtenir un visa emploi en Inde ?
L'ambassade de l'Inde à Paris demande un contrat indiquant au moins 16,25 lakhs de roupies par an, soit 1 625 000 INR ou environ 15 030 € au cours BCE du 02/10/2026. Le seuil ne s'applique pas aux professeurs de français, aux cuisiniers des missions étrangères et au personnel diplomatique ; il est de 3,60 lakhs pour les personnes d'origine indienne et les proches de citoyens indiens.
Un salarié détaché en Inde reste-t-il affilié à la sécurité sociale française ?
Pour la branche vieillesse uniquement, pendant 5 ans, avec le formulaire SE 223-01 IN/FR 101 délivré par l'Urssaf ou la MSA. Les autres risques relèvent de la législation indienne selon le CLEISS ; la maladie se couvre par un contrat collectif ou individuel.
Faut-il cotiser à l'EPF quand on travaille en Inde ?
Un salarié détaché depuis la France avec certificat est exempté de l'affiliation au régime de retraite indien. Un salarié étranger sans dispense relève du régime des international workers de l'EPFO, dont les règles sont contestées en justice : à confirmer auprès de l'EPFO avant de signer.
À partir de quand devient-on résident fiscal indien ?
Après 182 jours de présence dans l'exercice financier, du 1er avril au 31 mars, ou après 60 jours dans l'exercice avec 365 jours sur les quatre exercices précédents. La convention franco-indienne départage un résident des deux États selon son foyer permanent, ses intérêts vitaux, son séjour habituel et sa nationalité.
Quel est le niveau de salaire moyen en Inde ?
L'enquête PLFS du ministère des Statistiques indique en 2025 un gain moyen de 24 217 INR par mois (environ 224 €) pour les hommes salariés réguliers et de 18 353 INR (environ 170 €) pour les femmes. Les cadres sous visa emploi gagnent bien davantage.
Peut-on travailler en indépendant ou en télétravail depuis l'Inde ?
Le visa emploi concerne les salariés d'entreprises indiennes. Pour un indépendant ou un télétravailleur, la catégorie de visa se confirme auprès de l'ambassade de l'Inde à Paris. Un indépendant français peut garder le régime français pour la vieillesse pendant 5 ans avec le formulaire SE 223-01 IN/FR 101.
Comment l'Inde et la France évitent-elles la double imposition ?
Par la convention du 29 septembre 1992 : un salaire est imposable là où l'emploi s'exerce, sauf séjour de 183 jours ou moins avec un employeur non résident. La France accorde un crédit d'impôt égal à l'impôt français correspondant aux revenus imposés en Inde (article 25).
Les autres guides : Inde
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
