Gabon · Prendre sa retraite
Retraite au Gabon : droit de séjour, fiscalité de la pension française, accès aux soins et villes prisées
L’essentiel
Un retraité français s'installe au Gabon avec un visa, puis une carte de séjour valable deux ans ; l'ambassade de France décrit les pièces (bail et attestation de logement légalisés, facture de la SEEG, droits de 150 000 FCFA plus une caution), et les sources consultées ne mentionnent pas de visa retraité dédié. La convention fiscale du 20 septembre 1995 impose les pensions de sécurité sociale dans l'État qui les verse, donc en France pour la pension de base, et les pensions privées dans l'État de résidence. Pour la santé, le formulaire S1 est propre à l'Europe et le Gabon ne figure pas parmi les 12 États où l'Assurance Maladie prend en charge les retraités : le choix se fait entre la CFE (RetraitExpat) et une assurance internationale. La convention de sécurité sociale garantit enfin le versement des pensions sans condition de résidence.
- Article 18 de la convention fiscale franco-gabonaise : les pensions de sécurité sociale sont imposables dans l'État qui les verse, les pensions privées dans l'État de résidence : impots.gouv.fr.
- 1er mars 2008 : entrée en vigueur de la convention fiscale du 20 septembre 1995, applicable à partir du 1er janvier 2009 pour les impôts autres que les retenues à la source : BOFiP.
- 2 ans : validité de la carte de séjour, délivrée contre 150 000 FCFA (environ 229 €) de droits plus une caution : ambassade de France.
- 12 États et territoires seulement ont une convention de prise en charge des retraités par la France ; le Gabon n'en fait pas partie : Assurance Maladie.
- 147 € par mois : tarif de départ de RetraitExpat, l'offre CFE des retraités du régime de base français, sans questionnaire médical : CFE.
- 15 ans de cotisation minimum à un régime français : condition, depuis le 1er juillet 2019, pour être remboursé lors de séjours temporaires en France quand on réside hors convention : Assurance Maladie.
Repères économiques : Gabon
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +2,5 %
- Inflation
- 1,8 %
- Taux de chômage
- 20,2 %
- PIB par habitant
- 8 263 $
- Population
- 2,6 millions
- Change
- 1 € = 655,957 XAF
- franc CFA (CEMAC), parité fixe avec l’euro
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Prendre sa retraite au Gabon : quel droit de séjour
France Diplomatie indique que les ressortissants français ont besoin d’un visa, avec un passeport valable plus de six mois, et qu’une autorisation d’entrée à durée indéterminée est demandée pour un séjour de plus de trois mois. L’ambassade de France cite l’e-visa de la DGDI (45 000 XAF, soit 70 €, pour 90 jours au plus), puis la carte de séjour valable deux ans, avec une copie du passeport portant le visa d’entrée, une attestation de logement légalisée, la dernière facture de la SEEG, le bail légalisé, une photographie et 150 000 FCFA de droits de carte, plus une caution. Les sources officielles consultées ne mentionnent pas de visa « retraité » dédié ni de seuil de ressources propre aux retraités : les conditions se confirment auprès de la DGDI et de l’ambassade du Gabon à Paris avant le départ.
Le bail est la première pièce du dossier : mieux vaut louer avant de demander la carte. La page vivre au Gabon détaille les formalités d’installation, la sécurité et la vie quotidienne.
Villes et régions prisées : Libreville, Port-Gentil, Franceville et Moanda
Les repères officiels pour un retraité se concentrent sur Libreville, où se trouvent l’ambassade et le consulat général de France (état civil, titres d’identité, social, sur rendez-vous du lundi au vendredi), des spécialistes et des soins dentaires relevés par l’ambassade, ainsi que cinq établissements scolaires du réseau AEFE. Port-Gentil compte trois établissements, Franceville un et Moanda deux : ces villes disposent donc de repères d’enseignement français, utiles quand la famille rend visite.
France Diplomatie recense des zones de vigilance renforcée (plages de Libreville hors des grands hôtels, quartiers Petit Louis et Mont Bouet, gare routière, zones côtières de l’Ogooué-Maritime, marché Poto-Poto de Franceville) et déconseille formellement la conduite de nuit hors de la capitale. Pour un retraité, ces conseils plaident pour un logement proche des services de santé et des services consulaires, et pour une inscription au registre des Français établis hors de France.
Fiscalité de la pension française : la convention fiscale
La France et le Gabon sont liés par une convention fiscale signée à Libreville le 20 septembre 1995, entrée en vigueur le 1er mars 2008 pour les retenues à la source et applicable aux autres impôts à partir du 1er janvier 2009 (BOFiP). Sa lecture par catégorie de pension (impots.gouv.fr) :
- Pensions privées et rémunérations similaires au titre d’un emploi antérieur (article 18, paragraphe 1) : imposables seulement dans l’État dont le bénéficiaire est résident.
- Pensions et sommes versées en application de la législation de sécurité sociale (article 18, paragraphe 2) : imposables dans l’État dont la législation les verse, donc en France pour une pension de base française.
- Pensions publiques (article 19, paragraphe 2) : imposables seulement dans l’État qui les paie, sauf pour le résident qui possède la nationalité de l’autre État sans avoir celle de l’État payeur.
- Immobilier (articles 22 et 23) : la fortune immobilière et les biens immobiliers d’une succession sont imposables dans l’État où ils se situent.
Pour éviter la double imposition (article 24), la France accorde à son résident un crédit d’impôt imputable sur l’impôt français, et le Gabon exonère les revenus qui ne sont imposables qu’en France. Le classement d’une retraite complémentaire dans l’une de ces catégories se confirme au cas par cas : la caisse de retraite et le service des impôts compétent pour les non-résidents renseignent sur la retenue ou la déclaration applicable, et un conseil fiscal personnalisé est utile avant le départ. Voir aussi le guide toucher sa retraite à l’étranger.
Percevoir sa pension : ce que prévoit la convention de sécurité sociale
Le volet vieillesse de la convention du 2 octobre 1980 apporte trois garanties au retraité. Les clauses de résidence sont levées : quand la législation d’un des deux États oppose une condition de résidence pour une prestation de vieillesse contributive, cette condition ne s’applique pas aux bénéficiaires de la convention, quel que soit leur lieu de résidence (article 39). Les périodes d’assurance accomplies dans chaque État sont totalisées pour ouvrir le droit, puis chaque institution calcule sa part au prorata (articles 40 et 41), avec une durée minimale d’un an pour qu’un pays verse une prestation (article 44). Enfin, un droit d’option permet au travailleur français qui a cotisé à un régime vieillesse gabonais de transformer ses droits en pension du régime français lorsqu’il atteint l’âge de la retraite et quitte le Gabon, le régime gabonais transférant les cotisations correspondantes (articles 47 et 48).
Pour une carrière partiellement gabonaise, le CLEISS rappelle les conditions du régime local : 60 ans (55 ans en cas d’usure prématurée), 20 ans d’immatriculation et 120 mois d’assurance sur les 20 dernières années. Les guides trimestres travaillés à l’étranger et toucher sa retraite à l’étranger détaillent les démarches auprès des caisses.
Santé du retraité : pas de S1, CFE et assurance internationale
Le formulaire S1 s’utilise dans l’Union européenne, l’Espace économique européen, en Suisse et au Royaume-Uni. Au Gabon, l’Assurance Maladie précise que du fait du départ de France les frais de santé ne sont plus couverts, et ne cite que douze États ou territoires dotés d’une convention de prise en charge des retraités (dont le Maroc et la Tunisie). Les articles de la convention franco-gabonaise sur la maladie visent les travailleurs salariés et leurs familles. Trois options existent.
- CFE (RetraitExpat) : dès 147 € par mois, pour les retraités d’une pension du régime de base français, sans questionnaire médical. Elle couvre les soins à l’étranger ; la couverture est immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l’installation, puis la carence est de trois mois avant 45 ans et de six mois à partir de 45 ans.
- Assurance internationale : frais réels dans les plafonds, prise en charge directe et évacuation sanitaire, avec questionnaire médical, limites d’âge et exclusions d’antécédents à lire attentivement. Voir questionnaire médical et antécédents.
- CNAMGS : le CLEISS cite les titulaires de pension parmi les assurés du régime obligatoire ; l’éligibilité d’un retraité français résident se confirme directement auprès de la caisse gabonaise, qui précise les conditions et le niveau de reste à charge (20 % sur le panier de soins).
Séjours en France : le retraité du régime général s’inscrit au Cnarefe ; hors pays à convention, la prise en charge suppose au moins 15 ans de cotisation à des régimes français depuis le 1er juillet 2019, et une situation régulière au regard du séjour en France. Voir le guide assurance maladie du retraité à l’étranger, la page assurance retraite à l’étranger et le détail par situation dans remboursement des soins au Gabon.
Coût de la vie et pouvoir d'achat d'une pension en euros
Le franc CFA de l’Afrique centrale est rattaché à l’euro à la parité fixe de 655,957 FCFA pour 1 € (BEAC) : une pension en euros ne subit donc aucune variation de change contre la monnaie locale. Les sources officielles consultées ne publient pas de barème de loyers ni de prix par ville ; l’ambassade rappelle seulement que le niveau de soins hospitaliers reste inférieur aux standards européens, ce qui place l’assurance santé et l’évacuation au cœur du budget.
Un budget de retraité intègre quatre postes : logement (location, avec bail légalisé et caution de la carte de séjour de 150 000 FCFA), assurance santé et évacuation sanitaire, transport aérien vers la France et marge pour les imprévus. Le guide budgétiser sa santé à l’expatriation aide à chiffrer l’assurance, et la page système de santé du Gabon décrit l’offre de soins.
Démarches et vigilance : pension, inscription consulaire, santé
- Pension : informer les caisses de retraite et d’assurance maladie du départ et de la nouvelle adresse, et prévoir le justificatif d’existence qu’elles demandent périodiquement.
- Inscription consulaire : l’inscription au registre des Français établis hors de France auprès du consulat général de Libreville est recommandée ; la permanence consulaire répond 24 h/24 au +241 62 56 96 96.
- Santé : vaccination contre la fièvre jaune obligatoire (carnet contrôlé à l’entrée), prévention du paludisme, médicaments en emballage d’origine avec ordonnance ; SMUR au 1333.
- Sécurité : vigilance dans les zones citées par France Diplomatie, conduite de nuit à éviter hors de la capitale, rassemblements publics à éviter.
Expavy aide à comparer les contrats de santé adaptés à un retraité installé au Gabon.
Questions fréquentes
Existe-t-il un visa retraité au Gabon ?
Les sources officielles consultées ne mentionnent pas de visa retraité dédié. Le retraité entre avec un visa (e-visa de la DGDI à 45 000 XAF pour 90 jours au plus), puis demande une carte de séjour valable deux ans, contre 150 000 FCFA de droits et une caution.
Comment est imposée une pension française pour un retraité résidant au Gabon ?
Selon la convention fiscale franco-gabonaise, une pension privée est imposable dans l'État de résidence, tandis que les pensions de sécurité sociale sont imposables dans l'État qui les verse et les pensions publiques dans l'État payeur. Le classement d'une pension se confirme auprès de la caisse et du service des impôts.
Le formulaire S1 fonctionne-t-il au Gabon ?
Non : le formulaire S1 est propre à l'Europe. Le Gabon ne figure pas parmi les 12 États et territoires où une convention prévoit la prise en charge des soins des retraités, et les frais de santé ne sont plus couverts par l'Assurance Maladie française après le départ.
Quelle assurance santé pour un retraité au Gabon ?
La CFE propose RetraitExpat dès 147 € par mois, sans questionnaire médical, pour les retraités du régime de base français. Une assurance internationale offre les frais réels et l'évacuation, avec un questionnaire médical. L'éligibilité à la CNAMGS se confirme auprès de cette caisse.
La pension française peut-elle être versée au Gabon ?
Oui : la convention de sécurité sociale lève les clauses de résidence pour les prestations de vieillesse contributives, quel que soit le lieu de résidence du bénéficiaire (article 39). Les caisses demandent périodiquement un justificatif d'existence.
Un retraité peut-il se faire soigner en France pendant ses séjours ?
Le retraité du régime général s'inscrit au Cnarefe. Hors pays à convention, la prise en charge en France suppose au moins 15 ans de cotisation à des régimes français, condition en vigueur depuis le 1er juillet 2019, et une situation régulière au regard du séjour.
Quelles villes choisir pour sa retraite au Gabon ?
Libreville réunit les services consulaires, des spécialistes et cinq établissements AEFE ; Port-Gentil, Franceville et Moanda disposent aussi d'établissements français. France Diplomatie recense des zones de vigilance renforcée à Libreville et à Franceville.
Le coût de la vie est-il avantageux pour un retraité au Gabon ?
Le franc CFA est rattaché à l'euro à parité fixe (655,957 FCFA pour 1 €), sans risque de change. Les prix de logement et de soins se vérifient devis par devis, le niveau hospitalier restant inférieur aux standards européens selon l'ambassade.
Les autres guides : Gabon
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
