Colombie · Travailler et économie
Travailler en Colombie quand on est français : visa de travail, salaire minimum, cotisations et impôt sur le revenu
L’essentiel
Un Français travaille en Colombie avec un visa qui l'y autorise : visa M de travailleur sur contrat avec une société colombienne, visa M de profession indépendante, ou visa V vacances-travail pour les 18-30 ans. Le salaire minimum est de 1 750 905 COP par mois depuis le 1er janvier 2026, auquel s'ajoute un auxilio de transporte de 249 095 COP jusqu'à deux salaires minimums. Les cotisations santé et pension se calculent sur le salaire, dans la limite de 25 salaires minimums, et l'impôt sur le revenu dépend de la résidence fiscale, acquise au-delà de 183 jours de présence sur 365 jours. La convention fiscale franco-colombienne, appliquée depuis le 1er janvier 2023, évite la double imposition.
- 1 750 905 COP par mois : salaire minimum légal depuis le 1er janvier 2026, soit environ 471 € au taux du CLEISS ; auxilio de transporte de 249 095 COP, soit 2 000 000 COP au total.
- 25,022 % de cotisations à la charge de l'employeur et 8 % à la charge du salarié au 1er janvier 2026, sur un salaire plafonné à 25 salaires minimums (environ 11 775 €).
- 29,622 à 31,022 % de cotisations obligatoires pour un indépendant, calculées sur 40 % du revenu mensuel d'un contrat de prestation de services.
- 183 jours de présence sur 365 jours consécutifs : seuil de la résidence fiscale colombienne, qui soumet à l'impôt les revenus mondiaux.
- 0 % jusqu'à 1 090 UVT, puis de 19 % à 39 % : barème progressif de l'impôt sur le revenu des résidents (DIAN).
- 100 salaires minimums par mois (environ 47 100 €) : revenus exigés de l'employeur pour un visa M de travailleur, à justifier par ses extraits bancaires.
Repères économiques : Colombie
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +2,6 %
- Inflation
- 5,1 %
- Taux de chômage
- 8,3 %
- PIB par habitant
- 8 562 $
- Population
- 53,4 millions
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail et visa : quelle autorisation pour un Français
Le séjour sans visa de 90 jours, prolongeable de 90 jours, relève du tourisme : le visa V de tourisme précise lui-même qu’il n’autorise pas le travail. Pour exercer une activité rémunérée, un Français obtient un visa qui porte une autorisation de travail, demandé en ligne à la Cancillería. La résolution 5477 de 2022 en fixe les conditions, et l’employeur comme le travailleur respectent les normes du droit du travail colombien et les obligations de déclaration auprès de Migración Colombia ; les titulaires d’un permis de travail ouvert déclarent tout changement d’activité dans les 15 jours calendaires.
- Visa M de travailleur : contrat de travail avec une personne morale colombienne, formulaire de résumé du contrat signé par l’employeur et le salarié, lettre de motivation expliquant l’adéquation du profil, et extraits bancaires de l’employeur sur quatre mois démontrant des revenus moyens de 100 salaires minimums par mois (environ 47 100 €). Durée jusqu’à trois ans ; l’autorisation vaut pour le poste et l’employeur indiqués. Une profession réglementée exige une licence délivrée par le conseil professionnel compétent.
- Visa M de profession indépendante : pour une profession réglementée, avec convalidation du titre, carte professionnelle et revenus moyens d’au moins 5 salaires minimums par mois (environ 2 355 €) ; durée jusqu’à trois ans.
- Visa M d’associé ou de propriétaire : capital investi d’au moins 100 salaires minimums dans une société, avec autorisation de travailler dans cette société.
- Visas V temporaires : prestataire de services sous contrat d’œuvre ou de service, ou assistance technique à une personne morale (séjour de 180 jours maximum par période de 365 jours).
- Conjoint d’un Colombien : le visa M de conjoint donne un permis de travail ouvert. Un étudiant de troisième cycle peut travailler 20 heures par semaine avec son visa V d’étudiant.
Le guide travailler à l’étranger présente la démarche générale, et la page vivre en Colombie détaille les visas et la cédula de extranjería.
Programme vacances-travail France-Colombie
L’accord franco-colombien de 2015 ouvre un visa V « vacances et travail » aux Français de 18 à 30 ans, valable un an, gratuit, à entrées multiples et non renouvelable. Il accorde un permis de travail ouvert, mais l’objectif du séjour reste le voyage. Il se demande en ligne auprès du consulat de Colombie à Paris, une seule fois, et ne permet pas de solliciter ensuite un visa M ou R depuis la Colombie.
- Pièces : lettre exposant les raisons de la demande, formulaire d’engagement du ministère colombien des Affaires étrangères, billet de sortie de Colombie, attestation bancaire, casier judiciaire et police d’assurance (résolution 5477 de 2022). Le traitement du dossier peut prendre jusqu’à 30 jours.
- Ressources : l’information la plus récente du consulat demande un solde bancaire moyen d’au moins 2 000 € sur les trois derniers mois ; une fiche plus ancienne mentionnait 1 300 €. Le montant se vérifie auprès du consulat avant le dépôt.
- Assurance : couverture médicale valable un an à compter de l’arrivée, pour tous les risques (maladie, maternité, invalidité, rapatriement).
La page assurance PVT présente les contrats adaptés.
Salaire minimum, aides et niveaux de rémunération
Le décret 1469 du 29 décembre 2025 fixe le salaire minimum mensuel légal à 1 750 905 COP depuis le 1er janvier 2026, soit environ 471 € au taux appliqué par le CLEISS. Le décret 1470 de la même date fixe l’auxilio de transporte à 249 095 COP (environ 67 €) : il revient aux salariés du secteur privé et aux agents publics qui gagnent jusqu’à deux salaires minimums. Pour ceux qui travaillent à distance, il prend la forme d’un auxilio de connectivité de même montant. Le total atteint ainsi 2 000 000 COP par mois pour un salarié au minimum, soit environ 538 €.
- Seuils de référence : le salaire minimum sert d’unité à de nombreux seuils, comme les 3 salaires minimums du visa de nomade numérique (environ 1 413 €), les 5 du visa de profession indépendante (environ 2 355 €) ou le plafond de cotisation de 25 salaires minimums (environ 11 775 €).
- Niveaux de salaire : les sources officielles consultées ne publient pas de grille par métier. Les offres se comparent à ces seuils, à la ville et au secteur ; les ambassades et chambres de commerce renseignent sur les rémunérations des cadres expatriés.
Contrat de travail, durée du travail et majorations
La loi 2466 de 2025, qui a réformé le droit du travail, fait du contrat à durée indéterminée la règle générale ; les contrats à durée déterminée sont limités à quatre ans au total. Elle confirme une durée maximale de 8 heures par jour et de 42 heures par semaine, répartie sur cinq ou six jours avec un jour de repos garanti. Le travail de jour s’étend de 6 heures à 19 heures et le travail de nuit de 19 heures à 6 heures, six mois après la promulgation de la loi.
La majoration du travail les jours de repos obligatoires et les jours fériés suit un calendrier progressif : 80 % depuis le 1er juillet 2025, 90 % depuis le 1er juillet 2026 et 100 % à partir du 1er juillet 2027. Le guide contrat local explique ses spécificités par rapport au détachement.
Cotisations sociales des salariés et des indépendants
Le CLEISS publie les taux en vigueur au 1er janvier 2026, calculés sur un salaire plafonné à 25 salaires minimums.
- Salarié : 4 % pour la santé et 4 % pour la pension, soit 8 % au total, majorés de 1 à 2 % de fonds de solidarité pension selon le revenu.
- Employeur : 8,5 % pour la santé (dont 1,5 % d’assistance sociale), 12 % pour la pension, 0,522 % à 6,96 % pour les accidents du travail selon le risque et 4 % de prestations familiales, soit 25,022 % au niveau de risque le plus bas.
- Indépendant : 12,5 % pour la santé, 16 % pour la pension et 0,522 % pour les accidents du travail, soit 29,622 à 31,022 % selon la majoration de solidarité. La base de cotisation d’un contrat de prestation de services est égale à 40 % du revenu mensuel hors TVA, avec un minimum d’un salaire minimum et un maximum de 25 (UGPP). Exemple : un contrat à 10 000 000 COP par mois donne une base de 4 000 000 COP, soit environ 1 140 000 COP de cotisations santé et pension, hors risques professionnels.
Aucune convention de sécurité sociale ne lie la France et la Colombie : les cotisations locales ne se totalisent pas avec les trimestres français. Voir le guide trimestres travaillés à l’étranger et la page remboursement des soins en Colombie.
Impôt sur le revenu : résidence fiscale et convention franco-colombienne
La DIAN considère comme résidente toute personne présente en Colombie plus de 183 jours calendaires, de façon continue ou non, au cours d’une période quelconque de 365 jours consécutifs. Le résident est imposé sur ses revenus de source colombienne et étrangère et sur son patrimoine mondial ; le non-résident ne l’est que sur ses revenus de source colombienne. Un étranger peut faire valoir une résidence fiscale à l’étranger avec un certificat de résidence fiscale de son pays.
- Barème des résidents : 0 % jusqu’à 1 090 UVT, puis 19 % de 1 090 à 1 700 UVT, 28 % jusqu’à 4 100, 33 % jusqu’à 8 670, 35 % jusqu’à 18 970, 37 % jusqu’à 31 000 et 39 % au-delà. L’UVT (unité de valeur fiscale) est revalorisée chaque année par la DIAN.
- Déclaration : la DIAN fixe chaque année les seuils de revenus, de patrimoine et de consommation, exprimés en UVT, qui rendent la déclaration obligatoire, ainsi que le calendrier de dépôt selon les derniers chiffres du NIT.
- Convention fiscale : signée à Bogotá le 25 juin 2015, entrée en vigueur le 1er janvier 2022 et appliquée depuis le 1er janvier 2023 (BOFiP). Selon son article 14, un salaire est imposé dans l’État où l’emploi est exercé, sauf séjour de 183 jours au plus sur douze mois avec un employeur non résident. L’article 4 départage une double résidence, et l’article 22 prévoit un crédit d’impôt en France.
Un conseil fiscal confirme le traitement de chaque dossier avant l’installation, en particulier pour la date de départ de France et le calcul des jours de présence.
Indépendants, télétravail et nomades numériques
L’indépendant combine un visa adapté, le paiement de ses cotisations et une déclaration fiscale. Le visa V de nomade numérique s’adresse aux travailleurs à distance de sociétés étrangères : lettre de l’entreprise, revenus d’au moins 3 salaires minimums par mois sur trois mois, police de santé couvrant le territoire, durée jusqu’à deux ans, sans activité rémunérée pour une personne domiciliée en Colombie. Un nomade sans visa peut séjourner 90 jours, prolongeables jusqu’à 180 jours, tant que son séjour ne génère pas de paiement d’une entreprise colombienne.
Pour un salarié colombien en télétravail, le droit distingue le télétravail (loi 1221 de 2008), le travail à domicile (loi 2088 de 2021) et le travail à distance (loi 2121 de 2021). Voir la page assurance nomade digital et le guide visas pour nomades numériques.
Économie colombienne : monnaie, secteurs et perspectives
La monnaie est le peso colombien (COP), émis par le Banco de la República. Le 30 septembre 2026, sa Junta Directiva a relevé de 25 points de base le taux d’intervention, porté à 12,25 % à compter du 1er octobre 2026, par quatre voix contre deux pour le maintien et une pour une hausse de 50 points. Elle cite parmi les éléments suivis le phénomène El Niño et la reconstruction après le séisme du 10 août 2026, et note, pour juillet, un recul de 2,3 % sur un an de l’industrie manufacturière.
Les repères de croissance, d’inflation, de chômage et de change figurent dans le bloc ci-dessus. Pour un projet de carrière, les villes et les secteurs se choisissent avec un employeur qui assume les formalités de visa, et l’actualité économique se lit auprès du DANE et du Banco de la República avant chaque décision.
Cotisations sociales par statut
| Statut | Santé | Pension | Autres cotisations |
|---|---|---|---|
| Salarié (part salarié) | 4 % | 4 % (+ 1 à 2 % selon le revenu) | Aucune |
| Employeur (part patronale) | 8,5 % | 12 % | Accidents du travail 0,522 % à 6,96 % ; prestations familiales 4 % |
| Indépendant | 12,5 % | 16 % | Accidents du travail 0,522 % ; prestations familiales volontaires 2 % |
| Pensionné | 4 % pour une pension égale à 1 salaire minimum, 10 % entre 2 et 3, 12 % au-delà de 3 | Sans objet | Sans objet |
Source : CLEISS, taux au 1er janvier 2026. Plafond de 25 salaires minimums pour les cotisations santé, pension et accidents du travail. La base d'un indépendant sous contrat de prestation de services est de 40 % du revenu mensuel (UGPP).
Questions fréquentes
Un Français peut-il travailler en Colombie avec un visa touristique ?
Non : le séjour touristique, avec ou sans visa, ne donne pas d'autorisation de travail. Il faut un visa qui l'autorise, comme le visa M de travailleur, le visa M de profession indépendante ou le visa V vacances-travail pour les 18-30 ans.
Quel est le salaire minimum en vigueur en Colombie ?
1 750 905 COP par mois depuis le 1er janvier 2026 (décret 1469), soit environ 471 € au taux du CLEISS. L'auxilio de transporte de 249 095 COP (décret 1470) s'y ajoute jusqu'à deux salaires minimums.
Quel visa faut-il pour être salarié d'une entreprise colombienne ?
Le visa M de travailleur, valable jusqu'à trois ans, sur la base d'un contrat avec une personne morale colombienne. L'employeur justifie de revenus moyens de 100 salaires minimums par mois sur quatre mois et expose les raisons du recrutement.
Quelles cotisations un salarié paie-t-il en Colombie ?
Au 1er janvier 2026, 4 % pour la santé et 4 % pour la pension, plus 1 à 2 % de fonds de solidarité selon le revenu, sur un salaire plafonné à 25 salaires minimums. L'employeur ajoute 25,022 % au niveau de risque le plus bas.
Comment fonctionne la résidence fiscale de 183 jours ?
Une personne présente plus de 183 jours calendaires sur une période de 365 jours consécutifs est résidente fiscale colombienne et imposée sur ses revenus mondiaux. La convention franco-colombienne départage les cas de double résidence.
Comment un indépendant ou un nomade numérique cotise-t-il ?
L'indépendant cotise 12,5 % pour la santé et 16 % pour la pension sur une base de 40 % du revenu mensuel d'un contrat de prestation de services. Le nomade numérique titulaire du visa V doit détenir une police de santé et ne travaille pas pour une entreprise colombienne.
La convention fiscale France-Colombie évite-t-elle la double imposition ?
Oui : signée en 2015, elle est en vigueur depuis le 1er janvier 2022 et appliquée depuis le 1er janvier 2023. Elle répartit le droit d'imposer et prévoit en France un crédit d'impôt pour les revenus imposés en Colombie.
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- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
