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Colombie · Système de santé

Système de santé colombien : EPS, régimes contributif et subsidié, accès pour un étranger, hôpitaux et urgences

L’essentiel

Le système de santé colombien (SGSSS) repose sur deux régimes, contributif et subsidié, qui donnent accès au même plan de bénéfices en santé par l'intermédiaire d'une EPS choisie par l'affilié. Un étranger résident titulaire d'une cédula de extranjería s'affilie comme salarié via son employeur ou comme indépendant, selon ses ressources ; certains visas, comme le visa M de pensionné, exigent une couverture privée plutôt qu'une affiliation. Le numéro d'urgence national est le 123, et les établissements capables de traiter toutes les urgences se trouvent surtout dans les grandes villes, souvent en clinique privée avec règlement préalable. En 2026, la quote-part d'une consultation en régime contributif va d'environ 5 000 à 52 800 COP selon le revenu. Un modèle de santé préventif adopté par décret en 2025 et un débat législatif en cours invitent à vérifier les règles auprès du ministère de la Santé.

  • 2 régimes d'affiliation, contributif et subsidié, qui ouvrent droit au même plan de bénéfices en santé (Minsalud).
  • 123 : numéro national unique d'urgence, gratuit et joignable 24 heures sur 24, qui regroupe police, pompiers et services de santé.
  • 5 000, 20 100 et 52 800 COP : cuota moderadora par activité en 2026 selon que le revenu est inférieur à 2, compris entre 2 et 5 ou supérieur à 5 salaires minimums.
  • 11,5 %, 17,3 % ou 23 % de la valeur du service : copago du régime contributif en 2026 selon le revenu ; 10 % au plus en régime subsidié.
  • 2 700 mètres d'altitude pour Bogotá : le mal des montagnes peut toucher certains voyageurs (France Diplomatie).
  • 10 jours avant l'entrée en zone à risque : délai recommandé par le ministère de la Santé pour le vaccin contre la fièvre jaune, en dose unique pour la plupart des personnes.

Une organisation en deux régimes : contributif et subsidié

Le système général de sécurité sociale en santé (SGSSS) couvre la maladie-maternité dans un ensemble plus large de protection sociale. Les EPS (entidades promotoras de salud), privées, publiques ou mixtes, affilient les assurés, collectent les cotisations et organisent l’accès aux soins ; les IPS (instituciones prestadoras de salud) sont les hôpitaux, cliniques et cabinets qui dispensent les soins. La Superintendencia Nacional de Salud supervise l’ensemble (CLEISS).

  • Régime contributif : salariés, indépendants et pensionnés qui cotisent sur leurs revenus. Il ouvre droit, en plus des soins, à des indemnités en espèces en cas d’incapacité de travail pour maladie ordinaire et en cas de congé de maternité ou de paternité.
  • Régime subsidié : personnes sans ressources suffisantes, classées aux niveaux 1 et 2 du Sisbén, la grille de classement socioéconomique des ménages. Il donne accès aux mêmes soins, sans indemnités en espèces.
  • Plan de bénéfices en santé (PBS) : liste des services et technologies financés par la dotation par assuré (UPC), publiée et actualisée par le ministère de la Santé ; les exclusions font l’objet d’une résolution distincte.

Les taux de cotisation de chaque statut figurent dans le guide travailler en Colombie.

Accès pour un étranger : cédula, affiliation et visa

Le CLEISS indique que les résidents étrangers accèdent au SGSSS par le régime contributif ou le régime subsidié selon leurs ressources. Le ministère de la Santé retient la cédula de extranjería parmi les documents d’identité valables pour l’affiliation : un salarié est inscrit comme cotisant dépendant par son employeur, et une personne qui a la capacité de payer s’inscrit comme indépendant au régime contributif. La famille peut être affiliée sur présentation des pièces d’identité et d’un justificatif du lien de parenté, et la structure de soins déclare tout nouveau-né à l’EPS à sa naissance.

Le visa conditionne le parcours. Le visa M de travailleur passe par l’affiliation à l’employeur. Le visa M de pensionné précise qu’il ne permet pas de s’affilier au système de sécurité sociale colombien, sauf accord bilatéral ou multilatéral, et exige une couverture de santé en Colombie ou une police valable sur le territoire. Plusieurs visas V (tourisme, études, nomade numérique, rentier) exigent eux aussi une police contre tous risques : accident, maladie, maternité, invalidité, hospitalisation, décès et rapatriement (résolution 5477 de 2022). Le guide vivre en Colombie détaille ces visas.

Médecin de premier recours, consultations et quote-parts

Le parcours commence par le médecin généraliste de l’IPS rattachée à l’EPS, qui oriente vers les spécialistes. Le régime contributif demande une participation, fixée chaque année par le ministère de la Santé en fonction du revenu déclaré :

  • Cuota moderadora (ticket modérateur par activité) en 2026 : environ 5 000 COP (1,3 €) sous 2 salaires minimums, 20 100 COP (5,4 €) entre 2 et 5 et 52 800 COP (14,2 €) au-delà de 5, selon la circulaire 048 de 2025 et au taux du CLEISS.
  • Copago (quote-part sur certains services) : 11,5 %, 17,3 % ou 23 % de la valeur du service selon le revenu, avec un plafond par événement de 373 715, 1 497 644 ou 2 995 409 COP (environ 101 €, 403 € ou 806 €).
  • Régime subsidié : aucune cuota moderadora, et un copago de 10 % au plus.

Des exonérations existent, notamment pour les soins d’urgence, certaines maladies chroniques, le cancer et le handicap (CLEISS). Le détail des prises en charge par poste figure dans le guide remboursement des soins en Colombie.

Hôpitaux, secteur privé et plans complémentaires

Seules les plus grandes villes colombiennes disposent d’infrastructures capables de prendre en charge tous les types d’urgence : il s’agit le plus souvent de cliniques privées, qui n’admettent en général que des patients ayant réglé d’avance. L’ambassade de France ne peut prendre en charge ces frais, rappelle France Diplomatie, qui recommande une assurance couvrant chirurgie, hospitalisation et évacuation.

  • Plans additionnels de santé : la medicina prepagada, les polices de santé et les plans complémentaires sont optionnels et financés par l’assuré, en plus de la cotisation obligatoire. Ils sont proposés par des EPS, des entités adaptées, des sociétés de médecine prépayée et des assureurs. La Superintendencia financiera indique que leur souscription suppose une affiliation au régime contributif.
  • Séisme du 10 août 2026 : un premier bilan de l’OPS/OMS, fondé sur les secrétariats de santé, recense 24 établissements de santé touchés dans le Cauca, le Chocó, Caldas, Risaralda, le Valle del Cauca et le Quindío. L’état des services se vérifie sur place avant un rendez-vous ou une hospitalisation programmée.

La page assurance santé expatrié compare les contrats internationaux qui répondent à l’exigence de police des visas ; Expavy aide à les confronter à votre situation.

Urgences : numéros et prise en charge

Le 123 est la ligne unique nationale d’urgence : gratuite, ouverte 24 heures sur 24, elle réunit les services de police, de sécurité et de santé (Función Pública). L’ambassade de France à Bogotá, située Carrera 11 n° 93-12, se joint au +57 601 378 95 15.

  • Affilié : les soins d’urgence se prodiguent sans cuota moderadora ni copago, sauf si le médecin urgentiste conclut que la situation n’était pas une urgence (CLEISS).
  • Non affilié : pour une personne sans couverture ni ressources, l’État garantit l’attention initiale d’urgence, d’après le ministère de la Santé. Les cliniques privées, elles, demandent en général un règlement ou une garantie de paiement préalable, d’où l’intérêt de porter sur soi la preuve de son assurance.

Le guide déroulement d’un rapatriement sanitaire décrit la suite d’une urgence grave.

Médicaments, vaccins et risques sanitaires

Les médicaments soumis à prescription se délivrent sur ordonnance d’un professionnel habilité : médecin, dentiste ou optométriste (INVIMA). Le PBS finance les médicaments figurant à ses listes, dont les génériques essentiels (CLEISS).

  • Fièvre jaune : le ministère de la Santé recommande le vaccin, en dose unique protectrice à vie pour la plupart des personnes, au moins 10 jours avant l’entrée dans une zone à risque élevé ou très élevé. France Diplomatie le recommande aussi, notamment pour les parcs nationaux et certains départements.
  • Rougeole : le ministère de la Santé recommande la vaccination des voyageurs internationaux, avec deux doses du vaccin trivalent pour les jeunes enfants.
  • Maladies transmises par les moustiques : dengue, chikungunya, Zika, fièvre jaune, virus Oropouche et paludisme en dessous de 1 800 mètres d’altitude, selon France Diplomatie.
  • Altitude : Bogotá se situe à 2 700 mètres, et certains voyageurs y éprouvent le mal des montagnes (maux de tête, insomnies, essoufflement).

France Diplomatie recommande aussi de mettre à jour les vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche, et de discuter avec son médecin de l’hépatite A, de la typhoïde et de la rage selon le séjour.

Une réforme en cours : repères prudents

Le décret 858 du 30 juillet 2025 a adopté le modèle de santé préventif, prédictif et résolutif, qui vise à renforcer les soins primaires, avec une mise en œuvre progressive et territoriale. Le ministère de la Santé précise que ce décret ne remplace pas le processus législatif de la réforme structurelle du système, dont le débat se poursuit au Sénat.

Les règles décrites dans cette page valent à la date de vérification. Avant de choisir une EPS, de souscrire un plan complémentaire ou de planifier un traitement, consultez le ministère de la Santé et la Superintendencia Nacional de Salud : le cadre peut évoluer.

Régime contributif et régime subsidié en un coup d'œil

CritèreRégime contributifRégime subsidié
Public concernéSalariés, indépendants et pensionnés qui cotisentPersonnes sans ressources suffisantes (Sisbén niveaux 1 et 2)
Plan de soinsPlan de bénéfices en santé (PBS)Plan de bénéfices en santé (PBS)
Participation aux frais en 2026Cuota moderadora d'environ 5 000 à 52 800 COP ; copago de 11,5 à 23 %Pas de cuota moderadora ; copago de 10 % au plus
Indemnités journalières et congésOui : maladie ordinaire, maternité, paternitéNon
FamilleBénéficiaires inscrits avec justificatifs d'identité et de parentéNoyau familial inscrit avec le titulaire

Sources : ministère de la Santé (circulaire 048 de 2025 et guide d'affiliation), CLEISS. Conversions au taux du CLEISS (1 750 905 COP, soit environ 471 €).

Questions fréquentes

Un étranger peut-il s'affilier à une EPS en Colombie ?

Oui, un résident étranger titulaire d'une cédula de extranjería s'affilie au régime contributif comme salarié via son employeur ou comme indépendant, ou au régime subsidié selon ses ressources. Certains visas, comme le visa M de pensionné, ne permettent pas l'affiliation et exigent une couverture privée.

Quelle différence entre le régime contributif et le régime subsidié ?

Le régime contributif concerne les personnes qui cotisent et ouvre droit à des indemnités en espèces ; le régime subsidié concerne les personnes classées aux niveaux 1 et 2 du Sisbén, sans cotisation ni indemnités. Les deux donnent accès au plan de bénéfices en santé.

Combien coûte une consultation avec une EPS ?

En régime contributif, la cuota moderadora de 2026 est d'environ 5 000 COP sous 2 salaires minimums, 20 100 COP entre 2 et 5 et 52 800 COP au-delà. Le régime subsidié ne demande pas de cuota moderadora.

Que se passe-t-il aux urgences sans affiliation ?

Pour une personne sans couverture ni ressources, l'État garantit l'attention initiale d'urgence. Les cliniques privées demandent en général un règlement ou une garantie de paiement préalable, que l'ambassade de France ne peut pas prendre en charge.

Quel numéro appeler en cas d'urgence en Colombie ?

Le 123, ligne unique nationale, gratuite et ouverte 24 heures sur 24, qui réunit les services de police, de sécurité et de santé. L'ambassade de France à Bogotá se joint au +57 601 378 95 15.

La medicina prepagada remplace-t-elle l'EPS ?

Non : les plans additionnels de santé sont optionnels, financés par l'assuré et ajoutés à la cotisation obligatoire. La Superintendencia financiera indique que leur souscription suppose une affiliation au régime contributif.

Quels vaccins pour un séjour en Colombie ?

Le ministère de la Santé recommande le vaccin contre la fièvre jaune au moins 10 jours avant l'entrée en zone à risque, ainsi que la rougeole pour les voyageurs. France Diplomatie conseille aussi de mettre à jour diphtérie, tétanos, poliomyélite et coqueluche.

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