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Cameroun · Travailler et économie

Travailler au Cameroun quand on est français : contrat visé, SMIG, CNPS, impôt sur le revenu et économie

L’essentiel

Un Français qui souhaite occuper un emploi salarié au Cameroun présente un visa long séjour et un contrat de travail visé par le ministre du Travail, puis obtient sa carte de séjour auprès de la Sûreté nationale. Le SMIG du secteur privé est de 60 000 francs CFA par mois (environ 91 €) depuis le décret du 21 mars 2023, et la CNPS gère trois branches : prestations familiales, accidents du travail et pensions. Le salarié cotise 4,2 % pour sa pension dans la limite de 750 000 francs CFA par mois, et l'impôt sur le revenu suit un barème progressif de 10 % à 35 %, majoré de 10 % de centimes additionnels. La convention de sécurité sociale de 1990 autorise un détachement initial de 6 mois depuis la France, et la convention fiscale de 1976 répartit le droit d'imposer les salaires entre les deux États.

  • SMIG du secteur privé : 60 000 FCFA par mois (environ 91 €), 45 000 FCFA dans le secteur agricole (décret du 21 mars 2023).
  • Cotisations CNPS au 1er janvier 2024 : 7 % à la charge de l'employeur pour les prestations familiales, 4,2 % employeur et 4,2 % salarié pour les pensions, plafond de 750 000 FCFA par mois (environ 1 143 €).
  • Impôt sur le revenu des salariés : barème de 10 % à 35 %, abattement de 30 % pour frais professionnels, 10 % de centimes additionnels communaux (DGI).
  • Détachement initial depuis la France : 6 mois au plus selon la convention de 1990, dérogation exceptionnelle examinée par la CNPS au-delà.
  • Retenue mensuelle d'impôt sur salaire applicable dès 62 000 FCFA par mois (environ 95 €) selon la DGI.
  • Pension CNPS : 60 ans, 180 mois d'assurance dont 60 sur les 10 dernières années et 20 ans d'immatriculation au moins (CLEISS).

Repères économiques : Cameroun

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+3,2 %
Inflation
3,4 %
Taux de chômage
3,6 %
PIB par habitant
1 972 $
Population
29,9 millions
Change
1 € = 655,957 XAF
franc CFA (CEMAC), parité fixe avec l’euro

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail pour un Français : visa long séjour et contrat visé

La Sûreté nationale (DGSN) précise que le visa long séjour est le seul qui ouvre droit à une activité lucrative ou professionnelle. Pour un salarié, le dossier comprend un contrat de travail visé par le ministre du Travail ; pour une profession libérale ou une activité agricole, industrielle, commerciale ou artistique, une autorisation d’exercer délivrée par les autorités compétentes lorsqu’elle est requise. Les voyageurs d’affaires empruntent le visa temporaire de 90 jours, avec invitation et lettre de mission de l’employeur pour une visite professionnelle de courte durée (France Diplomatie).

Après l’arrivée, la carte de séjour (deux ans, renouvelable deux fois) régularise la situation du salarié ; le détail des pièces et des frais figure dans le guide vivre au Cameroun. France Diplomatie recommande de signer avant le départ un contrat écrit fixant la nature du contrat, la rémunération, les accessoires et l’obtention du visa de travail, car les conditions discutées avant l’arrivée ne sont parfois pas respectées ensuite. Le guide travailler à l’étranger complète ces repères.

Contrat, durée du travail et droits du salarié local

Le SMIG mensuel est calculé pour 40 heures de travail par semaine : 60 000 francs CFA dans le secteur privé (environ 91 €) et 45 000 francs CFA dans le secteur agricole (environ 69 €) depuis le décret du 21 mars 2023, 43 969 francs CFA (environ 67 €) pour les agents de l’État relevant du Code du travail depuis le 23 février 2024 (CLEISS). Au-delà du SMIG, les salaires dépendent des conventions collectives, du secteur et de la qualification, sans grille unique publiée par les sources officielles consultées.

Le Code du travail impose à l’employeur de fournir des services de soins médicaux à ses salariés, de maintenir le salaire en cas d’incapacité provisoire de travail (6 mois au plus) et de verser une indemnité de départ au salarié licencié après au moins 2 ans de travail en contrat à durée indéterminée, sans faute grave. Cette indemnité représente un pourcentage par année de service qui croît avec l’ancienneté : 20 % pour les 5 premières années, 25 % de la 6e à la 10e, 30 % de la 11e à la 15e, 35 % de la 16e à la 20e et 40 % au-delà de la 21e. En cas de chômage technique, l’indemnité est de 50 % du salaire mensuel le premier mois, 40 % le second, puis diminue de 5 points par mois jusqu’à 20 % au sixième mois (CLEISS). Le congé de maternité atteint 15 semaines, prolongeables de 3 semaines en cas de suites de couches pathologiques, avec une indemnité égale au salaire versée par la CNPS à la salariée justifiant de 6 mois consécutifs de travail.

CNPS : cotisations et prestations du salarié

La Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) gère trois branches : les prestations familiales, les accidents du travail et maladies professionnelles, et les pensions de vieillesse, d’invalidité et de décès. Le régime ne comporte pas de branche chômage (CLEISS). Au 1er janvier 2024, l’employeur verse 7 % des rémunérations plafonnées pour les prestations familiales (régime général, domestiques et gens de maison compris), 4,2 % pour les pensions, et de 1,75 %, 2,5 % ou 5 % selon le risque de l’entreprise pour les accidents du travail ; le salarié cotise 4,2 % pour les pensions. Les prestations familiales et les pensions sont calculées dans la limite d’un plafond de 750 000 francs CFA par mois.

  • Pension de vieillesse : à 60 ans, avec au moins 180 mois d’assurance dont 60 sur les 10 dernières années, 20 ans d’immatriculation et la cessation de toute activité salariée. Elle représente 30 % de la rémunération mensuelle moyenne, majorée de 1 % par période de 12 mois au-delà de 180 mois, entre 50 % du SMIG et 80 % de la rémunération moyenne.
  • Accident du travail : soins remboursés à 100 % dans la limite de la tarification en vigueur, indemnité journalière égale aux deux tiers de la rémunération journalière moyenne dès le lendemain de l’accident.
  • Maternité : allocations prénatales, allocation de maternité de 33 600 francs CFA par naissance et participation de la CNPS aux frais médicaux de la grossesse.

Le salarié est immatriculé par son employeur. Les soins courants relèvent de l’employeur, qui fournit des services de soins médicaux, et du contrat de santé choisi : la page remboursements de soins au Cameroun détaille chaque situation.

Détachement depuis la France ou contrat local

La convention franco-camerounaise de sécurité sociale, signée le 5 novembre 1990 et en vigueur depuis le 1er mars 1992, retient la règle de l’assujettissement dans l’État où l’activité salariée est exercée, avec une exception pour les travailleurs détachés. Elle concerne les salariés français ou camerounais et coordonne la maternité, l’invalidité, la vieillesse et les survivants, les accidents du travail et maladies professionnelles et les prestations familiales (CLEISS).

  • Détachement initial : jusqu’à 6 mois, demande traitée seule par l’organisme français (Urssaf, service mobilité internationale, pour le régime général) ; le formulaire SE 322-01 atteste le maintien au régime français. Le salarié doit être français ou camerounais.
  • Au-delà de 6 mois : dérogation exceptionnelle, demandée avant le départ et examinée par la CNPS ; faute de maintien, le salarié relève du régime camerounais. Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.
  • Contrat local : le salarié cotise à la CNPS, signale son départ de France à la caisse d’assurance maladie, à la caisse d’allocations familiales et à France Travail, et demande avant le départ le formulaire SE 322-06 qui permet de totaliser ses périodes d’assurance françaises pour la maternité camerounaise. Voir contrat local.

Impôt sur le revenu (IRPP) et convention fiscale franco-camerounaise

Selon la Direction générale des impôts (DGI), toute personne domiciliée fiscalement au Cameroun est imposable à l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) sur ses revenus mondiaux. Le domicile fiscal se détermine par le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle ou le centre des intérêts économiques. Pour un salarié, la base est le revenu brut (salaire, primes, avantages en nature) diminué d’un abattement de 30 % pour frais professionnels et des cotisations sociales obligatoires ; un abattement de 500 000 francs CFA (environ 762 €) s’applique ensuite, puis le barème : 10 % jusqu’à 2 000 000 francs CFA, 15 % de 2 000 001 à 3 000 000, 25 % de 3 000 001 à 5 000 000 et 35 % au-delà, avec une majoration de 10 % au titre des centimes additionnels communaux. L’employeur retient l’impôt chaque mois (dès 62 000 francs CFA de salaire mensuel) et le reverse au plus tard le 15 du mois suivant ; les contribuables non professionnels déposent une déclaration annuelle récapitulative avant le 30 juin.

La convention fiscale du 21 octobre 1976, modifiée par des avenants de 1994 et 1999, évite la double imposition. Son article 22 impose les salaires dans l’État où l’emploi est exercé, sauf si le bénéficiaire séjourne dans l’autre État 183 jours au plus dans l’année fiscale, est payé par un employeur qui n’y est pas domicilié et que la rémunération n’est pas déduite des bénéfices d’un établissement stable de l’employeur dans cet État. L’article 2 retient comme domicile le foyer permanent d’habitation, c’est-à-dire le centre des intérêts vitaux. L’article 26 organise l’élimination de la double imposition, la France accordant un crédit d’impôt (impots.gouv.fr). En cas de doute sur la résidence fiscale, le centre des impôts camerounais (numéro vert 8200) et le service des impôts français sont les interlocuteurs.

Indépendants, professions libérales et télétravail

L’indépendant obtient l’autorisation d’exercer propre à son activité, lorsqu’elle est requise, puis s’immatricule auprès de la DGI. Pour un professionnel libéral, les bénéfices non commerciaux sont imposés à 30 % du bénéfice net, majoré de 10 % de centimes additionnels, avec un impôt minimum de 2 % du chiffre d’affaires au régime réel et de 5 % au régime simplifié (DGI). Les petites activités commerciales, industrielles, artisanales ou agropastorales de moins de 50 millions de francs CFA de chiffre d’affaires relèvent de l’impôt général synthétique (loi du 23 décembre 2024 portant fiscalité locale). La convention fiscale place les revenus d’une profession libérale dans l’État de résidence, sauf base fixe dans l’autre État (article 23).

Côté protection sociale, la convention de 1990 vise les salariés : l’indépendant s’adresse à l’assurance volontaire de la CNPS, qui couvre uniquement la pension de vieillesse, l’invalidité et le décès, au taux de 8,4 % d’un revenu déclaré compris entre 60 000 et 750 000 francs CFA par mois, soit une cotisation de 5 040 à 63 000 francs CFA (environ 8 € à 96 €). La santé relève d’une assurance dédiée : voir la CFE et l’assurance santé expatrié.

La liste officielle des visas d’entrée (transit, tourisme, temporaire, long séjour) ne comporte pas de catégorie dédiée au télétravail ou au nomadisme numérique : une activité exercée à distance depuis le Cameroun se précise avec le consulat avant le départ. Les guides visas nomades numériques et assurance nomade digital donnent les réflexes à adopter.

L'économie camerounaise : secteurs, monnaie et perspectives

France Diplomatie décrit une économie qui pèse plus de 40 % du PIB de la CEMAC et la plus diversifiée de la région, tout en restant dépendante de productions peu transformées : hydrocarbures, cacao, café, coton, huile de palme et bois. Un premier gisement de gaz naturel destiné à l’exportation est exploité au large de Kribi depuis mars 2018. La croissance a été tirée par l’investissement public, avec un endettement en hausse (45,8 % du PIB en 2021 contre 21,5 % en 2014). Les indicateurs actualisés figurent dans l’encart « Repères économiques » en haut de page.

Le Cameroun est le premier partenaire commercial de la France en Afrique centrale hors hydrocarbures, et la France est son deuxième partenaire commercial. La présence française compte une centaine de filiales et environ 200 entreprises appartenant à des ressortissants français, dans le pétrole, l’agro-industrie, le bois, le BTP, la banque, les assurances, le transport, la logistique et la distribution (France Diplomatie, fiche mise à jour le 28 avril 2026).

La monnaie est le franc CFA (XAF), émis par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) pour la CEMAC, à la parité fixe de 655,957 francs CFA pour 1 €. Le voyageur déclare en douane les devises supérieures à 1 million de francs CFA (1 524,49 €), à l’entrée comme à la sortie (France Diplomatie).

Les prélèvements sur un salaire du secteur privé en un coup d'œil

PrélèvementQui paieTauxBase ou plafond
Prestations familialesEmployeur7 %Plafond de 750 000 FCFA par mois (environ 1 143 €)
Pensions (vieillesse, invalidité, décès)Employeur et salarié4,2 % chacunPlafond de 750 000 FCFA par mois
Accidents du travail et maladies professionnellesEmployeur1,75 %, 2,5 % ou 5 % selon le risqueTotalité du salaire
Impôt sur le revenu (IRPP)Salarié, retenue par l'employeur10 % à 35 %, plus 10 % de centimes additionnelsAprès abattement de 30 % et cotisations sociales ; retenue dès 62 000 FCFA par mois

Sources : CLEISS (cotisations au 1er janvier 2024), Direction générale des impôts du Cameroun. Conversions à la parité fixe de 655,957 FCFA pour 1 € (BEAC).

Questions fréquentes

Un Français peut-il travailler au Cameroun avec un visa touristique ?

Seul le visa long séjour ouvre droit à une activité lucrative ou professionnelle, selon la Sûreté nationale. Un salarié présente aussi un contrat de travail visé par le ministre du Travail.

Quel est le salaire minimum au Cameroun ?

Le SMIG mensuel du secteur privé est de 60 000 FCFA (environ 91 €) depuis le décret du 21 mars 2023, pour 40 heures par semaine ; il est de 45 000 FCFA dans le secteur agricole et de 43 969 FCFA pour les agents de l'État relevant du Code du travail.

Quelles cotisations sociales un salarié paie-t-il à la CNPS ?

Au 1er janvier 2024, le salarié cotise 4,2 % pour les pensions dans la limite de 750 000 FCFA par mois. L'employeur verse en plus 4,2 % pour les pensions, 7 % pour les prestations familiales et de 1,75 % à 5 % pour les accidents du travail.

Combien de temps peut durer un détachement depuis la France ?

Le détachement initial prévu par la convention de 1990 va jusqu'à 6 mois. Au-delà, l'employeur sollicite une dérogation exceptionnelle examinée par la CNPS ; le salarié doit être français ou camerounais.

Comment est imposé le salaire d'un résident français au Cameroun ?

Le salaire est imposé à l'IRPP selon un barème de 10 % à 35 %, après abattement de 30 % et déduction des cotisations, avec 10 % de centimes additionnels. La convention fiscale de 1976 impose les salaires là où l'emploi est exercé, la France accordant un crédit d'impôt.

Un indépendant peut-il s'affilier à la CNPS ?

Oui, à l'assurance volontaire : 8,4 % d'un revenu déclaré de 60 000 à 750 000 FCFA par mois, pour la pension de vieillesse, l'invalidité et le décès uniquement. La santé se couvre par la CFE ou une assurance internationale.

Quelle est la monnaie du Cameroun et sa parité avec l'euro ?

Le franc CFA (XAF), monnaie de la CEMAC émise par la BEAC, vaut 1/655,957 euro à parité fixe. Les devises supérieures à 1 million de FCFA (1 524,49 €) se déclarent en douane.

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