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Cameroun · Système de santé

Le système de santé camerounais : hôpitaux publics et privés, Couverture santé universelle, urgences et vaccinations

L’essentiel

Le système de santé camerounais s'organise en pyramide : au sommet les hôpitaux généraux, centraux et universitaires, au niveau intermédiaire dix délégations régionales et leurs hôpitaux régionaux, à la base 189 districts de santé, avec un secteur privé lucratif et non lucratif en complément. Les soins se règlent pour l'essentiel au point de soins, et la Couverture santé universelle, lancée en avril 2023, se déploie par phases pour la population camerounaise ; son ouverture aux résidents étrangers se confirme auprès du ministère de la Santé publique. France Diplomatie qualifie d'impératif un contrat d'assistance ou d'assurance couvrant frais médicaux, hospitalisation et rapatriement sanitaire, l'État français ne prenant en charge aucun frais. La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire à l'entrée et le paludisme appelle une prévention à définir avec un médecin avant le départ.

  • 10 délégations régionales et 189 districts de santé structurent la pyramide sanitaire (stratégie sectorielle de santé 2016-2027, ministère de la Santé publique).
  • Fièvre jaune : vaccination obligatoire, à réaliser de préférence au moins 10 jours avant le départ dans un centre agréé (France Diplomatie).
  • Les ménages financent 70,6 % des dépenses de santé, dont près de 99 % en paiements directs au point de soins (comptes nationaux de la santé 2012).
  • Couverture santé universelle lancée en avril 2023, phase 2 en 2024 : dialyse à 15 000 FCFA par an (environ 23 €), paludisme gratuit pour les moins de 5 ans (CLEISS).
  • Police secours 17 (117 depuis un mobile), gendarmerie 13 (113) et numéro vert 1510 du ministère de la Santé publique pour le centre d'urgences de santé publique.
  • Choléra signalé dans le Nord et l'Extrême-Nord depuis le 9 novembre 2025 ; hausse des cas suspects de mpox dans le Littoral et le Sud (Kribi), alerte du 10 septembre 2026.

Une pyramide sanitaire en trois niveaux

Selon la stratégie sectorielle de santé 2016-2027 du ministère de la Santé publique (MINSANTE), le niveau central regroupe les hôpitaux généraux, le centre hospitalier et universitaire, les hôpitaux centraux et les hôpitaux gynéco-obstétriques, ainsi que des structures nationales comme la centrale d’approvisionnement en médicaments (CENAME) et le Centre Pasteur du Cameroun. Le niveau intermédiaire compte 10 délégations régionales et les hôpitaux régionaux. Le niveau périphérique repose sur 189 districts de santé, dotés d’hôpitaux de district, de centres médicaux d’arrondissement (CMA), de centres de santé intégrés (CSI) et de cabinets de soins.

L’offre se répartit entre un sous-secteur public, un sous-secteur privé à but lucratif et un sous-secteur privé à but non lucratif ; le ministère prévoit de contrôler les agréments accordés aux formations sanitaires privées. Le tableau ci-dessous résume les niveaux. Le guide systèmes de santé à l’étranger donne le cadre général pour comparer les pays.

Hôpitaux publics et secteur privé : comment s'orienter

Le MINSANTE cite, parmi les hôpitaux publics de référence, l’Hôpital Central et l’Hôpital Général de Yaoundé, l’Hôpital Laquintinie de Douala, l’Hôpital régional de Bafoussam et l’Hôpital de référence de Garoua. Le Centre Pasteur du Cameroun, établissement public à caractère hospitalier créé en 1959, est laboratoire national de référence ; avec son siège à Yaoundé, une annexe à Garoua et une antenne à Douala, il propose un centre de vaccinations internationales ouvert au grand public (site officiel du centre).

Pour Kribi, Limbé et les villes secondaires, il est utile de repérer avant l’installation le niveau de la formation sanitaire la plus proche (district ou hôpital régional) : le portail du MINSANTE publie une carte sanitaire. Le règlement des soins se fait majoritairement au point de contact avec l’offre : selon la stratégie sectorielle, les ménages financent 70,6 % des dépenses de santé (comptes nationaux de la santé 2012) et près de 99 % de leurs dépenses sont des paiements directs. France Diplomatie précise qu’un voyageur sans contrat d’assistance ou d’assurance risque de ne pas avoir accès aux soins, y compris en cas d’urgence vitale, et que l’ambassade de France ne prend en charge aucun frais de santé.

Assurance maladie locale et Couverture santé universelle

La CNPS gère trois branches (prestations familiales, accidents du travail et pensions) : aucune branche ne rembourse la maladie courante. Le Code du travail oblige les employeurs à fournir des services de soins médicaux à leurs salariés, et certains soins sont dispensés gratuitement dans les établissements publics (CLEISS). Les systèmes de prépaiement restent peu développés : 43 structures de mutualisation actives couvraient 63 000 personnes, soit 0,2 % de la population, en 2014 (stratégie sectorielle).

La Couverture santé universelle (CSU), lancée officiellement en avril 2023, est entrée dans sa phase 2 en 2024. Elle prend progressivement en charge, sur l’ensemble du territoire, la dialyse, le paludisme chez les enfants de moins de 5 ans, le VIH, l’onchocercose, la tuberculose et les interventions de prévention. Le projet prévoit qu’à terme chaque citoyen camerounais détienne une carte de couverture santé avec un identifiant unique. Des prestations à coût réduit existent déjà : participation forfaitaire de 6 000 francs CFA (environ 9 €) pour les soins de grossesse, l’accouchement et le nouveau-né dans cinq régions (Extrême-Nord, Nord, Adamaoua, Est, Sud), consultations paludisme gratuites pour les moins de 5 ans, suivi gratuit du VIH, de l’onchocercose et de la tuberculose, dialyse à 15 000 francs CFA par an. Un panier de services préventifs gratuits, dont les vaccinations contre la fièvre jaune, la rougeole et la rubéole, s’adresse à toute la population (CLEISS).

Les textes consultés visent les citoyens camerounais : l’éligibilité d’un résident étranger se confirme auprès du MINSANTE (portail de la CSU, csu.minsante.cm) avant d’en faire un élément du budget santé. Le plus sûr est de prévoir une couverture dédiée, détaillée dans la page remboursements de soins au Cameroun.

Premier recours, médicaments et pharmacies

Le premier recours se situe au niveau des districts de santé : centres de santé intégrés, centres médicaux d’arrondissement et cabinets de soins, avec les hôpitaux de district en appui. Le centre médico-social de Yaoundé (+237 2 22 23 01 39, numéro cité par France Diplomatie) fait partie des contacts utiles pour un premier avis ; la section consulaire de l’ambassade renseigne sur les démarches.

France Diplomatie recommande de constituer une pharmacie personnelle adaptée, de n’emporter que les médicaments strictement nécessaires dans leur emballage d’origine, avec une ordonnance indiquant la dénomination commune internationale, et de ne jamais consommer de médicaments achetés dans la rue en raison du risque de contrefaçons. Le portail du MINSANTE propose les rubriques « Pharmacies de garde » et « Médicaments impropres ». L’approvisionnement public s’organise autour de la CENAME, les officines et pharmacies de formations sanitaires publiques ou privées complétant l’offre (stratégie sectorielle). Pour un traitement chronique, un stock suffisant pour les premiers mois reste prudent.

Urgences : numéros et réflexes

  • Police secours : 17, ou 117 depuis un mobile, à Yaoundé, Douala et Garoua ; gendarmerie : 13, ou 113 depuis un mobile, dans les régions du Centre, du Littoral, de l’Ouest et du Nord-Ouest ; numéro vert de sécurité à Douala : +237 2 33 43 65 72 (France Diplomatie).
  • Ministère de la Santé publique : numéro vert 1510, affiché sur le portail du ministère pour les urgences de santé publique.
  • Ambassade de France à Yaoundé : +237 2 22 22 79 00 ; consulat général de France à Douala pour les ressortissants de la circonscription.

Les sources officielles consultées ne publient pas de numéro médical d’urgence unique : en cas d’urgence vitale, le réflexe est de rejoindre directement les urgences d’un hôpital, d’où l’intérêt de repérer l’établissement le plus proche dès l’installation. France Diplomatie déconseille la conduite de nuit et les transports en commun : un contrat d’assistance qui organise le transport médicalisé évite d’improviser.

Paludisme, fièvre jaune et autres risques sanitaires

La fièvre jaune impose une vaccination obligatoire, à pratiquer dans un centre agréé, et le carnet de vaccinations internationales est exigé à l’entrée sur le territoire ; France Diplomatie conseille de se faire vacciner au moins 10 jours avant le départ. Le paludisme se prévient par la protection contre les piqûres de moustiques et par un traitement préventif à définir avec son médecin traitant ou un médecin de médecine des voyages.

France Diplomatie recommande aussi, selon la durée du séjour : hépatite A, fièvre typhoïde, hépatite B, rage (notamment pour les jeunes enfants et en milieu rural), chikungunya, dengue et méningite ACWY pendant la saison sèche (novembre à juin), la saison épidémique concernant les régions de l’Est, de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. Les alertes en cours portent sur le choléra (Nord et Extrême-Nord, premier cas confirmé le 9 novembre 2025), sur le mpox (hausse de cas suspects dans le Littoral et le Sud, notamment Kribi, alerte du 10 septembre 2026) et sur la rougeole (alerte du 13 mars 2026). Le Cameroun a été certifié exempt de poliovirus sauvage par l’OMS le 12 juillet 2020 ; vérifier son statut vaccinal reste recommandé. Les règles d’hygiène (eau en bouteille capsulée ou bouillie, aliments bien cuits, lavage des mains) et la protection du logement contre les moustiques complètent la prévention.

Évacuation sanitaire et rapatriement

France Diplomatie qualifie d’impératif un contrat d’assistance ou d’assurance couvrant tous les frais médicaux, dont la chirurgie et l’hospitalisation, et le rapatriement sanitaire. Le contrat se vérifie sur quatre points : zone de couverture incluant le Cameroun, prise en charge directe auprès de l’établissement, évacuation médicale vers un pays mieux équipé ou vers la France, et accompagnement des antécédents médicaux. Les pages évacuation médicale, déroulement d’un rapatriement sanitaire et assurance santé expatrié détaillent ces garanties ; Expavy aide à les confronter à une situation précise.

Les niveaux du système de santé en un coup d'œil

NiveauStructuresRôle pour un expatrié
CentralHôpitaux généraux, centraux, universitaires et gynéco-obstétriques ; Centre Pasteur du CamerounSoins spécialisés, laboratoire de référence, vaccinations internationales
Intermédiaire10 délégations régionales ; hôpitaux régionauxRéférence régionale entre les districts et le niveau central
Périphérique189 districts de santé : hôpitaux de district, CMA, CSI, cabinets de soinsPremier recours et soins courants
Secteur privéFormations sanitaires à but lucratif et à but non lucratifOffre complémentaire, soumise à l'agrément du ministère

Sources : stratégie sectorielle de santé 2016-2027 du ministère de la Santé publique ; Centre Pasteur du Cameroun.

Questions fréquentes

Un étranger peut-il se faire soigner dans un hôpital public camerounais ?

Les hôpitaux publics reçoivent les patients moyennant paiement au point de soins : les ménages financent 70,6 % des dépenses de santé (comptes nationaux de la santé 2012). France Diplomatie rappelle qu'un contrat d'assistance ou d'assurance est impératif.

La Couverture santé universelle s'applique-t-elle aux étrangers ?

La CSU, lancée en avril 2023, vise d'abord les citoyens camerounais, qui recevront à terme une carte de couverture. L'éligibilité d'un résident étranger se confirme auprès du ministère de la Santé publique ; une couverture dédiée reste le plus sûr.

La vaccination contre la fièvre jaune est-elle obligatoire pour entrer au Cameroun ?

Oui : elle est obligatoire, à pratiquer dans un centre agréé, et le carnet de vaccinations internationales est exigé à l'entrée sur le territoire. France Diplomatie conseille de se faire vacciner au moins 10 jours avant le départ.

Quels sont les numéros d'urgence au Cameroun ?

Police secours : 17 (117 depuis un mobile) ; gendarmerie : 13 (113). Le ministère de la Santé publique affiche le numéro vert 1510 pour son centre d'urgences de santé publique. L'ambassade de France répond au +237 2 22 22 79 00.

Faut-il un traitement préventif contre le paludisme ?

France Diplomatie indique que la prévention repose sur la protection contre les piqûres de moustiques et sur un traitement préventif. Le choix du traitement se décide avec le médecin traitant ou un centre de médecine des voyages avant le départ.

Que faire en cas d'urgence grave à Douala ou à Yaoundé ?

Rejoindre les urgences d'un hôpital de la ville, en privilégiant un transport médicalisé organisé par l'assistance du contrat. France Diplomatie qualifie d'impératif un contrat couvrant l'hospitalisation et le rapatriement sanitaire.

Où se faire vacciner à Yaoundé ou à Douala ?

Le Centre Pasteur du Cameroun propose un centre de vaccinations internationales ouvert au grand public, avec un siège à Yaoundé et une antenne à Douala. La vaccination contre la fièvre jaune se fait dans un centre agréé.

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