Cameroun · Prendre sa retraite
Retraite au Cameroun : visa et carte de séjour, fiscalité de la pension française, accès aux soins et coût de la vie
L’essentiel
Le Cameroun regroupe les séjours de longue durée dans un parcours unique : visa long séjour, carte de séjour de deux ans renouvelable deux fois (200 000 francs CFA pour un Français), puis carte de résident de dix ans ; les sources officielles consultées ne mentionnent ni visa spécifique aux retraités ni seuil de ressources. La convention fiscale franco-camerounaise de 1976 prévoit que les pensions et rentes viagères ne sont imposables que dans l'État où le bénéficiaire a son domicile fiscal, et les pensions publiques que dans l'État qui les verse. Côté santé, la convention de sécurité sociale ne comporte aucune disposition de remboursement des soins reçus au Cameroun au titre de la retraite française et le formulaire S1, utilisé dans l'espace européen, ne s'applique pas : la CFE (offre RetraitExpat) ou une assurance privée prend le relais. Le choix de la ville s'appuie sur la proximité d'un hôpital de référence, d'un aéroport international et sur le niveau de vigilance publié par France Diplomatie.
- Carte de séjour : 2 ans, renouvelable 2 fois, 200 000 FCFA (environ 305 €) pour un Français ; carte de résident : 10 ans, 500 000 FCFA (environ 762 €) (Sûreté nationale).
- Visa long séjour : 180 jours renouvelables, 100 000 FCFA (environ 152 €), avec garantie de rapatriement parmi les pièces demandées (Sûreté nationale).
- Convention fiscale du 21 octobre 1976, avenants de 1994 et 1999 : pensions et rentes viagères imposables seulement dans l'État du domicile fiscal (article 21).
- Pensions publiques : imposables seulement dans l'État qui les verse, qu'il s'agisse de l'État, d'une collectivité ou d'un établissement public (article 17).
- Cotisation maladie sur la pension française : 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire si la résidence fiscale est hors de France et que des droits existent lors des séjours en France (CLEISS).
- Séjours temporaires en France : soins pris en charge pour un pensionné justifiant d'au moins 15 ans d'assurance en France ; hospitalisation au-delà d'un mois soumise à reconnaissance préalable (CLEISS).
Repères économiques : Cameroun
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +3,2 %
- Inflation
- 3,4 %
- Taux de chômage
- 3,6 %
- PIB par habitant
- 1 972 $
- Population
- 29,9 millions
- Change
- 1 € = 655,957 XAF
- franc CFA (CEMAC), parité fixe avec l’euro
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Prendre sa retraite au Cameroun : visa, carte de séjour et carte de résident
Les Français déposent leur demande de visa en ligne avant le départ ; pour tout séjour de plus de 30 jours, France Diplomatie indique qu’un visa temporaire ou un visa long séjour est requis, avec un passeport valide six mois après la date de retour prévue, un billet retour et un justificatif de lieu de séjour. La Sûreté nationale (DGSN) décrit le visa long séjour : 180 jours renouvelables, 100 000 francs CFA (environ 152 €), délivré sur présentation notamment du certificat international de vaccination, d’un justificatif d’hébergement et d’une garantie de rapatriement, avec un acte de mariage pour le conjoint.
Une fois sur place, la carte de séjour est obligatoire pour tout étranger en séjour régulier : valable deux ans, renouvelable deux fois, elle coûte 200 000 francs CFA pour un Français (environ 305 €) et 75 000 francs CFA (environ 114 €) pour un conjoint sans emploi. La demande passe par un pré-enrôlement en ligne sur idcam.cm, puis un enrôlement physique, avec une copie certifiée du passeport portant le visa long séjour, un certificat de domicile, un extrait de casier judiciaire spécial, une attestation de conformité fiscale et les justificatifs du séjour. Après le deuxième renouvellement, la carte de résident de dix ans se demande pour 500 000 francs CFA (environ 762 €).
Les pièces publiées par la Sûreté nationale ne mentionnent ni visa dédié aux retraités ni seuil de ressources : la situation se confirme auprès du consulat général du Cameroun à Paris ou à Marseille avant de s’engager. Le guide vivre au Cameroun détaille les démarches d’installation.
Fiscalité de la pension française : la convention franco-camerounaise
La convention fiscale signée à Yaoundé le 21 octobre 1976, en vigueur depuis le 19 juillet 1978 et modifiée par des avenants de 1994 et de 1999, répartit le droit d’imposer entre les deux États. Son article 21 dispose que les pensions et les rentes viagères ne sont imposables que dans l’État où le bénéficiaire a son domicile fiscal ; son article 17 réserve à l’État payeur les rémunérations et pensions versées par un État, une collectivité locale ou une personne morale de droit public. Le domicile se définit par le foyer permanent d’habitation, c’est-à-dire le centre des intérêts vitaux (article 2). Pour un retraité qui transfère son domicile au Cameroun, une pension de retraite privée ou de base relève donc en principe de l’impôt camerounais, et une pension publique reste imposable en France. L’article 26 organise l’élimination de la double imposition (impots.gouv.fr).
Côté camerounais, la Direction générale des impôts (DGI) soumet à l’impôt sur le revenu des personnes physiques les traitements, salaires, pensions et rentes viagères des personnes domiciliées fiscalement dans le pays, sur l’ensemble de leurs revenus mondiaux. Le domicile fiscal se détermine par le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle ou le centre des intérêts économiques. Le barème est progressif, de 10 % à 35 %, avec une majoration de 10 % de centimes additionnels communaux, et les contribuables non professionnels déposent une déclaration annuelle récapitulative avant le 30 juin. Côté français, une pension de source française reste soumise à la retenue à la source des non-résidents lorsqu’elle est imposable en France au regard de la convention : l’organisme de retraite et l’annexe 1 du formulaire 2041-E permettent de vérifier le traitement applicable à chaque type de pension (impots.gouv.fr). Un conseil fiscal personnalisé précède tout transfert de résidence ; le numéro vert de la DGI est le 8200.
Accès aux soins du retraité : CFE ou assurance, sans formulaire S1
Le CLEISS rappelle que la convention du 5 novembre 1990 ne comporte aucune disposition permettant au retraité de bénéficier du remboursement des soins reçus au Cameroun au titre de sa retraite française. Il oriente vers l’adhésion volontaire à la Caisse des Français de l’étranger (CFE) pour les Français, ou vers une assurance souscrite auprès d’une compagnie privée. Le formulaire S1 relève de la coordination européenne et ne joue pas au Cameroun ; le guide formulaire S1 mode d’emploi précise son champ.
- CFE, offre RetraitExpat : réservée aux retraités d’une pension du régime de base français, sans activité professionnelle ; elle couvre les soins réalisés à l’étranger, pour le titulaire, son conjoint retraité et les enfants mineurs. La couverture est immédiate si l’adhésion a lieu avant le départ ou dans les trois mois de l’installation ; au-delà, trois mois d’attente avant 45 ans et six mois à partir de 45 ans. À un éventuel retour en France, la CFE indique qu’il n’y a pas de délai de carence.
- Assurance santé internationale : rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, avec prise en charge directe possible, évacuation et gestion des antécédents médicaux à comparer ; voir CFE ou assurance privée et l’assurance retraite à l’étranger.
France Diplomatie qualifie d’impératif un contrat couvrant les frais médicaux, la chirurgie, l’hospitalisation et le rapatriement sanitaire. Le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page remboursements de soins au Cameroun complètent ce choix.
Séjours en France : soins et cotisation maladie
Un titulaire de pension rémunérant au moins 15 ans d’assurance en France, servie par un régime de base français et sans activité professionnelle, bénéficie de la prise en charge de ses soins lors de séjours temporaires en France ; pour l’hospitalisation, la prise en charge au-delà d’un mois suppose une reconnaissance préalable de la nécessité de poursuivre les soins. Seuls le pensionné et ses enfants mineurs sont concernés : le conjoint qui l’accompagne souscrit une assurance « soins de santé et hospitalisation » avant le séjour (CLEISS). Pour les retraités du régime général, le Centre national des retraités de France à l’étranger (CNAREFE), rattaché à la caisse primaire de Seine-et-Marne, gère les dossiers ; un formulaire de pré-inscription est accessible sur ameli-rfe.fr. L’adhérent CFE adresse ses demandes de remboursement pour des soins reçus en France à cette même caisse.
Lorsque la résidence fiscale est établie hors de France, la CSG, la CRDS et la Casa ne sont plus prélevées ; une cotisation d’assurance maladie est retenue à la place sur les pensions du retraité à charge d’un régime français : en règle générale 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la pension complémentaire (7,1 % pour une retraite de travailleur indépendant) (CLEISS). Le guide toucher sa retraite à l’étranger détaille le versement de la pension.
Coût de la vie du retraité
Une pension versée en euros se dépense en francs CFA à la parité fixe de 655,957 francs CFA pour 1 € (BEAC), ce qui protège l’épargne en euros des variations de change entre les deux monnaies. Le SMIG mensuel du secteur privé, de 60 000 francs CFA (environ 91 €) depuis le décret du 21 mars 2023, sert de repère pour situer les rémunérations locales, par exemple celles du personnel de maison (CLEISS). L’employeur d’un salarié de maison cotise à la CNPS : 7 % de la rémunération plafonnée à 750 000 francs CFA par mois au titre des prestations familiales (barème au 1er janvier 2024).
Les importations de produits de consommation courante supportent un droit de douane de 30 % dans le tarif extérieur commun de la CEMAC, de 0 % pour les biens de première nécessité (France Diplomatie) : un budget s’appuie volontiers sur les produits locaux. L’Institut national de la statistique publie chaque mois l’évolution des prix, à consulter avant de caler un budget. Les postes à anticiper sont le logement, qui varie selon le quartier, la couverture santé et l’évacuation, les déplacements (routes dangereuses, conduite de nuit déconseillée) et le gardiennage recommandé par France Diplomatie. Le guide budgétiser sa santé en expatriation aide à chiffrer la protection santé.
Villes et régions : critères de choix pour un retraité
France Diplomatie classe les régions du pays en trois niveaux de vigilance, qui orientent d’abord le choix du lieu de vie. Les régions du Littoral et du Sud, qui abritent Douala et Kribi, sont en vigilance renforcée ; la région du Sud-Ouest, où se situe Limbé, est déconseillée sauf raison impérative, certaines zones étant formellement déconseillées ; les régions de l’Extrême-Nord et du Nord-Ouest sont formellement déconseillées. Yaoundé, capitale, accueille l’ambassade et la section consulaire de France ; Douala, grand port, le consulat général.
Quatre critères permettent de comparer les lieux : la distance à un hôpital de référence et à un aéroport international, la présence d’un poste consulaire, le niveau de vigilance de la région et la saison sanitaire (méningite en saison sèche dans le Nord et l’Est, alertes de choléra et de mpox publiées par France Diplomatie). Un séjour test de quelques semaines avant la vente d’un bien en France reste la façon la plus sûre de valider un choix.
Les étapes d'une installation de retraité en un coup d'œil
| Étape | Organisme | Pièces ou condition |
|---|---|---|
| Visa long séjour | Plateforme officielle en ligne, consulat du Cameroun à Paris ou à Marseille | Passeport valide 6 mois, billet retour, hébergement, vaccination fièvre jaune, garantie de rapatriement ; 100 000 FCFA |
| Carte de séjour | Sûreté nationale (pré-enrôlement sur idcam.cm) | Passeport avec visa, certificat de domicile, casier judiciaire spécial, attestation de conformité fiscale ; 200 000 FCFA |
| Carte de résident | Sûreté nationale | Après le deuxième renouvellement de la carte de séjour ; 500 000 FCFA |
| Fiscalité | DGI et service des impôts français | Domicile fiscal, convention de 1976 (articles 17 et 21), déclaration annuelle avant le 30 juin |
| Santé | CFE (RetraitExpat) ou assurance privée | Pension d'un régime de base français, sans activité ; contrat avec rapatriement sanitaire |
| Séjours en France | Assurance Maladie (CNAREFE pour le régime général) | Au moins 15 ans d'assurance en France ; hospitalisation au-delà d'un mois soumise à accord |
Sources : Sûreté nationale, France Diplomatie, impots.gouv.fr, DGI, CLEISS, CFE. Conversions à la parité fixe de 655,957 FCFA pour 1 € (BEAC).
Questions fréquentes
Existe-t-il un visa retraité pour le Cameroun ?
Les sources officielles consultées (Sûreté nationale, France Diplomatie) décrivent quatre visas d'entrée et ne mentionnent pas de visa dédié aux retraités. Le parcours passe par le visa long séjour, puis la carte de séjour ; le consulat du Cameroun à Paris ou à Marseille confirme les pièces.
Ma pension française est-elle imposée au Cameroun ?
Pour un retraité domicilié fiscalement au Cameroun, l'article 21 de la convention fiscale de 1976 attribue le droit d'imposer pensions et rentes viagères au Cameroun. Les pensions publiques versées par l'État français restent imposables en France (article 17).
Le formulaire S1 permet-il d'être soigné au Cameroun ?
Le formulaire S1 relève de la coordination européenne. Au Cameroun, la convention de sécurité sociale de 1990 ne prévoit aucun remboursement des soins au titre de la retraite française : la CFE ou une assurance privée assure la couverture.
Quelle assurance santé choisir pour un retraité au Cameroun ?
L'offre RetraitExpat de la CFE s'adresse aux retraités d'un régime de base français sans activité. Une assurance internationale au premier euro, avec évacuation et prise en charge directe, constitue l'autre voie ; France Diplomatie qualifie d'impératif un contrat couvrant le rapatriement sanitaire.
Mes soins en France lors d'un séjour temporaire sont-ils remboursés ?
Oui pour un pensionné justifiant d'au moins 15 ans d'assurance en France, sans activité, ainsi que ses enfants mineurs. Le conjoint qui l'accompagne souscrit une assurance dédiée. L'hospitalisation au-delà d'un mois suppose une reconnaissance préalable.
Combien coûte la carte de séjour d'un retraité français ?
La carte de séjour de 2 ans coûte 200 000 FCFA (environ 305 €) pour un Français, 75 000 FCFA (environ 114 €) pour un conjoint sans emploi. La carte de résident de 10 ans coûte 500 000 FCFA (environ 762 €).
Quel est le coût de la vie pour un retraité au Cameroun ?
La parité du franc CFA avec l'euro est fixe (655,957 FCFA pour 1 €) et le SMIG du secteur privé est de 60 000 FCFA (environ 91 €). Les postes à budgéter sont le logement, la santé avec évacuation, les déplacements et le gardiennage.
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- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
