Fiche pays — Amériques
Assurance expatrié et assurance santé en Argentine

En 5 lignes
L'Argentine n'a pas de régime universel unique : la santé y repose sur trois piliers — hôpitaux publics gratuits mais en tension, obras sociales (mutuelles professionnelles financées par les cotisations salariales, ≈61 % de la population) et prepagas (assurances privées payantes). Depuis le décret 366/2025, appliqué par la résolution 1066/2026 du 11 août 2026, les étrangers sans résidence permanente doivent présenter une assurance santé valide ou payer d'avance pour tout soin non urgent dans les hôpitaux gérés par l'État national ; les urgences restent gratuites pour tous, quel que soit le statut. Aucune assurance n'est légalement exigée pour un séjour touristique de moins de 90 jours, mais France Diplomatie la présente comme indispensable en pratique, les médecins et hôpitaux argentins réclamant aux étrangers le paiement intégral en espèces avant toute intervention. Le programme vacances-travail (PVT), ouvert aux 18-35 ans, impose une assurance couvrant maladie, hospitalisation, rapatriement et maternité pour toute la durée du séjour. Une convention de sécurité sociale France-Argentine existe depuis 2012, mais elle ne prévoit aucun remboursement des soins reçus sur place.
Chiffres clés
- 12 600 Français inscrits au registre consulaire en Argentine en 2025 (chiffre 2024 non retrouvé auprès d'une source officielle fiable : évolution en % non calculable).
- Espérance de vie à la naissance : 77,4 ans en 2023, contre 75,8 ans en 2022 (Banque mondiale).
- Dépenses de santé : 10,27 % du PIB en 2023, soit environ 1 457 USD par habitant (Banque mondiale).
- Séjour touristique sans visa limité à 90 jours pour les titulaires d'un passeport français (France Diplomatie).
Système de santé local
Le système de santé argentin repose sur trois piliers distincts, sans caisse unique. Le secteur public offre des soins gratuits à toute personne présente sur le territoire, quelle que soit sa nationalité, via un réseau d’hôpitaux et de centres de santé publics ; depuis 2017, la Cobertura Universal de Salud (CUS) structure l’accès à un panier de prestations essentielles. En pratique, ce secteur souffre de délais d’attente et de moyens inégaux selon les provinces, et l’inflation argentine pèse durablement sur son financement.
Les obras sociales sont plus de 300 caisses professionnelles, financées par des cotisations salariales et patronales obligatoires, organisées par branche d’activité et supervisées par la Superintendencia de Servicios de Salud : elles couvrent environ 61 % de la population argentine (salariés déclarés et leurs ayants droit). Les prepagas sont des assurances santé privées payantes, souscrites individuellement ou via l’employeur, qui donnent accès à un réseau de cliniques et médecins privés avec des délais plus courts : la quasi-totalité des expatriés s’y tournent, faute d’affiliation à une obra social.
Changement récent et significatif : le décret 366/2025 (29 mai 2025), mis en œuvre par la résolution n°1066/2026 du ministère de la Santé (11 août 2026), impose désormais aux étrangers sans résidence permanente de présenter une assurance santé valide ou de payer d’avance les soins non urgents dans les établissements sanitaires gérés par l’État national (cinq hôpitaux nationaux ; la majorité des hôpitaux publics, provinciaux ou municipaux, restent régis par leurs propres règles). Les résidents permanents conservent un accès gratuit identique à celui des citoyens argentins, sur présentation de leur titre de séjour. Les soins d’urgence, eux, demeurent garantis gratuitement à toute personne, quel que soit son statut migratoire.
Obligations légales et de visa
- Séjour touristique (moins de 90 jours) : aucune assurance santé exigée légalement pour l’entrée sur le territoire ; France Diplomatie la qualifie néanmoins d’indispensable en pratique, les médecins et hôpitaux argentins pouvant exiger des étrangers le règlement intégral en espèces avant toute intervention, ni la carte Vitale ni la carte européenne d’assurance maladie n’étant utilisables sur place.
- PVT (Programme vacances-travail) : accord bilatéral France-Argentine en vigueur depuis 2011, ouvert de 18 à 35 ans révolus, quota annuel de 1 200 places, séjour de 12 mois maximum. Assurance obligatoire couvrant maladie, hospitalisation, rapatriement et maternité pour toute la durée du séjour ; aucun montant minimum de garantie n’est fixé par les textes consultés, mais la couverture doit rester valable 12 mois complets même pour un séjour plus court. Une épargne minimale de 2 500 € est par ailleurs exigée dans le dossier.
- Étudiants : la demande de résidence temporaire étudiant sur le portail argentina.gob.ar exige un justificatif de couverture santé ; les établissements d’accueil (par exemple l’Universidad de Buenos Aires pour ses programmes d’échange) demandent en complément une assurance couvrant accident, maladie et rapatriement.
- Salariés détachés et autres résidents temporaires : depuis le décret 366/2025, tout résident sans statut permanent doit pouvoir présenter une assurance santé valide (ou régler d’avance) pour un soin non urgent dans un hôpital national ; le statut de résident permanent, une fois obtenu, ouvre un accès gratuit équivalent à celui des citoyens argentins.
Aucune amende chiffrée officielle n’a été identifiée pour une simple absence de couverture hors PVT ; le risque documenté est un refus de soin non urgent sans paiement préalable dans les hôpitaux nationaux, ou une facturation intégrale dans le secteur privé, sans intervention possible de l’ambassade de France.
Coût de quelques actes médicaux
Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.
| Acte | Secteur public | Secteur privé |
|---|---|---|
| Consultation généraliste, secteur privé (patient non assuré) | Hôpital public : gratuit (hors décret 366/2025 pour non-résidents) | ≈60 à 70 USD (première consultation, clinique bien réputée) |
| Consultation spécialiste, secteur privé | — | ≈35 à 120 USD selon spécialité et complexité |
| IRM (imagerie par résonance magnétique) | — | ≈180 à 360 USD |
| Urgences | Gratuites pour tous, quel que soit le statut migratoire | — |
| Nuit d'hospitalisation, secteur privé | — | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
| Ambulance | SAME (Buenos Aires) : gratuit en cas d'urgence | tarif variable selon opérateur, non communiqué publiquement |
| Prepaga (assurance privée locale), milieu de gamme, par mois | — | ≈95 à 150 USD par adulte (couple 30-40 ans, 2026) ; formules premium ≈175 à 220 USD |
Accords de sécurité sociale avec la France
Une convention de sécurité sociale entre la France et l’Argentine a été signée le 22 septembre 2008 et est entrée en vigueur le 1er novembre 2012. Le CLEISS en assure la liaison côté français ; côté argentin, trois organismes se partagent la mise en œuvre : l’ANSES pour les retraites, la SRT pour les accidents du travail, la SSSalud pour les soins de santé.
- Champ couvert : vieillesse, invalidité et survivants (totalisation des périodes d’assurance dans les deux pays pour déterminer la pension la plus favorable), accidents du travail et maladies professionnelles, prestations familiales selon l’arrangement administratif, et maladie-maternité — mais pour ce dernier volet, uniquement la totalisation des périodes d’assurance pour l’ouverture de droits, pas la prise en charge des soins eux-mêmes. L’assurance chômage n’est pas couverte.
- La convention impose explicitement à tout travailleur relevant d’une législation autre que celle de son lieu de travail de disposer d’une couverture personnelle garantissant la prise en charge de l’ensemble des frais médicaux et d’hospitalisation, pour lui-même et les membres de sa famille qui l’accompagnent.
- Le CLEISS confirme, pour les retraités, qu’aucune disposition de la convention ne permet le remboursement des soins reçus en Argentine au titre d’une pension ou d’une affiliation française : ce n’est pas un accord de coordination des frais de santé, à la différence d’un accord européen de sécurité sociale.
Faute de prise en charge des soins par la convention bilatérale, le CLEISS recommande, pour toute personne installée en Argentine, une adhésion volontaire à la Caisse des Français de l’étranger (CFE) ou la souscription d’une assurance privée.
Quelle assurance selon mon profil
Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.
| Profil | Contrainte réglementaire | Points d’attention |
|---|---|---|
| PVT (18-35 ans) | Assurance obligatoire 12 mois, toute la durée du séjour, quota annuel de 1 200 places | Vérifier que le contrat couvre maladie, hospitalisation, rapatriement et maternité avant la demande |
| Étudiant | Justificatif de couverture santé exigé pour la résidence temporaire étudiant | Certains établissements (ex. UBA) imposent en plus leur propre exigence d'assurance accident/maladie/rapatriement |
| Salarié détaché / résident temporaire | Sans résidence permanente : assurance ou paiement d'avance exigé pour un soin non urgent en hôpital national (décret 366/2025) | Statut de résident permanent à demander dès que possible pour retrouver un accès gratuit équivalent aux citoyens argentins |
| Retraité | Convention France-Argentine sans prise en charge des soins ; CFE ou assurance privée recommandées par le CLEISS | Anticiper une couverture dès l'installation, la convention bilatérale ne comblant pas ce besoin |
| Famille avec enfants mineurs | Chaque membre doit disposer de sa propre couverture, selon son statut migratoire | Vérifier la couverture maternité et pédiatrique, hors champ de la convention bilatérale |
Hôpitaux et réseau de soins
- Buenos Aires : Hospital Alemán (Recoleta) — établissement privé de référence, accréditation internationale, réputé notamment en cardiologie, oncologie et neurochirurgie.
- Buenos Aires : Hospital Italiano (San Cristóbal / Almagro) — l'un des établissements les mieux classés d'Amérique latine, toutes spécialités.
- Buenos Aires : Hospital Británico (Barracas) — établissement privé historique, cité par la liste de notoriété médicale du consulat général de France.
Démarches
- Avant le départ : souscrire une assurance couvrant frais médicaux, hospitalisation et rapatriement sanitaire, quelle que soit la durée du séjour envisagée.
- Pour un PVT : constituer le dossier avec une assurance valable 12 mois complets et un justificatif d'épargne minimale de 2 500 €, avant le dépôt de la demande.
- Pour un séjour de plus de 90 jours : engager la démarche de résidence temporaire ou permanente sur argentina.gob.ar avant l'expiration du délai sans visa.
- Dès l'installation : envisager une prepaga locale ou une assurance internationale, le secteur public restant d'accès inégal selon la province et, pour les non-résidents, désormais conditionné dans les hôpitaux nationaux (décret 366/2025).
- Dans les 6 mois suivant l'arrivée : inscription au registre des Français établis hors de France auprès du consulat général à Buenos Aires (gratuite, valable 5 ans, recommandée).
- En l'absence de prise en charge des soins par la convention bilatérale : adhésion volontaire à la CFE ou souscription d'une assurance privée dès l'installation.
Questions fréquentes
Les hôpitaux publics argentins sont-ils gratuits pour un Français ?
Les soins d'urgence restent gratuits pour tous, quel que soit le statut migratoire. En dehors de l'urgence, depuis le décret 366/2025 (résolution 1066/2026), un étranger sans résidence permanente doit présenter une assurance valide ou payer d'avance dans les hôpitaux gérés par l'État national ; les hôpitaux provinciaux et municipaux, plus nombreux, restent régis par leurs propres règles.
Une assurance santé est-elle obligatoire pour entrer en Argentine ?
Pas pour un séjour touristique de moins de 90 jours, aucun texte consulté n'imposant de justificatif à l'entrée. France Diplomatie la présente néanmoins comme indispensable en pratique, et elle est explicitement exigée dans le dossier PVT et pour la résidence temporaire étudiant.
La convention de sécurité sociale France-Argentine couvre-t-elle mes frais médicaux sur place ?
Non. Cette convention, en vigueur depuis novembre 2012, coordonne les retraites, les accidents du travail, les prestations familiales et l'ouverture de droits maladie-maternité par totalisation des périodes d'assurance, mais elle ne prévoit aucune prise en charge ni remboursement des soins reçus en Argentine.
Quelle est la différence entre une obra social et une prepaga ?
Une obra social est une caisse professionnelle financée par les cotisations salariales et patronales, réservée aux salariés déclarés et à leurs ayants droit (environ 61 % de la population). Une prepaga est une assurance santé privée payante, souscrite individuellement, à laquelle recourt la quasi-totalité des expatriés faute d'affiliation à une obra social.
Combien coûte une prepaga pour un expatrié ?
À titre indicatif en 2026, une formule milieu de gamme (type OSDE 210 ou Swiss Medical SMG20) coûte environ 95 à 150 USD par mois et par adulte pour un couple de 30-40 ans, et une formule premium environ 175 à 220 USD. Ces montants évoluent vite compte tenu de l'inflation argentine et doivent être vérifiés directement auprès des prestataires.
Vous partez vous installer à destination de Argentine ? Obtenir un devis
Rédaction Expavy
Sources
- France Diplomatie — Argentine, Santé
- France Diplomatie — Argentine, Entrée / séjour
- France Diplomatie — Registre des Français établis hors de France (données 2025)
- CLEISS — Fiche pays Argentine
- CLEISS — Convention de sécurité sociale France-Argentine
- CLEISS — Retraite en Argentine : quelle couverture maladie ?
- La France en Argentine — Prise en charge des frais de santé
- La France en Argentine — Liste de notoriété médicale et paramédicale
- Banque mondiale — Espérance de vie à la naissance, Argentine
- Banque mondiale — Dépenses de santé courantes (% du PIB), Argentine
- Banque mondiale — Dépenses de santé courantes par habitant, Argentine
- Argentina.gob.ar — Les hôpitaux nationaux commenceront à facturer les étrangers non-résidents
- Boletín Oficial — Decreto 366/2025
- Rio Times — Argentina Starts Charging Foreigners for Hospital Care
- pvtistes.net — Tout savoir sur le PVT Argentine
- Buenos Aires Expats — Healthcare in Buenos Aires 2026