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Argentine · Prendre sa retraite

Retraite en Argentine : résidence de rentier ou de pensionné, ressources exigées, fiscalité et accès aux soins

L’essentiel

Un retraité français s'installe en Argentine avec une résidence temporaire de rentier (revenus de patrimoine) ou de pensionné (pension versée depuis l'étranger), qui exige des ressources équivalentes à cinq salaires minimums, soit 1 956 000 ARS par mois au salaire minimum d'octobre 2026 (environ 1 143 €). L'article 18 de la convention fiscale franco-argentine prévoit qu'une pension n'est imposable que dans l'État d'où elle provient, c'est-à-dire la France pour une pension française. Pour la santé, la convention de sécurité sociale ne rembourse pas les soins sur place : le retraité choisit entre la CFE (offre SeniorExpat), une prepaga et une assurance internationale. Le consulat général ne délivre plus de certificat de vie en Argentine, de sorte que les démarches passent par les autorités locales.

  • 5 salaires minimums : revenu exigé pour la résidence temporaire de rentier ou de pensionné, soit 1 956 000 ARS par mois (environ 1 143 €) au salaire minimum d'octobre 2026.
  • Jusqu'à 3 ans : durée d'une résidence temporaire en Argentine ; la prolongation du rentier est d'un an (argentina.gob.ar).
  • Article 18 de la convention franco-argentine du 4 avril 1979 : une pension n'est imposable que dans l'État d'où elle provient.
  • 147 € par mois : tarif de départ de l'offre SeniorExpat de la CFE pour les retraités, sans questionnaire médical.
  • 15 ans d'assurance en France : condition, depuis le 1er juillet 2019, pour qu'un retraité non résident soit soigné lors d'un séjour temporaire en France.
  • 1 605 497 ARS (environ 938 €) : valeur du panier de biens et services de base d'un ménage de 4 personnes dans le Grand Buenos Aires en août 2026 (INDEC).

Repères économiques : Argentine

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+4,4 %
Inflation
219,9 %
Taux de chômage
7,1 %
PIB par habitant
14 898 $
Population
45,9 millions

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Résidence de rentier ou de pensionné : conditions financières

L’Argentine distingue des résidences transitoires, temporaires et permanentes (argentina.gob.ar). La retraite se prépare avec une résidence temporaire, jusqu’à trois ans selon la catégorie, qui ouvre droit à un DNI temporaire. Deux catégories conviennent aux retraités.

  • Rentier (rentista) : étranger qui finance son séjour grâce à des revenus provenant de capitaux ou d’actifs étrangers (instruments financiers, immobilier, participations). Le revenu doit être égal ou supérieur à cinq salaires minimums vitaux et mobiles. La prolongation, d’un an, se demande en montrant la continuité de ces revenus.
  • Pensionné (pensionado) : étranger qui perçoit une pension d’un gouvernement, d’un organisme international ou d’une entreprise privée au titre de services rendus à l’étranger, avec un montant égal ou supérieur à cinq salaires minimums vitaux et mobiles. Une pension de retraite française entre dans ce cadre, avec une attestation de l’organisme payeur.

Le seuil s’exprime en nombre de salaires minimums et évolue donc avec eux. Selon la résolution 4/2026, le salaire minimum atteint 391 200 ARS en octobre 2026, soit un seuil de 1 956 000 ARS par mois (environ 1 143 € au cours de la Banque centrale du 02/10/2026, 1 € = 1 710,76 ARS), et 437 000 ARS en avril 2027, soit 2 185 000 ARS (environ 1 277 €). Le montant à justifier se calcule au salaire minimum en vigueur au dépôt de la demande ; la Dirección Nacional de Migraciones confirme le chiffre.

Démarches : Ra.D.Ex, DNI, résidence permanente et certificat de vie

  • Dépôt : tout se déclenche sur la plateforme Ra.D.Ex : inscription, paiement des frais, téléversement des pièces, puis rendez-vous en personne. Pour un pensionné, les pièces comprennent un passeport valide, le casier judiciaire argentin du Registro Nacional de Reincidencia (et celui des pays où l’on a résidé plus d’un an), un justificatif de domicile et l’attestation de pension ; les documents étrangers sont légalisés ou apostillés et traduits en espagnol.
  • Frais : ils figurent dans le barème publié par la Dirección Nacional de Migraciones, qui se vérifie avant le dépôt.
  • DNI : un DNI temporaire accompagne la résidence temporaire, et un DNI permanent la résidence permanente.
  • Résidence permanente : depuis le décret 366/2025 du 29 mai 2025, le demandeur justifie de moyens économiques suffisants et de l’absence d’antécédents pénaux. Le statut conditionne aussi l’accès aux hôpitaux nationaux, expliqué dans le guide système de santé argentin.
  • Registre et certificat de vie : l’ambassade lie l’inscription au registre des Français établis hors de France aux séjours de plus de six mois. Le consulat général ne délivre plus de certificat de vie en Argentine : il faut s’adresser aux autorités locales.

Le guide toucher sa retraite à l’étranger explique comment recevoir la pension sur un compte français ou étranger, et la page vivre en Argentine complète les formalités d’installation.

Fiscalité de la pension française : la convention franco-argentine

La convention fiscale, signée à Buenos Aires le 4 avril 1979 et entrée en vigueur le 1er mars 1981, a été modifiée par l’avenant du 15 août 2001 (en vigueur depuis le 1er octobre 2007) (impots.gouv.fr). La convention multilatérale BEPS, signée le 7 juin 2017, est en vigueur pour l’Argentine depuis le 1er janvier 2026.

  • Pensions (article 18) : les pensions et autres rémunérations similaires payées à un résident d’un État ne sont imposables que dans l’État d’où elles proviennent. Une pension versée par un organisme français à un résident d’Argentine relève donc de l’imposition française.
  • Fonctions publiques (article 19) : les rémunérations payées par un État ou une collectivité pour services rendus ne sont imposables que dans cet État ; un ancien agent public confirme auprès de l’administration fiscale le traitement de sa pension.
  • Autres revenus (article 22) : les éléments de revenu non traités par la convention sont imposables dans l’État de résidence.
  • Double imposition (article 24) : la France accorde un crédit d’impôt sur les revenus imposables en Argentine, et l’Argentine déduit l’impôt français effectivement payé, dans la limite de son propre impôt sur ces revenus.

La résidence fiscale se détermine selon les règles de chaque pays et l’article 4 de la convention ; elle conditionne l’application de l’article 18. L’impôt argentin sur le revenu suit un barème de 5 % à 35 %, présenté dans la page travailler en Argentine. Chaque dossier combine la nature de la pension, le statut de résident et la date du départ : un conseil fiscal et l’administration fiscale française confirment le traitement avant l’installation.

Accès aux soins du retraité : CFE, prepaga et assurance internationale

La convention de sécurité sociale franco-argentine, signée le 22 septembre 2008, ne couvre pas les soins : le CLEISS précise qu’aucune de ses dispositions ne permet le remboursement, au titre d’une pension française, des soins reçus en Argentine. Le formulaire S1, valable en Europe, ne s’applique pas ; voir son mode d’emploi. Le retraité s’appuie sur l’une des trois solutions du tableau ci-dessous.

  • CFE (SeniorExpat) : réservée aux personnes sans activité professionnelle, retraitées d’une pension du régime de base français, sans questionnaire de santé, à partir de 147 € par mois selon le pays et l’âge. La couverture est immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l’installation, sinon la carence est de trois mois avant 45 ans et de six mois à partir de 45 ans. Le remboursement suit le barème du pays de soins. Une catégorie aidée existe pour les revenus modestes, via le consul.
  • Prepaga : contrat privé auprès d’une entité de médecine prépayée ; les formules, tarifs par âge, carences et exclusions se lisent avant la souscription.
  • Assurance internationale au 1er euro : accès direct aux cliniques, plafonds annuels, évacuation et rapatriement ; le questionnaire médical détermine les exclusions.

Pour un séjour temporaire en France, le CLEISS indique qu’un retraité non résident doit justifier de 15 ans d’assurance en France, percevoir une pension d’un régime de base français et ne pas exercer d’activité ; l’hospitalisation de plus d’un mois suppose une autorisation préalable, et le conjoint n’est pas couvert automatiquement. Voir le guide assurance maladie du retraité à l’étranger, la page remboursement des soins en Argentine et, pour les réseaux, le guide système de santé argentin.

Coût de la vie et monnaie pour un retraité

La pension française arrive en euros, alors que les dépenses courantes se paient en pesos : le cours compte. Le 02/10/2026, la Banque centrale (BCRA) cotait 1 710,76 ARS pour 1 €.

  • Panier de base : en août 2026, la canasta básica total valait 519 578 ARS par adulte équivalent dans le Grand Buenos Aires (environ 304 €) et 1 605 497 ARS pour un ménage de 4 personnes (environ 938 €). Ce repère de seuil de pauvreté ne constitue pas un budget de retraité.
  • Prix : l’INDEC publie chaque mois l’indice des prix et la valeur des canastas ; un budget en pesos se révise régulièrement.
  • Santé : prime de la CFE ou de la prepaga, franchises et reste à charge pèsent souvent davantage que le loyer ; le guide budgétiser sa santé en expatriation propose une méthode.

Villes prisées des retraités

Le choix du lieu combine climat, offre médicale et conseils de sécurité : populations, risques naturels et consignes de France Diplomatie ville par ville sont rassemblés dans la page vivre en Argentine. Pour un retraité, les destinations les plus citées sont les suivantes.

  • Buenos Aires : offre de santé et de services la plus large du pays, présence du consulat général et de l’ambassade de France.
  • Córdoba et Rosario : grandes villes universitaires du centre du pays, dont le logement se compare sur place avec celui de la capitale.
  • Mendoza : cadre andin et viticole.
  • Bariloche : Patagonie lacustre, appréciée pour son cadre naturel.
  • Salta : Nord-Ouest du pays, où l’altitude des excursions demande de la préparation.

S’installer près d’un établissement complet pèse plus qu’un loyer légèrement plus bas, surtout avec l’âge. Expavy aide à comparer les protections santé selon le profil et l’antécédent médical ; voir aussi la page assurance retraite à l’étranger et le guide de la retraite à l’étranger.

Trois solutions santé pour le retraité en Argentine

SolutionCoût repèreConditionsPoint d'attention
CFE (SeniorExpat)À partir de 147 € par mois, selon le pays et l'âgePension du régime de base français, sans activité, sans questionnaire médicalCarence de 3 ou 6 mois si adhésion tardive ; reste à charge selon le barème du pays
Prepaga (assurance locale)Grille de l'entité, variable selon l'âgeContrat souscrit auprès d'une entité de médecine prépayéeCarences, exclusions et réseau de prestataires à lire avant de signer
Assurance internationale au 1er euroVariable selon l'âge, les plafonds et la zoneQuestionnaire médical, antécédents déclarésFranchise, carences, exclusions ; prise en charge directe en clinique

Sources : CFE, CLEISS. Le tarif de la CFE est un prix de départ publié par l'organisme.

Questions fréquentes

Quel titre de séjour pour prendre sa retraite en Argentine ?

Une résidence temporaire de rentier (revenus de patrimoine) ou de pensionné (pension versée depuis l'étranger), demandée sur la plateforme Ra.D.Ex de la Dirección Nacional de Migraciones. Elle dure jusqu'à trois ans selon la catégorie et ouvre droit à un DNI temporaire.

Quelles ressources faut-il pour devenir rentier ou pensionné en Argentine ?

Un revenu égal ou supérieur à cinq salaires minimums vitaux et mobiles. Au salaire minimum d'octobre 2026 (391 200 ARS), cela donne 1 956 000 ARS par mois, soit environ 1 143 € au cours de la Banque centrale du 02/10/2026. Le seuil suit l'évolution du salaire minimum.

Où une pension française est-elle imposée quand on vit en Argentine ?

Selon l'article 18 de la convention franco-argentine, une pension n'est imposable que dans l'État d'où elle provient, donc en France pour une pension française. Les pensions de la fonction publique relèvent de l'article 19. La résidence fiscale et la situation personnelle se confirment auprès de l'administration fiscale.

La convention de sécurité sociale rembourse-t-elle les soins d'un retraité en Argentine ?

Non, d'après le CLEISS : aucune disposition de la convention ne permet le remboursement des soins reçus en Argentine au titre d'une pension française. Le retraité recourt à la CFE, à une prepaga ou à une assurance internationale.

Le formulaire S1 s'applique-t-il en Argentine ?

Le formulaire S1 relève de la coordination européenne. Pour l'Argentine, le retraité s'appuie sur l'adhésion volontaire à la CFE, une prepaga ou une assurance internationale.

Un retraité installé en Argentine peut-il se faire soigner en France ?

Lors d'un séjour temporaire, le CLEISS exige, pour un retraité non résident, 15 ans d'assurance en France, une pension d'un régime de base français et l'absence d'activité ; une hospitalisation de plus d'un mois suppose une autorisation préalable. Le conjoint n'est pas couvert automatiquement.

Comment fournir un certificat de vie depuis l'Argentine ?

Le consulat général de France ne délivre plus de certificat de vie en Argentine : l'ambassade indique de s'adresser aux autorités locales. La caisse de retraite précise les formalités acceptées.

Les autres guides : Argentine