Argentine · Travailler et économie
Travailler en Argentine : résidence, PVT, salaire minimum, cotisations et impôt sur le revenu pour un Français
L’essentiel
Un Français travaille en Argentine avec une résidence temporaire de travailleur migrant, adossée à un pré-contrat de travail et à un employeur enregistré, ou avec le visa PVT, ouvert de 18 à 35 ans pour 12 mois. Le salaire minimum atteint 391 200 ARS par mois en octobre 2026 et progresse chaque mois jusqu'à 437 000 ARS en avril 2027. Le salarié verse 17 % de cotisations salariales, l'impôt sur le revenu suit un barème de 5 % à 35 %, et la convention fiscale franco-argentine répartit le droit d'imposer. Les indépendants relèvent du monotributo, et le télétravail pour un employeur étranger se pratique avec la résidence transitoire de nomade numérique.
- 391 200 ARS (environ 229 €) : salaire minimum mensuel d'octobre 2026, porté à 437 000 ARS (environ 255 €) en avril 2027 (résolution 4/2026).
- 17 % : total des cotisations salariales chiffrées (11 % retraite, 3 % PAMI, 3 % assurance maladie), contre 25,8 % côté employeur hors assurance accidents du travail.
- De 5 % à 35 % : barème progressif de l'impôt sur le revenu ; la première tranche va jusqu'à 2 168 491,89 ARS cumulés (environ 1 268 €), valeurs de juillet à décembre 2026.
- 6 019 671,36 ARS (environ 3 519 €) : ganancia no imponible annuelle du régime de retenue sur les salaires, période 2026.
- 1 500 visas par an : quota du PVT France-Argentine, pour les 18-35 ans, avec 12 mois de séjour et 2 500 € de ressources minimales.
- 49 527,18 ARS (environ 29 €) par mois : cuota de la catégorie A du monotributo depuis le 01/08/2026, qui inclut impôt, retraite et assurance maladie.
Repères économiques : Argentine
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +4,4 %
- Inflation
- 219,9 %
- Taux de chômage
- 7,1 %
- PIB par habitant
- 14 898 $
- Population
- 45,9 millions
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail : résidence de travailleur migrant, PVT et nomade numérique
Le séjour touristique de trois mois sans visa (France Diplomatie) ne donne pas le droit d’exercer un emploi ; un Français qui souhaite travailler en Argentine choisit l’un des statuts suivants auprès de la Dirección Nacional de Migraciones.
- Résidence temporaire de travailleur migrant : elle repose sur un pré-contrat de travail signé par les deux parties, avec une rémunération conforme aux conventions collectives de l’activité et des signatures certifiées par un notaire ou devant un agent de la Dirección Nacional de Migraciones. L’employeur justifie de son inscription auprès de l’administration fiscale et de son inscription au registre unique des requérants étrangers. Elle ouvre droit à un DNI temporaire, et la demande suit la procédure en ligne Ra.D.Ex.
- PVT : l’accord France-Argentine, signé à Paris le 18 février 2011 et entré en vigueur le 1er juin 2011, s’adresse aux 18-35 ans révolus à la date de la demande, sans enfant à charge, titulaires d’un passeport français, avec un billet retour ou de quoi l’acheter et un minimum de 2 500 € de ressources. Le quota est de 1 500 visas par an, le visa dure 12 mois au maximum, il n’est pas renouvelable, et une assurance privée couvrant maladie, maternité, invalidité, hospitalisation et rapatriement est exigée. La demande s’adresse à l’ambassade d’Argentine en France. Voir la page assurance PVT.
- Résidence transitoire de nomade numérique : 180 jours, prolongeables une fois d’une durée identique, pour fournir des services à distance à des entités établies à l’étranger ; elle s’adresse aux ressortissants de pays dispensés de visa touristique, avec une demande décrivant l’activité, un CV et le casier judiciaire argentin. La prolongation se demande dans les dix jours précédant l’échéance, justificatifs de revenus à l’appui. Voir l’assurance nomade digital.
Salaire minimum, aguinaldo et niveaux de rémunération
Le salaire minimum (SMVM) est fixé par le Conseil national de l’emploi, de la productivité et du salaire minimum, vital et mobile. La résolution 4/2026, publiée au Boletín Oficial le 2 septembre 2026, établit un calendrier de hausses mensuelles pour les salariés mensualisés. Les montants en euros sont calculés au cours de la Banque centrale du 02/10/2026 (1 € = 1 710,76 ARS).
- 2026 : 383 800 ARS en septembre (environ 224 €), 391 200 ARS en octobre (environ 229 €), 398 800 ARS en novembre et 406 400 ARS en décembre.
- 2027 : 414 200 ARS en janvier, 422 000 ARS en février, 429 600 ARS en mars et 437 000 ARS en avril (environ 255 €). Le taux horaire pour les travailleurs payés à l’heure passe de 1 919 ARS en septembre 2026 à 2 185 ARS en avril 2027.
Le salaire se règle par virement bancaire sur le compte du salarié, avec remise d’un bulletin de paie en deux exemplaires, dans un délai de quatre jours ouvrables pour les salaires mensuels (argentina.gob.ar). Chaque salarié perçoit en outre l’aguinaldo, un treizième mois égal à 50 % de la plus haute rémunération mensuelle du semestre, versé en deux fois, le 30 juin et le 18 décembre. Les minima propres à chaque branche figurent dans les conventions collectives ; les niveaux de rémunération par métier se consultent dans les publications de l’INDEC et de la Secretaría de Trabajo. Le salaire minimum évoluant chaque mois, il se relit régulièrement en pouvoir d’achat.
Contrat de travail et loi de modernisation du travail
Le contrat de travail relève de la loi de modernisation du travail n° 27 802, publiée au Boletín Oficial le 6 mars 2026. Quelques dispositions utiles à un salarié étranger figurent dans le texte officiel.
- Congés : l’article 154 prévoit que les vacances se prennent en principe entre le 1er octobre et le 30 avril, avec fractionnement possible par périodes d’au moins sept jours, sauf accord sur d’autres dates.
- Temps de travail : l’article 197 bis autorise, par écrit, des régimes de compensation des heures supplémentaires de type banque d’heures ou repos compensateurs, dans le respect des repos minimaux.
- Fonds d’assistance laboral : les articles 58 à 77 créent un fonds alimenté par une contribution mensuelle de l’employeur de 1 % pour les grandes entreprises et de 2,5 % pour les PME, applicable à partir du 1er juin 2026, date prorogeable de six mois au plus.
- Champ : l’article 2 laisse en dehors de la loi les travailleurs indépendants et leurs collaborateurs, ainsi que les prestataires indépendants de plateformes, régis par des règles spécifiques.
Un salarié recruté localement est en contrat local ; un salarié envoyé par un employeur français relève du détachement, présenté dans le guide détaché ou expatrié.
Impôt sur le revenu : barème, déductions et convention franco-argentine
L’impôt sur le revenu des personnes physiques (ganancias) applique le barème de l’article 94 de la loi, actualisé selon l’indice des prix. L’ARCA publie pour les rémunérations perçues de juillet à décembre 2026 (régime de retenue à la source) une échelle de neuf tranches de revenu net imposable cumulé, aux taux de 5 %, 9 %, 12 %, 15 %, 19 %, 23 %, 27 %, 31 % et 35 %. La première tranche s’étend jusqu’à 2 168 491,89 ARS (environ 1 268 €), et le taux de 35 % s’applique au-delà de 65 867 941,10 ARS (environ 38 502 €).
Les déductions personnelles de l’article 30, pour la période annuelle 2026, comprennent une ganancia no imponible de 6 019 671,36 ARS (environ 3 519 €), 5 669 323,06 ARS pour un conjoint et 2 859 060,31 ARS par enfant. L’employeur applique ces barèmes dans la retenue mensuelle ; l’ARCA publie des valeurs distinctes pour chaque semestre, actualisées selon l’indice des prix.
La convention fiscale franco-argentine, signée à Buenos Aires le 4 avril 1979, en vigueur depuis le 1er mars 1981 et modifiée par l’avenant du 15 août 2001 (en vigueur depuis le 1er octobre 2007), organise la répartition (impots.gouv.fr). Selon l’article 15, un salaire n’est imposable que dans l’État de résidence, sauf si l’emploi s’exerce dans l’autre État : un emploi exercé en Argentine y est donc imposable. Une exception existe pour un séjour n’excédant pas 183 jours dans l’année civile, avec un employeur non résident qui supporte la charge de la rémunération. L’article 24 prévoit, pour la France, un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant, lorsque le bénéficiaire est soumis à l’impôt argentin sur ces revenus. L’article 4 définit la résidence ; la convention multilatérale BEPS est entrée en vigueur pour l’Argentine le 1er janvier 2026.
Cotisations sociales : part du salarié et de l'employeur
Le salarié déclaré est affilié au système argentin de sécurité sociale. Le tableau ci-dessous reprend les taux publiés par argentina.gob.ar. La part de 3 % de l’assurance maladie finance l’obra social, dont le fonctionnement est expliqué dans le guide système de santé argentin.
Un salarié envoyé par un employeur français peut rester affilié au régime français dans le cadre de la convention de sécurité sociale franco-argentine ; les durées et les conditions sont détaillées dans la page remboursement des soins en Argentine.
Indépendants, monotributo et télétravail
Le monotributo est le régime simplifié des petits indépendants : une mensualité unique regroupe l’impôt intégré, la cotisation retraite (SIPA) et la part d’obra social. Depuis le 1er août 2026, l’ARCA fixe pour les prestations de services la catégorie A à 49 527,18 ARS par mois (environ 29 €), pour un plafond annuel de recettes de 12 009 410,45 ARS (environ 7 020 €), dont 25 694,55 ARS pour l’obra social. La catégorie K atteint 1 614 446,04 ARS par mois (environ 944 €) pour un plafond de 126 610 838,75 ARS (environ 74 009 €). Les activités plus importantes relèvent d’autres régimes ; un comptable local confirme le choix.
Pour le télétravail, un salarié français qui travaille depuis l’Argentine pour un employeur étranger vérifie son statut migratoire (résidence transitoire de nomade numérique) et sa situation de sécurité sociale, et l’employeur contrôle les règles applicables à son propre pays. Un indépendant peut aussi souscrire une adhésion à la CFE, présentée dans le guide.
L'économie argentine : secteurs, monnaie et perspectives
Les exportations argentines reposent sur l’agro-industrie, l’industrie et l’énergie. En août 2026, l’INDEC a mesuré 8 883 millions de dollars d’exportations (+12,4 % sur un an) et 6 696 millions d’importations, soit un excédent de 2 187 millions de dollars. Les manufactures d’origine agropécuaire pèsent 37,2 % des exportations du mois, les manufactures d’origine industrielle 26,5 %, les produits primaires 19,5 % et les combustibles et l’énergie 16,8 %.
La monnaie est le peso. Le 02/10/2026, la Banque centrale (BCRA) cotait 1 710,76 ARS pour 1 €. Les perspectives de croissance, d’inflation et de change se suivent sur les publications de l’INDEC et de la BCRA, mises à jour chaque mois. Pour protéger un projet professionnel, la page assurance santé expatrié présente les solutions ; Expavy aide à les comparer selon le statut de travail.
Cotisations sociales du salarié et de l'employeur
| Cotisation | Part du salarié | Part de l'employeur |
|---|---|---|
| Retraite | 11 % | 16 % |
| PAMI (retraités) | 3 % | 2 % |
| Assurance maladie (obra social) | 3 % | 6 % |
| Fonds national pour l'emploi | aucune | 1,5 % |
| Assurance-vie obligatoire | aucune | 0,3 % |
| Assurance accidents du travail (ART) | aucune | variable selon l'ART |
| Total des lignes chiffrées | 17 % | 25,8 % |
Source : argentina.gob.ar, tableau des aportes et contribuciones, consulté le 04/10/2026. Les totaux sont la somme des lignes chiffrées.
Questions fréquentes
Un Français peut-il travailler en Argentine avec un visa de touriste ?
Le séjour touristique sans visa, limité à trois mois, ne donne pas le droit d'exercer un emploi. Le travail passe par une résidence temporaire de travailleur migrant, par le visa PVT pour les 18-35 ans ou, pour le télétravail au profit d'une entité étrangère, par la résidence transitoire de nomade numérique.
Quelles sont les conditions du PVT Argentine pour un Français ?
Avoir de 18 à 35 ans révolus, un passeport français, 2 500 € de ressources minimales, un billet retour ou les moyens de l'acheter, aucun enfant à charge et une assurance privée couvrant maladie, maternité, invalidité, hospitalisation et rapatriement. Le visa dure 12 mois, sans renouvellement, dans la limite de 1 500 visas par an.
Quel est le salaire minimum en Argentine ?
Selon la résolution 4/2026, le salaire minimum mensuel est de 391 200 ARS en octobre 2026 (environ 229 € au cours de la Banque centrale du 02/10/2026) et monte jusqu'à 437 000 ARS en avril 2027. Les minima de chaque branche figurent dans les conventions collectives.
Quelles cotisations sociales paie un salarié en Argentine ?
Selon argentina.gob.ar, le salarié verse 11 % pour la retraite, 3 % pour le PAMI et 3 % pour l'assurance maladie, soit 17 %. L'employeur verse 16 % pour la retraite, 2 % pour le PAMI, 6 % pour l'assurance maladie, 1,5 % au fonds national pour l'emploi, 0,3 % pour l'assurance-vie et une prime d'assurance accidents variable.
Comment est imposé un salaire en Argentine ?
L'impôt sur le revenu applique un barème progressif de 5 % à 35 %, avec des déductions personnelles actualisées selon l'indice des prix. La convention fiscale franco-argentine impose en principe l'emploi exercé en Argentine dans ce pays, et la France accorde un crédit d'impôt au résident français pour éviter la double imposition.
Qu'est-ce que le monotributo ?
C'est le régime simplifié des petits indépendants : une mensualité unique couvre l'impôt, la retraite et l'assurance maladie. Depuis le 01/08/2026, la catégorie A, pour les prestations de services, coûte 49 527,18 ARS par mois (environ 29 €), avec un plafond annuel de recettes de 12 009 410,45 ARS.
Peut-on télétravailler depuis l'Argentine pour un employeur français ?
Oui, avec la résidence transitoire de nomade numérique : 180 jours, prolongeables une fois, pour fournir des services à distance à des entités établies à l'étranger. Le statut de sécurité sociale et la fiscalité se vérifient avant le départ.
Les autres guides : Argentine
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- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
